Sans compromis

Mel (Bruce Willis) règne sur le trafic de stupéfiant et son business est très lucratif depuis qu’il a recruté Tess (Malin Akerman). Mais depuis peu, des concurrents tentent d’utiliser sa filière pour faire circuler leurs propres marchandises. Tess est alors chargée d’intercepter les chargements non autorisés alors qu’un mystérieux tueur psychotique (Forest Whitaker) élimine implacablement tout le monde sur son passage...
Initialement dans mes choix, j'ai tendance plus ou moins consciemment (ça dépend des films aussi) à prendre des oeuvres distribuées par la Metropolitan, ces derniers ayant toujours livré un travail de qualité tant sur un plan technique que dans le choix de régulièrement (et judicieusement) dévoiler des films qui n'ont pas toujours trouvé leur public en salles. J'avais adoré Danika reçu précédemment en même temps que Sans compromis dans le cadre d'une opération DVDtrafic de Cinetrafic. Le film d'Ariel Vromen était une petite oeuvre polie qui dépassait généreusement de son cadre. Ce n'est pas le cas de Sans compromis que j'ai copieusement détesté dès le départ. C'est rare mais là, j'ai misé sur le mauvais cheval, du coup cette critique sera éminemment plus subjective que d'habitude et sans doute plus détestable (surtout si vous avez vu le film et l'avez apprécié), j'en suis le premier désolé.
Bon, vous êtes prêts pour le jeu de massacre du coup ? ![]()
Chose remarquable, le film dispose de deux prologue et deux générique d'ouverture. Au cas où on aurait pas compris je suppose.
Le ton est posé dès le départ à grand coup de musique tonitruante après un plan long où l'on attend une voiture arriver la côte. On attend. La voiture. La voilà. Elle arrive. Elle en a mis du temps. Ou bien le monteur s'est endormi un peu (je prend cette option qui va se confirmer à plusieurs moments pénibles dans le film). Elle sort du champ. Nouveau plan d'une jeune femme (Malin Akerman) barbouillée d'un peu de sang (mais très peu, faudrait pas éclabousser ce beau visage) sur les côtés, au volant et haletante. On comprend que tout le reste ne sera qu'un long flashback. En fait, dans sa structure, le film multipliera une construction scénaristique proche d'Un jour se lève, d'un Sunset Boulevard, d'un film de Tarantino... sans jamais y arriver. Pas mal de se planter dès son premier film en choisissant la difficulté d'emblée. Encore heureux qu'Aaron Harvey dont s'est le premier film n'ait jamais vu Un jour sans fin, il aurait tout de suite voulu se l'approprier.
Tarantino est sans doute l'influence dont se réclame le réalisateur en mal ou en bien (pour moi c'est en mal et vous allez comprendre ma douleur). Dès le début on a droit à un petit monologue de Bruce Willis face à Forest Whitaker. Puis générique sur fond noir et rock à la guitare accoustique proche du célèbre Hunky Dory de David Bowie, chouette, oh que oui-da, ça va être bonnard les aminches. David Bowie en fond sonore qu'on croisera dans une scène plus loin ainsi que d'autres sympathiques choses. Sur ce point, à part deux-trois fioritures, la musique est presque parfaite. Le générique passé donc, on voit notre sympathique grelu... héroïne dans sa voiture et fondu au noir, discussion banale, on vient d'arriver dans un bar. C'est donc un flashback où l'on comprend que nos jeunes filles en goguettes vont plannifier un casse. Elles ont l'air bien trop mignonnes et à l'ouest pour vraiment savoir comment s'y prendre. Elles font aussi preuve dès le départ d'un sérieux manque de personnalité. Mignons minois et ensuite ? What else ? Sauf qu'avant de passer à l'action, elles ont décidé de parler.... du sens de la vie. Ah que ouais. Et c'est parti pour de la profondeur. Vachement.
Ben oui qui ? Remarquez bien comment les coupines à l'héroïne commencent dès le départ à planner.
L'alcool c'est pas pour les enfants, eh oui.
Ramener tout à la lorgnette des wc est bien signe d'une certaine profondeur. Il est vrai que les urinoirs n'en bénéficient pas.
