Avant d'enchaîner avec le gros d'une rétrospective consacrée à un cinéaste (comme l'an dernier où je m'étais gavé de Fellini, rappelez-vous), je livre une poignée de nouvelles petites chroniques rapides. Films en salle ou en dvd, films pour tous au gré des envies... humsif

 

 


 

 

sanslaisserposter Sans laisser de traces dispose d'une magnifique affiche qui ferait, à coup sûr une magnifique jaquette de DVD et Blu-Ray. Malheuresement l'affiche est un leurre. Un beau leurre certes (on dispose d'excellents graphistes en France quand même. Regardez le magnifique travail effectué pour les non moins sublimes dvd de chez Carlotta !), mais un leurre quand même et seul Benoît Magimel tire son épingle du jeu (avec un rôle pas très évident il est vrai). Julie Gayet est bien aussi. Le reste des personnages sont plus que convenus, à l'image du scénario. De bonnes idées (dont une séquence de rêve avec "arrachage de dents" qui semblerait sortie d'un Polanski --l'épisode de la dent trouvée dans Le Locataire-- voire d'un Argento), quelques beaux plans mais sinon... Léa Seydoux est creuse (dommage), quand à François-Xavier Demaison, en tant "qu'ami" plus boulet et pathétique qu'autre chose, on a vite fait de souhaiter qu'il se fasse écraser par un camion ou autre. Le film se suit mollement jusqu'a la fin, où, bercés d'ennuis, on en convient comme Dasola dans sa chronique qu'il finira par disparaître sans laisser de traces. Bref, ennuyeux au possible.

 

 


 

 

arnaposter Voilà par contre un film doté d'une affiche normale, sobre, presque discrète et qui se révèle en toute modestie une agréable comédie. Voire même un très bon petit film par ces temps de disettes de comédies françaises potables. Je n'attendais rien de L'arnacoeur mais après un passage de Duris et Paradis dans une émission à la téloche (les rares, trèèèès rares fois où je regarde la téloche), j'ai été plus que surpris. D'abord parce que l'histoire tient la route. Ensuite, et c'est le plus important (et ce que déplore dans nombre de films français actuels), il y a un vrai respect du spectateur. Vous savez, ce contrat inconscient qui existe entre le pur film de divertissement (j'ai dit divertissement, pas film d'auteur attention) qui vous prend par la main en vous susurrant à l'oreille que vous êtes entre de bonnes mains. Et bien voilà, c'est ça l'Arnacoeur. Saupoudrez le tout de comédiens compétents et parfaitement en phase avec une histoire aux petits oignons qui sait lorgner vers la comédie américaine (la vraie, celle de Wilder et Lubitsch avec ses quiproquos et ses gags en tous genres, pas la nouvelle comédie américaine qui depuis une décennie confond lourdeur et gras avec humour, ahem) tout en s'en démarquant dans un style plus "héxagonal" et vous obtenez une belle réussite. Dasola en parle une fois encore avec beaucoup de bien et c'est mérité.

 

 


 

sabburn Evidemment, j'adore Hepburn (Audrey), évidemment j'adore Wilder. Alors, vous pensez bien qu'il y a des films que je ne me lasse pas de voir et revoir. Sabrina (1954) est de ceux-ci. Tout comme Charade (1964) de Stanley Donen que je me revoyais le même mois. Entre les deux, une décennie et une actrice qui imperceptiblement ne semble pas vieillir. Et pourtant quand on la retrouvera dans les années 70 et 80 à l'occasion de rares petits films (dont néanmoins un tendre duo avec Sean Connery dans La rose et la flèche (Robin and Marian) en 1976), on accusera le coup au vu de la rareté dont elle fera preuve, avalant les rares choses qu'elle nous laisse avec un simili-bonheur. Sabrina comme Charade ne sont pas des chefs d'oeuvre évidemment mais des films qu'au même titre que ceux de Woody Allen que je me revois avec beaucoup de plaisir, que je chéris avec plaisir et tendresse. Sabrina s'inscrit dans la lignée des comédies américaines de remariage avec moults quiproquos en tous genres. C'est une relecture évidente du conte de fée qui déboucha pourtant dans la réalité sur une courte liaison entre la belle Audrey et l'homme classieux qu'est William Holden. Un remake en a été tiré avec Harrisson Ford dans les années 80 mais je n'ai pas vraiment envie de le voir en dépit de l'affection que je voue à Ford. Charade est un hommage évident (avec beaucoup d'humour) aux films de Hitchcock. Donen en profite même pour faire un générique très "Saul Bass" et prolonge le clin d'oeil en donnant rien moins que Cary Grant comme partenaire de la belle Audrey. Là encore, pas un chef d'oeuvre mais un très bon moment. Diable, que je perds toute objectivité quand il s'agit d'Audrey ! Je ferais mieux de me trouver une copine... 

