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dimanche 15 juillet 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(2)


Vous en reprendrez bien une tite louche ? Oh allez, siouplaît...



rayeuh Ray... Incroyable Jamie Foxx. Depuis son passage à "l'université" Mann (comme il le dit lui-même dans les bonus de "Miami Vice"), l'acteur a gagné du galon et est devenu progressivement un des meilleurs jeunes acteurs actuels pour s'imposer en douceur au fil de films toujours différents mais importants. Sous Michael Mann, pas moins de 3 rôles aux antipodes (prêcheur-entraîneur à la dérive dans "Ali" --face a un Will Smith magistral--, flic sérieux et concentré dans l'adaptation ciné de "Miami Vice", chauffeur de taxi timide dans "Collateral") en passant aussi par la case "Jarhead" où il martyrise le pauvre Jake Gyllenhaal en jouant un militaire sadique et droit ! Dans Ray, il faut voir son incroyable aisance a se fondre dans la peau d'un des musiciens les plus cultes et géniaux du XXe siècle, symbole à la fois de l'engagement envers la communauté noire (le fait que Ray Charles refusa de jouer en Georgie étant donné que le pays était encore profondément raciste) mais aussi son art principal, la musique. Et pour celà, ne vous trompez pas là-dessus, le film tient ses engagements, égrenant les tubes plus ou moins connus du plus génial musicien handicapé par ses sens (a quand d'ailleurs un biopic sur le génial sourd qu'était Beethoven, huhu ?) pour notre plus grand plaisir. C'est simple, ce film vous évite de vous acheter un best-of de Ray Charles (enfin, vous pouvez aussi mais je vous conseille la B.O, pur béton a croquer) même si commercialement parlant, on a droit quand même a du scénario lourd de lourd, fait pour les masses. Donc on suit le programme sans trop d'originalité (il y a bien les flashs rouges qui métaphoriquement remplacent le rouge d'une paupière se refermant, pour faire écho au drame de Ray mais ses raccords s'avèrent pénibles et aggressifs pour la rétine au bout d'un moment. Par contre j'apprécie bien le fait de jouer sur des teintes colorées (quand ray voit encore, enfant) et plus sombres (adulte), une chouette idée en soi) même si on passe un très bon moment grâce a la musique. Et puis y'a Jamie Foxx, carrement génial, of course. Bref un bon film que je vous recommende.


8milebis Oh tiens voilà Eminem, cool. Il faut dire que j'ai de la sympathie pour le bonhomme, il suffit de voir les clips à mourir de rire (Eminem en Robin, Dr Dre --son producteur et ami-- en Batman, qui luttent contre les méchants nenfants qui écoutent des disques pas bien. Hallucinant de second degré et pur régal. Ou bien ce clip où Eminem se fout de la gueule de Moby. Jouissif) et d'écouter certaines chansons (comme "stan" mais c'est une des plus connues alors je triche un peu...) pour comprendre tout le talent et la provoc' dont fait preuve le bonhomme. Alors avec un film sur lui où, en plus, figure Kim Basinger, vous comprenez bien que, crédieu, ça va être énorme.

Et ce fut énorme.

Surtout que j'ai eu le culot de le voir en québecois (en fait j'ai pas eu de chance sur ce coup. Méfiez vous des films qu'on vous prête...) et que certaines répliques prêtent largement à sourire ("Hé, t'as oublié ton chandail !" gouuutte ou les "Yo" a chaque phrases...). Alors ça a son avantage, mais aussi son défaut : le québecois parlant naturellement français et anglais, on éprouve pas le besoin de sous-titrer le truc. Donc les duels d'improvisation en fin du film, bourrés d'intensité, ben on capte pas tout, ce qui est regrettable parce que ça balance bien hein.

