Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

jeudi 27 juillet 2006

A History of violence

crocrob


Parce qu'au cours d’un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s'étale à la une de tous les médias. Alors qu'il essaie de retrouver une vie normale loin des feux de l'actualité, un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d'avoir reconnu en Tom celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés, un certain Joey Cusack. Tom aura beau nier, les ennuis ne font que véritablement commencer...

Une seule constatation négative dans l'océan de bonheur procuré par ce film, le boîtier. Vous aimez les poupées russes ?

Ok vous allez être servis : Le boîtier se compose d'un étui en carton....Cachant un second étui en carton...Cachant la boîte. Un fourreau beau mais pas pratique du tout, finalement assez énervant. On se demande ce qui est passé par la tête de métropolitain...  :/

Sinon à part ça, que du bonheur.

Comme il l'avait récemment confirmé dans une interview, Cronenberg a effectué un virage à l'orée des 90's en inflechissant son monde dérangé sur une pente plus subtile, une horreur plus psychologique, le gore étant néanmoins toujours en train de rôder dans les parages (on se refait pas hein...), ce qui nous a donné des films incroyables : Ainsi "Faux semblants" qui augurait le premier du virage psychologique de David peu de temps après "la Mouche" (et avant ça, l'excellent, "dead zone") lui donnait d'emblée un autre prix d'Avoriaz (amplement mérité). "Mr Butterfly" et "Crash" s'imposèrent (et même si je n'aime pas trop "crash") comme des films presque normaux (avec le petit plus qui fait le Cronenberg) tandis que CroCro concilia gore et psychologie avec plus ou moins de bonheur dans "eXistenZ" et "le festin nu" avant de virer totalement dans les abîmes noirs de "Spider".

Avec "A History of Violence", Cronenberg prouve une fois de plus sa capacité à fondre son passé de faiseur gore dans un film plus noir qu'il n'y paraît mais se renouvelle une fois de plus dans ses thèmes de prédilections : la maladie, la solitude, la mort.

  • La maladie est cette fois métaphorique, loin du visible incurable du scientifique de "La mouche" ou des contaminations de "Rage" ou des effets dûs à la drogue dans "le festin nu". Cette fois, la maladie est la contamination virale de la famille par la violence ce qui permet à Cronenberg d'observer la lente décomposition d'une famille et la violence à l'oeuvre chez le père qui sera alors visible chez le fils, ce qui permettra à Cronenberg de poser au spectateur une question en filigrane toute d'ambiguïté : La violence est elle héréditaire ou le devient on par nécessité ? Cronenberg ne dit rien, il montre, au spectateur de faire son,ses choix.

  • La solitude... C'est un thème omniprésent chez Crocro...Des patients étranges de ses premiers courts et moyens métrages (dont Stereo, un moyen métrage de 30 minutes incroyable en noir et blanc et muet) à la solitude d'un personnage abandonné de tous car malade, différent, incompris (voir "dead zone", "la mouche", "eXistenZ", "Vidéodrome"...). Ici la solitude humaine se ressent non seulement chez Tom/Joey (Viggo Mortensen) mais aussi et surtout, par conséquence, elle rejaillit sur sa famille : sa femme, qui doit-elle croire et qu'est ce que son mari est-il véritablement ? Peut-elle et doit elle encore lui faire confiance ?

  • Enfin, la mort, omniprésente chez l'artiste canadien, la mort des autres comme celle du personnage principal. Curieusement chez Cronenberg, "le héros" contaminé est toujours voué à la solitude, donc par conséquent à la mort, seule rédemption possible, même si elle est très pessimiste. Pourtant "A history of violence" échappera à ce constat (trop de morts à l'écran ? Un quota rempli ?  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/W-rire.gif ) pour --fait rare à souligner-- offrir une superbe rédemption à la fin...


