Coucou les revoilou ! Plein de mini-chroniques en relation ou non avec notre actualité. gneee

 

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quandleventsouffle_poster Ressorti dernièrement dans une poignée de copies, on avait bien failli passer à côté de ce film, chef d'oeuvre curieusement oublié par l'Histoire. Et pourtant, dès 1986, Quand souffle le vent (When the wind blow) de Jimmy T.Murakami faisait l'effet d'une bombe. Et c'est d'ailleurs bien de ça que parle le film. Equivalent anglais du Tombeau des lucioles avec une pointe de prises de vues réelles assez étonnantes dans un film d'animation, le film aborde le péril nucléaire par le prisme d'un couple de petit vieux coulant des jours pépères. Lorsque l'annonce de la troisième guerre mondiale résonne, voilà notre couple qui prépare tant bien que mal un abri anti-atomique en seulement quelques jours en suivant maladroitement l'une des nombreuses brochures gouvernementales distribuées. A nouveau comme dans le film de Takahata, un contexte extrêmement cruel et dur enrobé d'une douceur dangereuse. On comprend vite que nos petits retraités sont très vite dépassés par une situation trop importante et d'ailleurs peu évoquée (les effets de la bombe et les radiations) et on les voit lentement dépérir tandis que le monde reste uniformément noir alentour, comme s'ils étaient les deux derniers êtres humains vivants sur Terre, ou du moins en Angleterre. Très noir. Animation au top et des chansons de David Bowie (en ouverture) ou Roger Waters (fermeture) qui vous prendront d'emblée à la gorge, comme l'ensemble du film. Immense film. A ne pas réserver aux dépressifs toutefois.

 

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starbuck_affiche Starbuck est une sympathique comédie québecoise de Ken Scott sur les affres... de la paternité ! J'y suis allé pour le pitch prometteur (un donneur de sperme qui s'était servi de ce moyen 20 ans avant pour gagner de l'argent voit un beau jour que son nom, ou plutôt son pseudonyme Starbuck, étalé au grand jour : son sperme fut redistribué par erreur et il engendra 533 enfants dont une bonne centaine qui cherche à tout prix à découvrir l'identité de leur géniteur) et que le sujet ne court pas spécifiquement les rues, à vrai dire. Je serais peut-être papa un jour, il faut bien que je me renseigne. Hmm. Bon. J'aurais essayé. Le film a l'heureuse idée de ne pas faire dans le pathos et reste toujours drôle. On s'attache à notre anti-héros dépassé par les évènements, d'autant plus que ce dernier doit assumer d'être père pour enfin fonder une famille et enfin changer vraiment sa vie. Y arrivera-t-il ? Si on déplore quelques longueurs vers la fin, l'objectif de cette comédie-conte est atteinte et on ressort avec le sourire aux lèvres.

 

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MoonriseKingdomPoster2 C'est toujours la fête à chaque nouveau Wes Anderson et celui-là, véritable festin, ne déroge pas à la règle avec néanmoins un léger bémol. Quand on commence à connaître le cinéaste et qu'on a encore en tête son Fantastic mr Fox (dont je ne dirais jamais assez de bien), on commence à percevoir les limites du système-Anderson : travellings attendus, histoire qui semble une variation de celles déjà proposées, style vintage qui passe par une mode et des objets de la société de consommation remis en avant presque comme héros secondaires (ici, le tourne-disque de vinyles de l'héroïne quasiment est presqu'un personnage à lui tout seul). Cela mis à part, cela ne m'a nullement empêché de pleinement m'amuser pendant le film. Le casting est une fois de plus dantesque et excepté les marmots censés n'avoir aucun jeu pour montrer un décalage humoristique (cela peut fonctionner dans Fantastic mr Fox, moins ici), encore que cela fasse partie du style Anderson en un sens, on passe un très bon moment. L'un des meilleurs films de l'année.

