Chroniques visuelles

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dimanche 30 juillet 2006

Zombie

Zombies - Dawn of the dead (1978)

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"George A. Romero avait réussit un premier coup d'éclat avec Night of the living dead. Où l'on pouvait assister à l'arrivée des premiers zombies. Film intelligent et novateur, il avait marqué son temps (réalisé en 1968, année riche en révoltes de toutes sortes) le film ne manquait pas de porter un réel impact et une critique acerbe de la société.

Second coup d'éclat (peut-être même encore un cran au-dessus), Dawn of the dead, sobrement titré dans nos contrés Zombie. Film très subversif à l'époque, il présentait un monde proche de l'apocalypse où les zombies devenaient peu à peu plus nombreux que les hommes. Un petit groupe (trois hommes et une femme) décident de s'enfuire pour trouver un havre de paix. Finalement plus tenté par un centre commercial qu'une île déserte ces derniers passeront leur temps à piller la magasin et s'adonner à une véritable boulimie consomatrice qui prend de telles proportions qu'ils préfereront se battre et risque la mort plutôt que d'abandonner leur bien. Critique virulente de la société de consommation, Down of the dead est resté dans les mémoires et est surement le plus populaire film de la série."
--Extrait de dvdcritiques.com--

10 ans.
10 putains d' années.
Il aura fallu attendre 10 ans avant que Romero accouche d'une suite dans la plus stricte cohérence temporelle avec un soin qui fait plaisir aux fans de zombies. Là où d' autres attendent juste un an ou deux et nous font des reloaded et revolutions tout pourris (oui je sais, j'aime bien taper sur matrix), Romero prend le temps d' abord de réunir un budget suffisant, de pondre une histoire qui couches après couches sera maintes fois corrigée et réecrite en fonction des bouleversements sociaux (or l' époque des 70's est en train de tourner pour la grande consommation avec des centres aussi grands que les Halles à Paris par exemple ou bien tous ces nouveaux centres en France un peu plus tard... Pour Romero, c'est aussi l' occasion d'inscrire l' histoire dans une continuité temporelle proche de la nôtre. Les 4 films de Romero présentant un monde aussi semblable au notre qu'il en devient parallèle et s'inscrit dans une Histoire très cohérente.
Ainsi ici, la marée de zombies se fait plus importante que dans le premier volet et l' on sent que les hommes, les militaires s' amusent sans se douter de la vague menace inexorable qui avance.

Caméra documentaire aussi puissante qu'un Mickael Moore sur des militaires qui engagent des civils pour une petite partie de chasse aux zombies, lesquels bien sûr commencent à faire pitié, entropie oblige...
A défaut de vraiment les trouver sympathique (vaut mieux rester loin de ces trucs là, ça a toujours la dalle), on sent que Romero soupèse les humains et les zombies dans un même panier, mais à ce petit jeu c'est l' homme qui s'avère perdant comme on en s' apercevra dans les deux films suivants qui penchent nettement en faveur des zombies.

Ici Romero ne juge pas, il observe et tire un constat inquiétant : Dans les grandes villes, les policiers et escouades spéciales ont beau faire du nettoyage, il reste toujours des zombies que les gens n' hésitent pas a garder chez soi, en effet comment tuer celui qui quelques jours plus tôt était encore votre mari, votre pote, votre meilleur ami ?
Les militaires s' amusent, le pays part à la dérive. Les gens restent cupides envers leurs biens, ce dont les zombies se fouttent éperduement. Les opinions sont tranchées et celà se voit dès le début du film où la panique règne sur un plateau de télé sur la marche à suivre : deux scientifiques aux méthodes opposées parlent des zombies, l'un croit en des méthodes radicales difficilement appréciables du public, l' autre pour des moyens en douceur qui paraissent déplacées. Aucun ne semble être particulièrement optimiste.

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Ce qui est incroyable dans le film, c'est que le côté humain n'est en aucun moment oublié même si bien sûr on a un film foncièrement gore. Ainsi avec 4 survivants (3 hommes et une femme) qui se réfugient dans un centre commercial (qui sera leur salut, puis progressivement leur perte), Romero se fait un huis clos avec zombies en toile de fond. Les rapports se dégradent, le désenchantement, la fatigue, la folie presque gagnent nos 4 "héros". Stephen, Roger, Peter et Francine semblent constamment sur les nerfs et la situation ne s' arrange pas : avec le temps, de plus en plus de zombies s' agglutinent aux abord de la région (preuve que le pays part à la dérive avec le temps) comme des abeilles autour d'un nid. Et pour couronner le tout, Francine est enceinte. Bientôt surviennent les premières nausées. Puis Roger se fera mordre par un zombie et commencera lentement comme un malade en phase terminale (en accélérée ici) par perdre humanité, espoir et foi dans une régression de l' humain au zombie qui n'est pas sans rappeler le stade infantile.

