Chroniques visuelles

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dimanche 31 décembre 2006

Bilan 2006...

Vu qu'il y en a certains ayant votés en plus des femmes à oilpé qu'ils voulaient que je ne chronique pas que les dvds mais aussi les sorties en salles, je livre sans ambages mon bilan cinoche 2006...


Allez j'y vais !

Eh bien 2006 fut une fois de plus une très bonne année cinéma, n'en déplaise à certains grincheux, tant dans le blockbuster sympathique que le domaine artistique cinématographique avec le retour de poids lourds dans des domaines où on ne les attendait guère... Bien sûr on a eu aussi droit chacun à nos déceptions cinéma. Pour ma part, ce fut "Pirates des caraïbes 2". Pas que j'attendais spécialement quelque chose des aventures en roue libre de Depp mais comparé au premier, je ne retrouvais plus le fun (on peut lire mon avis certes contestable chez Sonador
et j'ai plus regardé hélas ma montre que le film, mais passons, on a tous nos moments de décrépitude honteuse devant un film que ne nous intéresse guère (pour de nombreuses personnes ce fut Miami Vice).Tant pis on se rattrapera avec le 3 sans doute...

Pour le reste de l'année ? Que du bonheur en vrac.

Au rang de mes 3 grands films de l'année, le trio déboule sans aucun problème : Le nouveau monde de monsieur Malick, toujours aussi beau et stupéfiant (si il en est bien un qui ne fera jamais de faux pas, c'est bien lui par son perfectionnisme et l'intelligence et la finesse de son propos), ensuite je dirais Paprika de Satoshi Kon. Paprika ? le titre veut tout dire, c'est l'étincelle piquante qui tel un grand huit emporte le spectateur dans des tourbillons de bonheur, pas plus, pas moins. Enfin Miami Vice de michael Mann, mon grand film estival de 2006. Pur divertissement qui en laissa plus d'un sur la route, par ses nombreux aspects. Miami Vice, comment dire ? Disons que ce film suscita dans mon entourage, soit la plus totale approbation, soit le plus grand rejet ce qui est certes compréhensible tant le film de Mann est tout sauf un film d'action normal. Un grand film controversé (pour reprendre Jesus Gris) qui controversa les spectateurs....

Le reste de l'année, que des bons films msieurs-dames ! Le Parfum que Stanley Kubrick pensa un temps adapter mais renonça, se retrouve finalement une adaptation à peu près réusssie mais pardonnable. En effet comment retranscrire visuellement ce qui tient du domaine de l'odorat ? Tenir le pari d'adapter le livre de Süskind tenait du suicide cinématographique pourtant le film se révèle agréable et fascinant sans être un chef d'oeuvre. On change de style, zoupla. Little miss sunshine est sans doute la meilleure comédie américaine de 2006 et en tout cas la plus farfelue et déjantée qu'on pu voir ces dernières années dans le cinéma indépendant américain et ça fait du bien. Rien que pour entendre le "superfreak" avec une gamine mimant un strip tease en scène finale devant une assistance choquée mais sa famille qui l'encourage (ce sont bien les seuls d'ailleurs). Jouissif. Severance dans un autre domaine tiens, très fun et l'on ne remerciera jamais assez Shaun of the dead d'avoir ouvert une brèche certes visible auparavant mais moins disponible en salle avec autant de sincérité. Severance fait du bien et même si ce n'est pas drôle de voir des personnages qui se font littéralement (et connement souvent) zigouiller, l'humour noir n'a jamais tué personne (sauf dans le film). Plus ironique, sarcastique et cruel sans oublier d'être drôle, impossible d'oublier le petit film espagnol La méthode. Non, ce n'est pas un petit film à la Francis Veber même si ce genre de titre peut porter à confusion. La méthode c'est juste le dur monde du travail en entreprise croqué sévèrement pour révéler jusqu'où des candidats à l'emploi sont prêt à aller. Ahurissant, inquiétant, kafkaïen, drôle.

