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Les aventures de Conan le barbare Cimmérien en quête de vengeance suite au meurtre de son père et du massacre de son village...

 

La nouvelle version de Conan a fait couler beaucoup d'encre. Difficile de passer après la version de Milius de 1982 qui proposait un personnage fort complexe et pourtant très éloigné du barbare stéréotypé auquel on peut généralement penser. Alors Nispel et toute son équipe décident de repartir des écrits de Robert E.Howard où le personnage pourrait presque se résumer à "Avance femme", "ta gueule, femme" et "je vis, je tue, ça me suffit" (répliques entendues aussi dans le nouveau film, si, si). gneee

Mais bon là aussi, ce serait réduire un peu la portée de l'oeuvre de l'écrivain on est d'accord.

 

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Hein, que tu veux rejoindre le club des gothiques babyloniens ?

_ Ah euh... ben oui... c'est une bonne idée...

 

En fait, le principal reproche qu'on pourrait adresser à ce film, c'est de vouloir essayer de se donner des ambitions qu'il ne peut assumer. En gros, porter le nom de Conan, c'est déjà partir dans l'erreur et décevoir pas mal de personnes. Le film aurait dû avoir un autre titre, certes moins porteur, mais il n'y aurait sans doute pas eu déception de la part des cinéphiles. Par contre, si on prend le film à part, en ne tenant ni compte du film de Milius, ni de la suite et en se focalisant sur les écrits d'Howard, on se rapproche de quelque chose. Jason Momoa en ce sens est un Conan des plus crédibles.

 

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Quand même, les décors sont assez beaux.

 

Pourtant, même en ne tenant compte que du présent film, on ne peut éviter d'être un peu déçu aussi. Si les décors sont magnifiques (matte-paintings et créations virtuelles du plus bel effet, les captures pourront vous en convaincre) et que les costumes sont des plus soignés, le film accumule les défauts sans jamais chercher à les corriger, voulant miser à tout pris sur l'efficacité. Or l'efficacité c'est aussi prendre son temps. Pour raconter une histoire, dévoiler des personnages, leurs doutes, leurs tourments, leurs rêves, leurs aspirations. Or, jamais les personnages ne respirent ou ne vivent (ce qui semble le défaut des nouveaux remakes ou recréations de nouvelles oeuvres inspirées d'autres plus anciennes. Je ne vous ai pas parlé du remake de The Thing vu en octobre mais là aussi, il y avait un hic...) et l'on ne s'attarde jamais vraiment sur eux. Du coup l'histoire en devient terne au possible, une petite série B du samedi soir pour reprendre Rose McGowan dans le commentaire audio.

 

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Et même parfois, l'histoire multiplie le n'importe quoi (alors que faire une histoire de fantasy adulte et sanglante est déjà un casse-tête en soi) et le spectateur se demande si il ne regarde pas directement un navet. Ainsi cette scène inutile et laborieusement gratuite d'hommes de sables crées par la fille-sorcière. Sorcière qui pourtant jusqu'ici restait crédible parce qu'elle pratiquait une sorcellerie à hauteur d'homme (le fait de renifler les odeurs ou les auras, de goûter le sang pour savoir sa pureté ou non), sans trop en rajouter, juste ce qu'il faut. Et hop, j'te crée des hommes des sables en soufflant une petite poignée. WTF ? gneee

Et je passe d'autres incohérences qui donne envie de rire un bon coup (la stratégie de Conan pour libérer des esclaves : faire tomber des grosses pierres sur le campement. Hop ça tue les gardes. Hop, ça tue aussi les esclaves. Bravo mon gars, t'es mûr pour faire bidasse toi *insert des rires ici*). Et c'est dommage parce qu'en contrepoint du bourrinage sans réflexion de Nispel, la photographie, les costumes et décors sont assez soignés comme je l'ai dit.

Bref, pas un grand film, pas même une purge mais bien effectivement le petit film du samedi soir. Vite vu et vite oublié.

 

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Un petit mot sur les bonus. Le DVD dispose de deux commentaires audio. Le premier de Marcus Nispel lui-même (pas "écouté") et le second de Jason Momoa et Rose McGowan. Dans ce dernier, on sent un Momoa décontracté qui balance anecdotes sur anecdotes face à une Rose McGowan qui semble inconsciemment se demander ce qu'elle vient foutre là tant ses phrases sont d'une platitude désolée. C'est assez étrange et rigolo. Du 36e degré en somme. Puis nous avons accès à deux petits documents retraçant à la fois les affrontements et l'aspect général du film (Les préparatifs d'une bataille rangée) ainsi que la chorégraphie des combats (comme son titre l'indique). Ce dernier dévoile le travail des cascadeurs et technicien dans la préparation d'un combat en le "mimant" déjà une première fois dans une salle spécifique de combat (dojo etc). Enfin on accède aux bandes annonces de divers autres films de la Metropolitan, ainsi que celle de ce film bien sûr.