dimanche 29 mars 2009
Votre BD de Mars/avril 2009.
Une charmante timide inconnue nous présente le strip de mars et avril, sous le trait généreux et épuré du talentueux Range Murata. Comprenez-moi, je ne peux pas toujours vous mettre Harriet Andersson et Audrey Hepburn, je sais que vous en auriez marre même si je vis avec elles une douce relation platonique que j'espère sans fin. Donc, je vous présente une charmante inconnue pour un strip non moins inconnu. Il s'agit de quelques pages de "Judette Camion", héroïne banale du quotidien aux éditions Casterman. Jeune femme ayant une vie comme vous et moi mais toujours aussi touchante et drôle car finement esquissé dans sa peinture sociale par les auteurs. J'avoue aussi que c'est mon strip préféré de l'album.
Bonne lecture (cliquez pour agrandir) !
mercredi 25 mars 2009
Manhattan
"Rhapsody in blue" de Gershwin à télécharger (format m4a - itunes) et écouter avec la chronique.
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Isaac, humoriste à la télé new-yorkaise, sa vie, ses amours dans une déclaration émouvante de Woody Allen à sa ville favorite. Partagé entre son métier de
scénariste télé pour émission idiote,
sa vie avec une ravissante lycéenne, qu'il pense trop jeune pour lui,
et sa mésentente avec son ex-femme qui compte publier un
livre sur leur vie conjugale passée, Isaac Davis mène une vie des plus tumultueuses… Un jour, il rencontre
Mary, critique snob et suffisante dont il tombe lentement amoureux…
Remercions le cinéma pour nous offrir des moments aussi magiques. Mais aussi les cinémas de quartier parisien puisque lundi soir, j'étais à l'Action Ecole pour réaliser l'un de mes rêves, me voir Manhattan sur grand écran, enfin ! Evidemment, je l'avais déjà vu dans de nombreuses conditions dont une première fois mémorable en VHS à une heure tardive grâce à un prof d'anglais passionné, mais comme on dit tous, rien ne vaut le passage en salles. Une légende qui a la vie dure, surtout si comme lundi soir, on est en face d'une copie de qualité très moyenne, au son qui baisse et devient presqu'inaudible avec de nombreuses taches sur la pellicule qui laissent accuser son âge. Mais ce n'était décidement pas ça qui allait rabaisser ce mythe dont la magie restait encore pleinement vivace, 30 ans après.
Tourné en 1979 donc, cette ressortie n'est pas innocente même si elle s'effectue un peu en cachette, à la dérobée me semble-t-il hélas (dépêchez vous de voir --et revoir-- le film si vous en avez l'occasion). Je feuillette peu la presse cinéma actuelle mais je doute d'avoir vu une quelconque publicité pour le film, ce qui se vérifiai au vu du public de la salle. Une dizaine de personne seulement mais de tous âges et tous bords, ouf. La cinéphilie vaincra !
Trève de bêtises, penchons nous sur le film et surtout, au délà des histoires de couples de l'élève Allen sous influence du maître Bergmanien (dont le New-Yorkais n'hésite pas à dire que c'est son réalisateur préféré --ce qu'on peut comprendre. Personnellement j'adore le regretté suédois aussi), c'est surtout l'occasion de voir une fascinante construction de mythe à l'oeuvre. Mythe d'une ville que le cinéaste capture dans une nostalgie rétro de 3 belles manières : d'abord le noir et blanc du directeur de la photographie Gordon Willis, tout simplement fabuleux, à la fois tranché et net (les séquences dans le planétarium, inoubliables) qui laisse passer une belle teinte de gris légers.
Ensuite des plans presque documentaires au sein de la fiction d'une ville continuellement bourdonnante de vie : bien sûr l'introduction avec la voix-off d'Allen mais aussi bien d'autres où même les personnages du film deviennent intégrés eux-mêmes, j'en veux par exemple cette image mythique où Isaac et Mary (Diane Keaton) sont sur le banc et attendent les premières lueurs de l'aube, le tout porté (comme pour les nombreuses séquences dites "documentaires") par la musique de Gershwin.