Toujours dans le registre du drôle mais animé, L'âge de glace 2 qui hélas nous trafficotait une amourette certes attachante et intéressante mais qui se révélait un peu ennuyeuse. Non, si on va voir le film c'est pour Scrat, avouons le. Scrat toujours aussi drôle et le passage au paradis à la toute fin du film manque presque de faire chavirer le coeur du pauvre spectateur. Coeur qui chavire définitivement avec Happy Feet. Avec une incroyable maîtrise, George Miller, notre George Miller responsable de Mad max, Babe et autres sorcières d'Eastwick nous livrait en pâture un grand film d'animation pour les petits...Et les grands. Car même ludique, Hapy Feet n'oublie pas de se départir d'un propos cruel et écologique (si, si, regardez la fin) en diable réjouissant et bienvenue là où Disney nous abrutirait avec quelques phrases vite poussées, vite oubliées. Miller va au bout de son propos et frappe fort donc.
Autre grand film à fort propos écologique, c'est bien sûr l'étonnant The Host qui sous couvert d'une histoire de monstre (la créature est superbe au passage : chacune de ses apparitions, incroyablement réalistes, ne manquent pas de faire jouir le spectateur venu là pour avoir de la bestiole. Et là, le spectateur il en a pour son argent c'est dire...) en profitait pour toucher à tous les genres (on passe du rire aux larmes comme rarement) tout en assénant une charge virulante tant contre le gouvernement américain que celui de la Corée du Nord en rappelant l'écologie comme donnée fondamentale du film. Enfin dans le domaine de l'écologie, il y a UN maître qui fit son entrée à rebours cette année, c'est Miyazaki avec la sortie de 20 ans de retard en salles, de Nausicäa de la vallée du vent, incroyable chef d'oeuvre matriciel de pratiquement tous les films du maître à venir, notamment Princesse Mononoke qui entretient de nombreux points communs avec Nausicäa.

D'écologie, il n'y en avait pratiquement pas dans Nos voisins les hommes, juste une sympathique histoire d'animaux au pays de la consommation humaine, mais pourquoi diable chercher midi à quatorze heures ? Mieux que Madagascar, nos voisins les hommes ne possède lui, aucun temps mort et remplit son contrat de film divertissement pour toute la famille. Dans les fils de l'homme pas d'écologie mais plutôt les conséquences de la conduite de l'homme dans un avenir proche et croyez-moi c'est pas beau à voir. Un monde où la surpopulation mais aussi les guerres et la perte totale de toute fertilité chez les femmes fait peur. Rien de moins que la fin du monde que Cuaron nous donne à voir avec une maîtrise technique frôlant le sublime. Histoire au top, futur cohérent, acteurs formidables et musiques d'un peu tous les genres qui laissent rêveur (mettre King Crimson, Aphex Twin et Radiohead dans la même B.O, fallait oser !).
Vous reprendrez bien encore un peu de fin du monde ? Oh oui, oh oui !