D'ailleurs il faut en parler de cette fin même si désolé, je vais un peu passer en Mode spoilers...
A la première vision du film j'avais été emballé mais un peu déçu par la fin du film, pourtant celle-ci s'inscrit dans une incroyable logique et permet au fan que je suis de ne plus voir un quelconque personnage se trancher la gorge (Jeremy Irons dans "mr butterfly") ou demander qu'on le suicide plus ou moins consciemment ("la mouche" bien sûr mais aussi "vidéodrome" et "dead zone". Pour "vidéodrome" on en arrive toujours a se demander si Max Renn opère par nécessité ou parce qu'il est forcé et qu'il n'y a plus d'échappatoire possible ? Tandis que dans "the dead zone", vu que son pouvoir de voyance l'affaiblissait, il était logique que Christopher Walken se sacrifie --je crois que le personnage en a intimement conscience même si il agit pour une cause le dépassant : le bienfait de l'humanité-- sous peine de devenir un légume...) mais offre donc pour la première fois chez Cronenberg une fin heureuse, du moins en apparence.
Parce que même si Viggo Mortensen demande le pardon, sa famille est détruite. Cette rédemption et la chance d'être pardonnée (incroyable final à trembler) est la chance de tout reconstruire ou du moins d'espérer. Et cette fin est plus douloureuse encore que toutes les morts parce que l'espoir se crée sur à peine rien, des ruines, du vide.

Ceci est en partie mon interprétation et comme Cronenberg propose toujours des films plus riches que la moyenne des faiseurs hollywoodiens oeuvrant dans l'horrifique ou l'angoissant, bien sûr, il peut y avoir plusieurs interprétations. Ainsi mon père a trouvé que ce n'était pas un pardon qui lui était offert et que le personnage de Tom s'imposait. Intéressant mais je reste pour ma part sur la dimension du rachat du personnage...

Le son est en 5.1, que ce soit en Anglais ou français et il y a des bonus, messieurs dames !

Les bonux !

*Commentaire audio de David Cronenberg
*Actes de violence : les coulisses du tournage
*Scène coupée : la scène 44
*Le démontage de la scène 44
*Histoire de violences : version américaine contre version internationale
*En compétition au Festival de Cannes
*Bandes-annonces
*3 Bonus cachés

Pas encore repéré les bonus cachés, je m'y met dès que possible bien sûr ^^
Sinon, la scène 44 a était tournée puis finalisée entièrement pour le dvd, merci mr Cronenberg. Et c'est une scène gore à l'ancienne (un cadeau pour les fans je pense bien  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/dent.gif ), chouette !


Bilan : Un grand film qui aurait dû être primé, bref festival de Connes quand tu nous tiens....
Grand film ? On approche du chef d'oeuvre même. A noter qu'il s'agit du Cronenberg le plus violent et sanglant de tous.

Posté par Nio Lynes à 19:47 - Gore-tex - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'ai la même interprétation que toi, sauf que je l'ai eu dès la première vision ^^

Moi j'aime ce film, sa violence, son Viggo, sa musique, :D

Dommage qu'il n'ait rien eu à Cannes, alors qu'il le méritait... Enfin de mon point de vue, snif.

Posté par Edounet, dimanche 30 juillet 2006 à 12:02

^^

Si si je l'ai eu dès la première vision mais à la seconde je me suis dit : putain ce film est un chef d'oeuvre (ou presque) !