Enfin, la musique de Gershwin bien justement qui ancre le film au délà de la référence temporelle actuelle (1979) pour l'inscrire bien au délà, favorisant son entrée dans l'intemporel.
- "D'autres films "nostalgia" dans cette période, réactualisaient et relançaient des musiques plus anciennes et oubliées, parfois sans grand souci de l'exactitude historique. L'arnaque (1973), comédie sociale réalisée par George Roy Hill et située dans le Chicago des années vingt, fait entendre, avec les ragtimes de Scott Joplin que le film rendit mondialement populaire, une musique antérieure d'une vingtaine d'années à l'époque de l'action. (...) Quelques années plus tard, en 1979, dans Manhattan, Woody Allen faisait arranger de même certains titres de Gershwin et les superposait, dans un anachronisme volontaire et nostalgique, à son New York contemporain (bien que ce dernier fut traité dans un noir et blanc stylisé et confiné dans certains quartiers "chics" chers au cinéaste)..." (Michel Chion - "La musique au cinéma")
Alors oui bien sûr, on ne peut s'empêcher comme le théoricien et compositeur Michel Chion de constater avec le recul que Woody nous emmène en fait dans ses petits coin (le restaurant "Elaine's" au début du film où le cinéaste allait réellement pendant un bon moment) préférés mais celà n'enlève rien au plaisir du film, de cette joyeuse association d'une musique issue des années 20 (1924 pour "Rhapsody in blue") et d'un monde contemporain. Je pense même que celà fonctionne d'autant inonsciemment sans doute car Gershwin était New-Yorkais d'une part, juif d'autre part. 2 points communs de plus avec le sieur Allen et son film qui est du coup, plus qu'un film, plus qu'une déclaration d'amour enflammé à sa ville...
En fait, à l'image du couple d'amoureux du de l'introduction du film, le film nous met en état transi : comme Woody, on tombe amoureux de Manhattan, on veut y aller, se retrouver dans le film même si celà est impossible. C'est un peu ça la magie du cinéma, non ?
Un jour j'irais à New-York avec toi...
dimanche 22 mars 2009
Cowboy Bebop (partie II)
See you space cowboy de Yoko Kanno à télécharger (format mp3) et écouter avec la chronique à lire.
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Il est maintenant temps de parler un peu des occupants du Bebop si vous le voulez bien. Venant d'univers aussi étranges que la série elle-même fonctionnant comme un jouissif melting-pot, ils sont au nombre de 5, si on compte Ein, Welsh-Corgi récupéré dès le second épisode, chien censé être un cobaye sur un projet experimental qui s'avère doué d'une grande intelligence (il sait même éteindre par instinct l'écran de l'ordinateur de communication quand Faye parle à Jet, ce qui ravit ce dernier). Dès le début de l'histoire du Bebop et de la série, on apprend que Spike (avec sa grosse touche de cheveux à gauche) Spiegel fait équipe en tant que chasseur de prime avec Jet (le barbu) Black depuis déjà 3 ans. Les deux hommes semblent bien se connaître mais chacun à sa part de secrets dans l'ombre comme la suite de la série va s'appliquer à le démontrer par petites touches. Vient Ein donc, puis Faye. Cette dernière, censée être âgée de la vingtaine semble la plus excentrique et égocentrique de tous mais cache derrière ses humeurs une vraie fragilité liée au fait qu'elle n'a plus de passé suite à une amnésie et un certain accident. Enfin Ed, de son nom entier "Edward Wong Hau Pepelu Tivrusky 4th" (oui, "Ed" en deux lettres, ça lui convient bien mieux, je suis d'accord), une gamine garçon manquée (à droite), en fait une pro de l'informatique qui peut pirater n'importe quel système. Une sorte de génie précoce (Ed n'a que 13 ans apparemment). Elle aussi aura un épisode réservé spécialement à elle (même plusieurs en comptant son arrivée à l'épisode 9, le 17, le 24...).