Du côté des acteurs, Eminem se débrouille pas mal. Le reste joue bien, sans plus. Non ce qui est bien dans ce film, c'est les situations (par exemple, se taper Britany Murphy en plein lieu de travail (une des usines de Detroit qui fournissent des pièces automobiles)) ou les paroles. Faire dire justement à Kim Basinger, pleurant : "Greg, il veut pas me bouffer la chatte !" Mais bordel, mais c'est E-NOR-ME. gouuutte

Alors comprenez bien qu'un film qui se la joue aussi bien que le personnage central, ça ne peut qu'inspirer la sympathie, voyez vous.


maisssssson Passons a cette bonne vieille cruche de Wes Craven qui depuis quelques temps, ne se contente que de faire du recyclage tant filmiquement (Scream ne fait que reprendre le slasher-movie de base d'un point de vue décalé et cynique) que productivement ("la colline a des yeux 2 -- le remake", bof bof) et rappelons nous sans être méchant que le bonhomme savait quand même il y a longtemps nous étonner un tant soit peu. Après son premier film (un ptit porno fauché a ce qu'il paraît), le Wes enchaîne avec "la dernière maison sur la gauche" et veut clairement montrer que "ouais moi aussi je peut faire dans l'extrême" (*) mais même avec de bonnes idées et de l'entrain, le film ne démarre réellement que dans sa seconde partie. Auparavant on doit se farcir un duo de flic pas drôle (l'un et gros, l'autre est grand, on se crorait presque chez Laurel et Hardy, moustache en moins), des méchants qui font pas vraiment peur, une esthétique 70's assez kitsch qui a très mal vieillie (la musique country-rock notamment est insupportable et casse toute la tension que le Wes aurait pu tailler. En plus c'est a mille lieues de ce qu'un Gobelin ou un Fabio Frizzi peut nous faire) et plein de bons sentiments qui rendent perplexes. Heuresement il y a de très belles scènes (la mort d'une des jeunes filles dans le lac, sublime) et puis la seconde partie, enfin jouissive où les chasseurs deviennent proies face a des parents enragés et remplis de colère. pourtant, Craven ne va pas au bout de ses choix artistiques et frustre le spectateur. Par exemple, cette execution a coup de tronçonneuse se déroule hors cadre et brise d'un coup toute tension précedemment installée là où Tobe Hopper jouant aussi dans la suggestion s'en tire bien mieux et conserve tension et intérêt jusqu'au bout. Néanmoins grâce a cette seconde partie survoltée, on passe un chouette moment.





(*) Les années 70 étaient assez extrêmes et permissives. Là où l'on abat une gamine a coup de fusil sniper dans le "Assault" de Carpenter, on ne se permettraient plus trop ça dans les films de plus en plus aseptisés qu'on nous sort, ce que je regrette un peu...

Posté par Nio Lynes à 19:38 - Chros rapidos - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

avocat du diable

Oui, bon, je te trouve un peu sévère sur ce coup: faut dire que "La dernière Maison sur la Gauche" fait partie de mes films-culte personnels.
Bon effectivement l'esthétique 70's peut apparaître un peu vieillote, mais comme je le répète souvent, il faut faire l'effort de se replacer dans le contexte de l'époque. Je sais que c'est plus difficile pour les jeunes générations qui n'ont pas vécu les 70's "en direct" mais, quitte à me faire traîter de vieux con - tiens à ce propos j'ai cinquante balais aujourd'hui même, putain ça sent le sapin, et le pire c'est que je ne me les sens pas du tout dans la tronche, particulièrement lorsque je sens peser sur moi le regard consterné de mes congénères d'âge mûr! - je pense qu'il faut trouver le juste milieu entre un jeunisme agaçant (c'est toi qui parlait récemment du rejet systématique des films en noir et blanc, j'ai le même problème avec mon fils, mais j'ai tout de même réussi à lui trouer le cul avec le "Freaks" de Tod Browning, ha! ha!) et le "c'était mieux aaavant" des vieillards aigris parce que débranchés de la vie! En fait, chaque film doit être appréhendé avec les propres critères historiques de son époque, même si cela demande un petit effort d'imagination voire de documentation: c'est ce que les critiques nomment "l'état de l'art" et qui fait qu'il serait absurde de demander à Velasquez de peindre comme Kandinsky!
Ceci dit, il vaut mieux cent fois revoir "La dernière Maison sur la Gauche" dans lequel Craven a véritablement quelque chose à dire, que ces daubes nauséabondes que sont la trilogie "Scream" ou, pire, le récent "Cursed" (chronique incessamment sur le Patchblog).
Evidemment, ce film de jeunesse doit être appréhendé dans le contexte du cinéma d'exploitation, et c'est ce qui a fait dire à certains qu'il était inutilement complaisant. A mon avis, le propos est tout de même un peu plus subtil: la première partie, révulsante et résolument provocatrice dans le filmage presque en temps réel du martyre des héroïnes - kidnapping, humiliation, viol, étripage - joue la carte de la complaisance pour mieux renvoyer le spectateur face à son propre voyeurisme morbide. Dans la deuxième partie, il l'identifie avec de bons bourgeois qui, sous prétexte de victimisation, sacrifient à l'auto-justice avec une sauvagerie au moins aussi grande que celle des bourreaux - plus près de nous, voir la position des parents victimisés dans la triste affaire Richard Roman.
"La dernière Maison sur la Gauche" (ainsi d'ailleurs que "La Colline a des Yeux") traite de façon noire et désespérée du cycle de perpétuation de la violence - comme notamment le dernier Cronenberg.
Ainsi, la fausse complaisance de Craven, par le sadisme même avec lequel elle se déploie, interroge sans concession le spectateur sur ses propres potentialités en matière de cruauté. A cet égard, son film est très fort, et beaucoup plus profond que ne le laisse supposer son esthétique "exploitation", qui chasse d'ailleurs sur les terres de "Massacre à la Tronçonneuse" en matière de réalisme crade.
Et puis y'a quelques scènes d'anthologie, notamment celle (ma préférée) du "cauchemar dentaire" de Weasel: rien qu'à y repenser, brrrr!