Posté par Nio, dimanche 30 juillet 2006 à 12:06

Etats valétudinaires

Théorie toute personnelle: l'obsession de Cronenberg pour le thème de la maladie me semble une mise en oeuvre esthétique de la philosophie de Nietzsche sur ce sujet précis. Philosophe vitaliste par excellence, Nietzsche pousse le bouchon jusqu'à considérer la maladie comme une expression particulière du vivant, une voie inédite de développement de la vie. On songe immédiatement à la "Nouvelle Chair" de "Vidéodrome". Articulée à cet autre thème nietzschéen qu'est l'acceptation inconditionnelle de ce qui advient (soit: le réel, par opposition au déni de réalité ou à sa réinterprétation - notamment par le mensonge religieux - apanages du nihilisme qui engendre la décadence des civilisations), cette vision donne le héros-type de Cronenberg, pour lequel la cellule qui se met à déconner emprunte en quelque sorte un chemin inédit qui doit susciter l'intérêt du philosophe vitaliste ou, dit plus simplement: l'amour de la vie inclut l'amour de la maladie qui en est indissociable.
Qualité que nombre de héros cronenbergiens me semblent posséder au plus haut point, en ce que les mutations qui les affligent suscitent chez eux beaucoup plus d'excitation que d'angoisse: Max Renn, déjà cité, voyeur devenant "ce qu'il est", se transforme en une sorte de magnétoscope humain, et renvoie aux consoles humaines d'"eXistenZ", qui est une version up-to-date de "Vidéodrome". Les maternités monstrueuses de l'héroïne de "Chromosome 3", somatisations de ses pulsions les plus inavouables, sont vécues dans une extase assez comparable à celle de l'Immaculée Conception, et d'autant plus assumées qu'elles constituent le retour du refoulé freudien au travers même de la chair, en révolte contre la notion bourgeoise et castratrice de famille, personnifiée ici par un mari assez falot (surtout face à l'imposant Oliver Reed!) et une fillette qui demeure le dernier lien à rompre pour atteindre à la liberté absolue promise par la "Nouvelle Chair". Que dire de la fascination des jumeaux de "Faux Semblants" pour la femme aux trois utérus, et de leur obstination à se rendre malades par la drogue pour rétablir le lien altéré de la gémélité, considéré comme une de ces voies parallèles (et sans doute monstrueuse...) emprunté par un élan vital en pleine mutation?
Mais l'exaltation de héros mutant culmine dans "La Mouche" où Jeff Goldblum, ne déplorant que très momentanément la perte de son humanité, ne cesse d'exprimer l'excitation qu'il éprouve à emprunter cette nouvelle variation de la vie à laquelle il a d'ailleurs lui-même ouvert la voie. De fait, il ne s'éprouve aucunement monstrueux, mais bien au contraire surhumain, et on sait l'importance de cette notion dans la philosophie nietzschéenne... On m'objectera la fin tragique des héros de Cronenberg. A quoi je répondrai que, si la maladie est une variété de la vie dans la philosophie nietzschéenne (dont Cronenberg est sans aucun doute un fervent lecteur), la vie est elle-même une "variété de la mort". En tant que telle, elle ne saurait donc constituer un obstacle de taille à l'exaltation du héros cronenbergien (assertion dûment confirmée par "Crash").
Bon, je me calme, parce que quand je commence sur Cronenberg...

Posté par patchworkman, mardi 8 août 2006 à 09:14

Au contraire c'est passionant mais rassure moi un peu, tu ne serais pas prof de cinéma ?
Ah j'ai deviné, Patchworkman tu es en fait Serge Grünberg de l'université Paris VIII ! Tadaaaa pas d'échappatoire, tu va me la faire cette dédicace à mon livre de Cronenberg ! :)

Mine de rien, tu me dit presque la même chose que ce qui est indiqué dans l'un (voire les trois) des livres que j'ai sur le msieur Cronenberg, ce que je pensais un peu aussi....Par contre pas d'avis sur "history of violence" ?

Dire que j'aurais été lui foutre une palme d'office au festival. Saloperie de festival de Connes...

Posté par Nio, mardi 8 août 2006 à 19:43

En vrac...

Non, non, aucune formation, le cinoche je n'ai que ma passion pour en parler, parole!

En revanche, il m'est arrivé d'enseigner la philo dans une autre vie (c'est en fait ma formation de base...). Merde, voilà que je me laisse aller à des confidences... Mais ce sont mes parents qui m'ont forcé, moi je voulais être super-héros!

Je n'ai encore lu aucune exégèse sur Cronenberg: il faut donc croire que certains grands esprits se rencontrent...

"History of Violence": à ma grande honte je ne l'ai pas encore vu! Faut dire que j'habite une petite ville avec deux cinémas qui jouent la concurrence plutôt que la complémentarité, ce qui réduit assez vite le champ des possibilités. Un film comme "HOV", quand il est programmé, le reste tout au plus une semaine (alors que "Les Choristes...): si par malheur j'ai un emploi du temps un peu chargé, je suis de la baise. Par exemple, actuellement, mes problèmes lombalgiques m'ont tenu cloué au pieu, ce qui m'a fait louper "La Colline a des Yeux", "Superman returns" et quelques autres. J'enrage! Enfin, M. le Maire nous promet pour dans deux ans un multiplexe de 7 salles, dont deux d'art-et-essai. J'en salive d'avance...