Et le plus fascinant, outre les épisodes "normaux" (en même temps avec chaque épisode qui aborde parfois un genre spécifique en lui-même -- l'épisode 11 # "Toys in the attic" est une reprise non dénuée d'humour des codes horrifiques d'Alien en tous points avec au final la valse culte de Strauss issue du "2001" de Stanley Kubrick mais ici la créature monstrueuse de H.R.Giger est supplantée par une petite limace gélatineuse très rapide ! --, peut-on considérer la série comme obéissant à des règles bien définies à de nombreuses séries ?), ce sont justement ces épisodes où le passé revient à la charge par fragments, livrant au compte-goutte des informations qui parfois ne prendront sens que lors des derniers épisodes : ainsi par exemple, Faye retrouvera sa mémoire grâce à un format magnétique alors dépassé : une VHS (un anachronisme réjouissant de plus qui obligera les héros à retourner sur l'antique Terre pour retrouver l'unique magnétoscope capable de lire la bande !) qu'on lui envoit mystérieusement par colis et qui l'aidera brusquement à tout comprendre (et d'un coup montrera là un personnage encore plus touchant au spectateur). On saura aussi pourquoi Jet à une prothèse mécanique à la place d'un de ces bras et tout ce qui entoure Spike, que ce soit les mystérieux Julia ou Vicious.

La lune à la fin du XXe siècle et l'incident qui en détruisit une partie (épisode 24).
C'est sans doute quand on aborde Spike que la série prend un ton alors plus adulte que dans d'autres épisodes.
Julia et Vicious sont intimement liés à Spike et même si ce sont des personnages secondaires, ils sont tout autant des personnages principaux par leurs rares apparitions ou évocations dans une bonne partie de la série. Fantômes du passé autant que mythes, il n'en faut pas plus pour que Spike à chaque fois sans mot dire, abandonne ses compagnons.
De la première, on en saura quasiment peu, Julia n'apparaissant véritablement que dans les 2 derniers épisodes de la série, on pourrait penser qu'elle pourrait faire échouer celle-ci dans son final, il n'en sera rien, les attentes du spectateurs étant dès lors comblées par tout ce qu'il a pu entendre et peut dès lors vérifier à l'écran : fidèle à sa légende se dessine un personnage de femme forte, qui a dû constamment survivre dans la fuite d'un satellite à une planète et vice-versa : Spike fera même fausse route en croyant la retrouver au milieu de la série dans l'épisode "Jupiter Jazz" en deux parties. Pour autant, ces retrouvailles ne seront pas de tout repos puisqu'a Spike et Julia peut-on ajouter dans un même triangle inévitable, Vicious.
Un triangle amoureux même. Au fur et à mesure, on comprend que les deux hommes ont aimés la même femme, ce qui n'a pas été sans causer des frictions. Ainsi est né au sein de la même triade mafieuse chinoise Vicious et Spike, deux tueurs chargés des sales besognes. Mais avec le temps, le premier est devenu des plus insensibles, bête froide et abstraite, inhumaine là où le second à préféré la fuite en avant suite à la disparition de Julia.... Dès lors, même si les rencontres entre Spike et sa Nemesis se comptent sur les doigts de la main dans la série, ce sont bien évidemment des épisodes plus qu' importants et souvent beaucoup aimés des fans.