Allez, encore un peu d'apocalyptique mon cher Kilgore. Passons à Silent Hill, semi ratage pour beaucoup, film sympathique pour votre Nio. Oui, j'ai bien aimé Silent Hill malgré ses défauts, il faut dire que d'un point de vue esthétique ça calme. De l'horreur aussi belle, c'est beau (oui je fais dans le superlatif stupide mais je me comprends) et puis réutiliser la musique des 4 jeux vidéos, merci j'en attendais pas moins, je peut donc presque tout pardonner au film. Encore fin du monde mais d'un point de vue light et encore des semi-réussites (ou ratages) qui pourraient diviser un peu tout le monde, j'évoque deux autres films qui sont X-men 3 et Wu-ji. Du premier on retiendra de beaux effets spéciaux et une musique classieuse du grand John Powell mais ça ne suffit pas à sauver le film et Brett Ratner a définitivement moins d'aisance que notre usual-Bryan-Singer-suspect en sacrifiant très vite des persos plus ou moins essentiels (Bon Cyclope personne ne l'aime mais Xavier, raaah Brett, malheureux !) quand d'autres ne passent pas à la trappe (Ben et Diablo qu'on voyait dans le second film ?) et croyez moi, je me souviens bien mieux de visions issues des X-men de Synger que de celui de Ratner hélas. Et Wu-Ji... Eh bien le parfait exemple du film de sabre qui en fait par contre un peu trop et les effets spéciaux ne suffisent plus à cacher un scénario anachronique et bourré de failles. Quand aux personnages ils sont aussi charismatiques qu'une vieille chaussette séchant sur un balcon du haut du 18e étage. On relève un peu la tête, mr Shyamalan nous regarde mais las, La jeune fille de l'eau n'eut pas un gros effet sur moi. Certes, il est largement supérieur à X3 et Wuji cités précedemment mais malgré sa bonne volonté et des plans magnifiques à en tomber à la renverse (ahhh la fin), j'eus l'impression de regarder le film d'un artisan égocentrique voulant se venger que Le village fut détesté par une grande partie de spectateurs. Mais Night, moi je l'ai adoré ton Village. Plus qu'adoré ! Je l'ai défendu bec et ongle là où pour la jeune fille de l'eau je ne bougerais pas le ptit doigt. Je ne sais pas pourquoi mon vieux Night...Peut-être parce que je trouvais ta créature à moitié sublime là où les grands singes à la fin font pitié (on voit plus les acteurs dans les costumes que dans les singes de 2001 l'odyssée de l'espace !) et que tu pris tant de place dans le film (alors que Hitchcock ne vampirisait pas autant ses créations) là où dans tes autres oeuvres, tu restais discret, jouant du clin d'oeil complice avec le spectateur le temps d'une scène ne perturbant pas le récit....

M'enfin je préfère la jeune fille de l'eau à Wu-Ji et Volver. Là aussi petite déception et l'impression de voir une espèce de redite chez Almodovar en plus d'une certaine artificilaité malgré la bonne volonté hyper visible du réalisateur. On sent qu'Almodovar est prêt à demander en mariage Penelope Cruz, ça oui ! Il n'y a qu'a voir tous les plans où Almodovar film Penelope et son décoleté, Penelope et ses jambes, Penelope qui va aux toilettes soulager une petite envie et même ça, il nous le montre ! M'enfin Pedro, tu filme une mannequin à la plastique superbe (et Penelope est belle et Pedro le sait bien ce sagouin) ou une actrice qui doit nous émouvoir et nous briser le coeur ? Ecartèlement d'un film entre un certain sens du glamour romantique, une sincérité bouleversante (la conversation sur le banc) et des plans un peu énervants, redondants et frustrants pour le coup. Bref, pas aussi impliqué qu'il l'aurais voulu le Nio. Par contre, je ne regrettais nullement d'assister au Labyrinthe de Pan. Guillermo est grand et son film est sans conteste l'un des plus beaux de l'année, doté d'une imagerie formidable (ahhh le pâleman !) et d'un grand méchant en la personne de Sergi Lopez qui crève littéralement l'écran pour le coup.

Un autre crève-coeur (ou arrache-coeur pour reprendre l'ami Vian) ? Oui, A Scanner Darkly fut clairement pour moi, fan inconditionnel de Ph.K.Dick, le plus bel hommage posthume qu'on pouvait lui faire et d'une façon des plus étonnantes. Linklater ose l'animation en cell-shading (avant c'était uniquement pour le domaine du jeu vidéo) pour servir son propos et reste fidèle en tous points au livre de Dick ("Substance mort" dans nos contrées francophones). Plus cérébral, un autre hommage, celui de Raoul Ruiz avec son Klimt, qui tente de cerner le fameux peintre hors d'une quelconque approche narrative. En résulte un film étrange, un puzzle destabilisant d'une grande beauté. Autre crève-coeur sinon, Pompoko de Isao Takahata, déjà responsable du larmoyant Le tombeau des Lucioles et comme ce dernier, encore un grand film. Parti-pris écologique mais le propos même ludique pour les enfants se déploie autour de scènes d'une grande noirceur qui prennent à la gorge. Rendez vous compte, c'est un film au départ pour les enfants mais Takahata n'hésite pas à nous montrer les cadavres des tanukis (sorte de raton laveur japonais doté d'une énorme paire de coucougnettes ce qui occasionne des gags savoureux) dans toute leur crudité. Et ça fait mal, assurément.

