Nous revoilà avec notre titre bien pompeux pour la suite !

 

C'est donc tout fringuant avec mon t-shirt customisé que j'allais à la Nuit rétro-gaming, soirée consacrée aux jeux vidéos et au cinéma, soit donc pour simplifier (parce que nous avons eu pas mal de bandes annonces de jeux vidéos ou courts-métrages de JV que l'on peut aussi voir sur Youtube au passage), aux adaptations de jeux vidéos en film. Une grande soirée de trois films avec croissants et chocolats chaud/café offert aux survivants dans le petit matin, un peu comme ce que le cinéma Le champo à Paris fait de temps en temps pour ces soirées frères Coen ou Tim Burton (on voit l'habitué).

 

 

Bon cette vidéo on l'a pas vue à la soirée mais je trouve ça über classe. Du pixel humain. Sont forts ces Ukrainiens.

 

Premier film à ouvrir les hostilités, SUPER MARIO BROS.

 

supermariobros2

 

Oui, il y eut un film adapté du jeu Super Mario en 1993 (tiens, la même année que Jurassic Parc. Devinez qui l'Histoire a retenu ?), ce que de nombreux gamers préfèrent oublier généralement. Et c'est compréhensible étant donné que les scénaristes sur le projet avouèrent par ailleurs n'avoir jamais joué aux jeux vidéos (Gasp ! C'est comme essayer d'adapter un livre en film juste en se basant sur les ouï-dires de votre voisin de classe !). Face à une telle oeuvre qui dépasse les tréfonds de la série B pour s'échouer sur les rives du nanar, il faut rester stoïque et prendre le film comme ce qu'il est (peut être ?) : une bonne pochade rigolote à voir entre potes. Plus sérieusement, il y avait une bonne idée de départ pour tenter de donner vie au monde du petit plombier face à son ennemi, l'ignoble reptile nommé Koopa (Bowser, non ? Ce doit être la traduction... --dans le film, c'est Dennis Hooper qui le joue avec un sérieux inflexible. Eh oui, même si on vient payer ses impôts, on le fait en vrai professionnel. Dennis aura su rester cool jusqu'au bout, ce film en est une nouvelle preuve) : créer un monde alternatif et parallèle où en fait la fameuse météorite qui aurait dû éteindre toute l'espèce dinosaurienne a juste crée un monde parallèle où les sauriens ont aussi pu évoluer et prendre une apparence humanoïde. Juste une apparence. Les meilleurs moments sont sans doute ceux où celle-ci réapparaît fugacement (les yeux de Koopa, la langue qui sort, la froideur calculée des personnages).

 

supermariomieux

Je ne sais pas non plus si Mario en comics ça aurait eu de la gueule franchement.

 

Le plus surprenant du film (comprendre ce qu'on peut en sauver), ce sont d'une part les effets spéciaux, d'autre part son casting... féminin (j'y viens). Les effets spéciaux n'ont pas si vieillis que ça au fond. Les rares images de synthèses côtoie des animatronics et maquillages qui restent assez crédibles. Le petit Yoshi animé comme une marionnette n'a rien à envier aux raptors de Jurassic Parc (si, sa taille, mais c'est qu'un détail). Le champignon géant et son côté crado-organique-on-aime-David-Cronenberg fait son petit effet. Le morphing est rigolo vu qu'il en devient presqu'un gag (la création d'un goomba) ou un moyen narratif qui choque bien moins que l'usage unique qu'on peut en faire là où il n'aurait pas spécialement sa place car pas dans le contexte primordial du film. Dans Il faut sauver le soldat Ryan (qui est un film de guerre sérieux normalement), ça m'a toujours choqué. Sans doute l'unique faute de goût du Spielberg pour moi mais quand même, d'autant plus que ça vient après une séquence émouvante à souhait. Le procédé est donc pour moi complètement déplacé...

 

moviedaisy

Princesse Daisy dans le film. Moi, direct, je me prosterne à ses pieds (je peux avoir un bisou ?).

