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Distribué en blu-ray et DVD depuis le 10 octobre par Warner Bros.

 

 

En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, au tout au moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, et c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le coeur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant.
Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

 

 

C'est, profitant de l'aide d'un blogueur qui participait à la dernière opération DVDtrafic de Cinetrafic que je pus revoir Dark Shadows. C'est donc un nouveau visionnage afin de voir si mon avis avait changé depuis sa sortie salle mais en fait pas tant que ça. Oh, bien sûr, je suis d'accord pour une fois (c'est rare, il faut le noter) avec l'avis des Inrockuptibles quand ils disent qu'ils s'agit d'un des plus beaux Burton. Je n'avais pas alors fait attention au cinéma à l'esthétique du film mais elle est vraiment très travaillée et délivre parfois des plans de toutes beauté (le final par exemple quand Angélique Bouchard --Eva Green-- se craquelle, ça reste toujours aussi impressionnant à voir...), des fulgurences qui font honneur à la forme. Car sur le fond, on reste malheureusement sur les mêmes problèmes que j'avais rencontré alors.

 

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En effet, si Dark Shadows est beau et qu'il respire la maîtrise sereine de Burton, il a aussi l'indéniable malheur à mes yeux d'être creux. Vous me ferez remarquer que c'est aussi l'apanage par exemple des coquillages mais en plus de leur magnifique ramures sur le squelette externe de nos regrettés mollusques, ils ont le mérite de nous faire entendre la mer. Dark Shadows nous montrera la mer et y construira un drame en ouverture et fermeture mais ne nous surprendra malheureusement pas, son principal défaut étant non de jouer la comédie (il y arrive assez bien par moment --le coup des hippies) mais bien de nous intéresser à ses personnages, de les humaniser ou de nous faire ressentir un peu d'empathie pour eux. Car on ne ressent jamais quelque chose pour eux, hélas. On parcourt tout le film, d'abord amusé (la confrontation entre le Vampire du XIXème siècle et le XXè donne de bonnes choses), puis finalement avec ennui jusqu'au bout. Mais alors, qu'est-ce qui cloche ?

 

Les comédiens sont pourtant tous en accord avec leur rôle et s'en donnent souvent à coeur joie (mention spéciale à Eva Green) et même Burton ose aborder le sexe d'une manière plus frontale que les excellents dialogues crûs pourtant de Batman le défi pour notre plus grand plaisir. Mais l'histoire suit son petit train-train, se crée de la routine, jusqu'à un final où les péripéties s'enchaînent, parfois amenées comme ça sans qu'on sache ce que ça fait là (la louve-garou, rien ne l'annonçait vraiment, ça sonne totalement gratuit, tout comme le coup du magnéto). Surtout, le film manque de magie, de ce qui pouvait nous enchanter auparavant chez Burton avec un moindre rien. Les flocons découpés d'Edward aux mains d'argent, toutes les scènes avec les pingouins dans Batman le défi... On passe parfois ici du tout au rien, de la beauté de certaines scènes à des choses plus banales toujours sans ressentir d'émotion. Serions nous blasés ?

 

En fait non mais celà tient autant à la mise en scène du cinéaste et des potentialités de personnages totalement inexploités. Barnabas brille dans toutes les scènes et de fait permet de donner un plus à des scènes souvent déjà bien soignées là où paradoxalement les autres personnages ont un gros potentiel qui ne sert finalement à rien si ce n'est la promesse d'une suite dont on ne sait finalement si elle aura lieu à l'heure actuelle. En l'état le film a donc plein d'idées que finalement il n'exploitera jamais. Il en résulte un film plaisant d'un côté par son humour mais qui se révèle totalement frustrant au final et ennuyant pour son rythme inégal comme je l'ai écrit plus tôt. Même l'histoire révèle des données intéressantes qui semble totalement expédiées quelques scènes après, l'exemple de la fabrique de poisson en est un bon exemple.

 

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Sans compter qu'une nouvelle fois, Johnny Depp nous ressert son show de gesticulations, gestes ralentis et saccadés qu'on a eu le temps de s'y habituer depuis Las Vegas Parano et moi je ne supporte plus. C'est sans doute devenu une marque de fabrique, de même que les mimiques de Jim Carrey pour de nombreux films, mais ça finit par donner une image qui restreint à terme les possibilités du bonhomme (même avec un rôle plus sérieux dans Public ennemies, je n'y croyais pas toujours à son personnage de méchant ambigü).

 

C'est donc au final un film divertissant et sans prétention mais qui du coup manque singulièrement d'âme. Entre le début et la fin, des péripéties mais un gros cou de mou au milieu comme si on patinait, on glissait sur une flaque. Quand on se relève, Barnabas est déjà loin à la ligne d'arrivée, il nous a devancé, c'est la fin du film malheureusement et il est alors trop tard pour en rester avec un sentiment positif. Une nouvelle fois on se dit que le film est bien sans plus. Moyen et à nouveau oublié dans quelques jours. Triste.

 

- Retrouvez cette chronique sur la fiche Dark Shadows de Cinetrafic.

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