Posté par patchworkman, mercredi 18 juillet 2007 à 11:05

Boarf, tu as bien raison de te faire l'avocat du diable, ce film le mérite (j'y ai passé un bon moment hein, en plus !) et je ferais pareil pour Suspiria (chronique bientôt mais là j'en dit un peu trop, chut. D'ailleurs la terza madre sort cette année, croisons les doigts pour mr Argento) par exemple mais bon, même en se replaçant dans le contexte, ce que je n'ai aucun mal a faire pour de nombreux films des 70's que j'adore (Sorcerer, Live and die in LA, Suspiria, Les dents de la mer, Straw dogs etc etc...), là j'ai curieusement été un peu dérangé. Bien sûr je suis d'accord avec toi sur ce que tu dit mais était on obligé par exemple de se taper les laurel et hardy de service sous costume policier et musique presque country ? Si j'aurais acceleré qu'on se retrouverais presque dans un film comique des années 20.

Bon j'avoue, je suis un peu mauvaise langue mais ça brise un peu le climax excellent du film pour moi. Dans la seconde partie, Craven ne les fait intervenir qu'a la fin quand l'horreur (les parents sont devenus encore plus horribles que les assassins) est devenue intolérable. Comme dans la réalité, les policiers arrivent trop tard et ne sortent pas de répliques débiles (que pourraient ils bien dire d'ailleurs face a un joli charcutage a coup de tronçonneuse d'ailleurs ?) mais le mal est fait. Quand a l'aspect complaisant du film, je n'y ai rien vu, j'ai largement vu pire (ou mieux ça dépend où on se place. Miam la blaxploitation ! :) ) mais ce qui me tiquait comme je l'ai dit, c'était l'esthétique du film pas les défauts inhérents a l'histoire ou autre. (La colline a des yeux du même Craven fait mieux a mon sens justement). Non l'histoire est bien mais c'est plus sa seconde partie qui m'intéressait et surtout : jusqu'où des proches sont prêts a aller pour se venger (question récemment revue a travers la trilogie coréenne : sympathie for mr vengeance/Old Boy/Lady vengeance <-- peut-être le meilleur des trois a mon sens) ? Deuxième partie que j'ai trouvé donc, personnellement plus intéressante malgré de bonnes choses dans la première.

Pour Scream et Cursed, je serais plus circonspect. Le premier Scream se laisse voir avec un certain plaisir (la première fois tout au moins). Les autres volets, bof. Cursed c'est de la merde, point. Comment ça je suis radical ? :)

Posté par Nio, mercredi 18 juillet 2007 à 22:25

Au passage...

Et le cauchemar dentaire, oui j'y ai repensé tiens, excellent !

Posté par Nio, jeudi 19 juillet 2007 à 10:39

Ray et 8 mile

Ray vaut surtout pour la prestation de Jamie Foxx. En ce qui concerne le film proprement dit, je le trouve trop long et la mise en scène est lourde. Je ne trouve pas que Ray Charles en sorte grandi. Je préfère écouter sa musique en CD.
Pour 8 mile, je ne connaissais pas Eminem. Je l'ai découvert grâce à ce film mais je m'attendais à plus de prestations musicales, dommage.

Posté par dasola, mercredi 7 novembre 2007 à 10:54

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