Tout comme l'an dernier, voici donc le temps des bilans. C'est une fois de plus un top cinoche très subjectif en fonction de mes propres goûts persos, aussi, je comprendrais parfaitement que certains films puissent déclencher les huées ici ou là...

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wallyyyyyyyyyeuh

1. Wall-E

Pas spécialement une surprise, le petit robot de Pixar à déboulé par surprise et à rafflé les coeurs de n'importe quels indécis. Pixar une fois de plus montre sa supériorité sur tous, loin du "système" Dreamworks et des sympatoches mais un peu à la ramasse studios de la Fox (l'âge de glace, l'injustement boudé et méconnu Robots). Dans Wall-E, il y a à la fois à boire et à manger, c'est tout simple. D'hommages à Apple, Chaplin, la SF, la comédie musicale, la comédie, Tétris et j'en passe, Wall-E se savoure comme un Graal toujours renouvelé, source d'éternelle jouissance, ce qu'on pourrait qualifier à l'ensemble des productions Pixar d'ailleurs.

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2. Two Lovers.

Avec le dernier James Gray, ça passe ou ça casse, il n'y a pas de mystère. On aura vibré et aimé le film ou resté complètement insensible devant mais on ne pouvait remarquer néanmoins ses nombreuses qualités de sobriété (de mise en scène, de cadrages, de choix musicaux, de direction d'acteurs...) comme je tentais de donner mon point de vue chez Dasola agnaaa. Je comprends qu'on puisse bailler devant le film, comme je l'ai dit, ça passe ou ça casse. Moi, comme dit sur le lien, j'ai adoré de fond en comble. Et dire que c'est mon premier James Gray en plus. Il va falloir une fois de plus que je rattrape mon retard.

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3. Mesrine : L'instinct de mort + L'ennemi public numéro un.

Je tenais à le mettre dans mon top cinoche personnellement. Parce que pour moi, on a pas tous les jour de grands films français comme ça avec une volonté ouverte de faire pareil, voire aussi bien que les américains (le premier volet qui construit un suspens constant notamment autour de l'évasion de Mesrine de sa prison au Québec) et qu'importe que les deux volets soient à la fois proches et dissemblables (j'ai préféré le premier volet au second, trop bavard où Cassel naguère sobre dans la première partie était ici presqu'en train de se caricaturer. En même temps bon, le personnage à interprêter est déjà "bigger than life" donc on ne peut trop lui en vouloir non plus), puisque l'ensemble malgré ses erreurs s'avère toujours passionnant, jamais redondant.

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4. The dark knight
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Du Bigger than life, en veux-tu, en voilà justement. Bien plus que Christian Bâle et Morgan Freeman, c'est le regretté Heath Ledger qui déboula comme une trombe par sa performance magistrale qui convainquit nombre de sceptiques (dont votre serviteur) qu'on "ne pouvait faire mieux que Jack Nicholson" chez Tim Burton. Ledger est un poisson dans l'eau, assurant le spectacle quasiment tout seul si bien que face à lui, le reste n'est que futilité. On pourra bien s'écrimer pendant des heures à déplorer la mise en scène de Nolan qui à toujours autant de mal à mettre en relief l'espace de l'action (sauf la grande scène de l'attaque du convoi) et le nihilisme de façade sur la réflexion du bien et du mal (qui n'arrive pas perso à la même noirceur que les comics de Miller (The dark Knight) et Moore (The killing joke) dont il s'inspire pourtant), on ne peut que s'incliner devant Heath Ledger qui envoie le film à des sommets difficilement rejoignables.

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5. Hellboy II.

Ne boudons pas notre plaisir devant ce film bien plaisant du grand Del Toro qui, toujours avec le grand Mignola, nous fournit une suite qui n'en est pas véritablement une. Si le canevas affectif n'est pas nouveau (Hellboy aime Liz qui à le coeur qui flanche, notre héros devra une fois de plus lui prouver son amour...), les enjeux se déplacent lentement vers quelque chose d'autre. Fini le bestiaire Lovecraftien du premier volet (avec même un ancien nazi démoniaque et un Raspoutine comme on aimerait en voir plus souvent), place au conte de fée et à l'héroïc-fantasy détournée de ses enjeux. Del Toro se fait plaisir, fonce à 100 à l'heure, délivre un clin d'oeil amoureux à Goya une fois de plus (cf, le labyrinthe de Pan), avoue une fois encore qu'il a envie secrètement de faire l'amour à Miyazaki (cf aussi le labyrinthe de Pan) et nous avoue écouter Eels chaque matin parce que ça réveille et que c'est bien sympa. Supérieur donc au premier et annonciateur de grandes choses à venir pour le troisième volet qui s'annoncera bien apocalyptique au vu des rares allusions crépusculaires glissées ça et là dans le film. J'ai confiance dans le bonhomme, ça va poutrer.

