mercredi 1 novembre 2006
Broadway Danny Rose
Broadway Danny Rose (1984)
J'aurais pu faire Manhattan et Match Point mais ce n'est pas facile. 2 grands films en leur genre qui prennent du temps (pour en parler, pour le recul) donc un peu de Allen mineur (quoique...)

Un groupe d'artistes de cabaret se remémore les aventures de Danny
Rose, l'imprésario le plus ringard du show-business ! Névrosé et
hypocondriaque, Danny Rose se dévouait profondément pour ses "protégés"
: un couple de plieurs de ballons, un artiste et ses pigeons joueurs de
piano ou encore un xylophoniste aveugle. La gloire semblait pourtant
pointer le bout de son nez en la personne de Lou Canova, un crooner
auquel il croyait dur comme fer en ces temps de revival retro. Mais
c'était compter sans Tina, sa maîtresse qui s'était acoquinée avec la
pègre...
Un woody en noir et blanc, clin d'oeil à la période des cabarets, des
chanteurs-crooners des années 50 et surtout, un clin d'oeil à Manhattan
(dont Woody reprend presque quasiment à l'identique --en moins
spectaculaire quand même-- la poursuite et la retrouvaille de l'être
aimé), l'un de ses chef d'oeuvres.
D'ailleurs l'un comme dans l'autre film, nous avons le même directeur
de la photo, le génial Gordon Willis mais ce n'est plus la musique de
Gerschwin ici donc (un peu le symbole et le coeur qui palpitait de
Manhattan) mais plus une pop baroque et chantée par Nick Apollo Forte
qui interprète justement le personnage du chanteur (enfin, les
instrumentaux rythmant le film sont de Dick Hyman).
Un Woody qui reprend son personnage gesticulant et cette fois plus agité que dans Manhattan (ce qui est normal aussi vu que le scénario est ici plus léger que dans son film hommage a SA ville). Creusé de tics le Woody ? Oui mais non. Bien sûr au début, j'ai commencé à me sentir agaçé, faut me comprendre, je n'étais plus habitué depuis un petit moment au Woody qui bouge dans tous les sens, mais on se rhabitue lentement vers la fin, incroyable sentiment d'humanité et de compassion à la fois du personnage (un de ses amis a été tabassé par sa faute...Limite tué presque) mais aussi pour le personnage : les scènes finales, juste avant que Woody retrouve Mia et quand il lui dit lugubrement que tout est fini, que leur relation est morte. Mais non. Et c'est là que l'on retrouve le Woody lyrique et génial, même si la scène m'a énormément rappelé la scène finale ("la course") de Manhattan.
Mais qu'est ce qu'un Woody sans les dialogues qui tuent et les gags ? Même si ce film est assez léger (et prétexte à quelques clins d'oeils dispersés ça et là envers les crooners, les mafieux et...les agents artistiques) et pourtant profond en lui-même, on a heuresement des gags assez sympathiques notamment celui, très cartoon du tir de revolver dans un container d'hélium rendant la scène assez surréaliste puisque les personnages arborent une voix de fausset.
Et au final, c'est encore un hommage (plus discret que Manhattan) que Woody livre a sa ville, en témoigne les plans de la parade de ballons New Yorkais de Macy's (célèbre magasin de la ville), mais aussi les ruelles, les bars et cette impression de naviguer entre le modernisme (les publicités lumineuses FUJI derrière le bureau d'un collègue et agent artistique du Woody) et le rétro (le noir et blanc, la musique, de nombreuses voitures années 50 au milieu de voitures années 80), renforçant le charme incroyable de ce film.
Et au final, on se dit que ce n'était pas un chef d'oeuvre mais que c'était bien sympathique, comme de nombreux Woody et le bougre a encore réussi à nous faire sourire.
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