Les dialogues essayent de respirer le Tarantino sans y parvenir. On sent le mec content d'avoir bien potassé son Reservoir dogs (pour l'histoire d'un casse qui ici va, comme de par hasard, mal tourner) ou son Pulp fiction (pour la chronologie chamboulée : et hop flashback quand machin est à terre dans son sang --et que je m'attarde bien complaisamment sur le corps ensanglanté et sans vie parce que ouais parler crûment et jouer avec le temps c'est top cool mais crotte la violence c'est moche, ça fait mal et ça pue du cul donc tiens un plan pour bien te dégoûter après le "fun" --je met entre guillemets parce qu'en fait je me suis emmerdé au possible-- que t'as vu) sans penser au fait que dans une histoire, on construit ses personnages si on veut un minimum s'y attacher. Ouais après on peut faire des trucs cools comme on veut mais on assume bonhomme. Un cinéaste ça a une vision sur ce qu'il filme, surtout si 1/visiblement tu t'es doté d'une équipe qui assure. 2/tu as la chance de pouvoir t'entourer d'un casting qui pète un minimum. 3/Tu as toute lattitude sur tes choix musicaux et le traitement sonore. 4/C'est un premier film où apparemment tu n'as pas eu trop de coupes.
Et comme dans les Tarantino cités, il y aura un personnage qui va raconter une ch'tite histoire. Sauf qu'ici on en aura rien à foutre. Et ça dure, ça dure...
Et on aura notre lot de digressions. Et comme chez Tarantino, on aura même droit aux lettres qui s'incrustent sur l'image pour "présenter" un personnage avec le petit bruit "SCHLUUUUF" et l'arrêt sur image quand la typo se plaque (revoyez vous Kill Bill et la présentation des fameuses vipères assassines de Bill, vous comprendrez. Mais chez Tarantino, cet effet renvoyait à une iconographie qui débouchait souvent sur le passé ou une anecdote à même de symboliser le personnage. Je pense à l'effet similaire sur Lucy Liu qui ensuite débouche sur son histoire en animation. ici pas d'icone car des personnages tièdes et sans passé. Donc aussi sans avenir et sans empathie éprouvée). Mais je m'égare, mon parnasse (ho ho). Bref, notre héroïne après avoir discuté du sens de la vie décide de passer à l'attaque. Faut bien vivre hein. Et hop, on va braquer de la vieille. Mais mémé a un fusil à pompes et des complices, ce qui n'était pas prévu par les donzelles (mais le spectateur a encore à ce stade de la cervelle et le sentait normalement venir). Et boum, un zoziau tout mort. L'autre volatile sort SA GRÖSS PETOIRE PHALLIK. Ach. N'a pu de mémé. Oufti la tatie danielle du pauvre. Et là donc, plan sur le corps sans vie. On s'attarde bien. On s'attarde j'ai dit. Le sang dégouline comme une grosse morve. Et... Musique rock. Et flashback sur notre future morte qui prend sa douche, hoho. Et second générique (cf capture plus haut). Nous en sommes à 25-30 mn, le film n'a toujours pas démarré. Ou alors là maintenant, il doit se passer quelque chose là je pense oui. Et là, on a nos lettres jaunâtres pour les persos, nos zoziaux dont on se fout pas mal...
Ceci est censé être gratuit donc cool. La scène d'après, elles sortent en voiture et ça ne mène à rien. Totalement déconnecté du reste sur l'instant. J'appelle ça du foutage de gueule.
Et là tu regardes ta montre. Et tu la regarderas plusieurs fois durant le film. Parce que Bruce Willis ne sert à rien mais il est content qu'on lui offre des noix de pécan, quoi. C'est cool les noix de pécans, les gros méchants kiffent les noix de pécans. Mulder n'est pas un méchant, il est du FBI, il préfère les graines de tournesol. Le con. Encore un qui n'a rien compris au sens de la vie. D'ailleurs pendant une dizaine de saisons de X-files il cherchera sa petite soeur alors qu'il sait pertinnemment qu'elle a été envoyé au Tadjikistan former des armées de Moudjaïdins. But I want to believe.Mais moi aussi bordel, surtout ce film. Mais ça prend pas, le canon est enrayé : pas d'érection, j'erre sur la terre sans joie. Malin Akerman, Nikki Reed et Deborah Ann Woll sont mignonnes mais elles ont le charisme de moules. Forest Whitaker vient payer ses impôts, en profite pour chopper des noix de pécans à Brucie (quand on est un caïd, on a des grosses cojones, donc de gros paquets, on fait pas le radin, ON PARTAGE LA PECAN !), essaye de s'en tirer en jouant un personnage de tueur à gage romantique. Il est malin et fort ce Forest, on y croirait presque. C'est le seul à tirer vraiment son épingle du "jeu".
