LE_JOUR_OU_LA_TERRE_S_ARRETA

 

Venu d'une autre galaxie et ayant pris forme humaine, Klaatu débarque sur Terre accompagné de son robot vaguement humanoïde, Gort afin de proposer la paix à toutes les nations terrestres. Il se heurte rapidement à l'hostilité et l'incompréhension et, blessé, est emmené par l'armée dans un hôpital tenu secret. Vite remis de ses blessures grâce à sa technologie hors du commun, il s'échappe...

 

Encore un classique que je découvre une fois de plus à la traîne proportionnellement au fait que j'ai toujours voulu le voir. Et la surprise n'en est que plus grande, il a même faillit être mon film du mois en janvier si Walkabout (1971) de Nicolas Roeg ne l'avait devancé au dernier moment. Du coup je me demande bien l'utilité d'un remake puisque Jennifer Connelly ne sert pas à grand chose dans ce dernier (et puis elle n'apparaît même pas nue) et que l'histoire s'avère une nouvelle fois pas tip-top. Comme si les producteurs importants d'Hollywood ne pouvaient assumer l'intelligence des scénario d'autrefois et voulaient changer des choses continuellement pour aplanir et participer à la bêtise actuelle de certains blockbusters. Enfin bon, comparé au dernier Conan et surtout l'horrible version 2011 de The thing (mes yeux ont pleuré), il y a quand même un certain soin ici (le design de Gort est même presque repris à l'identique du film de 1951). Et le monolithique non-acteur qu'est Keanu Reeves trouvait ici un rôle qui lui va comme un gant (euphémisme).

 

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Mais le film de 1951 n'a pas tellement pris de ride que ça. Pour pointer la bêtise humaine et le besoin que nous aurons à toujours nous bourrer la tronche au moindre regard de travers, le film reste donc complètement universel. D'autres aspects peuvent avoir vieillis mais pas besoin d'avoir fait bac+5 pour comprendre le message pacifique sous couvert de menace toutefois qui pointe. Humains, arrêtez vos conneries entre capitalistes buveurs de coca et communistes mangeurs d'enfants entres-autres, c'est puéril, il y a des choses bien plus graves que ça dans la vie. Ah on me fait signe que les rouges ne mangent pas d'enfants. Mince. Bon et sinon la momie de Lénine, c'est du vrai hein, pas du toc ? Bon ok, ça a l'air vrai ça, je peux continuer. gneee

 

Bref l'homme préfère s'entretuer, il n'écoute rien. Et surtout, on le sait, ne tient pas vraiment compte de ses erreurs, répétant l'Histoire jusqu'à son inéluctable fatalité. Par deux fois Klaatu se fera tirer dessus par des hommes toujours plus prompt à prendre peur qu'utiliser leur raison. Et la peur de l'inconnu prime souvent sur beaucoup de choses on le sait. Ici la tension est omniprésente du début jusqu'à la fin. Dès l'ouverture on est en plein dedans, ça ne traîne pas avec l'arrivée de cette soucoupe dont on craint un instant que les martiens de Tim Burton ne débarquent avec leurs lasers qui font de sacrés dégâts. Ce ne sera pas Klaatu qui va barader et nikto tout le monde mais bien Gort, ce robot humanoïde juste de silhouette, incroyable machine dangereuse qui supprime sans états d'âme tout ce qui peut nuire à son maître.

 

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Et le film de jouer là-dessus jusqu'au crescendo final : impossible dès lors d'oublier les yeux horrifiés de Patricia Neal dès lors que le robot s'est mis à avancer vers elle avec l'intention de la désintégrer purement et simplement. L'espoir ne peut venir finalement que des générations futures. Le seul acceptant Klaatu parmi les humains est cet enfant qui va non seulement basiquement inculquer les notions de valeur terrienne à l'extra-terrestres, tout comme des sentiments plus profonds (le deuil) que le peuple avancé de Klaatu semble avoir oublié en chemin dans son évolution. On a finalement tout à gagner de la différence des autres en sachant toutefois poser le holà dans la course à l'armement. Comme souvent avec le grand Robert Wise c'est du tout bon, aussi bien histoire (aux petits oignons) qu'acteurs, mise en scène, ambiance, musique (partition électronique --de Bernard Herrmann !-- bien avant l'excellent mystère Andromède (1971) du même réal)... Même les effets spéciaux ont pris cette pâtine nostalgique si 50's qui fait tout leur charme (le fameux instant qui donne son titre au film. C'est basique... mais efficace. Comme quoi). Un must, indispensable.

 

Chronique à retrouver sur Cinetrafic à la fiche Le jour où la Terre s'est arrêtée.

 

 

 

Par contre je chipote un peu mais les sous-titres sur le DVD Fox qui parfois bouffent de l'image avec leur fond noir, c'est un peu con. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de sous-titres aussi mal branlés. :(