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Un ignoble (et assez terrifiant) dragon terrorise la région. Pour "limiter les dégâts", le roi passe un pacte avec l'ignoble créature en lui sacrifiant quotidiennement une vierge comme repas. La jeune fille est alors sélectionnée au cours d'une loterie où bien évidemment les familles nobles et les nantis sont exclus. Une troupe de paysans parcourt alors le pays à la recherche d'un magicien assez puissant pour les débarrasser du monstre. Contre toute attente, ce sera pourtant le jeune Galen, apprenti et aide du sorcier Ulrich qui ira affronter la bête féroce...

 

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"Oh oui, tu auras peur." (© Yoda)

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Là oui normalement, tu devrais déjà avoir pris tes jambes à ton cou.

 

Ahhhh, période bénie des 70's et 80's où Disney en perte de vitesse se met alors à adopter un ton plus dur et choisir des films plus complexes, plus adultes, plus violents. Cela se vérifie autant dans les long-métrages dit "live" que les films d'animation. Le trou noir en 1979 (une tentative de concurrencer et 2001 et Alien en SF), Les yeux de la forêt en 1980, Tron en 1982 (film d'autant plus culte que le second volet sortira enfin, fin 2010), Taram et le chaudron magique en 1985 (l'unique fois où on voit des morts-vivants dans un Disney, youpiiii), Basil Détective privé en 1986 (on pourrait croire que c'est mignon mais quand une souris se fait bouffer vraiment par le chat, on se demande si c'est pour les enfants), Benji la malice en 1987 (il n'y a sans doute que moi pour connaître ce film j'en ai peur. Magnifique histoire avec un chien qui va élever des bébés puma en pleine nature)...

Le Dragon du lac de feu (Dragonslayer, l'antre du dragon en V.O) en 1981 est le fruit de la réunion de quelques talents bien décidés à livrer un film de dragon réaliste, avec toute la violence que cela suppose (à tel point qu' horrifié Disney finit par demander à la Paramount de coproduire). Et le film de ce point là ne s'en prive pas, c'est assez dingue : vierge et prêtre (coucou Ian McDiarmid qui jouera quelques années plus tard l'Empereur du retour du jedi) carbonisés (avec même un gros plan sur le corps, histoire de choquer), critique de la religion (encore naissante ici, on navigue entre paganisme et début de la chrétienté) qui laisse ces fidèles se faire embrigader, corps mutilés (avec gros plan visible)...

 

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Les plans de nature sont soignés en tout cas.

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Non vraiment, c'est beau.

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C'est même très beau.

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Et le tout sans image de synthèse !

 

Au script comme à la réalisation, Matthew Robbins qui avait déjà écrit le scénario du Sugarland Express de Steven Spielberg, livrera plus tard Miracle sur la 8e rue (scénario et réalisation -- j'aimerais bien me le revoir celui-ci, ça fait tellement longtemps) et encore plus tard le scénario de Mimic de Guillermo Del Toro. Pour l'animation du dragon, très réaliste (et l'on ne fait apparaître la bête que sur le tard, histoire de la rendre le plus crédible), c'est le magicien Phil Tippett (Chéri j'ai rétréci les gosses et son scorpion et sa fourmi, c'est lui. Les saloperies d'extraterrestres de Starship Troopers c'est encore lui). A la musique, le grand Alex North qui livre une partition éprouvante en diable. Enfin, le directeur de la photo n'est autre que le trop rare Derek Vanlint, le directeur de la photo d'Alien de Ridley Scott.

 

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Aussi beau que du Excalibur de John Boorman.

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So romantique.

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So Friedriech.

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So... euh... England.

 

Mais alors, pourquoi ce film n'est-il pas plus connu, autrement qu'être l'un des rares Disney, sinon l'unique à avoir été interdit aux moins de 12 ans ? Sans doute parce que les personnages ont peu de charisme et ne sont pas si développés que ça ? Sans doute (avec aussi la violence peu habituelle aux productions Disney). Cela et le fait que tout est fait pour que ce soit le dragon le vrai personnage du film. Et on marche. On court même. Un charme incroyable et une tension achèvent de bonnifier le film et lorsqu'on arrive à la fin, on se demande si on se le reverrait pas volontiers quelques mois plus tard. Un incroyable film de fantasy à réhabiliter au plus vite qui n'a pas vraiment pris une ride (bon, deux-trois scènes peut-être mais franchement, le reste touche à la perfection technique).

Et puis maintenant on le trouve en dvd Disney (ils doivent croire que ça ne fait plus peur aux mioches face aux films actuels, huhu. Ils se mettent sacrément le doigt dans l'oeil). Chouette, joie, bonheur, noël.

 

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Et à lire ici, une chronique qui en rajoute en superlatifs qui font plaisir.