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Mel (Bruce Willis) règne sur le trafic de stupéfiant et son business est très lucratif depuis qu’il a recruté Tess (Malin Akerman). Mais depuis peu, des concurrents tentent d’utiliser sa filière pour faire circuler leurs propres marchandises. Tess est alors chargée d’intercepter les chargements non autorisés alors qu’un mystérieux tueur psychotique (Forest Whitaker) élimine implacablement tout le monde sur son passage... 

 

Initialement dans mes choix, j'ai tendance plus ou moins consciemment (ça dépend des films aussi) à prendre des oeuvres distribuées par la Metropolitan, ces derniers ayant toujours livré un travail de qualité tant sur un plan technique que dans le choix de régulièrement (et judicieusement) dévoiler des films qui n'ont pas toujours trouvé leur public en salles. J'avais adoré Danika reçu précédemment en même temps que Sans compromis dans le cadre d'une opération DVDtrafic de Cinetrafic. Le film d'Ariel Vromen était une petite oeuvre polie qui dépassait généreusement de son cadre. Ce n'est pas le cas de Sans compromis que j'ai copieusement détesté dès le départ. C'est rare mais là, j'ai misé sur le mauvais cheval, du coup cette critique sera éminemment plus subjective que d'habitude et sans doute plus détestable (surtout si vous avez vu le film et l'avez apprécié), j'en suis le premier désolé. 

Bon, vous êtes prêts pour le jeu de massacre du coup ? gneee

 

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Chose remarquable, le film dispose de deux prologue et deux générique d'ouverture. Au cas où on aurait pas compris je suppose.

 

Le ton est posé dès le départ à grand coup de musique tonitruante après un plan long où l'on attend une voiture arriver la côte. On attend. La voiture. La voilà. Elle arrive. Elle en a mis du temps. Ou bien le monteur s'est endormi un peu (je prend cette option qui va se confirmer à plusieurs moments pénibles dans le film). Elle sort du champ. Nouveau plan d'une jeune femme (Malin Akerman) barbouillée d'un peu de sang (mais très peu, faudrait pas éclabousser ce beau visage) sur les côtés, au volant et haletante. On comprend que tout le reste ne sera qu'un long flashback. En fait, dans sa structure, le film multipliera une construction scénaristique proche d'Un jour se lève, d'un Sunset Boulevard, d'un film de Tarantino... sans jamais y arriver. Pas mal de se planter dès son premier film en choisissant la difficulté d'emblée. Encore heureux qu'Aaron Harvey dont s'est le premier film n'ait jamais vu Un jour sans fin, il aurait tout de suite voulu se l'approprier.

 

Tarantino est sans doute l'influence dont se réclame le réalisateur en mal ou en bien (pour moi c'est en mal et vous allez comprendre ma douleur). Dès le début on a droit à un petit monologue de Bruce Willis face à Forest Whitaker. Puis générique sur fond noir et rock à la guitare accoustique proche du célèbre Hunky Dory de David Bowie, chouette, oh que oui-da, ça va être bonnard les aminches. David Bowie en fond sonore qu'on croisera dans une scène plus loin ainsi que d'autres sympathiques choses. Sur ce point, à part deux-trois fioritures, la musique est presque parfaite. Le générique passé donc, on voit notre sympathique grelu... héroïne dans sa voiture et fondu au noir, discussion banale, on vient d'arriver dans un bar. C'est donc un flashback où l'on comprend que nos jeunes filles en goguettes vont plannifier un casse. Elles ont l'air bien trop mignonnes et à l'ouest pour vraiment savoir comment s'y prendre. Elles font aussi preuve dès le départ d'un sérieux manque de personnalité. Mignons minois et ensuite ? What else ? Sauf qu'avant de passer à l'action, elles ont décidé de parler.... du sens de la vie. Ah que ouais. Et c'est parti pour de la profondeur. Vachement.

 

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Ben oui qui ? Remarquez bien comment les coupines à l'héroïne commencent dès le départ à planner.

 

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L'alcool c'est pas pour les enfants, eh oui.


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Ramener tout à la lorgnette des wc est bien signe d'une certaine profondeur. Il est vrai que les urinoirs n'en bénéficient pas.


Les dialogues essayent de respirer le Tarantino sans y parvenir. On sent le mec content d'avoir bien potassé son Reservoir dogs (pour l'histoire d'un casse qui ici va, comme de par hasard, mal tourner) ou son Pulp fiction (pour la chronologie chamboulée : et hop flashback quand machin est à terre dans son sang --et que je m'attarde bien complaisamment sur le corps ensanglanté et sans vie parce que ouais parler crûment et jouer avec le temps c'est top cool mais crotte la violence c'est moche, ça fait mal et ça pue du cul donc tiens un plan pour bien te dégoûter après le "fun" --je met entre guillemets parce qu'en fait je me suis emmerdé au possible-- que t'as vu) sans penser au fait que dans une histoire, on construit ses personnages si on veut un minimum s'y attacher. Ouais après on peut faire des trucs cools comme on veut mais on assume bonhomme. Un cinéaste ça a une vision sur ce qu'il filme, surtout si 1/visiblement tu t'es doté d'une équipe qui assure. 2/tu as la chance de pouvoir t'entourer d'un casting qui pète un minimum. 3/Tu as toute lattitude sur tes choix musicaux et le traitement sonore. 4/C'est un premier film où apparemment tu n'as pas eu trop de coupes.