D' ailleurs les zombies sont ça : au stade de l' évolution humaine et comparé à nous, ils ne sont encore que de petits enfants, mais des enfants désireux d' apprendre. Déjà dans la nuit des morts vivants, un des zombies dès le début du film s'empare d'une pierre pour briser la vitre de la voiture où Barbara s'est réfugiée (ah une ptite fringalle on y résiste pas) et ici, les morts vivants ouvrent les portes, s'infiltrent partout ou presque, peuvent même se servir d'un fusil, enfin du moins le prendre par la crosse (il faudra attendre "le jour des morts vivants" et "land of the dead" pour voir un mort vivant se servir véritablement d'une arme à feu).
L' évolution est en marche.

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Même les couples ne sont plus soudés devant le danger...


Un tournage serré...

Le tournage de Zombie commence le 30 septembre 1977 à Monroeville. Il se déroule essentiellement de nuit, aux horaires où le centre commercial est fermé au public, jamais avant 22h00, écourtant considérablement le temps de travail. Déjà collaborateurs sur "martin", le réalisateur et Tom Savini s' entendent comme larrons en foire, tant et si bien que le second s' investit dans le projet bien au délà de ce qu'on attendait de lui.
Avec son équipe, il passe des nuits entières à transformer les figurants en zombies. Des figurants qui, cette fois, recevront 20 dollars chacun, une "lunch box" et un t-shirt à l' effigie du film. Les prises de vues débutent généralement vers minuit et durent jusqu'a 7 heures, soit deux heures avant que le centre n'ouvre ses portes. A 7 heures, automatiquement se déclenche la cassette d'une musique d' ambiance dont personne ne parvient à arrêter l' enregistrement. Cet "easy listening", George Romero saura l'utiliser à bon escient dans le film.
A 8 heures, alors qu' arrivent les premiers employés, toute l' équipe doit débarasser le plancher. Une chronologie serrée qui n'est pas sans poser quelques soucis. Quand par exemple, un groupe de cardiaques ayant pour habitude de se livrer à des exercices de relaxation dans le centre tombe nez à nez avec un deterré.
Croisant malencontreusement la route du figurant retardataire toujours maquillé, un fatigué du palpitant rend son dernier souffle, terrassé par une attaque.
--Extrait du Mad Movies spécial Romero--

C'est vrai que le Tom Savini s'est particulièrement bien amusé sur les maquillages. Plus soignés que sur le premier en noir et blanc ils donnent néanmoins l' impression que tout le monde à trépassé en une seule journée ! Ah ce bleu livide des cadavres...

Et puis il me faut parler de la musique et des différentes versions du film. En fait on ne compte plus les nombreuses versions du film (certains fans auraient même remontés le film à leur vision créant une version de plus !) mais il y en a 3 principales.

* La version européenne (Zombie) :

Remontée par Dario Argento (LE réalisateur du génial Suspiria dont je ferais une chronique ici un jour prochain...) , la version européenne s' avère plus courte que la version américaine de Romero mais bénéficie d'un montage privilégiant l' action, la satire et l'intensite. La psychologie des personnage en prend parfois un sacré coup dans l'aile mais dans l' ensemble, le film est terriblement efficace.
Et puis il y a la musique des Goblins, groupe de rock baroque et barré qui ferait passer la musique du Shining de Kubrick pour une complainte pour gamin attardé. A la fois en décalage et en parfaite adéquation tout en restant 70's et intemporelle, elle donne un plus appréciable et fun au film.

* la version américaine

9 minutes de plus que la version Argento, où les Goblins ne sont qu'un banal thème passant à la radio. Romero privilégie un montage plus posé crédibilisant les personnages et des musiques parfois nostalgie un peu comme un Tarantino avant l' heure. De nombreuses scènes plus ou moins importantes et métaphoriques ponctuent le récit et laisse entrevoir la direction que va prendre Romero par la suite : Ainsi une nonne zombie que Francine épargnera et dégagera la robe de sa porte. Compassion uniquement parce que c'est une ancienne religieuse ? Pas sûr...

* Le director's cut

La même version que la version européenne mais qui là où cette dernière ne faisait que environ 1 h 50 donne ici un montage de 2 h 50 ! ça laisse rêveur. D' après Mad Movies, c'est la meilleure version des trois mais pour l' avoir, va falloir débourser dans l' edition ultimate (voir plus bas). Cette version n'a été projetée publiquement paraît il qu'une seule fois, à Cannes en 1978.

