ffbackground

 

Ce soir promet d'être mémorable à Alexandria : Une troupe de théâtre volante projette en effet de donner la représentation d'une nouvelle pièce pour l'anniversaire de Grenat, la fille de la reine Branet. La pièce n'est en fait qu'un leurre puisque le véritable objectif est de kidnapper Grenat en cachette. Ce que Djidane et ses camarades n'avaient pas prévus, c'est que Grenat se livrerait d'elle-même. En effet, celle-ci désire prévenir son oncle, le roi Cid, dans le royaume voisin de Lindblum, des terribles desseins de sa mère. Soudain, les choses tournent à l'imprévu et la reine, découvrant le complot et prise d'un accès de colère décide de tirer à boulets ouverts sur le vaisseau qui s'enfuit pour s'écraser dans une sombre forêt perdue...

 

J'aime bien prendre le contrepied de ce qu'on pourrait attendre ou imaginer de moi. Là par exemple, on aurait pu croire que j'aurais fait une chronique cinéma, que j'aurais parlé de certains films vus récemment comme le Fantastic mister Fox (et c'est vrai qu'il est fantastique ce satané bougre de Renard), des Scorcese, du Polanski (Dasola et Romain en parleront nettement mieux que moi même si j'ai beaucoup aimé), du Faith Akin et que sais-je (Friedkin ?) mais pour plusieurs raisons, ce n'est pas, ou plus dans mes prérogatives actuelles. I'm not in the mood sans doute (J'me sens toujours bizarre quand je me prend un an de plus). Le fait que je doive composer avec quelque chose qui remplace mon cher Photoshop (pas réussi à réinstaller CS 2, Raaaaaah !) ne m'arrange pas vraiment des masses même si pour l'instant on s'en contentera. Mais... Mais vous ne perdez pas grand chose au change.

Parce que Final Fantasy IX est une petite merveille bien trop souvent éclipsée par ses aînés ou les Final Fantasy actuels.

 

00083

Grenat.

00182

Les cinématiques en images de synthèse n'ont pas spécialement pris une ride.

 

Je vois bien trop souvent des sites ou forums ou des milliers de joueurs éplorés semblent en être resté à Final Fantasy VII, premier volet transposé sur playstation 1 (1997 déjà), console à laquelle Square-Enix (Squaresoft à l'époque, qui n'avait pas encore fusionné avec le studio Enix) a depuis juré sa fidélité. Les autres Final Fantasy étaient en effet sur Super Nintendo alors, et uniquement disponibles au Japon. En un sens, le 7e volet de cette saga, livré cette fois internationalement a causé un choc aux joueurs occidentaux --pas tous non plus, des petits malins jouaient déjà aux jeux japonais. Mais, comme pour un ancien amour perdu, j'ai envie de dire aux joueurs (pas tous non plus hein) qu'il faut aller de l'avant. On ne peut pas toujours se référer à un épisode d'une saga qui a toujours continué sur sa lancée, qu'elle soit évidemment commerciale ou artistique (ou les deux dans le cas de Square). Et de même que Final Fantasy VIII  avait eu son lot de griefs en son temps ("c'est quoi cette histoire d'amour ?" blabla, et j'en passe des vertes et des immatures), Final Fantasy IX n'avait pas été épargné et reste d'ailleurs encore un épisode à part aujourd'hui.

 

00055

00065

 

Il est vrai que face aux histoires mâtinées de background science-fiction, de personnages typés réalistes avec des environnements assez proches de nous, Final Fantasy IX est plus que "spécial". D'abord, il revient à un univers de pure héroïc-fantasy (mais sans le décorum troll, elfs et autres bestioles féeriques dont Tolkien et ses suiveurs nous râbachent les oreilles depuis près de 3 décennies --je précise que je ne mange pas d'oreilles d'elfes à la sauce madère avant 16h pour mon goûter. Il n'y a que les orcs pour apprécier ce genre de plat pourtant hautement succulent. Oops j'ai vendu la mèche) en ce sens qu'il baigne dans le merveilleux. Personnages stylisés sur de petits corps mais de grosses têtes avec un bestiaire qui nous fait côtoyer toutes sortes de créatures diverses (quand je vois le petit Bibi, je pense à du Walt Disney), villages moyen-âgeux (avec néanmoins toutefois des vaisseaux à hélices qui volent ou des espèces de petits dirigeables ailés), nobles, reines, rois, magiciens... Une sorte de retour aux sources qui à dû en dérouter pas mal en 2001 lors de sa sortie je suppose.

 

ffalex

Dans les rues d'Alexandria...

ffalex2

... Avec son petit cortège de nobles et de touristes.

 

Mais il faut voir au délà des apparences et comme Alice (ou Andréï), il nous faut traverser le miroir. Le jeu en plus d'être parfaitement enchanteur est quand même doté d'un scénario, certes basique, mais qui va se décanter progressivement en quelque chose de plus sombre et mélancolique au fil du temps. Enchanteur par ses décors, son ambiance et sa musique. Qui, en parcourant les cités d'Alexandria ou Lindblum n'a pas eu l'impression de se retrouver dans un... Terry Pratchett ? C'est flagrant mais la fantaisie des personnages (à qui les passants et habitants de la ville racontent leurs petites misères --détail qui me fait toujours sourire) rejoint typiquement une certaine forme d'humour et malice bien anglaise qu'on retrouve dans les écrits de l'humoriste et parodiste qu'est Pratchett. Et les images des décors devraient vous convaincre un peu puisque pour un peu, on se croirait comme sur le Disque-Monde, baigné dans les couvertures illustrées par Josh Kirby. Et quand on est pas chez Pratchett, on croirait distinguer des peintures de poésie pure.

 

fif9ps005

fif9ps083

 

On a constamment l'impression de contempler des miniatures de siècles passés. Du bel ouvrage dont on regarde souvent les détails avec appréhension tant l'oeuvre au final semble fragile. La musique participe de celà et livre des morceaux chaleureux (ce que ne permettait pas le son froid des précédents Final Fantasy). C'est le dernier Final Fantasy où le compositeur Nobuo Uematsu est au commandes de la musique, seul et maître puisque par la suite, il se retirera lentement. Mais ici, le bonhomme nous gratifie de compositions sublimes, sans doute les plus belles de sa carrière, en forme de feu de dieu. Et évidemment l'ambiance, renforcée tant par les décors que la musique. On se perd dans les détails. Il y a bien du pixel qui apparaît et sans doute plus encore aujourd'hui que par le passé mais ce n'est qu'un détail.

Alors ? Final Fantasy IX, jeu presque parfait ? En fait non. Il va sans dire que le jeu parfait n'existe pas et qu'on trouvera toujours à en redire sur la forme (surtout nous, les français, éternels râleurs devant l'éternel). En l'état, je déplore ce qui est une constante des jeux de rôles japonais : les éternels combats tous les mètres parcourus. Sur certains jeux, c'est particulièrement pénible mais j'ose penser que c'est parfois un mal nécessaire, même si... pénible. Du coup, arrivés dans une auberge quelconque (ou à proximité des mogs, ces petits diablotins blancs), on se dépêche de sauvegarder tout de suite et on souffle un bon coup.

Et on repart, bien décidés à aller jusqu'au bout de cet excellent jeu, émerveillés, enchantés que nous sommes.

cd1_20

cd3_02