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A moins que vous ne viviez totalement dans un monde parallèle, vous avez forcément entendu parler d'un certain Prometheus qui sortait à la fin du mois. Outre le fait que Prometheus ne peut que rappeler forcément la mythologie grecque, le fait le plus intéressant qui a fait saliver dangereusement l'intégralité des fans d'Alien était qu'il se déroulait dans le même univers que ce dernier, mais prenait place 33 avant (soit en fait judicieusement l'année de sortie de Promotheus 33 ans après la sortie 1979 du premier Alien si vous me suivez bien). En fait Prometheus ne semble avoir été crée que pour apporter un semblant de réponse (dont on se doute qu'en fait ça va plus virer horrifique/inquiétant dans la lignée d'un Alien, que purement métaphysique à la 2001 l'odyssée de l'espace) au pourquoi du comment de ces oeufs trouvé dans l'incroyable vaisseau extraterrestre en ruine signé H.R.Giger (qui a aussi signé le design de la monstrueuse créature comme chacun sait) du premier film. Les bandes annonces donnaient déjà le ton en dévoilant déjà des indices d'ordre typographiques (reprise d'une typo qui se plaque en plusieurs parties à l'instar de l'ouverture d'Alien) comme visuelles et narrative. Sur ce point, nous allons pouvoir y revenir profondément puisqu'en bon fanboy appliqué, je me suis revu l'intégralité des 3 aliens.

Pardon ? Alien resurrection ? Je... Désolé, je... ce film n'existe pas d'après mes données. Repassez plus tard.

*vite fuyons* (*)

 

 

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33 ans plus tard donc, Alien reste ce classique plus inquiétant qu'effrayant (sauf si vous le voyez pour la première fois de votre vie et là oui, la fameuse scène de naissance de la bête risque de sérieusement vous retourner). La grande force de Scott est de jouer la carte d'un quasi-perfectionnisme tant dans le visuel (du vaisseau terrien comme du vaisseau extraterrestre qui continue encore aujourd'hui de ne ressembler pratiquement à rien de connu, sans oublier la bête elle-même) que d'un point de vue sonore (le livre de Ian Nathan, Alien : génèse d'un mythe (**) révèle d'ailleurs que sur ce point, Jerry Goldsmith avait crée une première bande originale très travaillée mais relativement classique dans sa forme, ce que Scott, presqu'au point de se brouiller avec son compositeur refusa violemment. Finalement, Goldsmith, excédé, créa très rapidement (***) une composition qui tient plus selon lui de la musique contemporaine et Scott adora. Il est vrai que de nos jours, on a du mal à imaginer une composition classique pour ce volet) ou de pure mise en scène (Scott avait d'ailleurs chronométré patiemment la partie finale, quand Ripley se retrouve à fuir un Nostromo en voie d'auto-destruction). Là où le film reste encore brillant, c'est en instaurant un climat oppressant, riche, toujours inattendu et à la limite du malsain que ça en devient fascinant. Les allusions sexuelles voulues ou non affluent. Les détails abondent, toujours et toujours à chaque visionnage. Comme Sir Ridley Scott le disait dans une récente interview, le scénario est des plus basiques à la base (tellement basique que David Cronenberg se sentit pillé littéralement par un Dan O'Bannon qui avait dû visiblement voir et comprendre ses 2 premiers long-métrages qu'il était impossible de ne pas y voir effectivement du coup une certaine influence (****)) mais le tout fut adroitement dirigé vers une direction artistique de qualité qui fit nettement la différence.

 

 

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Les liens avec Prometheus ? Nous y venons. Déjà le vaisseau (aka Le derelict pour les fanboys qui se respectent) dont la forme unique et circulaire ne peut décemment pas nous tromper. Ensuite le siège même du Space-jockey qui guette, mort depuis un moment, son étrange télescope. Cet endroit est furtivement aperçu dans la bande-annonce mais le doute n'est plus permis. Ce que Prometheus indique malgré lui, c'est que le film ne mentionnera aucunement notre cher xénomorphe favori mais bien les créatures qui sont à son origine, reprenant l'idée évoquée déjà depuis les années 70 et 80 d'une arme (ou cargaison) bio-chimique. L'esthétique des couloirs du vaisseau est presque la même que celle vue dans Alien, en moins moisi et crépusculaire toutefois. Les hologrammes et lasers bleus de la technologie Malakaï (les créatures à qui appartiennent le derelict) vous semblent de trop ? Pourtant à moins que vous ne choisissiez de faire la fine bouche, c'était déjà une technologie "laser" qui séparait les oeufs aliens du reste de l'entrepôt où ils étaient entassés, leur garantissant une certaine chaleur idéale pour leur survie, ce qui fera dire à Kane, l'infortuné malheureux explorateur à ce moment là "qu'on se croirait sous les tropiques". Les couloirs extraterrestres de Prometheus vous semblent aussi en faire trop dans le décorum new-age et kitch ? C'est là aussi oublier les décors (qu'on voit peu certes mais quand même, cf mini captures) déjà là depuis 1979, quitte à se rebouffer de la peinture à Giger comme fond décoratif.

 

 

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En somme Prometheus serait le pont idéal pour repartir d'Alien. Oui, en êtes vous vraiment sûr ? Il y a notamment des détails à nouveau qui appartiennent dès lors plus aux autres volets et nous en parlerons dans un prochain post... 

 

Et hop, mini-chros sur Cinetrafic aussi.

 

 

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(*) Bon oui, je n'ai pas revu Alien resurrection. Mais pour moi ce film tient plus d'un film de Jeunet plongé dans la SF que d'un vrai volet à rattacher à la saga. Je vais donc le placer à part pour rester poli. gneee

(**) Il faudra que j'en parle de ce bouquin ici, tiens.

(***) "ça m'a pris 10 minutes", raconte t-il en soupirant." (Alien, génèse d'un mythe - Ian Nathan, éditions Huginn & Muminn).

(****) Lire le sympathique Entretiens avec David Cronenberg de Serge Grünberg, éditions Cahiers du cinéma.