Encore un animé (décidement 2006, c'est l'année de l'animation ou quoi ?) mais français cette fois, cocorico. Non, ce n'est pas Azur et Asmar mais ça aurait pu (pas pu le voir ce dernier, tant pis je me rattraperais en dvd ou divx)...Il s'agit du grand oublié de 2006, Renaissance. Malgré un scénario policier des plus simplistes, il faut louer le film par son incroyable prouesse techniqu de noir et blanc qui enfonce le noir et blanc de Sin City encore plus loin. Au début on a un peu mal aux yeux, puis on s'y fait. Et puis un Paris clin d'oeil à Blade Runner, plus-grand-film-de-science-fiction-merci-mr-Scott, c'est des plus sympathiques non ?


Tiens pendant qu'on est dans le rayon des bizarreries françaises, évoquons les films drôles. Alors, ça va être très rapide, je vais être clair et net :
* Les Bronzés 3 est une daube...Pas drôle pour un sou.
* Camping est un looooong sketch de Dubosc...Pas drôle non plus (mais qu'est venu faire Lanvin dans cette galère ?).
* Oss 117 est drôle et pour cause : de l'humour à la Monthy Python et à la "Les nuls" au sein d'un film bien de chez nous. Hourra, il y a un espoir, Dieu me tripote, on arrive encore à faire des films drôles loin de la clique vampirisante à Clavier.

Et puis dans l'humour qui va loin, vite, fort, bourrin et sans aucun complexe, n'oublions pas Borat. Alain Chabat disait de ce film "a pleurer de rire" et c'est vrai. Et il faut rire de tout, crédieu ! Enfin le Allen de cette année, Scoop, sans être un chef d'oeuvre, s'avérait un bon cru. Woody ne vampirise plus l'écran, il gesticule moins et accepte de devenir un second couteau et celà lui va bien.

Une bizarrerie pas drôle, mais nettement attendue depuis un certain temps par votre serviteur, c'était The Prestige par Christopher Nolan. On sait depuis Memento (et Following avant ça) que Nolan était doué et malin et le Prestige va aussi loin que ces films cités sans oublier d'émerveiller le spectateur et proposer une réflexion sur le pouvoir illusoire de l'image à travers l'affrontement de deux magiciens. Scénario complexe, histoire prenante et casting incroyable (Michael Caine, Hugh Jackman, Christian Bale, Scarlett Johansson, David Bowie, Andy "Gollum" Serkis...), The prestige fait énormément plaisir. Allez hop, the dark knight en 2007 maintenant mr Nolan. Et on vous attendra encore au tournant bien sûr.

Enfin, le dernier poids lourds non évoqué ici (je ne parle pas de Spielberg, je n'ai hélas pas vu Munich), c'est le retour fracassant de Paul Verhoeven, qui --surprise !-- avec Black Book nous signait une fois de plus un grand film. Après une période Hollywoodienne giclante (mais des plus réussies dans son ensemble. Basic Instinct, starship troopers, Robocop et Total Recall c'est pas rien), notre hollandais violent revient au pays et le critique sans vergogne comme à ses débuts, et ce, avec intelligence et subtilité. Est il nécessaire de dire que cet ironique Black Book est l'un des meilleurs films de 2006 ? L'un des plus intelligents et intéressants, ça va sans dire.


Voiloù....

Posté par Nio Lynes à 13:07 - Gnurf - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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