Les versions dvd de Zombie/Dawn of the dead

Nous y voilà, comment s'y retrouver dans tout ce fratras ? Suivez le guide.

Version zone 2 officielle :

C'est la jaquette que j' ai mis en ouverture de cette seconde partie. C'est donc le montage européen par Argento, terriblement efficace et jouissif. Ici c'est la version simple, mais la version collector en 2 dvds est tout aussi jouissive d' autant plus qu'on a droit au célèbre "document of the dead" sublime documentaire sur le tournage du film et la carrière de Romero sur une durée qui s' échelonne sur plus de 10 ans !
Le son en 5.1 ou DTS (VF only je crois) est sublime malgré quelques voix nasillardes. L'image reste assez soignée malgré à de rares moments des griffures ou fêlures mais bon, ça rajoute au charme et tout le reste est parfait alors bon...

Ultimate edition zone 1

http://images.amazon.com/images/P/B0002IQNAG.01._SCLZZZZZZZ_.jpg

La version a avoir impérativement si vous avez un lecteur dvd dézoné et que vous avez plein de sous pour les dvds comme Patchworkman (ahhh pas taper, "patchi", non arrrg). On trouve ici les 3 versions officielles, 3 commentaires audio, "document of the dead", des images très rares en noir et blanc et super 8, un documentaire spécial pour cette édition et pleins de photos par centaines...

Le must, à avoir si vous ne trouvez pas l' édition européenne ou que vous avez les moyens, ce que mon statut d'étudiant ne me permet pas malheuresement.

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jeudi 27 juillet 2006

A History of violence

crocrob


Parce qu'au cours d’un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s'étale à la une de tous les médias. Alors qu'il essaie de retrouver une vie normale loin des feux de l'actualité, un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d'avoir reconnu en Tom celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés, un certain Joey Cusack. Tom aura beau nier, les ennuis ne font que véritablement commencer...

Une seule constatation négative dans l'océan de bonheur procuré par ce film, le boîtier. Vous aimez les poupées russes ?

Ok vous allez être servis : Le boîtier se compose d'un étui en carton....Cachant un second étui en carton...Cachant la boîte. Un fourreau beau mais pas pratique du tout, finalement assez énervant. On se demande ce qui est passé par la tête de métropolitain...  :/

Sinon à part ça, que du bonheur.

Comme il l'avait récemment confirmé dans une interview, Cronenberg a effectué un virage à l'orée des 90's en inflechissant son monde dérangé sur une pente plus subtile, une horreur plus psychologique, le gore étant néanmoins toujours en train de rôder dans les parages (on se refait pas hein...), ce qui nous a donné des films incroyables : Ainsi "Faux semblants" qui augurait le premier du virage psychologique de David peu de temps après "la Mouche" (et avant ça, l'excellent, "dead zone") lui donnait d'emblée un autre prix d'Avoriaz (amplement mérité). "Mr Butterfly" et "Crash" s'imposèrent (et même si je n'aime pas trop "crash") comme des films presque normaux (avec le petit plus qui fait le Cronenberg) tandis que CroCro concilia gore et psychologie avec plus ou moins de bonheur dans "eXistenZ" et "le festin nu" avant de virer totalement dans les abîmes noirs de "Spider".

Avec "A History of Violence", Cronenberg prouve une fois de plus sa capacité à fondre son passé de faiseur gore dans un film plus noir qu'il n'y paraît mais se renouvelle une fois de plus dans ses thèmes de prédilections : la maladie, la solitude, la mort.

  • La maladie est cette fois métaphorique, loin du visible incurable du scientifique de "La mouche" ou des contaminations de "Rage" ou des effets dûs à la drogue dans "le festin nu". Cette fois, la maladie est la contamination virale de la famille par la violence ce qui permet à Cronenberg d'observer la lente décomposition d'une famille et la violence à l'oeuvre chez le père qui sera alors visible chez le fils, ce qui permettra à Cronenberg de poser au spectateur une question en filigrane toute d'ambiguïté : La violence est elle héréditaire ou le devient on par nécessité ? Cronenberg ne dit rien, il montre, au spectateur de faire son,ses choix.

