Vous en reprendrez bien une tite louche ? Oh allez, siouplaît...



rayeuh Ray... Incroyable Jamie Foxx. Depuis son passage à "l'université" Mann (comme il le dit lui-même dans les bonus de "Miami Vice"), l'acteur a gagné du galon et est devenu progressivement un des meilleurs jeunes acteurs actuels pour s'imposer en douceur au fil de films toujours différents mais importants. Sous Michael Mann, pas moins de 3 rôles aux antipodes (prêcheur-entraîneur à la dérive dans "Ali" --face a un Will Smith magistral--, flic sérieux et concentré dans l'adaptation ciné de "Miami Vice", chauffeur de taxi timide dans "Collateral") en passant aussi par la case "Jarhead" où il martyrise le pauvre Jake Gyllenhaal en jouant un militaire sadique et droit ! Dans Ray, il faut voir son incroyable aisance a se fondre dans la peau d'un des musiciens les plus cultes et géniaux du XXe siècle, symbole à la fois de l'engagement envers la communauté noire (le fait que Ray Charles refusa de jouer en Georgie étant donné que le pays était encore profondément raciste) mais aussi son art principal, la musique. Et pour celà, ne vous trompez pas là-dessus, le film tient ses engagements, égrenant les tubes plus ou moins connus du plus génial musicien handicapé par ses sens (a quand d'ailleurs un biopic sur le génial sourd qu'était Beethoven, huhu ?) pour notre plus grand plaisir. C'est simple, ce film vous évite de vous acheter un best-of de Ray Charles (enfin, vous pouvez aussi mais je vous conseille la B.O, pur béton a croquer) même si commercialement parlant, on a droit quand même a du scénario lourd de lourd, fait pour les masses. Donc on suit le programme sans trop d'originalité (il y a bien les flashs rouges qui métaphoriquement remplacent le rouge d'une paupière se refermant, pour faire écho au drame de Ray mais ses raccords s'avèrent pénibles et aggressifs pour la rétine au bout d'un moment. Par contre j'apprécie bien le fait de jouer sur des teintes colorées (quand ray voit encore, enfant) et plus sombres (adulte), une chouette idée en soi) même si on passe un très bon moment grâce a la musique. Et puis y'a Jamie Foxx, carrement génial, of course. Bref un bon film que je vous recommende.


8milebis Oh tiens voilà Eminem, cool. Il faut dire que j'ai de la sympathie pour le bonhomme, il suffit de voir les clips à mourir de rire (Eminem en Robin, Dr Dre --son producteur et ami-- en Batman, qui luttent contre les méchants nenfants qui écoutent des disques pas bien. Hallucinant de second degré et pur régal. Ou bien ce clip où Eminem se fout de la gueule de Moby. Jouissif) et d'écouter certaines chansons (comme "stan" mais c'est une des plus connues alors je triche un peu...) pour comprendre tout le talent et la provoc' dont fait preuve le bonhomme. Alors avec un film sur lui où, en plus, figure Kim Basinger, vous comprenez bien que, crédieu, ça va être énorme.

Et ce fut énorme.

Surtout que j'ai eu le culot de le voir en québecois (en fait j'ai pas eu de chance sur ce coup. Méfiez vous des films qu'on vous prête...) et que certaines répliques prêtent largement à sourire ("Hé, t'as oublié ton chandail !" gouuutte ou les "Yo" a chaque phrases...). Alors ça a son avantage, mais aussi son défaut : le québecois parlant naturellement français et anglais, on éprouve pas le besoin de sous-titrer le truc. Donc les duels d'improvisation en fin du film, bourrés d'intensité, ben on capte pas tout, ce qui est regrettable parce que ça balance bien hein.

Du côté des acteurs, Eminem se débrouille pas mal. Le reste joue bien, sans plus. Non ce qui est bien dans ce film, c'est les situations (par exemple, se taper Britany Murphy en plein lieu de travail (une des usines de Detroit qui fournissent des pièces automobiles)) ou les paroles. Faire dire justement à Kim Basinger, pleurant : "Greg, il veut pas me bouffer la chatte !" Mais bordel, mais c'est E-NOR-ME. gouuutte

Alors comprenez bien qu'un film qui se la joue aussi bien que le personnage central, ça ne peut qu'inspirer la sympathie, voyez vous.


maisssssson Passons a cette bonne vieille cruche de Wes Craven qui depuis quelques temps, ne se contente que de faire du recyclage tant filmiquement (Scream ne fait que reprendre le slasher-movie de base d'un point de vue décalé et cynique) que productivement ("la colline a des yeux 2 -- le remake", bof bof) et rappelons nous sans être méchant que le bonhomme savait quand même il y a longtemps nous étonner un tant soit peu. Après son premier film (un ptit porno fauché a ce qu'il paraît), le Wes enchaîne avec "la dernière maison sur la gauche" et veut clairement montrer que "ouais moi aussi je peut faire dans l'extrême" (*) mais même avec de bonnes idées et de l'entrain, le film ne démarre réellement que dans sa seconde partie. Auparavant on doit se farcir un duo de flic pas drôle (l'un et gros, l'autre est grand, on se crorait presque chez Laurel et Hardy, moustache en moins), des méchants qui font pas vraiment peur, une esthétique 70's assez kitsch qui a très mal vieillie (la musique country-rock notamment est insupportable et casse toute la tension que le Wes aurait pu tailler. En plus c'est a mille lieues de ce qu'un Gobelin ou un Fabio Frizzi peut nous faire) et plein de bons sentiments qui rendent perplexes. Heuresement il y a de très belles scènes (la mort d'une des jeunes filles dans le lac, sublime) et puis la seconde partie, enfin jouissive où les chasseurs deviennent proies face a des parents enragés et remplis de colère. pourtant, Craven ne va pas au bout de ses choix artistiques et frustre le spectateur. Par exemple, cette execution a coup de tronçonneuse se déroule hors cadre et brise d'un coup toute tension précedemment installée là où Tobe Hopper jouant aussi dans la suggestion s'en tire bien mieux et conserve tension et intérêt jusqu'au bout. Néanmoins grâce a cette seconde partie survoltée, on passe un chouette moment.





(*) Les années 70 étaient assez extrêmes et permissives. Là où l'on abat une gamine a coup de fusil sniper dans le "Assault" de Carpenter, on ne se permettraient plus trop ça dans les films de plus en plus aseptisés qu'on nous sort, ce que je regrette un peu...