Le titre c'est Sans compromis. C'est en fait le postulat du film qui a choisi de ne pas te faire de cadeaux et ça n'a rien à voir avec l'histoire (titre original Catch. 44. Ce doit être un code pour le trafic de drogue je suppose) mais c'est renommé comme ça parce que les personnages, eh ben y sont vraiment des rebelles.
Mais qui savent pas tirer. C'est un peu con.
Pour une fois je ne ferais pas de compromis pour ma part : ce film est mauvais. A trop vouloir pomper, il aurait mieux valu relire les pages du scripts et l'approfondir sensiblement mon cher Aaron.
* Distribué (courageusement) par la Metropolitan Filmexport depuis le 24 avril.
* Chronique à retrouver (plus courte certes) sur Cinetrafic sur la fiche du film.
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Cette chronique vous a parue pédante et insupportable ? Rassurez vous, elle est à l'image de ce que j'ai ressenti envers le film. Si elle ne vous a pas plue, j'ai donc en partie atteint mon but puisque texte, et surtout images, à l'appui, vous pourrez voir que je n'invente pas tellement hélas. Sinon en bonus, du commentaire audio non sous-titré (beh ?) et de la bande annonce. Et pis c'est tout. Décidément on ne voudra pas que je me réconcilie avec cette oeuvre. Bon bah tant pis.
En attendant Prometheus (1).
A moins que vous ne viviez totalement dans un monde parallèle, vous avez forcément entendu parler d'un certain Prometheus qui sortait à la fin du mois. Outre le fait que Prometheus ne peut que rappeler forcément la mythologie grecque, le fait le plus intéressant qui a fait saliver dangereusement l'intégralité des fans d'Alien était qu'il se déroulait dans le même univers que ce dernier, mais prenait place 33 avant (soit en fait judicieusement l'année de sortie de Promotheus 33 ans après la sortie 1979 du premier Alien si vous me suivez bien). En fait Prometheus ne semble avoir été crée que pour apporter un semblant de réponse (dont on se doute qu'en fait ça va plus virer horrifique/inquiétant dans la lignée d'un Alien, que purement métaphysique à la 2001 l'odyssée de l'espace) au pourquoi du comment de ces oeufs trouvé dans l'incroyable vaisseau extraterrestre en ruine signé H.R.Giger (qui a aussi signé le design de la monstrueuse créature comme chacun sait) du premier film. Les bandes annonces donnaient déjà le ton en dévoilant déjà des indices d'ordre typographiques (reprise d'une typo qui se plaque en plusieurs parties à l'instar de l'ouverture d'Alien) comme visuelles et narrative. Sur ce point, nous allons pouvoir y revenir profondément puisqu'en bon fanboy appliqué, je me suis revu l'intégralité des 3 aliens.
Pardon ? Alien resurrection ? Je... Désolé, je... ce film n'existe pas d'après mes données. Repassez plus tard.