  • La solitude... C'est un thème omniprésent chez Crocro...Des patients étranges de ses premiers courts et moyens métrages (dont Stereo, un moyen métrage de 30 minutes incroyable en noir et blanc et muet) à la solitude d'un personnage abandonné de tous car malade, différent, incompris (voir "dead zone", "la mouche", "eXistenZ", "Vidéodrome"...). Ici la solitude humaine se ressent non seulement chez Tom/Joey (Viggo Mortensen) mais aussi et surtout, par conséquence, elle rejaillit sur sa famille : sa femme, qui doit-elle croire et qu'est ce que son mari est-il véritablement ? Peut-elle et doit elle encore lui faire confiance ?

  • Enfin, la mort, omniprésente chez l'artiste canadien, la mort des autres comme celle du personnage principal. Curieusement chez Cronenberg, "le héros" contaminé est toujours voué à la solitude, donc par conséquent à la mort, seule rédemption possible, même si elle est très pessimiste. Pourtant "A history of violence" échappera à ce constat (trop de morts à l'écran ? Un quota rempli ?  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/W-rire.gif ) pour --fait rare à souligner-- offrir une superbe rédemption à la fin...


D'ailleurs il faut en parler de cette fin même si désolé, je vais un peu passer en Mode spoilers...
A la première vision du film j'avais été emballé mais un peu déçu par la fin du film, pourtant celle-ci s'inscrit dans une incroyable logique et permet au fan que je suis de ne plus voir un quelconque personnage se trancher la gorge (Jeremy Irons dans "mr butterfly") ou demander qu'on le suicide plus ou moins consciemment ("la mouche" bien sûr mais aussi "vidéodrome" et "dead zone". Pour "vidéodrome" on en arrive toujours a se demander si Max Renn opère par nécessité ou parce qu'il est forcé et qu'il n'y a plus d'échappatoire possible ? Tandis que dans "the dead zone", vu que son pouvoir de voyance l'affaiblissait, il était logique que Christopher Walken se sacrifie --je crois que le personnage en a intimement conscience même si il agit pour une cause le dépassant : le bienfait de l'humanité-- sous peine de devenir un légume...) mais offre donc pour la première fois chez Cronenberg une fin heureuse, du moins en apparence.
Parce que même si Viggo Mortensen demande le pardon, sa famille est détruite. Cette rédemption et la chance d'être pardonnée (incroyable final à trembler) est la chance de tout reconstruire ou du moins d'espérer. Et cette fin est plus douloureuse encore que toutes les morts parce que l'espoir se crée sur à peine rien, des ruines, du vide.

Ceci est en partie mon interprétation et comme Cronenberg propose toujours des films plus riches que la moyenne des faiseurs hollywoodiens oeuvrant dans l'horrifique ou l'angoissant, bien sûr, il peut y avoir plusieurs interprétations. Ainsi mon père a trouvé que ce n'était pas un pardon qui lui était offert et que le personnage de Tom s'imposait. Intéressant mais je reste pour ma part sur la dimension du rachat du personnage...

Le son est en 5.1, que ce soit en Anglais ou français et il y a des bonus, messieurs dames !

Les bonux !

*Commentaire audio de David Cronenberg
*Actes de violence : les coulisses du tournage
*Scène coupée : la scène 44
*Le démontage de la scène 44
*Histoire de violences : version américaine contre version internationale
*En compétition au Festival de Cannes
*Bandes-annonces
*3 Bonus cachés

Pas encore repéré les bonus cachés, je m'y met dès que possible bien sûr ^^
Sinon, la scène 44 a était tournée puis finalisée entièrement pour le dvd, merci mr Cronenberg. Et c'est une scène gore à l'ancienne (un cadeau pour les fans je pense bien  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/dent.gif ), chouette !


Bilan : Un grand film qui aurait dû être primé, bref festival de Connes quand tu nous tiens....
Grand film ? On approche du chef d'oeuvre même. A noter qu'il s'agit du Cronenberg le plus violent et sanglant de tous.

Posté par Nio Lynes à 19:47 - Gore-tex - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 25 juillet 2006

La nuit des morts vivants

Night of the living dead
(la nuit des morts vivants - 1968)

http://www.filmdeculte.com/photo/culte/nuitdesmortsvivants1/image.jpg

Barricadée dans une maison isolée, une poignée d' hommes et de femmes tentent de survivre face à une armée de zombies affamés. Mais la tension qui règne au sein du petit groupe de survivants s' avèrera tout aussi dangereuse...

