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Chroniques visuelles
25 juin 2008

Wonderful days

wonderful_days_poster

En 2142, la civilisation a été détruite par la guerre et la pollution mais les survivants qui maîtrisaient la technologie ont construit une ville où la nature est restituée : Ecoban. La seule énergie d’Ecoban provient de la pollution. De l'autre côté, des survivants vivent sur ces déchêts et ont même construit une ville Marr. Opprimés, les Marriens ne servent que de main d'oeuvre aux gens d'Ecoban...

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Il était une fois, dans des bureaux en Corée en 2002.

"Hey, j'ai une super idée de film que je vais faire, avec que des motos du futur, qui iront vachement vite !

_ Et de l'image de synthèse ?

_ Bien sûr ! Plein de 3D, ça va péter de partout, on va leur montrer aux Japs qu'on peut faire de super choses la dessus !

_ Donc c'est un film sur les motos ?

_ Oh non, l'histoire je m'en fout, je laisse le tout à mon scénariste et qu'il se démerde, pareil pour le dessin, je laisse plusieurs personne s'en charger, ils sont payés pour ça. Moi tu sais, du moment que je peut filmer des motos en 3D, c'est trop cool."

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A la vue du film, on imagine aisément ce genre de dialogue qui a pu mener à vouloir tourner Wonderful Days qui plastiquement, pète effectivement et s'avère un enchantement pour les yeux quasiment pendant tout le film.

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Oh c'est mignon.

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Oh c'est beau.

Seulement voilà, on ne le répetera jamais assez, pour avoir un film qui tient un minimum dès le départ, il faut avoir une bonne histoire et là est tout le problème de Wonderful days car le scénario est à la limite de l'inconsistant qui tient sur une feuille de papier wc. Les personnages n'arrivent pas a exister : trop creux, bardés de dialogues souvent plombants et inutiles, caricaturaux et j'en passe, on finit par s'en foutre carrément, les laissant vivre leurs petites misères et préférant nous concentrer sur l'aspect visuel. Aspect visuel qui alterne avec brio la 2D et la 3D mais se prend aussi du plomb dans l'aile car la mise en scène filme souvent la 3D comme une pure cinématique de jeu vidéo, une pure scène à regarder pour soit mais souvent détachée ici de tout, juste pour l'épate, pour "se la péter". De la frime donc, du vide.

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Vous pensez pas à un jeu là ?

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Et là, toujours pas ?

Côté 2D, on ne peut pas dire que ce soit toujours la grande forme hélas. L'animation s'avère très saccadée, parfois bâclée, certains mouvements s'avèrent des plus réussis là où à d'autres, on grince des dents. Surtout, le style de dessin hésite constamment entre des personnages très beaux et d'autres très moches qui nous font regretter une absence de style homogène d'une part (qu'on aime ou pas la série animée Aeon Flux, tout reste cohérent quand on regarde bien) mais d'autre part, qu'on pourrait relativement taxer d'une sorte de racisme scénaristique : ce n'est pas parce qu'on vit dans une ville déchet comme Marr que l'on doit forcément être moche, immonde, bigleux, disgracieux et j'en passe. Une débilité scénaristique donc qui se résume parfaitement (attention regardez bien) dans cette image :

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2 poids, 2 mesures pour un film coincé le cul entre deux chaises.

Avec tout ce que j'ai dit, il y a pourtant de (très) rares bonnes idées à sauver du film. D'abord sa musique, tout bonnement magnifique et qui fait agréablement passer la pilule. Ensuite, des détails qui mine de rien s'avèrent rafraîchissants : un générique d'ouverture avec un titre sur fond noir où poussent en acceléré des millions de fleurs, le fait d'avoir le musée Guggenheim (surnommé "la capsule-temps") comme haut lieu de rencontre de deux protagonistes principaux avec tous les tableaux qu'on peut s'amuser à repérer (là du Klimt, là Bruegel, là Lichtenchtein --cf photos....), la fin assez belle mais des plus abruptes... En fait le film ne démarre vraiment que vers sa fin : à ce moment, on se réveille, les personnages nous interessent un peu, Jay surtout, l'héroïne qui semblait perdue comme une poule d'eau en plein marécage se décide enfin à prendre son destin en main (mais on est très loin des émotions de détresse bouleversantes que l'on ressentait avec un personnage féminin tel que Motoko Kusanagi de Ghost in the Shell croyez-moi) et encore.... Et puis sinon, il y a des motos futuristes. Elles sont belles les motos. Mais si on pouvait arrêter de nous les coller sous les yeux pour de l'épate à chaque seconde, ce serait bien.

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Le titre, submergé de fleurs...

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Guggenheim Museum comme si vous y étiez, pas besoin d'aller à New York !

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Et hop-là, mise au point de l'arrière plan, comme si on ne voyait déjà pas assez bien l'image ! (ce serait du Pollock je comprendrais, mais là...)

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Allez hop, petit jeu, dites moi quels sont les peintres qu'on à là. Hop, hop.

En l'état, il y a un peu de sincérité qui anime ce Wonderful Days, hélas, sans histoire, sans personnage, sans attachement et même sans technique, on ne va pas bien loin malgré une incroyable esthétique visuelle. Un énorme gâchis qui met en colère, croyez-moi.

