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Sorti en 1999, ce nouveau volet de Fantasia (appelé Fantasia 2000) n'est autre que la suite majestueuse de ce qui devait au départ être déjà dès 1940, toute une série de films où les morceaux de musique classique auraient changés au gré des épisodes, se renouvelant en même temps que les séquences d'animation. Pourtant à l'époque, le premier Fantasia n'eut pas le succès escompté et le projet tomba un peu aux oubliettes en même  temps que d'autres oeuvres en cours qui auraient dû s'y insérer (comme le magnifique Destino commencé avec Salvador Dali, qui ne sera finalement achevé qu'en 2003 !)... jusqu'à ce que le neveu de Walt Disney, Roy Edward Disney n'en refasse un nouveau, selon le souhait de l'oncle Walt.

 

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A l'époque j'avais eu vent de plusieurs avis qui m'avaient fait éviter ce nouveau Fantasia. Et puis j'étais dans une période rebelle. Disney, c'était le djeunz en couche-culottes, le passé, la garderie du mercredi... Quelle erreur je faisais alors car la magnificence et la beauté de ce film me portent à dire que nous tenons là une réussite presque similaire à son grand frère, la durée en moins (ici, à peine une heure et quart au lieu de deux heures) ...et l'inégalité des segments en plus. Là où par le passé naissait une certaine homogénéïté et originalité, ce nouveau volet peut parfois faire preuve de menus défauts, petites fautes de goûts qui pourtant font partie du concept en lui-même. Avec ce nouveau volet, place à de multiples intervenants qui font office de jonction entre les 8 séquences liées à un morceau de musique classique. Si l'initiative est intéressante, le besoin qu'ont certain de jouer le comique devient parfois vite gênant. C'est Fantasia quand même merde, pas le Jerry Springer show. J'ai rien contre Steve Martin (cf capture) mais on pouvait trouver meilleur maître de cérémonie pour ce genre de projet un brin élitiste, non ?

 

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1/ De même que le premier Fantasia débutait par une séquence totalement abstraite sur le Toccata et Fugue en ré mineur de Bach, nous avons à nouveau comme en clin d'oeil un travail abstrait où les sons et le rythme de la 5e symphonie de Ludwig van Beethoven. A nouveau une musique forte qui permet de mettre en exergue un travail formidable de couleurs où des triangles et autres figures se mettent à former comme des papillons ou des oiseaux (de papier découpé --alors qu'on sait très bien que ça n'en est pas mais l'imitation est saisissante) dans une simili-histoire de poursuite. C'est vif, dynamique et réjouissant. Quelque part l'univers Disney n'est jamais aussi grandiose que quand il touche à la frontière abstrait/figuratif ou quand il verse dans un lyrisme épique sans barrières comme nous allons le voir par la suite.

 

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2/ Et dès la seconde histoire, cela se confirme amplement. A la base, je n'ai jamais été passionné par Les pins de Rome de Respieghi mais force est de reconnaître que mis en valeur sur des images d'une rare poésie, cela en devient des plus passionnants. Ici, postulat simple, les baleines peuvent voler. Déjà majestueux en mer, nos cétacés en imposent dès qu'ils prennent leur vol. Le tout sur une ambiance presque de fin du monde où un soleil resplendit au rythme de la musique, pulse comme s'il allait s'effondrer sur lui-même, subtilisant la gravité terrestre à mesure que sa fin approche.

 

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3/ Mais à peine a-t-on pu profiter du spectacle que la suite ne nous achève pas moins. Car voilà qu'on met en images animées le Rhapsody in blue de Gerschwin et c'est du grand art. C'est Quincy Jones qui présente ce segment en nous indiquant que pour le coup, le studio Disney s'est inspiré du style du caricaturiste Al Hirschfeld. Le résultat respecte dans son style en apportant une touche de fantaisie, d'humour décalé et absurde bienvenu. Pendant tout le morceau nous suivons la journée de 4 personnages très différents dans un Manhattan qu'on jurerait issu d'un croisement entre le film de Woody Allen (revu d'ailleurs suite à ce segment merveilleux) et West side story (l'ouverture de cette séquence où un trait semble lentement construire le décor fait un peu penser à l'ouverture "colorée" et très graphique du film de Robert Wise).

 

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Pour ma part, je me suis attaché à cette petite fille un peu enrobée souvent malmenée de gauche à droite par sa préceptrice dans les diverses activités scolaires et sociales que comportent la grosse pomme. Elle a beau faire de son mieux, elle n'en loupe pas une par sa maladresse ou la volonté de bien faire. C'est vivant, drôle, touchant et je pense, parfaitement dans l'esprit des gags des premiers Disney qui restaient simples et portés par une espèce de grâce.

 

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A noter qu'on peut voir Gerschwin sur son piano, tel qu' Hirschfeld l'avait dessiné.

 

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