*vite fuyons* (*)
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33 ans plus tard donc, Alien reste ce classique plus inquiétant qu'effrayant (sauf si vous le voyez pour la première fois de votre vie et là oui, la fameuse scène de naissance de la bête risque de sérieusement vous retourner). La grande force de Scott est de jouer la carte d'un quasi-perfectionnisme tant dans le visuel (du vaisseau terrien comme du vaisseau extraterrestre qui continue encore aujourd'hui de ne ressembler pratiquement à rien de connu, sans oublier la bête elle-même) que d'un point de vue sonore (le livre de Ian Nathan, Alien : génèse d'un mythe (**) révèle d'ailleurs que sur ce point, Jerry Goldsmith avait crée une première bande originale très travaillée mais relativement classique dans sa forme, ce que Scott, presqu'au point de se brouiller avec son compositeur refusa violemment. Finalement, Goldsmith, excédé, créa très rapidement (***) une composition qui tient plus selon lui de la musique contemporaine et Scott adora. Il est vrai que de nos jours, on a du mal à imaginer une composition classique pour ce volet) ou de pure mise en scène (Scott avait d'ailleurs chronométré patiemment la partie finale, quand Ripley se retrouve à fuir un Nostromo en voie d'auto-destruction). Là où le film reste encore brillant, c'est en instaurant un climat oppressant, riche, toujours inattendu et à la limite du malsain que ça en devient fascinant. Les allusions sexuelles voulues ou non affluent. Les détails abondent, toujours et toujours à chaque visionnage. Comme Sir Ridley Scott le disait dans une récente interview, le scénario est des plus basiques à la base (tellement basique que David Cronenberg se sentit pillé littéralement par un Dan O'Bannon qui avait dû visiblement voir et comprendre ses 2 premiers long-métrages qu'il était impossible de ne pas y voir effectivement du coup une certaine influence (****)) mais le tout fut adroitement dirigé vers une direction artistique de qualité qui fit nettement la différence.




Les liens avec Prometheus ? Nous y venons. Déjà le vaisseau (aka Le derelict pour les fanboys qui se respectent) dont la forme unique et circulaire ne peut décemment pas nous tromper. Ensuite le siège même du Space-jockey qui guette, mort depuis un moment, son étrange télescope. Cet endroit est furtivement aperçu dans la bande-annonce mais le doute n'est plus permis. Ce que Prometheus indique malgré lui, c'est que le film ne mentionnera aucunement notre cher xénomorphe favori mais bien les créatures qui sont à son origine, reprenant l'idée évoquée déjà depuis les années 70 et 80 d'une arme (ou cargaison) bio-chimique. L'esthétique des couloirs du vaisseau est presque la même que celle vue dans Alien, en moins moisi et crépusculaire toutefois. Les hologrammes et lasers bleus de la technologie Malakaï (les créatures à qui appartiennent le derelict) vous semblent de trop ? Pourtant à moins que vous ne choisissiez de faire la fine bouche, c'était déjà une technologie "laser" qui séparait les oeufs aliens du reste de l'entrepôt où ils étaient entassés, leur garantissant une certaine chaleur idéale pour leur survie, ce qui fera dire à Kane, l'infortuné malheureux explorateur à ce moment là "qu'on se croirait sous les tropiques". Les couloirs extraterrestres de Prometheus vous semblent aussi en faire trop dans le décorum new-age et kitch ? C'est là aussi oublier les décors (qu'on voit peu certes mais quand même, cf mini captures) déjà là depuis 1979, quitte à se rebouffer de la peinture à Giger comme fond décoratif.




En somme Prometheus serait le pont idéal pour repartir d'Alien. Oui, en êtes vous vraiment sûr ? Il y a notamment des détails à nouveau qui appartiennent dès lors plus aux autres volets et nous en parlerons dans un prochain post...
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(*) Bon oui, je n'ai pas revu Alien resurrection. Mais pour moi ce film tient plus d'un film de Jeunet plongé dans la SF que d'un vrai volet à rattacher à la saga. Je vais donc le placer à part pour rester poli. ![]()
(**) Il faudra que j'en parle de ce bouquin ici, tiens.
(***) "ça m'a pris 10 minutes", raconte t-il en soupirant." (Alien, génèse d'un mythe - Ian Nathan, éditions Huginn & Muminn).
(****) Lire le sympathique Entretiens avec David Cronenberg de Serge Grünberg, éditions Cahiers du cinéma.
Danika
Danika est une mère de famille et une femme dévouée. Un jour sur son lieu de travail, elle est soudain prise de visions cauchemardesques et décide de se faire suivre par un thérapeute pour comprendre ses hallucinations. Plus le temps passe et plus ses visions deviennent terrifiantes et ont de plus en plus un rapport avec sa famille. Elle va devoir aller au bout d’elle-même pour saisir le sens de ces étranges phénomènes.
