Chroniques visuelles

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mercredi 22 juillet 2009

Le rêve de Cassandre

cassandra
Sur l'affiche, Ewan Mc Gregor fait quand même bien peur.

Je n'attendais rien de ce Woody Allen, tout au plus je savais qu'un pote en disait beaucoup de bien et que c'était un film dans la même lignée de Match Point, ce qui n'était pas pour me déplaire.
La baffe n'en est que plus grande.
C'est d'autant plus grand qu'a la lecture des critiques et réactions diverses sur le net et ailleurs, je me rend compte que quasiment tout le monde (ou presque) est passé à côté d'un des plus grands films de 2007 là où comme la Tamise quand elle n'est pas trop polluée, tout coule de source (du moins pour moi hein).


Allen fait un film impitoyable sur deux frère où l'on retrouve une mécanique implacable à l'oeuvre. Match Point décrivait l'engrenage d'un meurtre et posait la question de la culpabilité en répondant d'une manière jouissivement amorale (les fantômes, l'arrivisme de Chris, le fait que tout tient parfois juste au hasard). Le rêve de Cassandre suit le même chemin et offre une variation intéressante : Il y a bien un engrenage qui mène au meurtre mais cette fois, ce n'est plus par voie directe (Nola dans Match Point était à éliminer car elle compromettait l'ascension sociale de Chris, ici c'est pour résoudre leurs problèmes d'argent que les deux frères doivent tuer quelqu'un pour leur oncle. Donc il s'agit à la fois de l'honneur de la famille (Ewan Mc Gregor/Ian n'a que ce mot à la bouche, dépassé par son admiration envers son oncle Howard, c'est sa principale motivation) comme de leurs problèmes personnels (ils n'ont pas les moyens d'entretenir la vie de rêve dont ils s'illusionnent perpétuellement. En celà, dès qu'une illusion semble concrétisée --le voilier--, cela ne fait que les enfoncer de plus en plus vers la tombe). Match Point décrivait le manque de culpabilité dont faisait preuve Chris (Jonathan Rhys Meyer, fascinant), Le rêve de Cassandre montre lui, un Terry (génial Colin Farrell) rongé de plus en plus par l'acte qu'il a dû faire là où son frère Ian choisit de mettre la moralité de côté en expliquant que depuis le début, ils n'avaient guère le choix.


Et pourtant le choix, ils l'avaient. Terry aurait pu ne pas en arriver là si il ne s'était pas si endetté. Ian n'aurait pas eu à entretenir l'amour de cette fille au minois issue d'une publicité si il ne s'était pas arrêté pour lui porter prétenduement secours avec déjà en sous-entendu une attirance dont le spectateur sait bien où ça va mener.
Alors qu'il avait déjà une autre fille dans sa voiture, hem.
Celà fait beaucoup de si. Le film nourrit d'ailleurs sa richesse de ses contradictions (au passage même ceux qui n'ont pas appréciés le film sont donc tombés dans le panneau en ne voyant que les aspects négatifs alors qu'Allen dont la mise en scène est d'une grande transparence, les incluait déjà dans le menu).


Ainsi, Le rêve de Cassandre laisse la voie au spectateur de suivre soit l'avis de Ian (la fatalité et le fait d'avancer en considérant que l'acte en question servait finalement leurs projets, leur a permis d'avancer, de rebondir), soit celui de Terry, plus proche de la morale judéo-chrétienne et des questionnements encourus (la question du bien et du mal, le ressacement, la recherche du pardon, de la purge, les conséquences encourues, la pitié/le don de soi envers ses proches --Terry évoquant l'acte qu'ils vont faire dit à son frère dans la voiture, d'attendre que leur victime voit une dernière fois sa mère au grand dam de Ian qui considère que celà leur fait perdre du temps) et d' ensuite se poser ses propres questions.


