samedi 11 novembre 2006
On achève bien les chevaux...
"On achève bien les chevaux" de Sydney Pollack s' avère être un classique culte ainsi qu' une parfaite dénonciation de la cruauté et de la bêtise humaine qui n'a rien perdu de son mordant acerbe en montrant une société du spectacle sous le prisme de jeux du cirque moderne.
En 1932, les Etats-Unis sont en pleine dépression et poussés par le chômage et la misère, des hommes et femmes de tout le pays décident de participer aux marathons de danse dont les vainqueurs reçoivent des primes pouvant aller jusqu' a 1200 dollars.
Dès le début du film, on sent que tout ça va mal tourner. La caméra regarde lentement chacun des protagonistes importants et même les seconds rôles ne seront pas oubliés. Il suffit de voir leur évolution et les chemins qu'ils vont suivre tout au long du film pour comprendre que tout va aller de travers. C'est un jeu de massacre impitoyable et pourtant, pour gagner un peu d' argent, les gens sont prêts à aller jusqu' a la déchéance ultime, voire la mort.
Les conditions sont en elles même horrible : 10 minutes de pause toutes les 2 heures et c'est tout.
Un candidat tombe par terre et y reste plus de 10 secondes et le couple est éliminé.
On sort de la piste quelques secondes, on est éliminé.
On parle avec le public, on est éliminé.
Le marathon devient alors lentement inhumain.
Au bout de 20 heures, il y a encore 70 couples sur la piste de danse. Certains abandonnent par résignation plus que par fatigue.
10 minutes de pause, juste le temps pour pisser, prendre un peu de repos, dormir sur des matelas improvisés dans une petite salle au fond de la piste de danse, prendre une douche ou essayer.
Au bout de 40 heures, les premières cernes arrivent, mais les candidats tiennent encore. Alors pour en éliminer plus, on leur fait faire un derby de courses, comme les chevaux. On trace une ligne blanche au sol, la piste est ovale puis ils ont droit à 10 minutes de course le long de la piste sans s' arrêter. Et les couples ne doivent pas se lâcher (ils se tiennent par la ceinture, devant ou sur le côté) d'une semelle.
150 heures. 45 couples et demi. Certains se défont parce que l' autre à eu une crampe ou un nerf qui a lâché. Dans ces cas là, le ou la solitaire a 17 heures pour trouver quelqu'un d' autres avec qui continuer avant d' être éliminé. Et pour couronner le tout, face à des danseurs qui comment lentement à craquer et névroser, les maîtres de cérémonie n' hésitent pas a faire des coups bas.
1070 heures. Plus que 10 couples, la fin qui lentement approche, mais peut on encore parler d' êtres humains pour ceux qui sont restés ? Leur vie ne tient presque plus qu' a un fil.
Une critique sociale de la cruauté humaine terriblement encore d' actualité.

Le film si les couleurs sont à peine bonnes à un son mono horrible et parfois grésillant ce qui ne lui rend pas justice. Il n'y a qu'une seule piste d' ailleurs : la VF, pas de V.O sous titrée ce qui pour une fois me déçoit fortement : La doubleuse française de Jane Fonda a un accent horrible à la Jane Birkin (mais encore plus à couper au couteau) difficilement compréhensible.
Film génial mais édition dvd honteuse, pas de pot...
Commentaires
Hi-han!
Comme quoi la Starac' n'a rien inventé, sauf qu'aujourd'hui ce sont les ânes qu'on achève!
Un classique en béton, par un cinéaste qui est la mauvaise conscience de l'Amérique!
...Oui mais dommage que l'édition DVD zone 2 soit horriblement massacrée (aaarg ce son). Pour voir le film dans les meilleures conditions, ne reste plus que le zone 1. Mais existe t'il ? O_o
Le Shaman
Pour l'anecdote du soir, Mocky avait écrit une 1ere version du scénario original de l'adapation de ce roman de Horace MacCoy, mais par manque de budget (on se disait aussi...), il s'est rabattu sur un autre "grand" roman de l'auteur américain : "un linceul n'a pas de poches", finalement beaucoup plus proche de l'univers de Mocky (explosion de violence dans le milieu journalier) que ce drame réalisé avec maestria par l'immense Sydney Pollack (si immense à l'époque, il suffit de revoir "Yakuza" pour ça).
Le Shaman
Je n'ai pas le DVD mais je crois que le film est sur le même disque ou dans la meme box que "les chiens de paille" de Peckinpah, c'est ça??
Tout à fait, et c'est l'unique edition zone 2. Les chiens de paille lui s'en sort un peu mieux côté son et image, même si c'est pas le bonheur total non plus.
Le Shaman
Putain dire que je l'ai pas "les chiens de paille" en DVD, il faudrait pourtant que je le revoie pour faire ma critique sur artcancre. Y'a une période, il devait passer souvent à la télé, je sais plus quand, je l'ai vu une bonne dizaine de fois et depuis plus rien, comme j'ai plus le câble ni rien aussi, je suis un peu coincé.
Comment vas tu ami Nio???
;)
On peut le trouver à bas prix je crois dans la fnac ou autres magasin dans une collection promulguée par les Inrocks'...
Cha va, on fait aller... Et toi ? :)
Le Shaman
Moi cha va impeccable. Tiens, le cycle Ferreri se termine, bientôt sur le cinoche des cancres.
Je ferais en sorte de le trouver ce fameux DVD des "chiens de paille"
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