Posté par patchworkman, mardi 8 août 2006 à 20:56

Oui dommage, "Superman returns", tu as loupé un grand film de mr Singer que-décidément-je-l'-aime.
"La colline a des yeux" j'aurais bien aimé le voir mais malheuresement ma douce n'est pas trop survival donc snif....M'en fout je me rattraperais avec le dvd dans 6 mois, gnyark.

Sinon, tout le monde a toujours voulu être un super héros, mais les emplois de nos jours ne le permettent plus, en plus avec les 35 heures et les collants et une canicule, le métier de super héros doit être un peu horrible. A quand un syndicat des super héros ?

Sinon à part, lis le comics "Invincible", tout bonnement hallucinant.

Posté par Nio, mardi 8 août 2006 à 21:39

Le Shaman

Encore une fois, très bonne critique de ce retour de David Cronenberg. Tout simplement, son meilleur film depuis "le festin nu" donc 15 longues années. Ja'ime beaucoup les dérapages de "crash" et "eXistenZ", petits accidents miteux de la carrière du prolifique cinéaste canadien, mais rien ne vaudra "the brood" ainsi que "scanners".
Sur LE CINOCHE DES CANCRES, Nio, tu peux trouver ma critique de "videodrome"

Posté par Le Shaman, mercredi 13 septembre 2006 à 13:01

J'adore eXistenz pour ma part tandis que je conchie violemment Crash même si par déjà 3 fois j'ai vu le film pour comprendre ce qui n'allait pas mais rien à faire, Crash reste impénétrable pour moi. Je réessayerais bien un jour mais bon...

J'ai déjà tout vu de Cronenberg (je suis fan à la base, ça aide, donc j'ai presque tout Cronenberg en Vhs et je compense ce qui me manque par les dvd) sauf Spider. J'irais lire ta critique de Vidéodrome mais si vous faites une critique de Spider, faudra me prévenir, je reste méfiant mais attiré par ce film, j'attends juste un avis argumenté et passionné sur le sujet. :)

Posté par Nio, mercredi 13 septembre 2006 à 16:03

Le Shaman

Cronenberg a aussi été une sacrée passion dès le collège, je me souviens, d'ailleurs avec ça j'attirais pas les filles (mon préféré a toujours été "the brood", la fin par exemple est resté gravé dans ma mémoire, comme beaucoup) et c'est vrai que j'ai toujours porté un "culte" envers Cronenberg, son univers me fascine toujours autant et de l'avoir considéré comme un auteur par la soit disante profession n'a pas vraiment aidé l'auteur qu'il est justement. Un peu comme Abel Ferrera ou Martin Scorsese, des auteurs intouchable (à l'exception du premier) qu'on vénère au plus haut par des oeuvres fortes ("bad lieutenant", "taxi driver") et qu'on descend une fois une certaine médiatisation ou notoriété atteinte auprès du grand public. Je me le suis dit et je me le répète, je ne m'attend pas à revoir des films du calibre de "nos funerailles" pour Ferrera et l'époque bénnie des "affranchis" pour Scorsese est finie, et ça c'est bien dommage, même renier De Niro au sein de la profession est une sorte de blasphème même si dans "meet the focker" il me fait marrer.

Je te souhaite une bonne soirée et si tu as des critiques à nous suggerer, y'a pas de problème !

Julien

Posté par Le Shaman, mercredi 13 septembre 2006 à 18:53

Le Shaman

Et ton blog est super, tout est là l'interet premier !!! ;)

Posté par Le Shaman, mercredi 13 septembre 2006 à 18:54

pour ma part

je ne supporte ni crash ni existenz , primo crash est un bon gros fuck aux fans de la premiere heure du grand david , celui ci abandonne cette esthetique partioculiere de la chair qu'il juge desormais inutile et qualifie même au détour d'une réplique de " amusement pour touristes " , un cynisme affligeant qui m'a longtemps fait lacher le grand cronenberg , que j'ai repris pour history of violence.

Existenz a mon sens c'est un film conçu par un type qui si il ne peut être accusé de ne pas être sincere , ne connait que dalle a l'univers qu'il aborde , ainsi il expedie son film en deux temps trois mouvements en se foutant royalement de la gueule du public sans ouiblier de rabacher un theme deja EXPLOITE sublimement et parfaitement dans moult films de SF autrements plus interessants que ce trip pseudo intello qui tape dans le gore arty et la violence consensuelle en oubliant pas d'assener une bonne morakle bien reac sur les mefaits de la vie virtuelle... horripilant en ce qui me concerne.