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Et comme dans les Tarantino cités, il y aura un personnage qui va raconter une ch'tite histoire. Sauf qu'ici on en aura rien à foutre. Et ça dure, ça dure...

 

Et on aura notre lot de digressions. Et comme chez Tarantino, on aura même droit aux lettres qui s'incrustent sur l'image pour "présenter" un personnage avec le petit bruit "SCHLUUUUF" et l'arrêt sur image quand la typo se plaque (revoyez vous Kill Bill et la présentation des fameuses vipères assassines de Bill, vous comprendrez. Mais chez Tarantino, cet effet renvoyait à une iconographie qui débouchait souvent sur le passé ou une anecdote à même de symboliser le personnage. Je pense à l'effet similaire sur Lucy Liu qui ensuite débouche sur son histoire en animation. ici pas d'icone car des personnages tièdes et sans passé. Donc aussi sans avenir et sans empathie éprouvée). Mais je m'égare, mon parnasse (ho ho). Bref, notre héroïne après avoir discuté du sens de la vie décide de passer à l'attaque. Faut bien vivre hein. Et hop, on va braquer de la vieille. Mais mémé a un fusil à pompes et des complices, ce qui n'était pas prévu par les donzelles (mais le spectateur a encore à ce stade de la cervelle et le sentait normalement venir). Et boum, un zoziau tout mort. L'autre volatile sort SA GRÖSS PETOIRE PHALLIK. Ach. N'a pu de mémé. Oufti la tatie danielle du pauvre. Et là donc, plan sur le corps sans vie. On s'attarde bien. On s'attarde j'ai dit. Le sang dégouline comme une grosse morve. Et... Musique rock. Et flashback sur notre future morte qui prend sa douche, hoho. Et second générique (cf capture plus haut). Nous en sommes à 25-30 mn, le film n'a toujours pas démarré. Ou alors là maintenant, il doit se passer quelque chose là je pense oui. Et là, on a nos lettres jaunâtres pour les persos, nos zoziaux dont on se fout pas mal...

 

 

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Ceci est censé être gratuit donc cool. La scène d'après, elles sortent en voiture et ça ne mène à rien. Totalement déconnecté du reste sur l'instant. J'appelle ça du foutage de gueule.

 

 

Et là tu regardes ta montre. Et tu la regarderas plusieurs fois durant le film. Parce que Bruce Willis ne sert à rien mais il est content qu'on lui offre des noix de pécan, quoi. C'est cool les noix de pécans, les gros méchants kiffent les noix de pécans. Mulder n'est pas un méchant, il est du FBI, il préfère les graines de tournesol. Le con. Encore un qui n'a rien compris au sens de la vie. D'ailleurs pendant une dizaine de saisons de X-files il cherchera sa petite soeur alors qu'il sait pertinnemment qu'elle a été envoyé au Tadjikistan former des armées de Moudjaïdins. But I want to believe.Mais moi aussi bordel, surtout ce film. Mais ça prend pas, le canon est enrayé : pas d'érection, j'erre sur la terre sans joie. Malin Akerman, Nikki Reed et Deborah Ann Woll sont mignonnes mais elles ont le charisme de moules. Forest Whitaker vient payer ses impôts, en profite pour chopper des noix de pécans à Brucie (quand on est un caïd, on a des grosses cojones, donc de gros paquets, on fait pas le radin, ON PARTAGE LA PECAN !), essaye de s'en tirer en jouant un personnage de tueur à gage romantique. Il est malin et fort ce Forest, on y croirait presque. C'est le seul à tirer vraiment son épingle du "jeu".

 

Le titre c'est Sans compromis. C'est en fait le postulat du film qui a choisi de ne pas te faire de cadeaux et ça n'a rien à voir avec l'histoire (titre original Catch. 44. Ce doit être un code pour le trafic de drogue je suppose) mais c'est renommé comme ça parce que les personnages, eh ben y sont vraiment des rebelles.

Mais qui savent pas tirer. C'est un peu con.

Pour une fois je ne ferais pas de compromis pour ma part : ce film est mauvais. A trop vouloir pomper, il aurait mieux valu relire les pages du scripts et l'approfondir sensiblement mon cher Aaron.

 

Distribué (courageusement) par la Metropolitan Filmexport depuis le 24 avril.

* Chronique à retrouver (plus courte certes) sur Cinetrafic sur la fiche du film.

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Cette chronique vous a parue pédante et insupportable ? Rassurez vous, elle est à l'image de ce que j'ai ressenti envers le film. Si elle ne vous a pas plue, j'ai donc en partie atteint mon but puisque texte, et surtout images, à l'appui, vous pourrez voir que je n'invente pas tellement hélas. Sinon en bonus, du commentaire audio non sous-titré (beh ?) et de la bande annonce. Et pis c'est tout. Décidément on ne voudra pas que je me réconcilie avec cette oeuvre. Bon bah tant pis.