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Pendant tout le film, Jay nous fera le coup des yeux de biche étonnée. Pas de chance Jay, ça ne marche que dans le dernier Shyamalan ça !

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Le plus beau plan du film pour la fin.

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Commentaires
N
Une rage de dents, nan je pense pas mais je t'avoue que l'animation étant un domaine très dur (j'en ai fait à deux reprises lors de divers stages), il faut vraiment avoir un bon scénario qui tiens à la fois pendant la conception de l'objet filmique et son achèvement final. Je suis peut-être dur en un sens mais si l'on pose les choses en voyant que sur ce genre de travail le réalisateur et ses assistants ont bien plus de contrôle que sur un film live où l'on est sujet à des acteurs qui peuvent avoir un très gros égo ou un producteur qui vous veut tout docile à sa botte ou bien l'on se fait renvoyer dès le premier jour de tournage, il y a comme une sécurité en animation que n'a pas un film live où la réalité vient dangereusement vous botter le cul. :)<br /> <br /> <br /> <br /> Cela me pose d'autant plus un problème qu'avec Wonderful days qui a été un énorme succès dans son pays, toute l'équipe avait une totale liberté (le making of du dvd montre bien même les maquettes préliminaires des motos encore une fois, et de divers décors, comme un gros film live donc) pendant plusieurs long mois on imagine mais que le film ne suit pas trop. Ce n'est pas le scénario qui m'a posé tant de problème que ça au fond (j'en parle peu dans ma chronique) et la problématique de lutte des classes ne me gêne pas, non comme je l'ai dit, c'est l'inconsistance des personnages qui se résument à quelques clichés et qui de fait, m'ont semblé d'un total irrespect pour le spectateur (pourquoi les pauvres doivent-ils être aussi stupides ou irritable comme l'espèce de punk à la noix que l'on voit sur la capture et qui je me rappelle, j'avais une envie de foutre des baffes pas possible ? Et pourquoi l'héroïne est elle belle tout comme l'autre personnage principal masculin --oui oui je m'en rappelle très bien de ce film maintenant c'est dire-- ? Parce que dès le début ils étaient des privilégiés ? Donc les pauvres sont nécessairement tous moches ? o_O).<br /> <br /> <br /> <br /> Tu me diras que les personnages de Prometheus se résument à pas grand chose et bien sûr tu as 100 fois raison, en dehors de David, l'héroïne ou mettons Elda ou Theron, on a pas grand chose qui emporterait l'empathie. Sauf que dès le début (l'intro avec l'ingénieur qui en meurt est explicite) et à l'instar d'autres personnes, j'y ai vu comme dans le slasher, de simples éliminations de pions... Ce qu'effectivement on a aussi d'ailleurs vu comment tout le monde se fait décimer en moins de deux dans la seconde partie du film comme des glands, huhu. :D<br /> <br /> <br /> <br /> Dans Wonderful days le propos est autre et si certains se sacrifient pour la révolution, malheureusement leur sacrifice ne me touche jamais, la forme (et la beauté du film, ça on est d'accord. Honnêtement c'est sans doute l'un des plus beaux films d'animation qui soient) l'emportant malencontreusement souvent sur le fond. Et quand en plus comme moi on connaît la grammaire et le vocabulaire des jeux vidéos, les plans de motos réempruntant beaucoup plus à ça (coucou les jeux Road Rash) qu'au cinéma, ça m'embête un peu car le cinéma d'animation est avant tout effectivement cinéma avant de se réclamer d'une culture vidéoludique.<br /> <br /> <br /> <br /> Voilà, voilou. Mais rien n'empêche que je le revois à nouveau un jour ce film, qui sait, je dirais pas non. Je pense même que je serais plus assagi à l'heure actuelle au visionnage qu'en 2008. ;)
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A
Wow ! Et moi qui me croyait méchant sur LES GARDIENS DE LA GALAXIE… qui, à mon humble avis, reste bien en dessous de WONDERFUL DAYS ;-)<br /> <br /> <br /> <br /> Bon, je ne vais pas te faire changer d'avis, Nio. Mais très honnêtement, toi qui encense PROMETHEUS (dont le synopsis tient sur une feuille de Lotus sans épaisseur triple, dont le jeu des acteurs approche celui de Plus Belle La Vie et dont les incohérences scénaristiques m'ont fait faire des bons), tu devais avoir une rage de dents le jour où tu as fais cette chronique :D<br /> <br /> <br /> <br /> C'est vrai, le scénario ressemble à beaucoup d'autres films et animations de SF (la lutte des pauvres contre les riches dans un monde dévasté) mais je trouve au contraire qu'il se dégage du film beaucoup plus d'émotion et de profondeur que dans certaines récentes daubes calibrées pour engranger un max de blé sur des BO / Compils ou sur des mimines ratons-laveurs énervés du flingue ou des homme en bois avec un gentil sourire et le rythme dans la peau (pas besoin que je développe, je pense…).<br /> <br /> <br /> <br /> bref, absolument pas d'accord avec ton avis mais c'est le tien, c'est ton blog. Et je respecte tout ça, pas de soucis ;-)
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N
C'est d'autant plus dommage que c'est magnifique... Quel gâchis... -_-
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B
Je me suis toujours demandé ce que ca valait, maintenant je sais. Je laisse tomber donc... :D
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