6. Cloverfield.
7. The mist. (fuyez la version noir et blanc du second dvd par contre, c'est un noir et blanc numérique, fadasse et sans âme, qui plus est recadré par les bons soins de TF1 vidéo, erk)
8. Speed Racer.
9. Indiana Jones et le crâne de cristal. Inégal mais de bons moments, j'avoue, notamment une première demi-heure fantastique.
10. Tropic Thunder.
11. The darjeeling limited.

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A part ?

  • Mongol. Un beau spectacle assurément. Pourtant le film ne restera pas dans les mémoires, fautes de réels enjeux si ce n'est la reconstitution grand spectacle de la vie de Gengis Khan (ou du moins une partie).
  • Entre les murs. Oui, la palme était méritée, le film est plus qu'interessant. Mais de mon point de vue, il ne se limite qu'a un certain cadre donné (un seul prof --Mr Marin, prof de français-- alors que l'on voit de nombreux enseignants qui finalement ne sont que de maigres seconds rôles) dans le domaine du documentaire mi-fictif, mi-réaliste (ce sont de vraies personnes qui "jouent leurs rôles", pas des acteurs) à tel point qu'on ne sait pas où le caser vraiment.
  • Les contes de la lune noire après la pluie. Le classique de Mizoguchi sur grand écran, c'est merveilleux, ça n'a pas de prix. Par contre, c'est toujours aussi déprimant quand on en ressort. Mais chef d'oeuvre oui.
  • Vicky Christina Barcelona. Un Woody Allen "carte postale". Un Woody qui nous fait le service minimum (avec voix-off redondante, le comble). Scarlett, peu vue, rebeca Hall, n'en parlons pas. Une Barcelonne de touristes (pourtant magnifiée plus ou moins chez Antonioni et Teshigahara). Pouf pouf. Reste une agréable bande originale qui ravira les fans de guitare accoustique et de flamenco dont je suis. Il y a même le grand Paco Di Lucia dont le jeu nous fait instantanément planer.
  • 30 jours de nuit. Agréable films de vampires adapté du comics chez Delcourt. Malheuresement, ça ne se borne qu'a l'adaptation du premier des 3 tomes sans rajouter vraiment de nouveauté. Bref, sympathique mais hélas trop vite oubliable, dommage, il y avait là matière à faire tout péter.
  • Sweenay Todd. Avant Woody, Burton aussi faisait dans le minimum syndical en début d'année, reprenant une comédie musicale déjà existante pour... ne rien changer du tout en fait. Un peu comme Haneke qui nous refait son "Funny games" en remake pour être sûr que le remake sera copie conforme à l'original. Mais dans ce cas là, quel intérêt de faire un remake (alors qu'il suffit de remastériser l'original Autrichien qui n'a pas pris du tout de ride) si il n'y a aucune variation proposée ? Il est loin le temps des remakes géniaux de Carpenter et Cronenberg ("the thing" et "la mouche" respectivement) qui donnaient une vision neuve et intelligente de grands classiques horrifiques. Ici Burton comme Haneke fait son film pépère. A tel point qu'il en devient banal, voire caricatural et se dégonfle au second visionnage. Et Burton devenir banal, aie aie.

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Grösses déceptions, Achtung.