Et d' un ! Pour ce film, qui est aussi son premier film, Romero et toute son équipe, font fort, très fort. Budget ridicule voire inexistant, jeu sur le noir et blanc assez brumeux, référence à l' expressionisme, caméra aussi mobile que celle de la Nouvelle Vague (Truffort, Godard et consorts...) et des effets spéciaux riquiqui... On joue à la fois sur le vu et le non vu (le non dit, qui marche toujours dans certains films d' horreur), tandis qu'une ambiance peu à peu malsaine s' installe. Les réfugiés ne sont même pas capable de s' entendre quand ils ne sont pas terrifiés par la peur. On se bat pour un fusil, d' autres tentent de s' enfuir --vainement-- en voiture, la radio débite des nouvelles peu rassurantes... quand elle marche.

Il faut noter aussi qu' avec ce film, Romero ose le pas bien avant d' autres : gros plan sur un cadavre en décomposition, festin anthropophage de boyaux et d'os humains et surtout un héros noir alors que celà n' existe pas encore (en 1968, il n'y a pas encore la vague de la "blaxploitation" avec Shaft et tous ses amis). Rendez vous compte, un héros noir, alors que dans les films américain, c'est le noir qui meurt en premier !

zombieeeeeeeeeeee

Le film reste encore redoutablement efficace de nos jours qu'hier : comme le dit Stephen King dans un numero spécial Romero de Mad Movies : "Lorsque quelqu'un m'affirme que les films d' horreur ne lui font plus peur, je l' invite à faire l' expérience suivante. Allez donc voir le nuit des morts vivants, et allez y tout seul (avez vous remarqué que la plupart des spectateurs de films d' horreur arrivent en couple, en groupe et parfois en meute ?). Ensuite reprenez le volant, rendez vous dans une maison abandonnée, en ruines. Il y en a une dans pratiquement toutes les villes. Entrez. Montez jusqu' au grenier. Asseyez-vous. Ecoutez la maison qui craque et qui gémit autour de vous.Remarquez à quels points ces bruits ressemblent à ceux que pourrait produire quelqu'un ou quelque chose qui monte l' escalier. Humez l' odeur de la poussière. De pourriture. De décomposition. Repensez au film que vous venez de voir. Vous êtes assis là dans le noir, incapable de voir ce qui s' approche de vous... Ce qui va peut-être poser une main sur votre épaule...ou sur votre gorge."

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Il faut aussi noter l' aspect du film en noir et blanc, ressemblant à un film des années 30 ou 40, ce que cherchait Romero : un aspect petit film du soir comme ceux qui passaient sur la télévision. Mais un petit film aux allure de drame social sous emballage de gore. Tout passe à la moulinette du reflet social : la ségrégation, le racisme, la peur de l' autre, de l' inconnu. L' amérique alors dans la guerre du viet-nam, une poignée de réalisateurs plus ou moins indépendants s' engageront alors dans un cinéma dur, sans concessions ni humaines, ni politiques. Des gens tels que Denis Hopper (Easy Rider), Sam Peckinpah (les chiens de paille), George A Romero....

Il faut aussi que j' évoque la musique de ce truc, ce bidule, ce film, cet ovni. En plus de l' image photographique brumeuse comme issue d'un mauvais rêve on peut ajouter une musique plus ou moins planante, aux effets de réverbération, de samples et d' orgue distendu, comme quelque chose de pourri à travers la bande originale, une menace qui plane lentement. A l' image de son film, la musique participe du rêve éveillé.


Extraits du Mad movies spécial Romero :

Quel but poursuiviez vous en écrivant et tournant "la nuit des morts vivants" ? Derrière la façade d' un pur film de terreur il y a autre chose...

Romero : J' ai seulement essayé de dresser le tableau d'une société en pleine mutation, tant au niveau politique que social. Le film traite des contractions de toute une génération, de la structure même de cette société. Je n' avais pas l' intention de délivrer un message quelconque. Simplement de dresser un constat, de tendre un miroir à un système sur le point d' imploser, d' exacerber les problèmes de communication, de dialogue entre individus. J' ai lu des interprétations très savantes de mon film. J'y ai appris que j'y avais mis des choses dont je n' avais pourtant pas idée. Peut être tout ça est-il sorti de mon subconscient.

Le choix d'un comédien noir dans le rôle principal ne pouvait pas être innocent, surtout que vous avez tourné le film deux ans seulement après les émeutes raciales de Watts....

