Histoire de terminer le mois d'août sur une note plus gaie (tout le monde a repris normalement le chemin de l'école ou du travail), j'avais envie de mettre des pin-ups sur le blog. Vous me direz que je profite de la chaleur estivale (au moment où j'écris évidemment la température vient de baisser rien que pour m'embêter !) pour déshabiller quelques corps féminins et vous n'aurez pas tort. D'un autre côté, la présence de Pin-ups sur ce blog était liée à la partie BDs ou à chaque fois que je mettais quelques planches pour se faire plaisir, j'en profitais aussi pour mettre une égérie en ouverture. Et pas n'importe lesquelles puisqu'on a déjà vu en ces lieux Harriet Andersson ou Audrey Hepburn.

Sauf que la pratique s'est un peu émoussée en chemin et que ces jolies filles me manquent.

 

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(cliquez pour agrandir)

 

Plus jeune et en visite chez l'un de mes tontons, je ne me lassais pas d'effeuilleter les différents trésors qu'il possédait, notamment un recueil de pin-ups d'Aslan dont j'ai toujours été subjugué par l'aspect presque hyperréaliste des peintures. Car Aslan, alias Alain Aslan ou Alain Gourdon (né en 1930) de son vrai nom, à très tôt poussé l'illustration et la peinture à des hauteurs insoupçonnées, et ce, pour le plaisir de ses fans. Le plus incroyable c'est de savoir que c'est avant tout de la peinture (photoshop dans les années 60, 70, connaissaient pas les gens) et non de la photographie sur laquelle on aurait repeint quelque chose.

 

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Ce qui représente un travail monstrueux en terme d'heures. Pour moi qui suis de nature impatiente, j'admire la patience de l'artiste dans ces cas là.

Les pin-ups d'Aslan font partie du patrimoine français en ce sens qu'elles illustrent à la fois l'évolution d'un magasine masculin (Lui qui disparaîtra plus tard) et le regard porté sur la société des deux sexes tout en contribuant à faire naître une imagerie de la française séductrice, souriante, charmante, drôle, coquine. Encore aujourd'hui les française sont plus que remarquées dans de nombreux domaines et dans l'imaginaire masculin typique internationale, elles gardent encore un fort attrait.

 

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Les dames d'Aslan apparaissent donc dans le magasine nouvellement crée Lui (1er numéro en novembre 1963) en 1964 et y resteront presque deux décennies. Elles accompagnent donc comme je l'ai dit, et l'évolution du magasine et donc dans le même temps l'évolution des moeurs. Ainsi lentement, les jeunes filles vont être de plus en plus dénudées, sans que l'artiste ne nomme encore un sein, "un sein". Puis vient le grand tournant de 1968. Le corps se dénude cette fois totalement avec plus de liberté, avec cette petite pudeur de l'artiste qui ne montre pas encore les organes génitaux pour ne pas sombrer dans la pornographie.

 

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La frontière sera d'abord pourtant franchie une première fois en 1972. Dans une revue masculine, alors qu'il a dorénavant sa pleine page pour lui (avec fond blanc à la demande des lecteurs pour iconiser les pin-ups à la française), Aslan timidement représente les pubis des jeunes filles. Mais les toisons ne montrent pas forcément les organes, l'artiste essayant de ne pas toutefois trop en faire. On remarque aussi que quand il le peut, notre peintre ne dessine pas que des corps vus de face mais aussi de différentes manières, non seulement pour éviter la redite (mêmes postures, mêmes seins, nombrils et j'en passe) mais aussi se fixer de nouveaux défis techniques (cf liens en dessous en bonus, scan du "shampoing").

 

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La frontière finale sera franchie vers 1976, quand les films érotiques et pornographiques subissent à la fois la censure française (la loi Giscard) et que la seconde catégorie abandonne le soft pour se tourner vers une radicalisation froide. Aslan pour ne pas méconter les lecteurs de Lui va offrir des femmes au nu intégral (même le pubis) à plusieurs reprises sans toutefois négliger l'attirail qui puisse exciter un brin le regard masculin, ce peut être la texture des herbes, un vêtement de cuir, quelque chose qui moule la peau, voire plus techniquement, un angle de vue, une contreplongée... Il accompagne finalement le magasine jusqu'à son apogée au début des années 80 et s'en va en 1982.

 

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(Censure pudique par mes bons soins gneee)

 

Quand au magasine, il entame alors un fabuleux déclin avant de s'arrêter net en 1994. Il reviendra par la suite mais uniquement pour ne proposer que des photos de nus pornographique dans les années 2000. Ce qui était au départ parti pour être "La défonce de l'homme moderne" (slogan 70) puis "le magasine de l'homme civilisé" (90's) avec des idées originales, des traitements audacieux, des rubriques avisées (dont une rubrique cinéma tenue par François Truffaut à un moment !) devint un sous-Max (autre tentative originale de vouloir créer un magasine masculin varié avec pas mal d'érotisme dans les années 2000) ou sous-Playboy pour finalement n'être qu'un rien du tout.

 

Quand à Aslan, il continue la peinture mais a varié ses activités (la sculpture de la tombe de Dalida, c'est lui !). Toujours vivant, il fut nommé Commandeur des Arts et lettres en 2003. Un beau parcours non ?

 

En bonus, des pin-ups plus dénudées en liens. Rien de très choquant dans notre société archi-bombardées d'images parfois (souvent ?) très dures en fait mais je tenait à épargner les bonnes âmes moralistes qui passeraient par ici et me jugeraient pour un faux procès. Donc des pin-ups non censurées d'Aslan ici, , et puis aussi ici et .

Et moi je vais lentement me diriger vers la porte de sortie, hein...