mardi 13 mai 2008
Votre BD de mai/juin 2008...
Plutôt que de vous abreuver d'une énième pin-up peinte issue d'un quelconque comics américain des 50's, je préfère cette fois vous présenter une vraie femme, bien qu'un peu trop proche de certains fantasmes masculins, j'ai nommé Yoko Matsugane. La demoiselle est très jolie en plus ce qui ne gâche rien. Allez Yoko, qu'avons nous là ? Du Caza ? Va pour du pur Caza des 70's issu de la grande époque de Métal Hurlant et de nos amis des Humanoïdes associés. Tout celà ne nous rajeunit pas, et la BD d'où je l'ai scanné accuse un peu son âge en plus d'être un peu plus grande que le format A4. Du coup, les pages peuvent paraître un peu découpées ou mangées et je m'en excuse auprès de vous chers lecteurs mais aussi auprès du grand Caza si il passe ici.
Bonne lecture et cliquez pour agrandir of course.
Quand je vois ces planches, je reste bouche bée littéralement....
samedi 3 mai 2008
The Wicker man

The Wicker man de Robin Hardy (1973)
Le sergent Howie de la police de Western Highland arrive à Summerisle, une petite île privée de la côte ouest de l’Ecosse, pour enquêter sur la disparition présumée de la petite Rowan Atkinson. Ce qui commence comme une enquête de routine devient une confrontation entre le policier dévot et les étranges coutumes et rituels ayant cours à Summerisle....
Etrange histoire que celle de ce film là, tant dans l'univers du film même que ce qui lui arriva. Un film dont l'on perdit le négatif original et dont les copies furent perdues car sur le passage d'une autoroute en construction. La légende veut aussi que du fait que sa jeune épouse Britt Ekland jouait nue dedans (oui, oui, ne vous affolez pas, je vais mettre une photo, du calme, y'en aura pour tout le monde !), le rockeur Rod Stewart essaya de récupérer toutes les copies, laissant la version censurée pour les rares pays qui purent le voir : parce qu'entre temps, le nouveau producteur de la British Lion remplaça le pauvre Peter Snell au pied levé, jeta un coup d'oeil au film, n'y comprit rien (c'est pas nouveau chez les producteurs, aurais-je envie de dire) et inquiet, décida de le sortir à rebours dans très peu de salles et à une heure tardive tout comme l'autre production de l'année du studio, "Ne vous retournez pas" de Nicholas Roeg qui connut à peu près le même sort. Résultat, aucune trace en France et d'autres pays et il fallut de peu qu'il ne passa à la trappe si Christopher Lee et Robin Hardy en personne ne tentent de le sauver en faisant une promo constante, Lee poussant même la chansonnette en plateau de télévision et déclarant personnellement qu'il s'agit du meilleur film dans lequel il joua.

Britt Ekland, future James Bond girl l'année d'après n'a pas froid aux yeux ! C'est plutôt le contraire...
Adapté d'un scénario du grand dramaturge du suspense qu'est Anthony Schaffer ("le limier" c'est lui, "Frenzy" de Hitchcock c'est encore lui), le film se propose d'être de l'aveu de Robin Hardy, un "anti-film d'horreur" dans le sens où, la Hammer finissant, ce sera un film des plus inquiétant mais non axé sur les décapitages et autres joyeuseries sanglantes en tous genre. De fait, grâce à sa formation de documentariste (d'ailleurs il est dans la même situation qu'Harvey (cf chronique de Carnival of souls) puisqu'il fit beaucoup de documentaire mais à la différence de Harvey tourna 2 autres films par la suite, à pratiquement 10 ans d'écarts. Films passés eux-aussi inaperçus au passage), Hardy se propose de restituer une ambiance plutôt bon enfant qui n'est en fait qu'une étrange façade, ce que le spectateur, aux côtés du policier bigote, comprend très vite, partagé entre l'envie de détester ce policier très coincé (on a même envie de lui donner des baffes), puis de le prendre par la suite en pitié, balotté qu'il est par tous les habitants de cette étrange île...
Pour vos vacances celtiques, adoptez la glamour attitude à "ouale-pé" près des monolithes, c'est tellement mieux.
Pour le policier arrivé ici (Edward Woodward très bon), choqué et outré par les pratiques bien libérées des habitants, il s'agit plus d'enquêter sur la disparition d'une fillette. Puis, avec le temps et le peu d'indices dont il dispose, il en vient à imaginer un assassinat collectif, comme une sorte de complot où la gamine aurait disparu au profit de cette étrange communauté qui ne se souvient étrangement même plus d'elle, comme si finalement elle n'avait jamais existé. Mais si assassinat il y a, où est le corps ? Et pour quel motif ? Plus Howie enquête, moins il ne comprend à quoi il a affaire et plus il s'enerve, plus il ne fait qu'aggraver son sort aux yeux des habitants de l'île plus ou moins dirigés par Lord Summerisle (Christopher Lee, ironique à souhait, en ayant marre de toujours porter les longues canines du Dracula de la Hammer accepta d'emblée le rôle) et plus le spectateur comprend qu'il a affaire à une véritable joute théologique entre une religion chrétienne intolérante (Howie qui représente l'autorité Chrétienne mais aussi Anglaise) et une religion païenne ultra-permissive (L'île elle-même qu'on peut voir comme des dignes représentants ecossais qui posent leur foi étrange en résistance face à l'envahisseur briton).