 

 


 

 

foxi2 Ohhhh les belles petites peluches faites maison par votre grand-mère suédoise de passage chez vous. Que nenni mes amis, il s'agit des "marionnettes" de Wes Anderson pour son adaptation de Fantastic Mister Fox d'après le livre du non moins "fantastic" Roald Dahl. Du second, je ne vous embêterais guère avec ses oeuvres, constamment adaptées en films de nos jours (Charlie et la chocolaterie, Mathilda, Les sorcières...), toujours un bonheur à lire pour les enfants et les adultes (qui ont gardés une âme d'enfant). Je rêve d'une adaptation en film de son "doigt magique", nouvelle fantastique qui m'avait transporté quand je n'étais haut que de trois pommes (ou presque. Pensons à des pommes mutantes alors). Du premier, évoquons ce film. Je ne découvre que depuis peu le cinéma tragi-comique d'Anderson après un Darjeeling limited de bonne facture mais pour lequel je ne me serais néanmoins pas levé la nuit pour y allumer un cierge. Au contraire de ce film rempli de bonne humeur comme pas deux, d'un dynamisme et d'une pêche sans faille et d'une animation rusée et maîtrisée de bout en bout qui n'a nullement à rougir face aux productions Aardman en ce domaine (les créateurs de Wallace et Gromit). On ajoute la bande-son, indie au possible, propre à Anderson qui vient compléter la bonne humeur de l'ensemble et l'on obtient une énorme bouffée d'air frais qui fait du bien par là où elle passe. Là par contre, il est fort possible que je me jette sur le DVD à sa sortie chez nous.

 

 


 

 

tempetes_boulettes_geantes_hd_L_1 Encore de l'animation... Mais en 3D cette fois. Et avec son titre bizarre au possible, Tempête de boulettes géantes ne laissera personne indifférent. Pour l'histoire : Flint Lockwood est le prototype même du génie incompris. Ou de l'inventeur passablement raté vu que ces inventions explosent constamment en catastrophes qui le ramènent constamment au ban de la société. Mais cette fois, ça pourrait marcher : cette fois, Flint crée une machine qui pourrait résoudre les problèmes de nourriture autant dans sa petite ville qui ne vit que de la pêche à la sardine que dans le reste du monde. Et cette fois, ça marche.

Et ça marche même un peu trop bien même...

 

Un film que je n'attendais pas non plus. Regardé au cours d'une soirée entre potes (coucou les gens, bisous !), j'en avais entendu beaucoup de bien et il s'avéra que c'était effectivement une belle petite surprise. Le genre de petit film qu'on est content de déterrer et de garder pour soi. Pour faire court et rester dans le ton de ces mini-chroniques, j'ai adoré. Parce que c'est mené tambour battant et que jamais, je dis bien jamais, je sais que Petit-Pied dans le petit dinosaure dit bien qu'il faut jamais dire jamais, à moins que ce soit Fievel, chais plus... Bref, jamais il n'y a de temps morts ou de longueurs. Mieux, "les à-côtés du film"  sont constamment à mourir de rire (la télé sur pattes, les rats-oiseaux...) et le délire ambiant emporte constamment le spectateur au détour de scènes parfois absurdes (le château de flan ! :shock: ) comme purement rythmées (la barrage de restes qui se craquelle...). Sans oublier tous les petits détails inventifs (les navires en pain qui utilisent des tranches de gruyère fin pour les voiles, le générique en 2D, très Pixar dans l'idée --alors que le film provient de Sony !), un casting énormissime (Bruce Campbell en maire !!!),  une bonne humeur et de petits moments d'émotions (tous les passages père/fils) bienvenus.

Et enfin une VO sous-titrée qui en profite pour livrer des jeux de mots élégamment pourris à base de poisson (si, si). 742621

 

Vous l'aurez compris, ce petit film est l'un de mes gros coups de coeur du mois.