Plus qu'un film d'horreur au sens basique, Danika est un film d'ambiance jouant sur le fait que les peurs les plus inquiétantes ne sont pas forcément les plus grosses mais plus celles qui arrivent d'un coup et souvent plus liées à un quotidien qui d'un coup se renverse. Si on se remémore le film, les scènes les plus marquantes et nombreuses ne comptent presque aucune goutte de sang et se basent dans le film sur des traumatismes pourtant bien réels (une attaque de banque qui tourne mal dans l'ouverture du film, un gamin qui se fait renverser par une voiture, un chien qu'on retrouve noyé dans la piscine du voisin...) et souvent hors-champ. La première grande force du film c'est d'être presque millimétré comme un métronome : plans des décors et du paysage des plus soignés, montage qui va à l'essentiel (le film d'ailleurs fait à peine une heure et pourtant il s'y passe bien plus de choses que dans certains long-métrages qui durent le double), sans oublier l'astucieux jeu de pistes du scénario et les indices multiples disséminés ça et là (ceux qui verront le film comprendront le coup de certains inserts repéré durant le film mais qui ne prennent sens qu'à la toute fin, totalement inattendue) et qui font tout le sel de ce petit film plus audacieux qu'il en a l'air.
Le scénario prend donc au départ un schéma des plus simplistes : Danika voit des choses tellement réelles pour elles et pourtant ce ne sont que des visions. Des visions tellement inquiétantes qu'on en vient à prendre peur qu'elles n'arrivent aussi dans la réalité. Take Shelter jouait aussi de ça. Mais ici, le personnage ne se fissure pas, déchirée par ce qu'elle ressent (alors que Curtis LaForge dans le film de Jeff Nichols ressentait cela quasiment viscéralement dans sa chair) et le film d'opter pour une autre optique (et ce, même si certaines des visions de Danika se réalisent) en axant l'histoire sur la relation qu'entretient la jeune femme avec ses enfants. Au fur et à mesure que le film avance, on comprend qu'elle perd pied à la fois par ce que le scénario développe (elle prend de plus en plus de cachets et passe un scanner) tout comme la mise en scène (l'une des scène prenant place avant les 10 dernières minutes finales se déroulent dans ce qui semble visiblement un service de psychiatrie, sauf que les murs et la lumières semblent flous, vides, inexistants, comme si tout flottait).
Ce clochard qu'on aperçoit qu'une ou deux secondes là-bas. N'est-ce vraiment qu'un détail anodin ? Ou quelque chose d'inquiétant qui se prépare à nouveau ?
Ses enfants justement, elle les couve trop et en arrive à verser de plus en plus dans les extrêmes face à eux, en tentant de les protéger contre "un monde extérieur trop cruel". Le vrai drame du film est en fait là dans cette mère devenue bien trop protectrice et refusant que ses mioches puissent grandir et vouloir devenir plus autonomes. Danika de fait fut marquée par un traumatisme personnel de son enfance et le fait qu'en n'ayant jamais pu pardonner à sa propre mère, elle a choisit inconsciemment de devenir une mère qui ne ferait aucun écart personnel. En refusant tout à ses enfants pour leur propre bien et n'ayant aucun recul sur la situation (les visions continuent malgré tout), le personnage peut tout autant irriter que favoriser l'identification. Surtout si l'on a des enfants soi-même : comment dès lors blâmer cette mère de famille qui ne peut s'empêcher de faire en sorte que rien ne puisse arriver et ne peut comprendre qu'il faut justement subir des épreuves dans la vie pour mieux la vivre ?
En plus de son scénario plus ou moins horrifique qui dévoile en fait lentement un vrai drame émouvant, l'ensemble du film est quasiment porté par la prestation d'une Marisa Tomei en état de grâce. J'avoue même que je ne voulais au départ voir le film que pour elle et j'en ressort plus que surpris. Danika ne déroge pas à la règle et fait partie de ses petits trésors qui passent inaperçus et méritent amplement pourtant d'être vus par plus de monde. Excellent petit film qui peut même être revu pour mieux apprécier les détails disséminés qui participent de l'ensemble et qu'on ne remarque pas forcément au premier coup d'oeil. Merci à la Metropolitan Filmexport qui le distribue en DVD et Blu-ray depuis le 24 avril.