 

Et puis, toujours dans une tentative de sauver les meubles, le casting étonnamment riche en femmes. C'est sans doute le deuxième effet spécial du film dans une oeuvre complètement ratée destinée aux enfants. On trouvera donc une blonde héroïne censée représenter la jeunesse américaine (Daisy jouée par la délicieuse Samantha Mathis qui n'a semble-t-il aucunement conscience qu'elle plombe d'un coup sa carrière, c'est rigolo), une méchante lézarde sorcière à la Cruella d'enfer qui arbore même un look à la fiancée de Frankenstein, Lena, la compagne de Koopa/Bowser. Même que Mario a une petite amie nommée Daniela (Dana Kaminski), censée représenter l'américaine blanche qui entre dans la quarantaine et qui n'est pas mal non plus. Et puis vu que c'était déjà n'importe quoi depuis le début et quitte à complètement finir le film à la scie à métaux dans la joie et la bonne humeur, on trouvera aussi des nonnes, une black obèse montée sur méga-boots à ressorts, des bobombes (et le pied-pied à ton cucul tu l'a vu aussi ?), des singes, des hot-dogs au lézard, une mamie vicelarde, du sable, des poubelles etc etc...

 

Echelle de Nanarditude : Nanar rigolard. Recommendé entre amis. Laisser son cerveau au vestiaire, merci.

A noter une chronique fabuleuse ici.

 

 

 

Par contre, cette vidéo, on l'a eu. Un classique dorénavant.

 

Passons au second film de la soirée, il doit être dans les 3h du matin mais les vaillants nemrods que nous sommes tenons tant bien que mal.

 

Et donc c'était... STREET FIGHTER THE MOVIE.

 

Ahhh le bon gros classique encore, et entièrement dédié à Jean-Claude Van Damme.

 

streetfightereuh

 

Dans ce film bourré une fois de plus d'une subtilité fabuleuse, Jean-Claude est le colonel Guile, audacieux scout... euh, soldat de l'ONU chargé de mettre fin aux méfaits de l'ignoble dictateur mégalomane Bison (Raul Julia qui en fait des tonnes pour nous faire rire et il a bien raison). Bon, tout aussi barré que Super Mario Bros mais sans doute un poil plus classieux (y'a de la baston et ça rend bien. Oui, je sais, je suis faible, ma testostérone parle pour moi), c'est surtout une bonne occasion de retrouver un peu tous les personnages des jeux vidéos qu'on adore. A propos, saviez vous que la petite militaire et adjointe de Guile est jouée par Kylie Minogue ? Meuh si.

 

bog_cammy_450x360

A gauche, l'actrice en Cammy. A droite l'originale du jeu.

 

Curieusement ça passe bien l'écran et pourtant bien après le film je me suis imaginé une Cammy bien plus sensuelle, comme tout gamer mâle (et un brin obsédé) qui se respecte. D'autant plus que dans les cosplay, de nombreuses jeunes filles y mettent du leur pour se déguiser comme leur héroïne préférée. Certaines y arrivent très bien à mon sens (cf prochaine photo). Mais revenons au film. Bon, ben, que dire d'autre ? De la bagarre, des explosions, du Van Damme Show, de gros yeux exorbités de poisson mort pour faire comprendre que oui, on est un super méchant (Bison, quelle classe dans ce film). Et puis euh ben c'est tout, je vois pas trop... On regarde du Street Fighter hein, quelle autre justification voulez-vous ?

 

cammy3ui

Bravo jeune fan, ton déguisement est incroyablement band... réussi.

 

 

 

Tetris le film. J'ai ri.

 

Vers les 5h, nos gentils organisateurs ont eu l'incroyable idée déplacée de proposer un film largement plus sérieux aux pauvres djeunzs qui avaient largement perdu tous leurs neurones en route (j'en faisais parti). Un film moins nanar et plus sérieux à une heure pareille, bon sang, quel manque de tact. En l'occurrence, le film était l'adaptation du Yakuza de Sega (disponible sur playstation 3 pour le plus récent), simulation de Yakuza au quotidien. Une adaptation signée Takashi Miike, donc largement dans la thématique cinéma-jeux vidéos-japanime je dirais. C'était mon premier Takashi Miike et on ne peut pas dire que l'expérience fut très concluante. D'abord parce que je commençais a être fatigué, ensuite parce que les personnages m'énervaient et que par moment on ne savait plus trop si il fallait rire ou rester sérieux, parce que le méchant met 3h à mourir quasiment (ça, ça a le don de m'énerver dans un film). Bref, je ne pourrais être en mesure de parler de ce film que je ne sais pas vraiment si j'ai aimé ou pas. En fait ça m'a fait le même effet que certains Godard : vaguement sympathique mais aussi vaguement chiant. Mais bon, j'étais fatigué... Il aurait fallu nous passer ça en première partie de soirée.