La réussite de la série, outre son melting-pot référentiel et ses histoires variées qui côtoie l'Histoire (celle principale qui entoure nos chasseurs de primes, liée à leur passé) est aussi liée à ses créateurs. A la réalisation, citons Shigeru Watanabe qui assure fluidité et efficacité (outre l'aspect patchwork qui est de son fait puisqu'on retrouve cette touche avec "Samouraï Champloo", autre série qui part un peu dans tous les sens; on peut remarquer les scènes d'anthologies très bien chorégraphiées qui parsèment Bebop) et à l'aspect sonore, une bande-originale composée par la divine (et encore trop méconnue --du moins dans le milieu des cinéphiles, pas des sériephiles (?) surtout de l'animation japonaise--) Yoko Kanno. La compositrice a spécifiquement pioché dans des références jazz et rock pour une bonne partie de la musique (elle avoua d'ailleurs n'être pas spécialement une amatrice de Jazz) mais sans oublier sa profonde part d'originalité. Qu'un épisode mette en scène un moment d'espionnage ou une enquête et l'on entend un "Spy" inspiré des meilleures compositions de John Barry pour James Bond. Qu'un enfant utilise un harmonica à l'écran et l'on jurerait entendre du Bob Dylan ...instrumental ("Digging my potatoes"), sans oublier de langoureuses mélancolies plaintives au saxophones qu'on pourrait croire issues du "Blade Runner" de Vangelis ( la ressemblance entre un "Blade runner blues" de 8 minutes et des compositions de Kanno comme "Road to the west" ou "Goodnight Julia" est assez frappante) et j'en passe.
Avec toute son originalité et l'attachement qu'elle procure, on peut comprendre qu'elle soit devenue une série culte. Le film qui sortit quelques années après, s'insère lui-même avant les 3 derniers épisodes dans la continuité chronologique de la série. Difficile de faire un après Bebop donc (surtout quand on a vu tous les épisodes), un long-métrage, à peine un "épisode très long" s'avérait le choix le plus judicieux. Un bon choix car le film est aussi riche et grandiose que la série...
Annexes.
* Liste des épisodes (regardez les références dans certains titres) :
- Asteroid Blues
- Stray dog strut
- Honky tonk woman
- Gateway Shuffle
- Ballad of fallen angels
- Sympathy for the devil
- Heavy metal queen
- Waltz for Venus
- Jamming with Edward
- Ganymed elegy
- Toys in the Attic
- Jupiter jazz # 1
- Jupiter jazz # 2
- Bohemian rhapsody
- My funny Valentine
- Black dog serenade
- Mushroom samba
- Speak like a child
- Wild horses
- Pierrot le fou
- Boogie woogie feng shui
- Cowboy funk
- Brain Scratch
- Hard luck woman
- The real folk blues # 1
- The real folk blues # 2
* Hommage à Hooper. (J'ai trouvé ça sur le net, je n'ai pu résister à cette reprise du "Nighthawk" du grand peintre Edward Hopper qui rajoute les personnages de la série...)
dimanche 1 mars 2009
Cowboy Bebop (partie I)
"Space Lion" par Yoko Kanno à télécharger (mp3) et écouter avec la chronique !
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"En cours d'opération, la Lucy était fort bruyante. Ronflements, sifflements, claquements de compresseurs ou de pompes au fur et à mesure qu'ils se mettaient en marche ou s'arrêtaient. Sa coque grinçait, son système de rotation rugissait. Elle était formée d'un long anneau rotatif central de gravité nulle et d'une partie ventrue servant de cale. A l'extérieur, la partie supérieure et les flancs étaient occupés par les groupes trapus des vannes du générateur. Bien que vide, elle se dirigeait cahin-caha vers la zone de saut de Viking en empruntant le couloir réservé aux petits navires."
(C.J.Cherryh - "L'opéra de l'espace" (1982 - "Merchanter's luck"))
Un pouce tendu, en forme d'auto-stop désuet à l'adresse des étoiles, ce n'est qu'un des nombreux anachronismes charmants et bourré d'humour de Cowboy Bebop, série d'animation de 26 épisodes sortie en 1998, et série plus que culte il faut le préciser, auprès des fanas d'animation quelle qu'elle soit. Ayant reçu en guise de cadeau d'anniversaire en avance d'un mois par l'un de mes potes cinéphiliques de forum internet le coffret, je me suis jeté sur le revisionnage de cette oeuvre addictivement géniale sans plus tarder. Alors, après plus de 10 ans, là où bien d'autres séries semblent déjà dépassées, Cowboy Bebop vaut il encore le coup ?