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Un petit mot sur les bonus. On trouve outre la bande-annonce du film, un petit making-of d'une dizaine de minutes mais qui fait rudement plaisir puisque le réalisateur et les comédiens touchent deux-trois mots. On a aussi un reportage décrivant une des scènes les plus intenses et complexe et c'est bien vu. Dans ce même making-of on remarque quelques story-boards intéressants derrière le réalisateur et au vu du film et des pistes qu'il entrouvre tout le long, je regrette juste un peu que cela ne soit pas proposé non plus en bonus mais bon, chipotage que tout ça, c'est déjà pas mal d'avoir un petit quelque chose pour une petite production de ce genre.
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Freakonomics
Avec humour et originalité, les réalisateurs, dont Morgan Spurlock (Super Size Me) et Seth Gordon (Comment tuer son Boss ?) mettent en scène de maniere ludique les lois de l’économie pour expliquer les comportements des individus en société. Mêlant culture populaire, théories sérieuses et vérités statistiques, FREAKONOMICS pose des questions en apparence saugrenues et met en évidence des liens de cause à effet totalement inattendus. On découvre ainsi que rien ne vaut une bonne récompense !
Le bakchich généralisé à l'école permet-il d'avoir de meilleures notes ? L'argent ne fait-il pas le bonheur ? Le prénom choisi par vos parents forge-t-il votre destin ? Les lutteurs de sumo sont-ils véritablement au dessus de tous soupçons ?…
Freakonomics est l'adaptation d'un best-seller de l'économiste Steven Levitt et le journaliste Stephen Dubner, distribué par Zylo en dvd depuis le 15 mai. Le film est l'oeuvre de plusieurs réalisateurs qui ont justement le bon goût de faire apparaître nos deux compères en tant que narrateurs/personnages principaux/maîtres d'oeuvres de ce qu'on voit. Je n'ai pas lu le livre mais je me doute qu'il est constitué d'un nombre conséquent de questions que l'économie tente de résoudre d'une manière ou d'une autre et que donc, une sélection de ce qui a dû être traité pour le documentaire fut effectuée. En l'état et même si un film ou documentaire à sketchs est un exercice difficile (surtout s'il n'y a pas un même thème commun ou une récurrence des sujets et personnages) et que celui-ci récupère du même coup d'inévitables problèmes de rythme (dû au fait qu'il aurait sans doute dû conserver une durée égale pour chaque question traitée), c'est quand même une très bonne surprise.
Le doc part donc de plusieurs questions à priori banales pour tenter d'y répondre par l'apport de données chiffrées. Chiant pour les non-matheux ? Que nenni chers amis. Car l'humour et un aspect hautement social s'en mêlent et chacun pourra y trouver son compte suivant des questionnements et idées qui lui sont bien personnelles. Par exemple, je m'interroge depuis longtemps sur le rôle des prénoms (quel nom donner à son enfant par exemple) et les incidences qu'il pourrait y avoir parfois en société par la suite, autant dire que je suis ravi que ce problème soit traité. Sur le long terme, il faudra noter quand même qu'on adhérera pas forcément à tout. Sans doute par manque de temps et volonté de rester cohérent de bout en bout dans sa ligne "éditoriale", on pourra trouver dommage que certains points puissent être longuement abordés (sur la question de la triche chez les sumos, le doc se permet de fascinantes digressions sur un univers cloisonné qui peut être amené à faire disparaître des témoins gênants afin de ne pas salir l'honneur) et d'autres non ou pas assez (la relation avec la natalité, la nouvelle génération --qui se bâtit en réaction à la précédente--, et la criminalité. J'étais un peu coi. J'aurais personnellement supposé que la chute du régime de Ceausescu mis en parallèle aurait permis d'apporter un peu de sable dans l'engrenage économique. Je ne sais pas moi mais par exemple : est-ce que la chute d'une dictature n'aurait-elle pas permis de faire baisser d'une certaine manière la vente d'armes expatriées à bas prix vers les USA et dont peuvent profiter les minorités pour une somme bien plus dérisoire qu'une pétoire made in americana ? Voilà une question que je me suis posée et à laquelle visiblement on a pas jugé de penser aussi. Flûte).
