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De son enfance jusqu'à la fin de sa vie, l'histoire de Wyatt Earp en passant par sa relation à son père qui lui apprit le sens de la famille et de la loi, sa fascination pour les armes à feu, sa première épouse, le règlement de comptes à O.K. Corral mais aussi ce qu'il put y avoir après...

 

Quand le touche à tout Lawrence Kasdan décide de s'attaquer sérieusement au mythe du légendaire Wyatt Earp, nul doute qu'il sait qu'il fut précédé par de nombreux réalisateurs et non des moindres, notamment John Sturges (Règlements de comptes à O.K. Corral en 1957) ou John Ford (My Darling Clementine en 1946) et que le genre du western s'est profondément renouvelé de lui-même, évoluant jusqu'à devenir des plus crépusculaires. C'est donc avec un grand respect du genre (d'autant que ce n'est pas son premier western  --Silverado en 1995) que le réalisateur et producteur s'attache à travailler la figure du pistoléro comme les cadres et paysages de l'Ouest dont la beauté chatoyante de certaines scènes fait d'office penser à des tableaux.

 

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Sur ce point, Kasdan avec une mise en scène classique mais travaillée emporte clairement la mise (le tout soutenu par une belle musique de James Newton Howard il faut dire) et va plus loin en se dotant d'un casting monstrueux en diable qui laisse malheureusement certaines prestations d'acteurs en retrait. Ainsi si Kevin Costner (impeccable en Wyatt Earp) et Dennis Quaid (tout simplement fantastique en Doc Holliday, et ce même si j'adore aussi la prestation de Victor Mature dans le classique de Ford) emportent le film (toutes les apparitions de Quaid --et cet accent et cette démarche souffrante qu'on sent très travaillée-- sont attendues d'ailleurs avec joie), il n'en est pas de même des seconds rôles un peu en retrait comme Michael Madsen, Gene Hackman, Jeff Fahey, Bill Pullman, Isabella Rossellini ou Tom Sizemore. Oui, le casting laisse songeur. On croise même en seconds rôles, Tea Leoni (madame Duchovni ici dans le role d'une prostituée) et James Caviezel. Certains beaux visages laissent à penser que des acteurs auraient pu émerger depuis 1994 mais il n'en est rien hélas. Dans le rôle d'une jeune actrice itinérante de théâtre qui finira par croiser le chemin d'Earp, notons Joanna Going, merveilleuse de grâce, de beauté, sensibilité et finesse qui se place parmi les rares personnages féminins du film à offrir une prestation sensiblement aussi forte que celles de Costner et Quaid.

 

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C'est vrai qu'elle est fort jolie.

 

Joanna joue dans le nouveau film de Terrence Malick, Tree of life. Espérons que ce second rôle (la femme de Jack) lui offrira bien plus de reconnaissance. Elle le mérite.

Et revenons à notre film.

Malheuresement, il ne suffit pas d'offrir une reconstitution tant de l'Ouest que de la vie d'un personnage avec un casting fort pour livrer un grand film. Le problème de "Wyatt Earp" est de vouloir trop en faire en proposant trop de personnages, trop de fait, trop de moments intimes au profit de rares moments d'action (et l'on sait que l'Amérique de cette époque ne faisait pas de cadeaux). En soi, ce n'est pas rédhibitoire mais l'on a bien du mal à s'attacher aux personnages. Il manque quelque chose. Un grain de chaleur humaine ou d'empathie qui fait clairement défaut au film. Dès lors, l'on se réjouit des apparitions de Doc Holliday puisqu'il est l'unique rouage de cette grande fresque (3h20 de film) à appeler un peu de folie. Un décalage bienvenue au milieu de personnages un peu trop convenus.

 

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Heuresement le personnage de Earp évolue lui aussi au fil du film. Si pendant la première heure, on peut craindre un western des plus basiques et consensuel (il faut hélas en passer par cette première heure un peu ronflante), la suite devient un peu plus intéressante : Face aux épreuves de la vie, le personnage devient plus froid et ambigü, jusqu'a un certain extrêmisme qui lui fait passer ses frères et les opportunités monétaires avant tout le reste. Finalement, il faut l'apparition de Josie (Joanna Going) pour que lentement, Wyatt Earp comprenne qu'il s'est embourbé et commence à redonner un sens à sa vie.

Finalement, le film de Kasdan s'avère un western agréable que l'on suit à la fois avec un peu d'ennui et un peu d'amusement. C'est un beau film avec une certaine maîtrise (les gunfights sont bien) on ne peut le nier, mais à force de trop vouloir en dire, il y a d'indéniables longueurs. Celà aurait pu être un grand film, c'est juste un bon film et c'est un peu dommage.