Spider quant a lui touche le fond , alourdi par une psychologie pseudo freudienne et de bon gros clichés bien baveux (le coup de la maman et de la putain fallait oser a notre epoque la refaire) le film se voudrait labyrinthique et complexe mais confine au ridicule dans sa vision manichéene et dépassé d'une folie interieur , croneneberg oublie litteralement d'y faire du cinema , signant des plans scandaleux de facilité , il n'exploite jamais son theme central et se vautre dans une esthetique proprette et un message bien creux , auteurisant et agaçant!!

bon j'ai résumé hein , mais il faut savoir que je suis un grand fan du bonhomme et que les années 90 ont été pour moi une vrai rupture avec u type qui a mon sens s'est litteralement chopé le melon , Oubliant ce qui faisait la force de ses films , a savoir leur visceralitée , du coup lorsqu'il signe des films calibrés pour le festival de cannes ça a tendance a m'agacer , heureusement A history of violence n'est pas de ceux la et on s'en est bien rendu compte a la croisette , en esperant que le grand Dave signe ici un veritable retour !!

-kitano jackson-

Posté par kitano jackson, mercredi 13 septembre 2006 à 20:33

Un fuck, je sais pas pour Crash mais le film reste trop froid pour moi. 1er visionnage, je m'endors. Merde, je me dit, c'est pas possible redonnons une chance au film. 2e visionnage beaucoup plus tard : mouais, bof, je m'ennuie, je regarde ma montre, je baille. 3e visionnage, pareil même si je repère cette fois de rares élèments cronenbergiens dissimulés métaphoriquement (la blessure de Rosanna Arquette, les prothèses, les autoroutes filmées comme des veines où chaque bagnole serait comme un globule rouge), mais Crash n'est pas un "film de la chair" à proprement parler. Trop froid et pas aussi brillant que "faux semblants" (pour moi son chef oeuvre avec Vidéodrome mais c'est mon avis) pour ma part.
Mais je suis sûr qu'il y aurait des choses intéressantes a relever dans Crash, je dispose même d'un livre réalisé par un étudiant en cinéma (j'ai 3 livres sur Cronenberg au fait) qui dissèque le film en entier et certains trucs sont assez étonnant. Donc, je laisse une nouvelle chance au film dès que j'aurais lu tout le bouquin. Peut-être en aurais je une nouvelle vision...?

Pour eXistenZ, ayant déjà vu le film 3 fois aussi, j'y ai relevé nombre de choses assez intéressantes qui le rendent véritablement très riche. Une simili suite du prophétique Vidéodrome ? Oui mais c'est aussi un peu plus que ça et autre chose à la fois. Je me base bien sûr sur les entretiens de Cronenberg avec Grünberg (excellent livre aux éditions du cahier du cinéma) mais même si l'on est destabilisé la première fois qu'on le voit, la seconde fois, on s'aperçoit bien évidemment que le jeu n'est pas en soi l'élèment primordial du film. Un exemple assez intéressant : dans le soi-disant "jeu" d' eXistenZ, tous les bâtiments sont nommés en termes génériques, le motel est appelé...motel, le restaurant chinois...restaurant chinois. Pour Cronenberg, il faut destabiliser non seulement le personnage du film mais aussi le spectateur et autre exemple révélateur, on ne voit aucune marque dans le film à l'écran. Rien, nada et Cronenberg avec un sourire malin se justifiait récemment en argumentant que cette décision avait été prise en rapport avec les temps de chargements actuels de certaines vidéos ou produits sur le net qui se téléchargent plus vite quand on retire toutes les publicités promotionnelles qui font souvent des Mo en trop. Vraiment bien vu.
Et on sait aussi que Cronenberg, fan de Ph.K.Dick a failli échoir sur le projet Total Recall avant que celà n'échoit à Verhoeven mais Cronenberg au fond de lui a toujours voulu faire un film sur les changements de réalité et je suis pas étonné que Vidéodrome et eXistenZ chacun sous des angles radicaux abordent ces domaines.