"Non, je ne veux pas chanter avec vous l'intégrale d'ABBA, laissez moi partir, siouplaîîîît, pitiééééé..."
On pourrait même se permettre une relecture psychanalytique (Howie représente l'autorité face à la jouissance incarnée qu'est l'île, il est donc l'image du père qui sera sacrifié et détesté par un fils oedipien en diable qui ne serait autre que le Wicker-man) au risque de dénaturer l'oeuvre, ce qu'on ne fera pas au vu de la fragilité du film. Une fragilité liée d'une part à son équilibre interne (l'oeuvre est parcourue de chansons folks magnifiques aux paroles souvent fort paillardes, enrichissant la fascination que l'on éprouve pour le film mais qui, je le reconnais, pourra laisser plus d'un spectateur sur le carreau) mais aussi à son époque (les 70's n'étaient pas toujours aussi libérées qu'aujourd'hui et le film s'inscrit pleinement dans la libération des moeurs notamment sexuelles engagées à la fin des 60's) et il était donc évident qu'on ne pouvait faire un remake à moins de tout reprendre à zéro avec un vrai respect de l'oeuvre originelle, ce qui est rare de nos jours.

"Bonjour, je suis à la recherche de ma moumoutte kidnappée dans cette île, auriez vous des indices ?"
Pourtant Hollywood, jamais en mal de se ridiculiser osa un remake avec un acteur qui déjà se coltinait une période de navets, j'ai nommé Nicolas Cage. Cage sortait alors de Next (pas vu après ce que j'ai pu lire. Dénâturer à ce point la merveilleuse nouvelle de Ph.K.Dick, faut le faire) et allait ensuite replonger avec Ghost rider dont le seul souvenir que je peut avoir de ce film (pas vu non plus mais je suis sûr qu'en toute mauvaise foi, il doit être bien fendard... Si on ne cherche pas un vrai film de super-héros hein) est un autocollant récupéré à Rock en Seine avec l'ami Edou par un jeune homme à qui l'on pardonnera d'avance, les temps sont durs pour les étudiants sans le sou. Apparemment le remake fit des scores assez pitoyables qu'il sortit directement chez nous en dvd par studio canal qui en profita pour réediter l'orginal de Hardy dans une très belle pochette qui nous change de la symétrie Mondriannenne de l'ancienne version "cinéma de quartier". Rassurez-vous, l'inoxydable Jean Pierre Dionnet (c'est un peu comme Philippe Manoeuvre ou Zégut, il faut lui couper la tête pour le voir arrêter de rescussiter) est toujours de la partie. Je termine la chronique de ce film culte (oui, oui, assurément, le terme n'est pas usurpé là) par la jaquette de la nouvelle édition.

