Alias The haunting in Connecticut. Titre original qui lui convenait bien mieux à mon sens. J'en profite d'ailleurs pour mettre avec cette chronique l'une des affiches originales du film, l'édition DVD/Blu-Ray sortie récemment adoptant un visuel blanchâtre vraiment pas tip-top. A noter que même si je mets le visuel américain du DVD de là-bas, j'ai testé la version blu-ray...

 

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Distribué en DVD et Blu-ray depuis le 1er juin par la Metropolitan Filmexport.

 

L'effrayante rencontre d'une famille avec des forces maléfiques surnaturelles. Aussitôt emménagée dans une grande demeure victorienne dans le Connecticut, la famille Campbell découvre que la maison a une histoire inquiétante : ancienne entreprise de pompes funèbres, la maison a été le lieu d'activités atroces, et le fils clairvoyant du propriétaire de l'époque servait de messager démoniaque pour ouvrir le passage aux esprits ténébreux. L'horreur est sur le point d'être ravivée lorsque Jonah, le garçon qui communiquait avec les forces surnaturelles des ténèbres, revient à la maison pour déchaîner une nouvelle sorte de terreur qui hantera cette innocente et insouciante famille.

 

Voilà un titre qui a mis un peu de temps à arriver chez nous, et pourtant nanti d'une belle réputation finalement assez juste. La très bonne surprise du film, c'est que s'il ne vous fera pas forcément flipper à fond le trouillomètre (malgré quelques passages dits "jump-scares" assez bien foutus et des apparitions de fantômes qui se rapprochent parfois de celles qu'on peut voir dans un Ring), il possède indubitablement une ambiance poisseuse et inquiétante qui marche vraiment bien. D'une part parce que les comédiens se révèlent plus qu'impliqués (Virginia Madsen que je retrouve donc 17 ans après Candyman (1992) a pris un petit coup de vieux mais ne s'en laisse pas compter en mère de famille courageuse, Elias Koteas qui impose le respect à chaque fois, enfin Kyle Gallner, vu dernièrement en fils aîné assez convaincant dans Danika qui ici, surprise, porte une bonne partie du film), d'autre part parce que la mise en scène de Peter Cornwell s'avère très maîtrisée (malgré les jump-scares, pas de caméra hystérique, on reste toujours dans une mise en scène plus que soignée), enfin parce que le scénario ne délivre pas toutes les informations d'un coup, étayant et fournissant lentement un suspense qui va autant crescendo que l'histoire.

 

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Sur ce point, on sent que des recherches sur le paranormal ont été effectuées bien en profondeur et sans dévoiler le tout, il sera donc question de salon funéraires (l'ouverture du film avec des photos sépia de personnes récémment décédées et un montage un brin clippesque --qui heureusement se calme d'un coup par la suite-- donne bien le ton. La fin du film reprendra cette idée avec cette fois des vues en noir et blanc qui font leur petit effet), de médium, de manifestations télékinesiques (peu mais visibles après coup dans le film : des assiettes qui se renversent, un amoncèlement de chaises...), de bruits venus d'on ne sait où et... de matière ectoplasmique.

 

L'ectoplasme. C'est une substance blanche, qui sort du corps du medium (le plus souvent de la bouche), lorsque celui-ci est en transe. Il se présente soit comme une vapeur épaisse soit comme des fils fins. Il peut même se matérialiser et prendre forme humaine. Le premier à s'intéresser de façon scientifique à ce phénomène fut le Pr C.Richet, au début du siècle. Des clichés et des moulages, à base de paraffine, auraient alors été obtenus, preuve que le spectacle n'était pas simplement hallucinatoire. (*)

 

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Le réalisateur a aussi la bonne idée de nous faire vivre les visions à travers le personnage principal du jeune ado qui vit son cancer et le traitement qu'il effectue comme un calvaire. Du fait de son affaiblissement et qu'il semble constamment aux portes de la mort, Matt (Kyle Gallner), tout comme le révérand Popescu (Elias Koteas) ont accès à ces visions des défunts que les vivants de bonne constitution ne peuvent voir. Cela se traduit par des visions assez surprenantes de degrès divers (des assiettes qui ne sont plus à la même place dans un même plan-séquence, la main de Matt qui lui semble s'enfoncer dans la colonne de la maison pour toucher des vers et de la chair en putréfaction, de petits crabes qui parcourent son corps à l'hopital...).

Enfin, ajoutons à ça une musique sensible et tout aussi inquiétante et une très belle photographie et Le dernier rite, s'il ne révolutionnera pas le genre, constitue néanmoins un film passionnant à voir tout du long sans jamais qu'on s'y ennuie. Une très bonne réussite en somme, vivement conseillé aussi bien aux néophytes de l'horreur qu'à un public ouvert et avide de sensations fortes au sein d'une atmosphère palpable et merveilleusement reconstituée.

 

(*) Les grandes énigmes, sous la direction de Jacques Marseille et Nadeije Laneyrie-Dagen, éditions Larousse, p.215.

 

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Test du blu-ray réalisé sur un lecteur playstation3. Qualité de l'image excellente et son parfait. Rien à redire là-dessus. Côté bonus, je n'ai eu que le temps de regarder les scènes coupées mais joie et bonheur, la Metropolitan nous gratifie de nombreuses petites choses assez variées (making-of, trois documentaires annexes dont un très intéressant et que je regarderais prochainement sur la photo mortuaire --très bonne idée vu le sujet de ce film d'inclure ça--, scènes coupées, bandes annonces...). Du très bon travail.

 

- Retrouvez aussi cette chronique sur la fiche Le dernier rite de Cinetrafic.

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