R : Pourtant ça n'a rien à voir. J' ai donné le rôle de Ben à Duane Jones pour deux raisons : d'abord parce qu'il comptait parmi mes amis, ensuite, parce qu'il était le meilleur des comédiens que j' ai auditionnés. Je ne me suis jamais posé la question de la couleur de la peau. D' ailleurs après avoir engagé Duane, je n' ai pas changé une ligne aux dialogues et à l' histoire. A l' origine, tel que le décrivait le scénario, le personnage était un homme blanc issu de la classe moyenne. Il l'est resté par la suite. Sans doute est pour cette raison que la nuit des morts vivants a eu cet impact, que son scénario fonctionne jusqu' au bout. Par bien des côtés, la nuit des morts vivants réflète son temps : le soir où nous avons mis les bobines du film dans le coffre d' une voiture pour le présenter à plusieurs exploitants, nous avons appris l' assassinat de Martin Luther King par la radio.
(note de Nio : sans faire de spoilers, ça a un rapport avec la fin du film)

Les versions dvd du film :

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La version zone 1 chez Elite, sublime, parfaite, celle que je recommende entre mille, si vous avez des sous. THX, 5.1 (y'a même le mono d'origine), des tonnes de bonus, le pied, le bonheur entre mille quoi.
Par contre je ne sais pas du tout si piste française voire sous titre français il y a. J' en doute...

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L'édition 30e aniversaire en zone 2. AAAAAH putain non !
Evitez cette édition à tout prix, c'est du foutage de gueule lamentable. C'est le film mais colorisé avec un soin et une laideur inimaginable. La copie est dégueulasse, le son est vraiment pourri. En bonus : le making of du remake réalisé en 1990 par Tom Savini, artisan des effets spéciaux de zombies et le jour des morts vivants. Bref, le foutage de gueule intégral...

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Le remake de 1990 par Savini. Boarf, mouais ben sympa mais sans plus. N'a pas l' aura noirâtre de l' original quoi... Dommage. M'enfin ça reste sympatoche mais bon...

http://www.dvdfr.com/images/dvd/cover_200x280/19/19745.jpg


L'édition zone 2 de Ciné FX, qui change de pochette à chaque fois ou presque. Ma version à moi, c'est une jolie blonde tripotée par plein de mains zombies derrière elle. Kitch mais je préfère ma version à celle ci ^^
Edition correcte mais sans plus : VF en stéréo et V.O en mono. Quelques bonus du genre bande annonce et filmographies assez sympathiques. Et "la nuit des pains vivants" en bonus, court métrage parodique inspiré du film de Romero, qui m'a fait penser "merde c'est pas croyable le nombre de tranches de brioches gaspillées dans ce truc"

L' édition la plus courrante et la moins chère partout, trouvable au petit bonheur la chance en cherchant bien. Moi je l' ai trouvée à 6 euros chez le marchand de journeaux ^_^ !

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In the mood for love

moomood

Grâce à la magie des vacances (enfin du peu que j'ai vu que je bosse snirfl), j'ai pu me revoir ce sublime film avec la Aude. ("Doudou corporation" une marque célèbre by Renata inc ©)

Parler de film commercial ou de blockbuster pour ce film s'avérerait fastidieux, voire déplacé ou incongru, à l'image des autres films de Wong Kar Waï. Contrairement à un certain Almodovar (cf, la déclaration du réalisateur espagnol, déçu que son "Volver" n'ait pas eu plus de prix que ça à Cannes...Sorry Pedro mais la mayonnaise que tu concocte commence à toujours être la même...(*)), Wong Kar Waï n'a jamais fait ses films en fonction d'un quelconque calcul si ce n'est celui d'incorporer le spectateur dans une logique du désir amoureux, de l'attraction amoureuse ou sexuelle.

Bien sûr, celà ne se voit pas vraiment pour ses premiers films.
Il y a certes des fulgurances dans l'excellent "les anges déchus" (1996 si je me souviens bien. Je conseille d'ailleurs ce film au Edounet) mais l'explosion n'est atteinte qu'avec le délice pop sucré qu'est "Chungking Express". Dans ce dernier, Wong Kar Waï mettait en place une histoire s'entrecroisant entre différents personnages dans une même ville, avec attirances réciproques et éllipses fabuleuses. Le système Kar Waï se mettait alors en place : La musique vecteur d'émotion en thème répétitif tel une valse ("california dreamer" des Mama's and the papa's si je me rappele bien) et des acteurs, oh combien séduisants (Tony Leung, dont on peut tomber fou amoureux tellement l'acteur à de la classe  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/love.gif  et la sublime Faye Wong, à se damner par terre...
Sans oublier des ralentis intemporels et des plans de corps à la fois immobiles/en mouvement...


