lovers_like_us___le_sauvage

L'affiche japonaise, classe.

 

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L'affiche française. Plus... virile.

 

Las de la vanité parisienne, Martin (Yves Montand), s'est exilé dans une île près de l'Amérique du Sud. Un jour, de passage à Caracas, sa nuit est troublée par l'irruption de Nelly, jeune femme énergique fuyant son fiancé. Elle propose à Martin de lui vendre un Toulouse-Lautrec, emprunté à son patron en guise de salaire. Martin accepte de l'aider à rentrer en France. Soulagé, il regagne son île où il a la surprise de retrouver Nelly...

 

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Encore une belle surprise et remastérisée depuis peu de fort belle manière (Filou en parlera d'ailleurs bien mieux que moi). A l'époque, le film de Jean-Paul Rappeneau put se targuer d'être une comédie élégante et racée avec des éléments d'aventure bienvenue au sein d'un film français (la poursuite en voiture made in Rémy Julienne au début, le mystère qui tourne autour de Martin amorcé par cette photographe bien curieuse...) et constitua un réel succès (mérité à mon avis), à tel point que d'emblée un projet de remake fut en projet pour les américains. La suite de l'histoire, c'est le réalisateur qui la rapporte, amusé et sur le ton de la confidence passionnée dans les bonus du DVD/Blu-ray : la K7 du film se passa pendant plusieurs années de studios en studios, producteurs en producteurs, beaucoup la virent et elle en inspira également pas mal. La descendance directe serait 6 jours,7 nuits avec Harrisson Ford (qu'on a lui, déjà oublié depuis le temps), visiblement très proche. Plus proche de la sortie du film de Rappeneau (1975), il y a A la poursuite du diamant vert de Robert Zemeckis (1984) dont la scénariste Diane Thomas avait avoué adorer le film de Rappeneau et même l'avoir vu plusieurs fois ! Le film serait même en projet de remake à nouveau pour 2013,2014 sans qu'on sache vraiment si en fin de compte ça va aboutir.

 

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Si on se penche sur le film, on discerne lentement ses ingrédients astucieusement disposés pour former au final un film attachant et enchanteur. D'abord deux acteurs interprétant des personnages aux caractères diamétralement opposés qui vont finir par finalement se comprendre, s'entendre, pour arriver à vivre ensemble. Yves Montand, grandiose comme souvent, qui va jouer le rôle de ce "sauvage", homme bourru et sans gêne et pourtant sensible derrière les apparences (il créa de grands parfums dans le passé). En face de lui, Catherine Deneuve en chieuse adorable, pas toujours très mâture, un brin égoïste et avec qui on se prend d'emblée d'empathie dès le début. Il faut dire qu'elle est le personnage sur lequel on se concentre en premier lieu, l'ouverture du film au rythme très rapide (et coïncidant avec le débit-mitraillette de Nelly quand elle parle d'une certaine manière) la montre déjà dépassée par les évènements prise au piège de ce mariage arrangé très vite et dont elle réalise tardivement les conséquences. Nelly n'aime pas subir, il faut qu'elle prenne les rênes, hors de question dès lors qu'elle se laisse embrigader dans un mariage et une vie de famille rangée dont on comprend très vite que ça ne fait pas partie de ses aspirations.

 

Si le rythme du film peut à priori surprendre (le début va très vite), ça ralentit pas mal une fois qu'on est sur l'île et c'est en soi pas plus mal car le film déploie des trésors de mise en scène élégante (les plans de l'île furent tournés dans plusieurs endroits distincts et Pierre Lhomme à la photographie réussit le tour de force d'unifier tout ça par l'unité de lumière. Bon, le montage est aussi très classe), de dialogues savoureux et révèle un duo et des seconds rôles bien foutus. En somme un cinéma vivant qui sait nous émouvoir à chaque fois, à tel point que je me mis à penser à moi-même pendant le film que "c'est pas mal du tout dis donc". gneee

 

Chronique du film à retrouver aussi sur Cinetrafic à la fiche Le sauvage.