Enfin si tu peut, laisse une seconde chance au film avec du recul, tu sera surpris ;)

Pour moi je n'éprouve pas tellement de rupture dans son oeuvre des 90, étant donné les virages marquants que sont Faux-semblants, Le festin nu et le trop souvent sous-estimé M.Butterfly où déjà bien avant History of violence, notre canadien préféré abordait le domaine des apparences trompeuses.

Sinon j'espère aussi que David signe là son retour, apparemment il s'est tellement bien entretenu avec le Viggo qu'ils projetteraient de retravailler ensemble. Bonne nouvelle non ? ;)

Posté par Nio, mercredi 13 septembre 2006 à 21:25

le dave

Aaaaaah mais je l'ai vu plusieurs fois existenz et c'est justement ce theme de fiction contaminant la réalitée qui est abordé de maniere ridicule a mon avis (voir pour s'en convaincre des ouevres comme ouvre les yeux d'amenabar ou encore avalon de mamoru oshii beuacoup plus subtiles et aussi beaucoup plus INTELLIGENTES a mon avis).

sinon puisqu'on en parle et justement dans l'interpretation que l'on peut en faire, on pourrait faire un parrallele interessant entre Tom stall/joey cusack et david cronenberg, partons du principe que joey cusack david cronebreg ne sont qu'une seul et même entitée , cusack étant un prisme cinématographiqie servant l'expression de cronenberg , il est alors etonnant de constater que le discours voudrait que croneneberg/stall ait essayé d'echapper a sa nature en se camouflant dans un cinema different mais impersonnel (donc en essayant de se créer un alter ego cannois), qui renvoie a toute la partie idillique du film , étonnant alors de constater a quel point l'obsession de cronenberg pour la chair (proche du fetichisme) le poursuit (et pursuit joey cusack sous la forme d'un personnage de mafieux a l'oeil crevé: Ed Harris), ainsi Le grand david s'attarde longuement sur cet oeil crevé et film la violence avec la hargne viscerale a laquelle il nous avait habitué , confessant presque son envie d'un retour a un cinema plus visceral... tout du moins je l'espere , car le plus troublant avec la fin de a history of violence c'est finalement de se demander qui la famille s'est elle préparée a accueillir , était ce tom (ce qui insinuerait une notion de rédemption et de pardon) ou était ce joey (ce qui insinuerait par contere une notion d'acceptation) le débat est ouvert qu'en penses tu Nio?

-kitano jackson-

Posté par kitano jackson, mercredi 13 septembre 2006 à 21:58

Fiction contaminant la réalité je sais pas si on peut dire ça vu que quand le film commence, ils sont déjà dans le jeu, seule la fin dans eXistenZ est le monde réel...
Avalon de Oshii est une oeuvre sublime. Subtile peut-être, intelligente sûrement, chef d'oeuvre pour autant, non hélas. J'aurais bien voulu aimer ce film comme un chef d'oeuvre moi qui aime tellement le réalisateur et son compositeur Kenji Kawai mais le film en lui même n'est qu'un immense hommage à peine déguisé à Stalker (1979) du réalisateur Andréï Tarkovski, seul la situation diffère (un monde virtuel pour Avalon, un endroit presque parallèle au notre dans Stalker) mais sinon c'est pratiquement presque le même film et celà en est doulouresement flagrant. Donc Avalon oui, mais pas un chef d'oeuvre, d'autant plus que Stalker est mille fois plus intelligent et mille fois plus beau sans user d'effets spéciaux. Une grande claque. Ouvre les yeux je n'ai pas encore vu, il fait partie de la longue pile de divx qui m'attendent et n'est pas dans mes priorités. Ma priorité divx c'est The machinist hé hé :)

Peut-être sont Joey/tom et David ne sont effectivement qu'une même entité, c'est intéressant ce que tu soulèves bien que dans le commentaire audio, Cronenberg précise surtout que c'est Viggo qui a en grande partie crée le personnage d'après Cronenberg et que celui-ci est un hybride : les deux coexistent en symbiose et Cronenberg souligne chaque passage où Joey fait de furtives apparitions.
Commentaire audio passionnant au passage.