En cela, le film garde une grande trace de sincérité tant dans les actes que les conséquences : pas d'esbrouffe, le fait de tuer est difficile, la conscience rôde. La scène où Ian et Terry attendent toute la nuit chez leur victime mais qu'aucune occasion ne se présente m'est apparue franchement excellente : Allen ne va pas à l'essentiel comme certains films nous le montrerait, il montre les détails de la machinerie et ce qui peut se passer vraiment dans la réalité à l'instar d'un Bresson ou d'un Antonioni en montrant les temps morts qui peuvent servir habilement sa narration (Antonioni dans profession reporter n'hésitait pas a laisser la scène où Nicholson traîne le corps de son double mort dans sa chambre d'hotel au début du film (au lieu de faire comme beaucoup de films hollywoodiens et éluder le problème), rien n'est coupé, tout est laissé). La scène de "poursuite" précédant le meurtre est un autre moment fort habilement géré car le new-yorkais fait durer la poursuite, donnant à ses personnages de plus en plus le risque de se faire repérer, en témoigne cette passante qui l'espace de quelques secondes suit la victime et disparait du plan aussi mystérieusement qu'elle était apparue ou le fait que la victime en question se retourne d'un coup et que là où l'on s'attendait à voir nos deux apprentis meurtriers, on voit en fait un couple qui apparaît nonchalament.


Jeu avec le spectateur comme avec ses personnages, Le rêve de Cassandre n'est que celà comme pouvait l'être Match Point. Un jeu démoniaque dont l'unique issue est la chute et qui, de ce fait, n'en apparait que plus fascinante. Match Point posait les enjeux : plutôt que de choisir un camp ou l'autre (le bien et le mal, le gentil ou le méchant), Woody choisissait l'entre-deux. Le rêve de Cassandre prolonge l'itinéraire : la balle n'a même pas touchée le filet, le temps ne s'arrête pas a cet instant, la balle a tout simplement été envoyée ailleurs, hors-champ, comme ce meurtre dont les coups "de feu" reviendront hanter un Farrell jusque dans ses nuits. Et en parlant de hasard, que dire de cette séquence où les frères voient leur victime au bar ? Pur rebondissement, inattendu mais là aussi peut-être, une autre balle (ou bague) de match, non ?

Bref, film tout simplement magistral et très intelligent.

ilikeitplz <-- ce smiley pourrait faire office de système de "notation" mais ça fait sans doute un peu "petit bonhomme Télérama" non ?

Posté par Nio Lynes à 16:52 - Le New-Yorkais à lunettes - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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lundi 20 juillet 2009

200 !!!

A télécharger et écouter en lisant : "See you space cowboy" de Yoko Kanno en mp3.

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daftfeu
(Electroma © Daft Punk)

200e message.
Comme le tampax vite (haha. Passons).
C'est l'occasion de dresser un petit bilan du blog et de ses habitués...

Depuis sa création le 5 juin 2006 (premières chroniques : Easy Rider, Donnie Darko, Millenium actress, le coffret Alien, les chiens de paille), ce blog a totalisé 200 messages en 3 ans d'où une moyenne d'environ 67 (j'ai arrondi) posts par an. Cela montre donc qu'en gros, je glande pas mal les 298 jours restant de l'année (sur une année de 365 jours mettons). Si il y a bien un mot qui me qualifie, ce serait sans doute paresse. Je n'ai pas le rythme (stakhanoviste ?) d'une Dasola (dont j'admire la régularité quotidienne) par exemple, et je le regrette. Ce n'est pas la passion qui manque pourtant et chaque année apporte son lot de découvertes malgré évidemment un bon nombre de chros manquantes (le dernier Star trek, le nouveau OSS, Pour Elle, du Woody Allen, Coraline, Truffaut et j'en passe).