La réponse est oui, mille fois oui. Si par exemple, je devais choisir une série d'animation japonaise entretoutes (le vieux truc de l'île déserte), ce serait à égalité, Neon Genesis Evangelion et Cowboy Bebop. A la première, je dois beaucoup, notamment en pleine adolescence, d'avoir pu commencer à sortir un peu de ma carapace que je m'étais forgé grâce aux 2 derniers épisodes, expérimentaux et métaphysiques. De la seconde, je dois mes meilleurs souvenirs de Science-Fiction et de sensations fortes mêlées comme cette attaque de Spike contre la triade des dragons rouges sur fond de reprise jazz du générique de fin "the real folk blues", "See you space cowboy" dans l'ultime dernier épisode. Les plus belles montées d'adrénaline qu'ont pu procurer l'animation de ces dernières années. Et un univers complet et intelligent de Science-fiction qui, pour reprendre Philip.K.Dick dans une de ses célèbres conférences (Metz, France, 1972 je crois), ne s'effondre pas deux jours plus tard.
Dès le générique, le ton est donné. Ce sera western (nos 5 personnages principaux --comptons Ein, le chien aussi tiens-- sont des chasseurs de primes dans le nouvel Ouest qui s'étend cette fois à l'espace du système solaire dans un futur proche). Ce sera Jazz (mais pas que, puisqu'avec la surdouée Yoko Kanno à la musique, on naviguera aussi dans les territoires du blues, du hard-rock, du rock, de la pop, de la lo-fi et j'en passe...). Le tout enveloppé d'étoiles et de vides interstellaires.
Et comme si ça ne suffisait pas, la série se permet génialement d'aborder à chaque fois, références sur références à notre propre culture musicale et cinéma. Dans l'épisode 7, "Heavy metal queen", le petit terroriste trouillard arbore la tête de Woody Allen. Des titres d'épisodes font eux-même références à des chansons ou des films cultes (épisode 14 : "Bohemian Rhapsody", ça vous rappelle pas la bande à Freddy Mercury ça ? Quand au titre de l'épisode 20, "Pierrot le fou", je pense que vous trouverez aussi très facilement...
) quand ce ne sont pas les personnages eux-mêmes (le jet-kune do que pratique Spike n'est qu'un renvoi explicite à l'art martial de Bruce Lee et d'ailleurs, même l'un des personnages secondaires dans la série arborera d'ailleurs le nom d'Abdul Hakim, ennemi de Bruce Lee dans l'un de ses films ! (Mais vous allez vous amuser avec la liste des épisodes à chercher les références quand je vous la donnerais dans la seconde partie, vous allez vous marrer tiens...)) ou ce qu'ils font (à un moment, dans les 3 derniers épisodes, Spike lit un livre nommé "Walking on the moon"... une certaine chanson de Sting et Police à la base), c'est dire la richesse de la série où l'on ne repère pas forcément tout à la première vision.

Ganymède, bordée par la gigantesque Jupiter.
En hypervitesse dans une gate à "espace différé".
Autre constatation donc, au délà de l'univers intertextuel que la série développe, l'univers de Science-Fiction développé, qui, comme dit précedemment, s'avère des plus solides. Il suffit de voir le son accordé aux vaisseaux et aux différents décors chacun bien particuliers et dont on peut tirer à chaque fois des réflexions, sans compter le contexte historique et la date donnée (2071). Par exemple, et comme dans la citation de l'écrivain C.J.Cherryh donnée en exergue, mais aussi 2001 l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, chaque vaisseau dispose d'un anneau rotatif de gravité, que ce soit le vaisseau de nos chasseurs de primes, le Bebop, celui utilisé par Vicious des Triades du Dragon rouge dans le double épisode Jupiter Jazz, ou le vaisseau allongé et blanc (la figure semblant représenter une sorte de flingue !) des responsables du casino spatial du 3e épisode. Chaque lieu à sa personnalité bien distincte. De Ganymède baignée d'océans qu'on imagine issus de la fonte de glace lors de la colonisation (terraformation) du satellite à Callisto plongée dans un hiver éternel (repère d'évadés et truands en tout genre), en passant par Mars (avec ses bases "oxygénées" à l'air libre sur fond de décor rougeâtre poétique qui laisse rêveur... On se croirait presque par moment dans Total Recall en plus light, autre représentation magnifique de cette planète à l'écran) ou la Terre, quasiment ravagée suite à l'explosion d'une partie de la lune (ce qui provoqua la montée des océans --visibles bien souvent par ces endroits où des sommets d'immeubles ressortent à peine à la surface-- et une pluie perpétuelle d'astéroïdes --ce qu'on peut comprendre par la perte de densité de la masse lunaire qui n'attirerait presque plus les météores de l'espace) lors d'un des premiers essais de Gate.