"Come, come, it's time for your appointment with the Wicker man."
Au fait, si je ne vous ai pas parlé du fameux "homme d'osier" donnant son titre au film, c'est pour éviter, m'éviter surtout de trop spoiler, of course. Il faut voir le film vierge d'idées préconçues pour mieux en apprécier la substantifique moëlle...
vendredi 2 mai 2008
The Patch' séances (1)
... Les Patch' séances, qu'est ce donc que celà vous dites vous ? Tout simplement des films vus en Patch'vision grâce à Patchworkman voire tout bonnement des films que le monsieur évoque (bien mieux que moi d'ailleurs) sur son blog et qu'il m'a donné envie de voir, à ses risques et périls (nous ne sommes pas de la même génération voyez-vous. D'ailleurs nous n'achetons pas notre Bordeau Channel dans les mêmes magasins. Il va à Auchan, je vais à Carrefour, que voulez-vous. Parfois, moyens réduits oblige, je bouffe même de l'horreur bradée chez Champion quand le diable d'homme prend sa Patch'mobile pour aller dans les magasins haut de gamme. Mais bon, c'est la vie... Récemment il m'avouait ne pas aimer Cloverfield que moi j'adule. Comme quoi entre fantasticophiles, même nos avis divergent et pour reprendre Desproges, "Dix verges, c'est énorme !" Bon promis, j'arrête de la sortir celle-là). Ainsi un soir que je me plaignais une fois de plus (j'adore me plaindre je sais), le grand Patch' se pencha sur moi et tel l'ouvreur de salles de Last Action Hero me fila un ticket magique, une séance pour le cultissime Carnival of souls d'Herk Harvey (1961), film mythique qui influença plus d'un jeune Burton ou Lynch, c'est dire.
Car plus qu'un film "d'horreur" (entendons nous bien, ce n'est pas de l'horreur au sens normal que nous verrons là, mais de la pure suggestion, aussi je me vois mal dire que c'est un film d'horreur même si l'ombre sous-jaccente du zombiïsme aigüe y rôde fortement sans être néanmoins nommée. Celà tient plus d'un film fantastique pour moi), Carnivals of Souls est avant tout un film d'ambiance. On raconte qu'Harvey en repérages alors pour son film eut le coup de foudre pour un parc d'attraction à l'abandon et décida d'y faire le pivot central de son film. A la vue des images magnifiquement cadrées, on comprend donc que le véritable héros de cette histoire étrange est clairement le parc d'attraction en question.


Bien sûr à côté de cette ambiance déjà palpable de vide Antonionien ressenti dans le parc d'attraction, il y a toute une imagerie qui passe tant par l'héroïne et sa perception des choses (isolation des sons par exemple : pendant un instant, nous n' entendons plus aucun sons comme l'héroïne, un peu comme si le monde avait disparu ou plus précisément qu'elle était hors de ce monde, vu que plus personne ne semble l'entendre. Avec le temps on comprendra qu'elle se dissous lentement dans l'entre-deux du monde des humains et des morts pour fatalement disparaître dans l'un, pas celui esperé...) que par les joyeux drilles (il dansent comme des ptits fous, j'en conclus forcément qu'ils s'amusent bien, youplaboum) qui la harcèlent constamment, tenant sur elle une emprise qui ne cesse de s'étendre. Ceux-ci ont un étrange rimmel autour des yeux, signe autant de nuits blanches à boire un verre qu'a danser sur (et dans) les tombes...


Enfin que ne serais un film fantastique sans sa musique et ses bruitages. Ici, côté musique on est servis, l'héroïne étant une joueuse d'orgue d'église, elle en jouera autant qu'on en entendra nous-même, la bande son étant comme corrompu par cette musique qu'un prêtre n'hésitera pas tout simplement à classer de diabolique ! Il n'est donc pas étonnant que cette musique se fasse largement envahissante pour déborder largement du cadre filmique lors d'une scène de bal où nous assistons à d'étranges automates ralentis, sans aucune vie autre que le mouvement concentrique qu'ils se sont accordés. Ou plutôt que la mort leur à laissés...
Un classique qui mérite bien son titre de film culte. A noter que vous en avez aussi une chouette chronique ici.
Prochaines Patch'séances : La colline (Serrault) à des yeux et le masque du démon...