In the Mood for love semble donc une sorte de réactualisation de Chungking Express puisque cette fois Wong Kar Waï use de tous les stratagèmes, toutes les techniques (sa patte personnelle) déjà précédemment employées mais va encore plus loin. Pour hypnotiser le spectateur dans l'époque du film (Hong-Kong de 1962), notre réalisateur se dote d'une photographie élegante d'où ressort chaque vêtement, chaque drapé, chaque couloir et tapis. C'est bien simple, c'est tellement beau qu'on touche avec les yeux (à défaut de toucher avec les doigts)  images/icones/icon18.gif  !

Ensuite la musique. D'un thème répétitif comme précédemment il en use et en abuse mais cette fois, pour figer la valse des corps aux ralentis et imprégner musicalement et visuellement la rétine du spectateur.

Les acteurs ? Diable, mais il y a Maggie Cheung. Et Tony Leung. Bref encore une fois, on est (presque) prêt à mourir pour eux...
Et tous ces non-dits amoureux et toutes les répétitions...Kar Waï l'a bien compris, l'amour ne naît pas d'un coup (du moins pas toujours) et pour qu'une histoire dure, il faut que la conscience s'installe. Ainsi nos héros répètent des situations qui les lient de plus en plus tel un acteur de théâtre qui ferait intimement partager ses émotions sur scène (ce qui est aussi le propre de certains grands films) et le désir, la mélancolie, le désarroi amoureux naissent.
Une main à serrer.
Une épaule où poser sa tête.
Une femme à réconforter.
Le regard de Tony Leung.
Le regard de Maggie Cheung.

Wong Kar Waï veut que l'on aime ses acteurs et abolit toute distance entre eux et nous : leur jeu de séduction s'adresse aussi bien envers eux-mêmes que nous et c'est là que l'on est pas épargnés par le film.

Tout le film porte sur le désir amoureux qui pourtant ne se terminera pas comme celà pouvait être espéré....


Bilan ?  Un chef d'oeuvre hypnotique au rythme lent (ce qui pourrait en gêner certains. Amoureux des films d'actions qui pètent dans tous les sens, passez votre chemin...) mais fabuleux.


Avis plus ou moins contraire de ma part : Sans nier les qualités esthétiques du film, il dépasse difficilement le cap de la seconde vision tellement il marque (que l'on aime ou pas) l'esprit. Dommage, ou alors faudra que je le revoie en... 2046.
Mais je maintiens que c'est un grand film.



(*) enfin, moi je reproche surtout à Almodovar de créer quelque chose qui sonne parfois trop artificiel et en ce sens "Volver" ne m'a pas trop convaincu.

Posté par Nio Lynes à 19:41 - Dé(s) corps... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 18 juillet 2006

La Horde sauvage

http://www.dvdfr.com/images/dvd/cover_200x280/0/727.jpg

1968, 1969.
Les années charnières où tout bascule : la musique, les conflits sociaux (Viet-nam pour l'Amérique, Mai 68 pour la France), les films.

A cette époque, on a droit à une pléthore d'oeuvres plus ou moins brutales ou hors des sentiers battus qui viennent mettre en cause tout un pan du cinéma. 2001 l'odyssée de l'espace, Easy rider, La nuit des morts vivants... Sans oublier ce qu'on a appelé alors "la nouvelle vague", une foule de jeune cinéastes français plein d'idées et d'avenir qui allaient alors en remontrer à Hollywood (Truffaut, Godard, Louis Malle...), laquelle saura se souvenir d'eux (Spielberg et Lucas ne cachent pas leur admiration pour Truffaut et tonton Spielby l'invitera même en hommage à jouer le rôle d'un chercheur français dans le sous estimé "Rencontre du 3è type"...).

1969 c'est aussi l' année de sortie de "La horde Sauvage" (The wild Bunch).

On doit d'ailleurs à la fin des années 60, 2 maîtres qui vont largement donner un second souffle au western moribond et bien gentil alors du duo des deux John (John Ford, John Wayne -- lesquels ont quand même fait de sublimes films), ces maîtres, depuis largement reconnus sont Sergio Leone et Sam Peckinpah.

Du premier on retient la création d'un genre unique (le "western-spaghetti") où il fut d'ailleurs le seul à exceller et créer des perles (parce que bon, les Lucky Luke ou les Terence Hill hmmm bon... http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/W-rire.gif ), du second on retient le côté cynique, amoral, désabusé à l'extrême et violent (voir chronique des "chiens de paille").

