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Arumi et Sasshi vivent à Osaka, non loin du quartier marchand d'Abénobashi. Malheureusement Arumi va déménager. Seul Papy Masa, son grand-père, ne veut pas bouger. En cherchant la raison de ce refus, nos jeunes amis vont découvrir qu'Abénobashi renferme un secret qui va, suite à un accident, les envoyer dans un autre monde...

Revoilà la Gainax au sommet de son Art de pure déconnade assumée avec ce qu'il faut de scénario et de pincements de coeur pour nous emporter. Comme pour KareKano (petit lien sur la "gainax") et la majeure partie de leur production, à chaque fois le studio en profite pour glisser au coeur de l'humour omniprésent un vrai message, une vraie profondeur psychologique qui ne déparera pas les habitués (dont je suis) mais pourra surprendre les autres qui feront l'effort et la curiosité d'y creuser.

Abenobashi (de son nom entier "Abenobashi magical shopping street") prend place à Osaka dans le quartier marchand d'Abenobashi, un quartier qui va être entièrement démoli pour faire place à un centre commercial plus moderne. A partir de ce point, le studio place l'histoire entre deux personnages amis d'enfance, les jeunes Arumi et Sasshi dont les points de vues divergent sensiblement en filigrane, Sasshi ayant du mal à comprendre et a accepter le départ d'Arumi, ni même pourquoi le grand-père reste farouchement avec son resto-grill (qui fait de la cuisine Française ! agnaaa) dans l'une des rares maisons non fermées. C'est un détail qui au départ n'est pas des plus importants mais va contaminer rapidement l'histoire car de ce sentiment et de l'accident qui arrive dès le premier épisode, les personnages vont basculer dans une fuite totale de la réalité. Au propre comme au figuré : voyageant à chaque fois de galeries abenobashi/mondes parallèles à la recherche de leur vrai monde mais aussi --et surtout-- pour Sasshi, un moyen de ne plus rentrer dans le vrai monde, sachant ce qui les attend (et qui est dévoilé au milieu de la série, la faisant prendre un virage plus sérieux et mélancolique, voire déprimant ?).

Et les mondes parallèles, parfaites imitations de la galerie marchande des deux enfants sont --gainax oblige-- en fait prétexte à aborder des parodies de genres (héroïque-fantasy, films noirs, Science-fiction...) cinématographiques parfois des plus jubilatoires tellement le studio comme à son accoutumée se lâche quasiment totalement au sein d'un épisode sur le genre abordé, en détournant non seulement des classiques du cinéma quand ce ne sont pas des références au studio qui sont elle-même faites !

Par exemple l'épisode 3 est dédié à la science-fiction. Petit aperçu jubilatoire de captures d'écran (cliquez pour agrandir).

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Au détour d'un magasin, Sasshi achète un étrange monolithe... agnaaa

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"Non, tu regresses...." agnaaa

Vous aurez reconnus le film qui est allégrement cité ici et même plus que détourné puisque que, regardez bien les deux images suivantes à présent.

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Vous avez remarqués ? En haut à droite derrière les couettes d'Arumi ! Il s'agit bien de l'ellipse de l'os de 2000 ans et du remplacement par le satellite, passage culte chez Kubrick, ravalé ici au rang de simple détail. Encore fallait-il le repérer et c'est ça qui fait la richesse de la série, en plus du délire proprement poussé parfois à bout de la série (l'avant dernier épisode semble un best-of de films américains --le monde parallèle est une réplique d'Hollywood !-- où tout s'enchaîne très vite, scènes d'actions comme films et il y a du choix, croyez-moi).

Dans les captures suivantes, Sasshi est envoyé dans l'espace sans scaphandre et la série de détourner une fois de plus intégralement le film de Kubrick avec une folie jubilatoire peu vue chez d'autres.

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Tout ça pour revenir sous la forme d'un enfant des étoiles assez blafard et penaud. nooooodles

Bref, tout est quasiment prétexte à s'en donner à coeur joie dans Abenobashi. Evidemment ça pourra poser problème si vous n'avez pas vus les films. Certes le délire emporte le spectateur mais c'est quand même nettement mieux à apprécier si on connaît un minimum de références. Encore que la série pioche dans le cinéma populaire (mais aussi l'animation japonaise --on verra même le vaisseau d'Albator !) bien plus que le cinéma d'auteur (j'ai même quasiment rien vu en films d'auteur là dedans).

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"Adrieeeeeeenne !!!!" Mais qu'ils sont cons...agnaaa

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Mais qu'est-ce qu'ils sont c.... agnaaa

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Une constante chez Gainax, la mise en abîme de la situation, commentée d'un autre point de vue à la situation, effet déjà utilisé dans FLCL.

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Quand la Gainax s'autocite : les cheveux bleus et yeux rouges sont une référence directe au personnage de Rei Ayanami de Neon Genesis Evangelion. Autocitation qui sera confirmée dans un épisode où toute une scène d'Evangelion issue de l'épisode 26 est rejouée par cette fille !

Enfin, ce qui surprend une fois de plus c'est la liberté de ton de la Gainax, passant du délire parodique vers un sérieux qui fait mal vers la fin de la série tout comme les allusions sexuelles graveleuses ou le fan services assez étonnants dans une série pourtant destinées pour tous (encore que je ne pense pas que votre petit frère comprenne les clins d'oeil à 2001 ou Bruce Lee. La série semble plus viser les adolescents, mais les ados cinéphiles alors on va dire.). Petit aperçu sympathique (rappel de la situation : en clin d'oeil à Gunbuster --encore une production Gainax, décidement--, les deux enfants doivent assembler leurs vaisseaux spatiaux de combats pour former un énorme robot).

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Vous en connaissez beaucoup des gamines qui pensent à "ça" ? agnaaa

Bref, la Gainax ne se met aucune limite et c'est justement pour ça qu'on l'aime (enfin moi perso). Et même si Abenobashi n'est pas dans les plus grandes oeuvres du studio, celà se regarde très agréablement et se revoit avec un réel plaisir.


Pour finir, voici la liste de toutes les oeuvres détournées allegrement :

  • 2001

  • Neon Genesis Evangelion

  • La fureur du Dragon (et Bruce Lee en général)

  • Rocky

  • Gunbuster

  • Les dents de la mer

  • Duel

  • Robocop

  • Shining

  • Freddy les griffes de la nuit

  • Tekken

  • Albator

  • Jason

  • La tour Infernale

  • The Thing

  • Matrix

  • Indiana Jones

  • Retour vers le futur

  • La petite boutique des horreurs

  • Magical card captor Sakura

  • Les films noirs

  • La mort aux trousses

  • Les séries romantiques et shojo japonais à l'eau de rose

  • La femme de 50 pieds

  • L'ascenseur

  • Les films de guerre

  • Dragon Ball Z

  • Ken le survivant

Et j'en passe, et j'en passe....

D'ailleurs je me reverrais bien un épisode là pour finir la soirée. Pas vous ? agnaaa