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J'avais déjà laissé plané sur mon blog que même si je ne suis pas très porté sur la trilogie Matrix, j'adorais les Animatrix que je considérais respectivement comme de vrais petits bijoux. J'avais déjà évoqué l'un d'eux par ici mais suite à des commentaires avec un ignoble individu sur Facebook (qui se reconnaîtra sûrement ici), je fus pris d'une furieuse envie de les revoir, et pourquoi pas de faire (enfin) une nouvelle mise à jour sur mon blog.

Les Animatrix, ce sont 9 courts-métrage d'animation de toutes sortes (8 si l'on compte que les 2 parties de La seconde renaissance en font un seul mais bon, passons) datant de 2003, faisant pour certains, la jonction entre le premier Matrix et Matrix Reloaded. Si certaines histoires sont scénarisées par les Wachowski bros, le reste, y compris sa réalisation, est laissé à la majeure partie des différents réalisateurs. Alors, 8 ans après, que reste t-il ? Est-ce que ça vieillit bien, tel le bon vin ou le Woody Allenisme des 70's conservés dans des boîtiers DVDs en fût de chêne ? Petit tour de piste des différents courts.

 

Le dernier vol de l'Osiris.

 

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Réalisé entièrement en images de synthèses par le studio Square qui avait déjà livré le splendide Final Fantasy : les créatures de l'esprit en 2001, ma plus grosse peur concernait le fait que la technique en elle-même puisse avoir vieilli et fasse tâche, il n'en est rien. Du côté de l'histoire, il fait partie des courts scénarisés par les frangins Wachowski. Enfin plutôt frère et soeurs vu que Larry s'appelle maintenant Lana et à donc changé de sexe. Tout ça pour faire chier les critiques, j'en suis sûr, ahlàlà. Bon bref, le scénario est des Wachowski et sert surtout avec L'histoire de Kid à préparer le terrain pour Matrix Reloaded. Ici, Zion risque de se faire envahir car une perceuse gigantesque a été mise en branle. Bref, les machines ont la patate, les humains vont s'en prendre plein la tronche, rien de nouveau sous le soleil pour qui a vu les films ou le premier volet. Par contre, on ne se lasse pas d'admirer la science du studio (le réal' Andy Jones est un illustre inconnu qui semble avoir été vite remercié peu après et est reparti bosser dans les effets spéciaux. Il a notamment travaillé sur ceux d' Avatar dernièrement, tiens) ou l'effort sur les textures (vêtements, peau) reste remarquable encore aujourd'hui. Pas dans mes préférés mais comme une majeure partie des courts, il se regarde agréablement.

Et puis, Osiris comme nom de vaisseau ça a plus de classe que Nebuchadnezar hein (même si avec ce dernier, on peut faire mot compte-triple au scrabble).

 

La seconde renaissance (parties I et II).

 

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C'est Mahiro Maeda qui enchaîne et a la lourde tâche de raconter l'avant-Matrix avec les deux parties de La seconde renaissance. Et au vu du résultat, on peut dire que c'est une totale réussite. Prenant frontalement le scénario des Wachoswki, le réal' laisse libre cours à sa verve graphique qui explose autant dans les ouvertures et fermetures des courts (où la débauche de couleurs et de textures annonce pleinement le travail à venir sur sa série phare, Le comte de Monte-Christo dont il faudra bien que je parle ici aussi tiens, sorte de relecture SF passionnante du classique d'Alexandre Dumas) que les ellipses tout en mêlant habilement 2D et 3D.

 

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Le scénario s'il n'est pas nouveau reste diantrement habile (bon on aurait pu aussi quand même penser à un court où des machines fuient les humains et avec toute leur technologie, se réfugient dans l'espace, mais non, enfin bon, je chipote...) puisque les conséquences qui ont mené à la Matrix sont un emballage de plusieurs accidents et moments de l'Histoire livrés avec un soin visuel terriblement précis. Ainsi les robots et sympathisants humains qui manifestent et se font rentrer dedans par les forces policières surarmées rappellent mai 68, les blocus des navires humains vers la nation robot ne peut qu'évoquer l'affaire des missiles de Cuba dans les années 60 ou bien cette image d'un robot abattu par un flic qui renvoie aux executions au Cambodge et Vietnam.

 

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En fait, les deux parties utilisent surabondamment l'iconographie, que ce soit pour l'Histoire, comme la Religion ou les faits divers. Le résultat est une espèce d'uppercut balancé dans la tronche du spectateur qui ne peut que livrer un certain malaise, en plus d'un sentiment parfois de surabondance ou de déjà-vu. On peut donc comprendre pourquoi on pourra adhérer ou non à la méthode suivant qu'on la considère comme une sorte de manipulation de l'empathie du spectateur ou non. Moi, ça ne me pose pas trop de problèmes mais ça joue dans le fait que je ne regarde pas souvent ces deux courts. A trop vouloir en faire... Reste que visuellement on reste dans de la qualité.

 

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Euh sinon je pense avoir un cerveau comme la majeure partie des gens mais quelqu'un peut m'expliquer ce qu'était la première renaissance ? Non parce que là, j'ai sauté une case...

 

L'histoire de Kid.

 

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Premier des deux courts réalisés par Shinichiro Watanabe et dernier scénarisé par les Wachowski, c'est sans doute le plus faible de tous, l'histoire frôlant l'anecdotique et ne servant qu'a introduire un personnage de plus pour les second et troisièmes volets de la trilogie Matrix, personnage qui, de plus ne sert pas à grand chose. Par contre, dans son animation, c'est quasi-expérimental et tout le film peut être vu comme une expérience sur le mouvement. Watanabe qui sent qu'il a une histoire plus que limitée (un gamin va être sauvé par Neo et va donc devoir mourir pour sortir de la matrice) se sert des cadrages, de l'animation et du montage pour dérouler une énergie cinétique sans cesse réanimée. Quand le personnage court et attrape sa planche, on voit les traits du crayon, les décors eux-même semblent des roughs inachevés au pantone ou Tria (et croyez moi je m'y connais). En fait tout ici ne fait que servir génialement l'animation en créant un sentiment d'urgence constamment palpable. On dirait presque du Bill Plympton dans l'idée. Bref, faible mais rien que pour cette poursuite qui le traverse entièrement, on se régale.

 

La suite soon...