Et en 1969, sort "la horde sauvage", film de western qui ne plaira pas du tout au public américain (on s'en doute) vu qu'il n'y aura pas de méchants indiens à zigouiller mais plus un massacre poussé à l'absurde en plein territoire Mexicain.

l'histoire : Au sud du Texas, Pike Bishop et ses hommes s'apprêtent à attaquer les bureaux de la compagnie de chemin de fer. Mais Duke Thornton --son ancien ami-- et ses chasseurs de primes les attendent au tournant. La prise de banque tourne court et le braquage se transforme en massacre généralisé aussi bien chez les chasseurs de primes que chez Pike ou les gens de la ville. Pike réussit à s'enfuir avec le butin et 5 rescapés mais arrivés à leur point de cache, ils s'aperçoivent qu'on les a dupés : l'or n'est qu'un tas de rondelles de fer percées.
Pour Pike, plus d'alternative, il faut fuir le plus vite possible, direction le seul étât où la loi n'osera guère les chercher : au Mexique....
De son côté Duke, accusé du désastre à la banque se voit contraint de poursuivre Pike afin de le tuer à moins de se retrouver au bout de la corde.
On lui donne 40 jours sinon...

Et la poursuite s'engage...

On se souvient qu'a sa sortie ce film déclencha un tollé de réaction violentes.
"Pas d'espoir."
"Des acteurs vieillissants".
"Trop violent."
"Pas de femmes...Sauf des putes qui ne sont même pas des héroïnes."
Pourtant aujourd'hui le film est considéré à juste titre comme un classique et Peckinpah sans le savoir avait beaucoup de courage dans ses réalisations (en même temps le bonhomme était un putain de personnage, les anecdotes ne manquent pas sur lui...) car avec ce film, c'est tout l'Ouest américain qui est déboulonné au vitriol.

Oui le western c'est pas que les indiens méchants.
Oui le western c'est aussi des salauds impitoyables qui pourtant à leur manière peuvent faire preuve d'humanité. Surtout quand ces salauds sont assez âgés (William Holden qui interprète Pike) et qu'ils ont perdus leurs illusions, un thème que Clint Eastwood reprendra dans son excellent "Impitoyable" en 1994.

Et même dans ce film, les enfants sont innocents, ils sont même pointés du doigts comme d'une rare cruauté (une première à ce moment, je ne sais pas si on l'a déjà dit), et ce dès la scène d'ouverture, incroyable métaphore de l'ensemble du film :
Alors que Pike et ses hommes arrivent en ville pour faire leur braquage, on aperçoit des enfants jouant avec des insectes : en fait, des scorpions attaqués par une multitude de fourmis que les enfants excitent avec des branches de bois avant de mettre de la paille et brûler le tout.

Les scorpions, ce ne sont que Pike et ses hommes.
Les fourmis, la multitude, tout l'Ouest américain ou plutôt les soldats à la fin du film.
Les brindilles qui brûlent ? L'embrasement final dans la violence.

Tout le film repose sur la comparaison entre un Ouest américain finissant et un nouvel Ouest américain qui ne veut plus des vieillards et des hors la loi. Pike et ses hommes doivent se réfugier au Mexique où même là, ils découvriront la modernité (la première automobile, la mitrailleuse) et dans un sursaut final, en feront leur dernier soubresaut (l'attaque de la garnison mexicaine où comment 4 hommes enragés et une mitraillette descendront en enfer en entraînant avec eux plus de 200 hommes. Les scorpions contre les fourmis on vous dit...).

‘J’ai fait ce film […] parce que j’étais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de présenter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence […] C’est un film sur la mauvaise conscience de l’Amérique’

Sam Peckinpah.

D'un point de vue technique.

* français 2.0 mono (d'assez bonne qualité quand même).
* Anglais 5.1 stéréo hallucinant.
* Italien 2.0 mono correct.
Présence de sous-titres : Français, Anglais, Italien, Russe, Néerlandais, Arabe, Bulgare, Roumain, Hébreu + Anglais, Italien pour les malentendants.

* DVD 1 : commentaire audio + bandes annonces de 6 autres films de Peckinpah notamment The getaway (le Guet-apens) avec Steeve Mc Queen.

* DVD 2 : en VOST :
* 3 documentaires assez importants (l'un fait 1h20, les autres une demi heure chacun)
* Les scènes coupées/alternatives.

D'un point de vue artistique :

Chef d'oeuvre contenant de nombreuses scènes d'anthologie (l'attaque du train, l'attaque du début, le chariot dynamité et le gunfight final, hallucinant).
Violent ? Oui, mais culte et toujours aussi incroyable.

Pour plus d'infos, le lien de dvdclassik (le dvd multizone) très riche et fourni : http://www.dvdclassik.com/Critiques/horde-sauvage-dvd.htm

Posté par Nio Lynes à 19:55 - Epopées épiques... - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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