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C'est en revenant de Suisse que j'ai appris la disparition de Chris Marker, ce dimanche 29 juillet à 91 ans.

Lui, Chris Marker, qu'on disait avoir disparu tellement de fois (même dans le Titanic comme le montre cette retouche malicieuse du bonhomme qui n'oubliait pas d'inclure son fidèle chat un peu partout), et exploré des lieux aussi étranges et variés que les mondes virtuels. Encore un qu'on aurait imaginé immortel. Mais d'une certaine manière, La jetée (1962) l'avait immortalisée pour un bon moment. Curieusement l'un de ses films les plus connus (qui entraîna un remake encore plus vu pour le grand public, L'armée des douzes singes, par ce trublion de Terry Gilliam) et dont je n'ai jamais pu parler. Oeuvre courte mais si riche comme quasiment tout ce que produisit Marker, aussi bien cinéaste, qu'écrivain (il produisit quelques romans en effet), photographe ou vidéaste.

Alors finalement que dire de Christian-François Bouche-Villeneuve (son véritable nom), qui s'essaya à tout avec brio quand d'autres peuvent en parler bien mieux que moi

 

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(La Jetée)

 

Peut-être peut-on tout au moins recentrer l'oeuvre de Marker sur un point essentiel : la mémoire. Et sans doute est-ce justement lui faire honneur de le garder en mémoire, de faire oeuvre de mémoire avec sa propre oeuvre, lui qui joncha de multiples parcours d'autant de souvenirs et machines à remonter et avancer le temps. Il y a peu d'oeuvres du cinéaste hélas visibles, mais quand on peut s'en procurer et les visionner, il en résulte constamment un choc devant l'incroyable intelligence d'un propos critique toujours affuté et qui n'a jamais vraiment vieilli. Dans le marché, on peut voir La Jetée et Sans Soleil, chefs d'oeuvres dont le mot n'est pas usurpé. En DVD aussi, Chats perchés et Le fond de l'air est rouge, grande fresque politique de fin des années 70.

 

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(Sans Soleil - 1982)

 


Le reste s'avère plus difficile à trouver, plongée en eaux sombres, à la faveur de VHS où l'on peut trouver un Level Five (pourquoi Arte ne le réédite pas en DVD ? Grand mystère), voire d'autres oeuvres cachées. Sans oublier les collaborations magistrales (dont une avec Resnais, Les statues meurent aussi) disséminées sur divers DVDs, parfois en bonus. A tel point qu'on aurait presque envie de demander un coffret Marker avec une majeure partie de ces oeuvres à défaut d'une intégrale. J'avais pu en voir une poignée grâce aux cinémathèques universitaires à un moment donné et on peut lire deux chroniques sur ce blog, ici et puis . C'est peu, aussi en remettrais-je prochainement une couche en recopiant ici-même des chroniques livrées ailleurs... En attendant, Chris Marker est mort, vive Chris Marker. Il nous reste l'une des oeuvres les plus vivantes et engagées qui soient en main et ça, c'est plus qu'éternel.