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L'autopsie de Sadako révèle qu'elle est restée près de trente ans vivante, murée dans son puits. Ni la découverte de son cadavre, ni la destruction de la cassette vidéo maudite sur laquelle son image apparaissait ne semblent en mesure de stopper sa soif de vengeance...

Et pis c'est tout ce qu'on peut dire de l'histoire, et toc !

Car pendant le film, accrochez vous les enfants mais Nakata approfondit certes de nombreux élèments du premier volet mais oublie de préciser certaines situations, ce qui donne l'étrange impression de voir parfois des suites de raccords scotchés les uns derrière les autres : "Il nous faut de l'eau plus pure pour vider ce pauvre Yoïchi de l'influence de Sadako". Aussitôt dit, aussitôt fait, on prend une piscine, on met de l'eau et en moins de temps, tout le monde est bien installé. On voit rien des préparatifs, on a un minimum d'explications (données bien avant mais au compte goutte), on se demande même comment ils ont pu trouver de l'eau pure en un rien de temps mais bon, les producteurs voulaient un film de 1h30. Et cette durée ne déssert pas le film là où le premier installait lentement un malaise pernicieux, tandis qu'ici, tout se précipite d'où cette impression de flottement pendant le visionnage. Bien sûr, Nakata réussit a nous faire frissonner dans certaines scènes fascinantes (la vision des cheveux de Sadako poussant hors de la civière où git son corps au début, la scène des doigts accrochés sur le rebord de la fenêtre...) mais le tout file a la vitesse de l'éclair qu'on a a peine le temps de pousser un petit hurlement que le film est déjà fini.


Ce qui est néanmoins bienvenu (et fort sympathique), c'est le fait de tourner autour du personnage de Sadako en expliquant un peu plus sur elle (la géniale scène des miroirs qui renvoie a celle du premier film) en plus de revenir sur les personnages du premier volet, le tout mené tambour battant par une jolie héroïne étudiante (on la croquerait volontiers si on était Sadako) qui travaillait comme assistante du professeur de mathématique médium du premier film. Un film en parallèle bref, qui revient sur les motivations et enjeux du premier film au risque hélas d'allourdir et affaiblir ce volet : Quid des personnages si vous n'avez pas vu Ring 1 du même Nakata ? Eh bien vous êtes un peu largués mes amis parce que vous ne reconnaîtrez pas forcément certaines scènes (la scène des miroirs justement) et que vous ne reconnaisseriez aucun personnages. En plus de trop se concentrer là dessus, Nakata semble faire fi de la fin du premier volet, laissant en suspens les questions sur la K7 maudite et la fameux moyen de s'en sortir si on l'a vu (tss tss je ne vais pas tout vous raconter non plus hein !) et n'explique ni même ne montre ou justifie certaines scènes. On comprend par exemple que le grand père s'est sacrifié mais quand même, c'est gênant : c'est trop court et presque inutile.


C'est le genre de scène d'autant plus inutile que Sadako est maintenant assimilée a un mode de contamination large un peu comme le virus du sida : ça sert a rien de lutter, si vous n'avez pas mis la capote, vous avez 100% de chances (enfin, façon de parler...) d'attraper la chiourme. Fatal et impossible de s'en sortir. Et puis le film nous apprend que Sadako est partout : a la télé, dans l'eau, dans des puits, dans des rues issues de mondes parallèles en noir et blanc, dans des piscines... Bientôt y'aura même des sauces Sadako © : Sadako-épinards (vos pâtes obtiennent la verdeur cadavérique et le bon goût amer et mortel qui leur manquait), Sadako-Poivre (vos pâtes deviennent bien noires comme les cheveux de Sadako), Sadako-Roquefort et bleu d'Auvergne (importés de France et direct-to-japan !). C'est dire si Sadako, c'est comme les Pokémon, Sarkozy ou l'assemblée nationale sur la 5 : en zappant y'a une chance sur deux pour que vous tombiez dessus. Bref l'horreur est partout et contaminante, sans toutefois ce hisser au chevet d'un film que je vous recommande largement plus, Kaïro.

Et Kaïro de Kiyoshi Kurosawa, c'est du contemplatif poétique mais qui vous fout le trouillomètre a zéro total avec une fin loin d'être rassurante.



En attendant, Ring 2, c'est bien mais inférieur au 1 et même a Dark water.
Et moi je vais me reprendre un Yaourt aux fraises-Sadako en lisant la chronique de ce cher Patchworkman.