Après je ne sais pas si Cronenberg a essayé de se cacher dans son alter-égo pour le passage au festival de Cannes et si il confesse son retour au gore puisqu'il avait bien affirmé récemment je ne sais plus où qu'il ne reviendrait pas en arrière (celà explique sûrement la fameuse scène coupée où Ed Harris se fait déchiqueter l'abdomen, Cronenberg a dû juger bon de la garder sur dvd pour les fans mais il disait que ça lui rappelait trop ses films précédents et comment ne pas penser en effet à Vidéodrome pour ce genre de prise même si ça n'entretient qu'un lointain rapport ?) et continuerait son travail sur la contamination, la maladie et le sexe mais de plus en plus au niveau mental ou métaphorisée (la violence qui se répercute tel que je l'ai dit dans ma chronique ;) ). Il avait néanmoins essayé un temps de garder un scénario assez gore et sympathique nommé "painkillers" dans la droite lignée de Vidéodrome et eXistenZ avec des clins d'oeils dans le scénario à ses premiers films et court-métrages, mais il a abandonné ce projet par manque de moyens financiers. Si il gagne suffisamment sur history ainsi qu'un autre film "grand public", peut-être arrivera t'il a refaire un dernier film gore, va savoir.

Enfin pour la fin, je crois que la famille accepte que ce soit Tom/Joey, voire même Joey à la fin, il y a une rédemption possible et cet espoir d'accepter l'autre malgré toute la violence qu'il a déclenchée qui est sublime. Je crois qu'ils pardonnent à Tom tout en sachant qu'ils (et lui aussi) devront vivre avec un Joey toujours prêt à ressurgir à n'importe quel moment dangereux, mais ils l'acceptent et j'ai failli en pleurer d'émotion à la fin. :)

Posté par Nio, jeudi 14 septembre 2006 à 02:33

Le Shaman

J'ai une petite anecdote concernant Mocky (donc assez proche de l'univers de la chair de Cronenberg) par rapport au festival de Cannes.
En 1992, le film "le mari de léon" a été retenu dans la section "cinéma de france" alors que jusqu'à présent, aucun film de Mocky n'avait été vu dans un festival comme celui-ci. Bref, le film a été un vrai boxon, ce qui lui a valu une interdiction (la première depuis "la machine à découdre" pour l'exploitation normale, donc 1986). Trop de violence graphique (le meurtre de la femme de Boris, interprété par Mocky, le suicide atroce de Léon), trop pessimiste (la mort en rapport au gaz d'echappement) et surtout, traité sur le ton de la farce (c'est une adaptation d'un roman de San Antonio).
Moralité, un film violent certes, perturbant (ça toujours été une habitude avec Mocky; c'est pour ça que son univers, j'aime le rapprocher de celui de Cronenberg, 2 auteurs que j'ai aimé dans ma tendre adolescence) et Cannes ne peut supporter des oeuvres telles que celles-ci.
La section "cinéma de France" n'existe plus, depuis justement "le mari de léon". Alors oui, Jean-Pierre Mocky et Jean Yanne sont des chieurs de première quand il faut gueuler sur les festival, dont celui très mondain justement, de Cannes, mais admettez bien que la profession n'encourage aucun film "différent" à être vu et apprécier ensuite. "Le mari de léon" a été un echec, ce qui a forcé Mocky à réaliser une autre comédie franchouillarde avec Michel Serrault en 1993 : "bonsoir" et toujours l'innenarable Serge Riaboukine.
Pour en revenir à "History of Violence", une compétition c'est tout. Les films de Cronenberg sont retenus au festival puisqu'il a decerné la Palme à "Rosetta" en 1999 et parce qu'il aime se trimballer les mirettes sur les marches. Mais quand les gens (je pourrais dire pareil au sujet de "la grande bouffe" en 1973) s'aperçoivent que le film est brulant, que sa violence est limite choquante (dans "history of violence", Cronenberg renoue un peu avec ses premières obsessions), la soit-disante profession devient aveugle. Fait rare mais tout de même inédit, Cronenberg sert à Cannes comme toile de fond à présenter des films calibrés pour le succès mais en aucun cas, la reconnaissance d'un certain public.
Et pour Mocky, c'est pareil. J'engage tout le monde à regarder "le mari de léon", si vous le trouvez puisqu'il n'est pas encore dispo en DVD.

