Poupoupidou

 

Bienvenue dans la petite ville de Mouthe en Franche-comté, surnommée aussi La petite Sibérie en raison du fait qu'il s'agit de la ville (village ?) la plus froide de France (*). C'est ici qu'échoue David Rousseau, écrivain en mal d'inspiration. La disparition de Candice Lecoeur, starlette blonde du lieu va réactiver ses neurones. Reniflant un sujet à fort potentiel, David va reconstituer l'enquête policière qui n'a jamais été vraiment effectuée...

 


Une fois de plus suite à plusieurs remarques et avis positifs dans le grand-monde-du-woueb, votre serviteur s'est laissé tenté et en a retiré un certain plaisir. Et s'il est évident que je ne regardais pas le film à priori pour la bouille monolithique de Jean-Paul Rouve (ici en mode fatigué), je ne peux qu'observer que Sophie Quinton ne me laissais pas indifférent. Déjà qu'elle se fait rare dans le cinéma français, ce serait dommage de ne pas en profiter. Attachante à souhait dans Mais qui a tué Bambi ? (faux policier français, vrai film lynchien), elle en devient ici plus qu'adorable au sein (mais pas le sien) d'un scénario suffisamment orné de surprises pour nous faire passer un agréable moment.

 

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Du coup, on passera sous silences quelques petits défauts sans conséquences (bon, par exemple, le coup de l'hyper auditivité du héros qui n'est pas du tout exploité à fond, c'est dommage. Quand on a une idée, il faut s'en servir hein) pour se concentrer sur une enquête qui, via la figure sacrifiée de Candice, devient un véritable hommage caché à une grande actrice blonde américaine (**), et par ricochet, presqu'un hommage tout entier à Sophie Quinton. Certes, le réalisateur la dévoile très souvent et parfois en petite tenue (quand pas du tout mais ce n'est pas moi qui m'en plaindrait), l'iconise complètement. Mais ça marche, ça fascine, ça emporte l'adhésion. Car d'une part ça ne tombe jamais dans la vulgarité (même si, en y réfléchissant, il y a des aspects presque sordides liés à la disparition de Candice et ça pourrait devenir flippant. Mais la réalisation légère et emportée ne tombe jamais dans le travers de reconstituer à tort), d'autre part parce que l'histoire avance grâce à ça, le fait de mettre en valeur une morte qui nous raconte ses pensées en voix-off alors que son corps est à la morgue.

 

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Bien sûr le procédé n'est pas nouveau, les cinéphiles le connaissent bien (remember Boulevard du Crépuscule du sieur Wilder). Généralement, il sert à amener à la résolution où soit le coupable est démasqué, soit l'on va enfin connaître ce qui a pu arriver à notre pauvre personnage. Ici, Hustache-Mathieu va retarder ce moment pour se focaliser plus sur l'identification d'une jeune fille à une grande actrice, cette fascination qui va faire marcher quelqu'un dans les pas d'un autre et le réalisateur de doucement apporter son univers singulier. Alors si le film n'est pas parfait et n'exploite pas tout son potentiel (la fin tombe platement comme un cheveu sur la soupe), il faut saluer ici une mise en scène subtile (je l'ai vu plusieurs fois et la seconde vision m'a permis de faire attention à une mise en scène toute Chabrolienne, c'est à dire plus millimétrée qu'on le croirait), des personnages décalés et bienvenus (la jeune fille gothique du bar entres-autres) et un scénario plus intéressant que la moyenne, des choix musicaux originaux et surtout, Sophie Quinton. Encore une qui réussit presque dangereusement à faire pencher mon coeur pour les jeunes filles blondes, damned. Pour faire court, le film mérite amplement d'être vu.

 

 Chronique aussi sur Cinetrafic à la fiche Poupoupidou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*) Authentique. -41° une fois dans les années 80...

(**) Dont on fête le cinquantenaire de sa mort. Si là je vous aide pas... gneee