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Déchirée par la mort récente de son père, Mara part seule dans l’Oregon, à Rogue River, pour disperser ses cendres. Alors que sa voiture s’est faite embarquée par la fourrière, elle accepte d’être raccompagnée par Jon Wall, un brave type du coin, qui lui-même pleure la mort de sa jeune fille. 

Jon la conduit dans sa belle maison au fond des bois, où il vit avec sa femme, Léa. A peine présentées, les deux femmes vont se confier l’une à l’autre et partager les douleurs qu’elles ressentent chacune dans leur tragédie personnelle.
Cette rencontre va pourtant virer au cauchemar : Mara va devoir se battre pour survivre dans l’univers sombre et violent du couple. 

 

Wow. Alors autant le dire tout de suite, Rogue River est l'exemple-type du film à ne pas faire. Sur près d'une heure 17 de film, j'enlèverais littéralement une heure tellement l'idée de base aurait pu suffire à un court-métrage, mais là, désolé, là... Il n'y a décidément rien à sauver.

 

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Le début est pourtant des plus prometteurs. Cette jeune fille en deuil qui part s'isoler loin de tout pour tenter de se reconstruire en allant disperser les cendres de son père. On note de beaux plans de paysages, de jolies couleurs, voire, quelques plans aériens en hélicoptère, soutenus par une douce musique mélancolique. On se dit sans le penser que ça va être bien. Mais dix minutes plus tard c'est la débandade et le film s'enfonce continuellement dans des dialogues d'une débilité ou d'une redondance affligeante ("Mais... vous êtes cinglés... !" "Tu sais... ce monde n'est que laideur"), avec un couple de redneck cinquantenaires à peine effrayants et dont la simple justification semble "d'en foutre plein la gueule à une connasse de Californienne" (je recite presque un des dialogues).

 

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Je vous avais bien dit que les dialogues étaient... naturalistes.

 

La palme est ainsi atteinte quand le film se veut choquant en essayant de pousser les situations dans un parfum qui se veut super amoral mais n'en demeure que plombé d'un puritanisme chrétien bien mal caché (indice, l'héroïne a une croix, ça peut même servir de super arme pour planter ça dans les méchants. Sans compter... SPOILER (surlignez ou pas) ! une scène où habillée en blanc, notre "mariée" est forcée de copuler grotesquement avec un jeune homme blessé et étendu à terre dans son sang, avec la croix autour du cou. Surprise, c'était ton frère --sorti d'on ne sait où comme ça. Ben voyons, effet scénaristique à peine putassier) quand il ne se vautre pas largement dans la stupidité de sa propre mise en scène. L'un des méchants trop méchant en profite pour tirer sur un flic qui lui tourne le dos, juste devant la voiture de ce dernier. Or dans cette même voiture, il y a son adjoint. Qu'est-ce qui se passe ? Le méchant tire, le shérif s'effondre sur la voiture, le bad guy à lentement le temps de pousser le corps, aller sur le côté, viser à travers la vitre et tuer l'adjoint. TEMPS DE REACTION DUDIT ADJOINT : NEANT INTERSIDERAL. Moi j'avais le temps d'aller me faire un café cela dit, car il était tard.

 

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Mais depuis le début, l'esprit humain, capable des plus grandes prouesses, s'est regroupé dans une zone inconnue du cerveau, laissant le reste du corps dans un état semi-végétatif, le même qui rôde dans de nombreuses maisons de retraite. On assiste alors plus ou moins atterré, et même parfois en accéléré avec la zappette à un pénible objet filmique littéralement indéfendable, qui, somme toute, est peut-être un des clichés les plus justes sur l'Amérique profonde et ses travers. Comme le rappelle la femme du bad guy en montrant des cachets de Xanax avec lequel elle a drogué l'héroïne (ho ho); sur ce point, L'Amérique, c'est un chouette coin pour crever. Quand on prône les médocs comme torture ultime, la messe est dite d'emblée sur les ambitions de ce pauvre machin pathétique.

 

- Cet Ofni est distribué par M6-SND depuis le 2 mai et ils ont bien du courage.

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