  • 2006/2007 : Approfondissement de ma passion pour Mann, Miyazaki et le cinéma russe.
  • 2007/2008 : Découverte du cinéma d'Antonioni (heuresement quelques mois avant sa disparition --3 chros sur le blog) et de Bergman (à sa disparition par contre, 3 chros), Resnais et Woody Allen dominent (pas loin de 8 chros sur le blog).
  • 2008/2009 : Découverte plus poussée du cinéma de Truffaut (je n'avais vu que les 400 coups en 2006, il m'a fallu 2 ans pour y revenir lentement et sûrement et en faire un de mes cinéastes préférés dorénavant). Je découvre Bresson (3 chros sur le blog) avec la moitié de sa filmographie (ah oui, quand je m'y met, je plaisante pas), je termine de voir Terrence Malick (il ne me manquait plus que Badlands et Les moissons du ciel à voir) et je commence Bunuel.

Je me suis longuement interrogé si il fallait classer en réalisateurs les chroniques, un peu comme chez Shangols mais finalement non. Je garde mon système de catégories bizarre, ça fait ludique pour le nouveau venu, les anciens lecteurs eux n'y perdent pas grand chose. Bref, tout le monde est content. :)
Par contre depuis une dizaine de messages, on a pu remarquer des tags (une volonté de classifier quand même un peu) selon le réalisateur, le genre ou le sujet et la sensibilité que celà pouvait donner. A l'avenir, j'éditerais aussi les anciens messages.

Pour ce qui est des commentaires et de mes chers lecteurs (vous !), allons y gaiement.

En ces 3 ans, 38 personnes aussi variées que possible m'ont laissés des commentaires (377 au total), des lecteurs occasionnels, comme des touristes de passage (merci Google. Mais j'apprécie qu'on vienne me laisser un petit commentaire si on tombe ici par hasard, ça réchauffe le moral), comme des fidèles (merci beaucoup à vous).

Dans les bloggueurs les plus actifs, se dégage 5 personnalités dont 2 qui ne passent plus par ici (mais qui sont toujours les bienvenus), hélas :

  • Patchworkman délivre plus de 72 commentaires. Je ne m'y attendais pas, je suis complètement sidéré.
  • Le Shaman ensuite avec plus de 64 commentaires...
  • ...suivi par son collègue et pote Kitano Jackson avec 39 commentaires.
  • Dasola totalise 35 commentaires sur mon blog...
  • ...tout comme Sonador alias Chris, 35 commentaires aussi.

Puis on trouve pas loin derrière, Benoît l'acharné ouvert à tout qui a eu le courage d'essayer du Bresson (et n'aime pas trop, snif --persévère, bon sang :-) ) et adore Tarkovski (copain ! Dans mes bras !) avec 29 commentaires. Rom, l'androïde qui écoute Yoko Kanno en boucle avec l'écran ouvert sur HBO a 13 commentaires tandis que le fidèle Alsacien au masque de Dark Vador amoureux transi de P.J.Harvey, Paul en a 12. Eelsoliver qu'on a connu plus dynamique (hu hu), 11 et la comtesse, 8.

Et après, c'est le mouchoir de poche... J'ai été surpris de voir des gens de chez DVDClassik laisser parfois un message comme les forumeurs Bad Taste, Fripouille et Mannhunter alias Manny, mais aussi des potos bloggueurs (ou pas) comme Shushu, mademoiselle Wing ou Edou (4 commentaires chacun), Jesus Gris (de chez Mad Movies !), voire des gens venus d'ailleurs comme Jade ou Ta d loi du ciné.

Et à tous, je dis Merci !

Merci de continuer à suivre le blog d'une grosse larve paresseuse passionnée de Cinoche. iloveitmoreplz


Et comme on dit dans ces cas là :

bebopend

jeudi 2 juillet 2009

Cowboy Bebop again.

watanabenico

Non rien, juste pour dire que j'étais content d'avoir eu une super dédicace hier... 6f428754

Maintenant je peux me rendormir dans les limbes du wouaib....

*m'enfin je ne pars pas loin non plus puisque le prochain message réserve une petite surprise...*

Posté par Nio Lynes à 15:01 - Animation - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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