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Colin Mac Leod est un immortel. Il traverse les Ages depuis des siècles afin d'assouvir sa vengeance contre Marcus, le général romain responsable du meurtre de sa femme et de l'extermination de son clan. Années après années, combats après combats, Colin affronte d'autres immortels afin d'accroître sa puissance et de terrasser Marcus, l'immortel qui lui a volé son âme. Bien des siècles plus tard, dans la ville de New York dévastée par un virus, Colin retrouve enfin son ennemi. Mais, le combat de l'Highlander va se transformer en guerre pour sauver l'humanité.

 

Comme vous commencez à le savoir en suivant régulièrement ce blog, je voue un culte à un grand monsieur de l'animation japonaise Yoshiaki Kawajiri, spécialiste de films souvent plus orientés adultes que pour les nenfants (avec un graphisme du monsieur reconnaissable de loin). Ce que j'aime chez lui c'est qu'il peut dépasser un sujet trivial en l'emballant dans un écrin plus classieux; que sa maîtrise de l'action conjugue une technicité et une vélocité souvent impressionnante dans l'animation quand elle se conjugue avec une certaine exubérance; qu'enfin, on retrouve des thèmes communs, des traits de caractères qui ne nous trompent pas et font qu'au final, oui, on est bien dans un film de Yoshiaki Kawajiri.

 

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En reprenant le temps d'un énième volet les rênes d'une saga initiée par Russell Mulcahy qui s'est perdue en chemin dans les limbes du n'importe quoi, Kawajiri arrive miraculeusement à relever le niveau en se réappropriant l'essence même des Highlanders, ces combats et vengeances entre immortels qui s'étendent sur des générations, des siècles, des millénaires. Bien sûr l'on retrouvera donc un sens parfois grand-guignol de cet univers ainsi que des immortels parcourant le temps et les pays, gagnant en expérience et même un personnage principal à la fois buté, naïf, idéaliste et têtu comme pouvait l'être un Christophe Lambert interprétant un Connor McLeod. Sur ce point, le réalisateur livre son boulot sans trop en faire, c'est un peu le cahier des charges obligé et basique d'un film de la saga. Il faut toutefois remarquer que Kawajiri arrive à délivrer des séquences sympathiques dans le déjà-vu comme Marcus arrivé au Japon du XVIIème siècle qui va prendre en charge une autre immortelle. Ou ce court affrontement sur les ailes d'un bombardier pendant la seconde guerre mondiale, Marcus étant devenu un général nazi (ce qui est somme toute logique pour un être se proclammant surhomme et n'affectant qu'un sens de la beauté ordonné) là où Colin fait partie de la RAF (Royal Air Force).

 

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Mais surtout c'est un film de Kawajiri où l'on retrouve tout ce qu'on aime chez le réalisateur même s'il est clair que le film est mineur au sein de sa (longue) filmographie. Ainsi de ces combats toujours sur le fil du rasoir, admirablement découpés et parfois aussi nets et brutaux que dans un film de Kenji Misumi (4 des 6 films de la saga Baby Cart). Ainsi de ces personnages improbables aux similitudes et caractères qui en rappellent d'autres (le vieux druide fantômatique qui accompagne Colin et le rabroue constamment n'est pas sans rappeler le parasite de la main qu'on aperçoit chez le semi-vampire D --Vampire Hunter D bloodlust, très grand film dont il faudra que je parle ici un de ces jours). Ainsi de cet aspect romantique qui constitue déjà le sel de plusieurs films de l'univers d'Highlander mais qui est aussi quelque chose des plus prononcée chez le réalisateur japonais. Enfin de ces cadrages et travellings complètement improbables dont lui seul a le secret.

 

Par exemple, l'inscription du titre du film se fait ainsi sur un écran constitué d'une mer qui défile à toute vitesse comme dans plusieurs films d'un certain cinéaste français nommé Luc Besson (je ne sais s'il le fait toujours car je n'ai pas vu les nouveaux films du bonhomme mais pendant longtemps ses ouvertures de films commencaient toujours pas un plan qui faisait défiler un élément primordial de l'univers du film : Le grand bleu s'ouvre sur une mer qu'on traverse là aussi avant que l'horizon ne forme un point stable qui divise en deux l'horizontalité de l'écran. Sur Nikita, ce sont les pavés et les reflets de lumière qui défilent avant que nous arrivons à la bande de voyous où est la jeune fille --caméra qui là aussi se relève pour les centrer. Sur Le cinquième élément, c'est une traînée d'astéroïdes qui défilent devant nous pour marquer de ce même mouvement en avant avant que la caméra ne se relève pour voir une nébuleuse et que le titre apparaisse...). Mais ici les choses diffèrent, tout va très vite, trop sans doute. La caméré ne se relève pas, reste dans cet angle qui voit tout défiler en dessous (cf captures plus haut). La statue de la liberté défile d'un coup et l'on repère ce qui ressemble à un New York apocalyptique dévasté. Puis l'on navigue entre les buildings comme Snake Plisken se faufilerait en deltaplane dans un New York 1997. Un immeuble sur notre trajectoire ? Pas grave, sans ralentir une seconde, on rentre par une fenêtre, traverse un couloir, ressort de l'autre côté pour continuer toujours tout droit. Se rapprocher d'une tour gigantesque, pour atteindre le sommet et finalement arriver à ...Marcus qui joue de la guitare électrique, la même qu'on entendait quand le titre arrivait. A ce stade, la caméra n'a fait qu'un petit virage, imperceptible. Techniquement impossible ou très dur (à moins de s'appeler Mikhail Kalatozov) dans la réalité, une broutille en animation pour Kawajiri. Vivement qu'il nous fasse un film live celui-là.

 

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C'est donc pour tous ces points qu'on va voir ce Kawaijiri et passer somme toute un agréable moment même si l'on est loin des grandes réussites du bonhomme. Entre les mains d'un autre et en cinéma live, le scénario de David Abramowitz (déjà scénariste sur la série télé d'Highlander) serait juste potable sans plus là où ici on obtient un bon film. Il ne faut donc pas se leurrer et croire voir un Highlander qui redorerait la franchise (il y a encore un sacré boulot pour la faire sortir des limbes d'où elle s'est fourrée) mais un film de Kawajiri où le bonhomme un peu désservi par un scénario convenu prouve qu'il peut encore nous servir un film de qualité où l'on sent pleinement sa patte.

 

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Apparté, deux captures en exemple à propos de ce que je disais sur des ouvertures de film chez Besson :

 

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Je pense que là, c'est un peu plus clair.