Spike et une mission périlleuse.
Le vaisseau de Faye et la Lune. Enfin... en partie.
Et qu'est-ce donc qu'une Gate ?
Et bien tout simplement une des grandes marottes de la science-fiction. Souvenez-vous que bien souvent, les films et oeuvres diffèrent mais ont toutes ce point commun propre à la SF : dans un futur proche et suivant les technologies sans doute encore plus poussées qu'a l'heure actuelle, l'Homme parcourera encore plus vite les grandes distances. A notre époque, on utilise déjà des véhicules supersoniques pour dépasser des frontières. Dans la SF (qui n'est qu'au fond bien souvent qu'une extrapolation et une métaphore de nos sociétés du présent vers quelque chose de plus imaginaire --la SF n'est pas toujours tournée que vers le futur quand même !), on relie les étoiles entre elles et c'est aussi simple que celà.
Dans Star Wars (1979 à 2005 - George Lucas pour le premier...), il suffit d'être dans un espace second, un "hyperespace" pour franchir des parties immenses de galaxies à d'autres. Dans Stargate (1994 - Roland Emmerich), le principe est le même mais sans vaisseau, on utilise la "porte des étoiles" pour tracer un trait d'une planète à une autre. Star Trek reprend le procédé Star Wars en le rendant plus technique (la série de Gene Rodenberry et les films ont toujours eu une ambition différente dans l'univers SF --au passage la série Star Trek date des 60's à la base et existait bien avant Star Wars !--. D'ailleurs si quasiment tous les extraterrestres sont humanoïdes dans Star Trek c'est par volonté sociologique d'une part (on en apprend beaucoup sur les Vulcains généralement) mais aussi d'autre part, de les rendre proche de nous. On s'attache effectivement mieux à quelque chose nous ressemblant que l'espèce de Blob visqueux à la Chuck Russel --je dis ça sans avoir vu l'original des 60's qui voulait manger du Steve Mc Queen !) et incorporant à son univers la téléportation à courte distance, bien pratique pour emmener des membres dans le vaisseau, malgré les petits défauts techniques qui peuvent subsister.
Dans Cowboy Bebop, on se déplace donc dans à travers une gate, une porte gigantesque assurant l'ouverture d'une route grande vitesse dans l'espace à travers un espace différé où la lumière ne passe pas, permettant aux vaisseaux de franchir des distances inimaginables, laissant de l'extérieur la vision d'ombre qui passent, hors du temps (épisode 4, les missiles qu'on voit traverser en transparence les vaisseaux de Faye et Spike). La BD franco-belge Yoko Kanno (editions Dupuis) reprend une idée similaire quand Yoko part avec ses amis les Vinéens (vous savez, les extraterrestres humanoïdes à peau bleue. Mais non, voyons, pas les schtroumpfs, eux ils sont plus petits et font rien qu'a s'empiffrer de salsepareille...
) et que pour rejoindre le système de Vinéa, la traversée se fera dans une espèce d'espace noir privé de lumière propulsé par une gigantesque station spatiale dans le tome 6...

Arrivée sur une ville Martienne...
Fin de la première partie de cette chronique... ![]()

Nouveaux vêtements !
Et hopla, on change la bannière, on fait peau neuve au blog mais les couleurs violettes de base restent encore les mêmes.
Ami lecteur, petit jeu, sauras tu deviner d'où proviennent les 4 images de la bannière au dessus ? ![]()






