 

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berserk_golden_age_i_egg_of_the_supreme_king Bon, celui-là on peut très sérieusement dire que je l'attendais. Premier volet d'une série de trois films d'animation, Berserk, l'âge d'or part I : L'oeuf du roi conquérant, remet à jour avec noblesse et grande classe le manga Berserk (qui a atteint les 35,36 tomes sous nos lattitudes). Celui, que je suis attentivement et dont je parle parfois rapidement sur ce blog ici et ou (en plus d'un long dossier sur un autre de mes blogs). Réalisé par le studio 4°c (Animatrix...), on ne peut que rester ébahis par le soin livré aux personnages, au design, aux couleurs, à la technique. D'autant plus que, petits raccourcis mis à part (qui s'avèrent compréhensibles dans cet exercice de style : ici on adapte essentiellement les tomes 3 à 13 de Berserk, le cycle de l'âge d'Or, donc. Certains flashbacks ou intrigues secondaires passent donc à la trappe sans que cela ne gêne véritablement), ça reste extrêmement fidèle à l'histoire et aux bases qu'a posé Kentaro Miura. C'est, tremblotant tel le fan pas encore rassassié que je montrais le film à mon paternel (qui n'y connait pas grand chose en animation japonaise et qui d'ailleurs généralement n'en a cure), pour m'apercevoir qu'il avait adoré et réclamait alors la suite. Je dûs gêné, lui dire qu'elle sortirait à la fin de l'année et qu'il fallait s'armer d'un peu de patience (Dybex, si tu me lis, viens à mon secours). Il fut donc déçu sur le coup mais je lui promis une "soirée Berserk" avec les deux volets à la suite. Et d'ailleurs hopla, je le prends avec moi pour le montrer tout fier à Johell demain soir, cinéphile que j'ai plus ou moins "initié" au périple de Guts. J'espère qu'il aimera lui aussi. gneee

 

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The_Dark_Knight_Rises_affiche J'ai envie de finir en faisant court. Bref, comme les 3/4 des cinéphiles, je me suis précipité à l'une des nombreuses avant-premières pour voir le nouveau bébé de Christopher Nolan. Honnêtement, je suis la carrière de Nolan depuis ses débuts, c'est l'un des rares cinéastes (avec Malick et Tarkovski) dont je possède quasiment tout en DVD (exception faite de Batman Begins, pur film de commande selon moi mais à la relecture de ce dernier opus, il semble que ces bases mêmes soient plus importantes que prévues. Je m'y replongerais donc prochainement dans celui-là). Et il est fort probable que j'en reprenne un ou deux en blu-ray vu que je commence lentement à m'y mettre (j'ai déjà Inception en combo dividi-blou à vrai dire). Et comme souvent avec Nolan, le film à les défauts de ses qualités. Pour être plus précis, le film a les mêmes qualités et défauts que les précédentes oeuvres du monsieur. En soi, ça ne me gêne pas car je suis son travail de longue date mais je comprends parfaitement ce qu'on peut lui reprocher, et je pense parfois que je risque moi-même de lui reprocher ça si je m'éloigne de lui. Bon pour l'instant, il n'y a pas de raison...

 

Alors, sans spoiler un instant, je dirais que j'ai beaucoup aimé. C'est un film qui demande à être revu avec le recul là où The dark knight s'assimilait à un plaisir plus direct. La mise en scène et le propos, adaptés aux nouveaux personnages, bons ou méchants, n'est certes pas la même et il serait vain d'attendre une redite de The Dark Knight, Bane le méchant de ce nouveau volet n'étant certainement pas le Joker. Donc un poil inférieur à The dark knight car moins fou, plus assumé dans son rôle de conclusion définitive mais très bon aussi. Un 3e film ramené à l'humain où le justicier se montre moins (et j'ai bien apprécié qu'on le laisse en retrait) et plus focalisé sur les personnages gravitant autour de Wayne, tel le fidèle Gordon ou bien Blake, petit nouveau touchant magistralement campé par un Joseph Gordon Levitt dont on sent Nolan plus qu'amoureux (ce qui me réjouit car j'aime aussi beaucoup l'acteur). Bref du très bon.

A noter, amis cinéphiles, un énorme clin d'oeil à un certain Georges Lucas à un moment. Sauras-tu le retrouver ? gneee