  • Diary of the dead. L'attente a dû être trop longue pour le fan de Romero pourtant sevré par un très bon "land of the dead " (mais si, mais si). Le problème de Romero c'est qu'il se retrouve piégé par une sorte de mode, celle de la caméra comme instrument subjectif là où elle restait objective. L'autre problème c'est que Romero se retrouve un peu à la traîne, dépassé par les Cloverfield, REC et autres Redacted. Il y a beau avoir un propos, de petites trouvailles sympathiques, de l'humour (le gag avec les Amishs), on finit par se lasser de suivre cette bande de djeunz sans personnalité à qui on aurait presqu'envie de coller des baffes. Qu'ils sont loin les personnages de sniper prudent ("zombie" aka "dawn of the dead" - 1978) ou de savant fou rigolo ("day of the dead" - 1985). Seul le prof alcoolique tirant à l'arc peut emporter l'adhésion mais c'est bien mince. Allez George, tu nous fais une suite paraît-il, ressaisi toi !
  • Narnia 2 ou le retour du lion en peluche face au prince Cassepieds sponsorisé par BN ou LU. J'en ai déjà parlé ici. C'est médiocre. C'est le triomphe du mercantilisme stupide qui essaye de se draper devant l'imaginaire illimité des contes de fées.
  • Quantum of solace. Pim Pam Poum. ça bouge dans tous els coins, faut que ça aille vite, au risque de perdre tout jeu d'acteur, d'écrire le scénario sur un ticket de métro, d'avoir des personnages féminins et un méchant inconsistant (le comble pour un james bond). Seul ressort Craig, terminator aux yeux bleus qui tue tout le monde et finit même par lasser. Vivement le prochain, on verra si la licence arrive à s'en sortir.
  • Teeth. Faux film d'horreur féministe, vrai torchon moraliste qui se prend les pattes dans sa dénonciation d'une amérique trop puritaine pour voir un poil dépasser. Les pénis encapsulés finissent par ne plus lasser que choquer. Les hommes dans le film sont tous quasiment décris comme des crétins (le gynécologue), des pervers frustrés (le petit vieux, le petit ami), des salauds patentés (le "frère" punk, tout de suite évidemment détestable. Comme caricature, on ne fait pas mieux). Seul le personnage du père semble humain. Mais c'est pas son vrai père mais celui du remariage de sa mère, l'inscrivant comme porteur là aussi d'une faute (puisque le frère punk salaud est son fils) puisqu'il n'a pas su élever son fils, lequel n'est devenu que cet ultime salaud dont notre héroïne finit par se venger. Une pirouette de plus donc pour un film que j'attendais beaucoup mais qui ne s'assume qu'a moitié (l'héroïne de par son sexe denté en fait une vraie arme revandiquant la liberté et l'épanouissement sexuel dans un pays où ça fait peur --sinon couic--, ça c'est le bon point positif. C'est malheuresement l'un des seuls). Dommage, car il y avait un potentiel à creuser là aussi.

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A côté de tout ça....

En parallèle avec le grand écran, je me suis fait plaisir avec Antonioni et Bergman. Le premier ayant, suite à sa mort, de nombreux films repassant continuellement au cinéma Le champo à Paris, dont Zabriskie Point revu sur grand écran en février. Puis là, le dvd est enfin sorti (quasi passé inaperçu, la fnac n'ayant pas décidé de le mettre sur les étalages, j'ai dû le réclamer au vendeur qui ne savait même pas que c'était en prix vert, qu'ils l'avaient mais que c'était --comme par hasard-- caché dans les bacs... Mouais...Bande de c...). DVD massacré quasiment par Warner France mais leur mépris du spectateur n'est pas nouveau, on commence à les connaître. Quand à Bergman, c'était la ressortie du trop méconnu et injustement décrié (toujours de mon point de vue) de L'oeuf du Serpent. Il est vrai que dans sa filmo, ce film est un ovni mais en le regardant avec le recul, c'est une fois de plus un grand film malade sur la peur (de l'autre, du couple...) comme toujours chez le regretté Suédois. Avec en plus des hommages au cinéma et à Fritz Lang assez savoureux dedans indice : ecoutez bien les dialogues). Je remercie aussi la Filmothèque du quartier latin (à côté du Champo) d'avoir passé non seulement l'intégralité de la filmo de Woody Allen (Accords et désaccords, Guerre et amour... Sur écran géant, le pied) mais aussi le premier film de Terrence Malick, La ballade sauvage, incroyablement enchanteur. Déjà là, dans ce premier film, tout y est, son style, son regard sur la nature, formidable.

Mais 2008, ça a été la découverte de cinéastes par pans entiers. Il y avaient ceux dont j'avais déjà vu un film ou deux comme Billy Wilder et Wim Wenders, que je redécouvrais avec plein de films. D'autres dont j'ai continué le visionnage comme Bergman, Malick (ayé, tout vu) et Allen. D'autres enfin que je découvrais pour la première fois comme Fellini, Bresson, Olmi, Kalatazov et P.T.Anderson (n'ayant pas vu There will be Blood au cinéma en début d'année, je me suis rattrapé sur le dvd, j'ai visionné aussi Punch Drunk Love dans la foulée). Et puis j'ai enfin vu pour la première fois West Side Story. Il était temps ! Et Crash de Cronenberg, avec le recul, c'est pas si mal en fait. Et Hellraiser, ça poutre (enfin, si on aime l'horreur mi-gore, mi-raisin, ho ho ho).

Et pis sinon, Catherine Breillat, ben c'est du caca. agnaaa



JOYEUX NOËL !!