tenebres

Voici une petite association sympathique entre 2 maîtres de l' horrifique, j' ai nommé Stephen King pour l'un, George A. Romero pour l' autre.

La part des ténèbres s' inscrit dans une thématique chère à King, la perte du contrôle, sur sa vie, sur les évènements et l' horreur crescendo. Le livre à la base semble lui-même une extension d'une nouvelle pourtant parue après("Vue imprenable sur jardin secret") où King à déjà mis concentré tous les élèments en place comme il le dit dans "minuit 2" :

"Il y a quelques années, j' ai publié un roman, "Misery", dans lequel j' ai essayé de décrire au moins en partie, le haut degrès d' emprise que peut atteindre la fiction sur l' esprit du lecteur. L' an dernier, j' ai publié "la part des ténèbres", effort pour illustrer l'inverse : le degré d' emprise que peut atteindre la fiction sur l' auteur. Alors que ce dernier livre était encore à l' état de brouillon, j' ai commencé à penser qu'il existait peut-être un moyen de raconter les deux histoires en même temps, en abordant certains des élèments de l' intrigue de "la part des ténèbres" d'un point de vue totalement différent. Ecrire, me semble t'il, est un acte secret --autant que rêver-- et c'était là l'un des aspects de cet art étrange et dangereux sur lequel je ne m' étais jamais beaucoup attardé"

Le film de Romero illustre bien l' étrangeté pourtant commune à la nouvelle "Vue imprenable sur jardin secret" et "La part des ténèbres" puisque dans les deux (3 en comptant le film) cas, un être fictif revient d'on ne sait où pour accuser réparation donc se venger.

L' histoire : L'écrivain Thad Baumont désire prendre quelques distances avec les romans d'horreur et plus particulièrement avec George Stark, le pseudonyme sous lequel il écrit. Baumont décide alors de mettre en scène l'enterrement de George Stark et, par la même occasion de s'offrir un peu de publicité. Mais lorsque les gens de son entourage meurent dans des circonstances horribles, et que ses propres empreintes figurent sur les lieux des crimes, Baumont comprend que Stark a une vie propre... et qu'il est bien décidé à se venger...

Dès les premiers plans on comprends qu'on est chez Romero. L' horreur même gore (ohhh pas tant que ça, on est pas chez "Zombies" msieur dames non plus. En fait seuls le début et la fin choquent et marquent de par les plans parfois extrêmes) y est intellectualisée presqu'a outrance. Et qu'importe si Romero ne peut pas ici faire dans la critique sociale, on ne comprend que trop bien ce qui l'a attiré sur le projet : le thème de l' identité, du double, de la folie.

Sans trop dévoiler le film, Thad a bien en effet sa part de ténèbres, qu'il admire au début avant de lentement déchanter. Le pseudonyme qu'il avait pris pour écrire ses histoires mi-gores, mi-cochonnes (hmm, qui a dit Stephen King ?) représente une certaine image sans concession de l' homme viril presque cow-boy qui sans non plus faire dans le Eastwood reste très monolithique. Et cet être au départ, qui n' est seulement qu'un nom s' avère aussi commencer à avoir une vie propre dès que Thad essaye de le "tuer" , un peu comme l' écrivain de Misery décidait de se débarasser de son héroïne pour enfin faire autre chose. Sauf que c'est contraint et forcé qu' au départ il décide d' éliminer george Starck avant de lentement s' apercevoir de son erreur.

Bien sûr il hésite lentement mais poussé par les gens et même enterrant en grande pompe son pseudonyme, il le regrettera en lui même tant Starck semblait proche de lui, et pour cause, c'est sa part sombre, tellement sombre qu' elle ne peut que venir des ténèbres, un peu comme ces oiseaux qui sont toujours là quand il écrit dans une sorte de transe. Mais est ce vraiment lui qui écrit ? Ne serait ce pas George qui lui dicterait par la pensée ?

Pas une grande adaptation de King ni un grand Romero mais un film sympathique avec 2,3 grands moments et de bonnes idées.

Il n'y a pas de bonus si ce n' est dvd mgm oblige, la bande annonce, même pas sous titrée. Les langues anglais, français, allemand et espagnol proposent toutes une bonne piste stéréo 2.0 (ouf on échappe au mono propre hélas aux Woody Allen snif).
Sous titres anglais, allemand, suédois, norvégien et danois. Pas de sous titres français ce qui semble étrange... Amis fans des V.O, vous devrez vous contenter de sous titres de la langue de Shakespear...