Au final, un sympathique documentaire recommendé à tous ceux qui comme moi se posent des questions, et je pense qu'ils sont assez nombreux. Par contre, titre reçu dans le cadre des opérations dvdtrafic avec Cinetrafic, il est un peu dommage d'avoir reçu un exemplaire presse gravé avec juste le film, pas de menus chapitres ou de bandes-annonces menant à d'autres films distribués par Zylo. En somme ce n'est pas gênant étant donné qu'il s'agit d'un documentaire donc un objet destiné à passer à la télévision, on sait que la qualité n'est certainement pas la priorité des réalisateurs, mais voilà pour le coup c'est un poil frustrant...
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* Distribué par Zylo.
Choose

Une petite ville paisible des Etats Unis se trouve soudainement hantée par un fait divers effroyable. Une jeune fille se fait réveiller par des bruits étranges chez elle et elle retrouve ses parents ligotés et bâillonnés par un tueur qui lui laisse 60 secondes pour choisir entre la mort de son père ou celle de sa mère…
J'ai reçu ce petit film horrifique distribué par CTV (et en sélection notamment à Gérardmer dernièrement) grâce à une nouvelle opération DVDtrafic de Cinetrafic et je ne cachais pas que j'étais évidemment intéressé par l'assez belle jaquette et le fait que ce soit un blu-ray plus que son histoire en elle-même, laquelle me semblait à priori assez basique. Au final, le film s'il ne révolutionne pas le genre s'avère se suivre sans problème et comblera aisément une petite soirée tranquille seul ou entre amis. Le pitch laisse évidemment présager d'emblée un torture movie dans la lignée de SAW mais dès le générique plus ou moins inspiré de SE7EN (sans doute l'inspiration principale du film. Outre le générique on peut dénoter ce tueur qui agit là aussi sur la base de motivation purement éthiques et morales), on comprend que le chemin (certes balisé) se fera plus sous les hospices d'une enquête policière plus qu'intéressante que de banales mutilations sanglantes et souvent hors-champ (peu de sang donc sauf à deux-trois court passages). L'intérêt de ces passages étant d'ailleurs de clairement témoigner des choix limite impossibles dont notre cher tueur gratifie ses victimes afin de voir/ressentir une inquiétude presque plus mentale que physique.
L'enquête policière s'avère donc le point le plus intéressant du film. Comme dit plus haut, Choose ne révolutionnera clairement pas le genre, mais malgré son budget limité et un peu entravé justement dans ses propres choix (la bande annonce montre clairement que de nombreux passages furent coupés, ce qui permet de justifier quelques troublantes incohérences subsistant dans le produit fini), l'oeuvre de Marcus Grave, dont c'est le premier film, s'avère très plaisante. Le cinéaste a de plus la bonne idée de coller au plus près d'une actrice ressemblant presqu'étonnamment à Scarlett Johansson (Mais si, mais si !) et si la durée resserrée du film empêche malheureusement de faire naître une certaine empathie assez poussée envers l'héroïne (pour tenir le rythme de l'enquête, des victimes et de l'histoire personnelle de la jeune fille qui s'y mêle), on ne peut qu'apprécier sa performance. D'autant plus que le film se dote d'un scope et d'une photographie d'une belle élégance, assez rares dans ce genre de production.
Evidemment, il ne faudra pas être regardant donc envers certaines facilités et incohérences de l'histoire comme je l'ai écrit plus haut, c'est un peu le prix à payer mais dans un genre de films qui ne se renouvelle plus en proposant des meurtres parfois aussi horribles les uns que les autres, Choose se place comme une bulle assez fraîche et remplit son contrat de divertir agréablement le spectateur. Seul chose vraiment dommage (spoiler donc je change la couleur de la police. A vous de surligner ou pas si vous êtes curieux), la scène finale, comme rajoutée après coup, pitch ou coup d'humour noir de petit malin qui n'apporte strictement rien d'autant plus qu'au regard de tout ce qui a précédé, reste incroyablement gratuite, inutile et bête. Le genre de truc qui peut très souvent vous gâcher un film même si heureusement ici c'est court et donc doté de peu d'impact. Sinon, on passe un petit moment sympa et c'est le but. D'autant plus que la version blu-ray distribuée par CTV s'avère d'une définition excellente. Un petit merci à eux du coup aussi pour ce travail de qualité. Sortie du DVD le 9 mai.
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