LE MARI DE LEON
Un film de Jean-Pierre Mocky, avec Jean-Pierre Mocky, Laura Grandt, Serge Riaboukine
1h32 ; 1992 ; int. -16 ans
Comédie dramatique

Posté par Le Shaman, jeudi 14 septembre 2006 à 10:24

le commentaire audio

En ce qui concerne stalker, Tarkovsky m'a toujours royalement fait chier même si je reconnais en lui un grand génie.

Pour ce qui est du commentaire audio tu sais comme moi que toute personne est composée de conscient et d'inconscient , le fait que Croneneberg ait choisi Particulierement l'adaptation de CETTE bande dessinée (par ailleurs géniale jetez vous dessus) n'est pas anodin , je suhaite en tout cas grandement pour ma part que croneneberg reste dans a veine d'un cinema comme history of violence (finalement son film le plus equilibré) et cesse de nous prendre pour des cons avec des oeuvres pour bobos façn spider.

En ce qui concerne avalon , chef d'ouevre ou pas , le travail d'oshii apparait bien plus complet que celu de cronenberg , d'ailleurs puisqu'on en parle , je trouve que ta theorie sur le film s'avere bien trop arretée , croneneberg tente justement de perdre le spectateur en lui faisant confondre jeu et réalité , dans cette optique impossible de savoir si ils sont dans le jeu ou pas , du coup ta theorie ben qu'interessante me confirme encore une fois l'echec du film (en ce qui me concerne encore une fois), le vertige labyrinthique qu'est censé procurer le film ne fonctionne pas , car encore une fois croneneberg parle d'un sujet qu'il maitrise et juge tres mal!!

En même temps , finalement , je me rends compte que puisqu'il provoque discussion ce film est forcément interessant (comme la totalit&ée de la filmo du maitre de toute façon)

A+

Posté par kitano jackson, jeudi 14 septembre 2006 à 11:45

Le Shaman

Qui c'est qui va se taper la critique sur Artcancre???

Posté par Le Shaman, jeudi 14 septembre 2006 à 11:58

Pour le film de Cronenberg le jeu n'est pas son intérêt premier, il voulait avant tout faire un film sur un artiste poursuivi de fatwa (l'idée lui était venue en interviewant Salman Rushdie peu de temps auparavant), le jeu n'est qu'un pretexte même bon à perdre le spectateur et la démarche du père David me fait penser au même jeu de manipulation qu'exerce Fincher sur les spectateurs et ses personnages dans The Game, pas toi ? ;)

Shaman : Critique de Spider, Avalon ou eXistenZ ? J'avoue on commence a s'y perdre... :)

"En même temps , finalement , je me rends compte que puisqu'il provoque discussion ce film est forcément interessant (comme la totalit&ée de la filmo du maitre de toute façon)"

Tout à fait d'accord !^^

Posté par Nio, jeudi 14 septembre 2006 à 13:35

Le Shaman

Celle de "History of violence" ;) et je prépare aussi celle du "festin nu" parce qu'il est important, de plus que je viens de relire le bouquin de Burrought, donc il faut que je revoie le film. Enfin bon, j'ai celle de "the brood" qui est dans les tiroirs, je devrais peut etre mettre celle-ci avant, non? si? y'a deja "videodrome" de 83, peut-être un récent, enfin je sais pas (je me prend la tête là lol)

Posté par Le Shaman, jeudi 14 septembre 2006 à 13:40

the game

Bin en un sens oui , mais je n'aime pas the game non plus , trop roublard (comme existenz et d'ailleurs pour quasiment les même raisons) je lui rpefer de loin les autres film de fincher (sauf panic room qui est un nanar grotesque)

Posté par kitano jackson, jeudi 14 septembre 2006 à 21:04

Juste pour dire...

J'aime bien The Game mais je suis d'accord avec toi sur le très moyen Panic Room.

Posté par Nio, vendredi 15 septembre 2006 à 02:19

Le Shaman

Aaaaah SEVEN, ah la la, je suis pas très Brad Pitt mais je sais que c'est avec ce film que j'ai pu l'apprécier après un "Thelma et Louise" où il est diaboliquement (c'est le mot? lol) chiant en cowboy voulant trop faire John Voight ;-)

Posté par le shaman, vendredi 15 septembre 2006 à 10:40

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