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Bernard et Bianca, c'était déjà l'Aventure avec un grand A et ça, Disney l'avait bien compris. Aussi quand cette "suite" (une nouvelle aventure plutôt) paraît en 1990 sous le titre Bernard et Bianca au pays des kangourous (The rescuers down under), on s'aperçoit que l'accent est activement mis sur cet aspect et tout va tenter d'y contribuer. Visuellement et techniquement c'est donc magnifique. L'informatique timidement mise en avant sur Basil, détective privé est ici pleinement utilisée sans jamais vraiment ressortir et gâcher le film. D'entrée, l'ouverture du film nous propulse avec un vertigineux travelling avant sur fond de percussions endiablées à travers un champ de fleurs (qu'on devine virtuelles vu la vitesse) jusqu'à la maison du jeune héros. Un tour de force assez prodigieux. Tout comme certaines séquences où le majestueux aigle royal s'envole, emportant parfois avec lui Cody. On est éblouit, c'est magique, trippant, on aurait presque envie de s'envoyer ces passages en boucle, on se croirait presqu'un instant chez Miyazaki.

 

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Alors forcément après une scène qui cotoîe la grâce où le jeune garçon semble planer à la surface d'un lac tellement il va vite, juste tiré ou poussé par l'aigle, ça retombe un peu. Mais le film demeure assez agréable toutefois. Comme dans le précédent volet, les enfants peuvent comprendre les animaux (là où Penny ne discutait qu'avec son chat à l'orphelinat ou nos héros rongeurs, ici Cody discute avec tous les animaux d'Australie presque, ça fait un peu trop par moments) et vice-versa. Bernard et Bianca sont toujours aussi adorables et c'est un plaisir de voir que les traits de caractères comme le dessin originel sont conservés d'un film à l'autre malgré un fossé de 13 ans. Ici, comme c'est l'aventure, on a même en prime un rongeur à la Indiana Jones, chapeau et fouet en plus, même si le personnage en fait un peu des caisses parfois. Quand au méchant, il n'est pas vraiment effrayant et s'il lui arrive de basculer dans le côté obscur, c'est tout de suite contrecarré par un gag avec son varan apprivoisé, Johanna. Evidemment ce n'est pas trop gênant et certains gags prêtent à sourire (le coup des oeufs) mais comment dire.... ça ralentit le film et l'empêche de constamment s'envoler. C'est d'autant plus rageant quand on voit le lyrisme magnifique de toutes les scènes avec l'Aigle royal.

 

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Un autre clin d'oeil à Indiana Jones.

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Et puis surtout, comparé aux deux précédents Disney que j'évoquais plus tôt, il manque un petit quelque chose. Plus d'inquiétante étrangeté, plus de décalage, plus d'a-côtés. Evidemment, le film n'en est pas affadit pour autant mais il manque un petit quelque chose au fond qui lui permettrait d'aller plus loin, une vraie personnalité. Le film est donc au final un bon Disney mais à mon sens, largement inférieur à la merveille qu'était son modèle.

Vous pouvez retrouver cette chronique sur Cinetrafic à la fiche Bernard et Bianca au pays des kangourous

 

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Curieux objet que celui-là. Sorti en 2002 dans une période où le studio se remettait en question pour tourner à la fois des films plus adultes quand ce n'était pas des films tous publics (avant, on a Dinosaure, Tarzan, Atlantide, et la même année, Lilo et Stitch. Numéro d'équilibriste donc), La planète au trésor se propose comme une version remise à jour du classique de Robert Louis Stevenson. Ce qu'elle va respecter assez fidèlement dans les grandes lignes (les personnages et l'histoire) tout en remettant ça dans un contexte de space-opéra. Aussi, grand amateur de SF, je n'ai pas boudé mon plaisir même si le film m'a semblé trop convenu.

 

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Cette fois la 3D se fait omniprésente. Parfois c'est un régal, parfois c'est trop coloré, trop bourré de choses, on a envie de dire stop. Et parfois c'est moche. Au détriment de l'histoire à ce qu'il m'a semblé. Le fait de transposer dans le monde de la science-fiction directement avec le graphisme habituel propore au studio détonne un peu aussi par moments. John Silver en cyborg avec un bras cybernétique façon Cobra ? Mouais, pourquoi pas ? Et sinon on retrouve des personnages un peu hystériques (le robot Ben) ou ne servant pas à grand chose au milieu d'une histoire qu'on connait déjà assez bien et n'offrant que peu de poésie (une belle séquence est vite gâchée par une chanson cette fois assez naïve et gueularde, mince). En l'état ça se regarde mais c'est assez moyen. Disney a déjà fait mieux et refera mieux par la suite.

Vous pouvez retrouver cette chronique sur Cinetrafic à la fiche La planète au trésor, un nouvel univers.