Un peu comme l'on va à la pêche et qu'on espère trouver des poissons fabuleux, je me suis jeté dans le courant musical et celà dans le but de produire à l'avance le bilan musical de fin d'année. Disons que ça va me faciliter les choses pour le coup. Et à l'instar des films qui ont marqué le début de l'année, les disques sortis en 2013 révèlent déjà une année fort riche et passionnante. Du coup, mini-sélection sur le premier trimestre de quelques choses qui m'ont marqué dans des disques aussi bien sortis cette année que l'année dernière et que je n'avais pu mettre dans mon classement, soit qu'ils étaient passés inaperçus, soit sortis trop tard. Il y a évidemment des choses dont je ne parle pas, dans le fond je suis assez impitoyable quand je trie.

 

 

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Et aussi d'autres chocs musicaux dont le Paris Concert de Keith Jarrett (des promos à la fnac sur le monsieur pour la première fois. Si vous aimez le piano, profitez-en parce que généralement les disques ECM, comme certains artistes EMI, c'est cher, très cher), un coffret de cinq disques qui retracent l'incroyable carrière de Steve Reich (et il y a des baffes musicales phénoménales là-dedans si vous êtes ouverts à tout) ainsi que le monstrueux live Poland de Tangerine Dream. 

 

 

Pas encore pu écouter :

 

  • Soldout - More.
  • Autechre - Exai.
  • The flaming lips - the terror.
  • How to destroy angels - Welcome Oblivion.
  • Marnie Stern - the chronicles of Marnia. ( gneee )

 

 

Ecouté et bof, bof... Pas convaincu le Nio :

 

  • Kavinsky - Outrun. Moi aussi j'aimais bien le jeu du même titre sur megadrive. Mais c'était un jeu et quitte à reprendre les sonorités-témoignages d'une époque ou surprendre en évitant la hype et la musique facile, n'importe quel Tangerine Dream de 78 à 84 écrase Kavinsky.
  • Unknown mortal orchestra - II. Boire ou conduire, fromage ou dessert, faire de la musique ou prendre de la drogue. Ici, ils ont choisi les deux mais n'est pas Syd Barrett ou un Neil Young complètement mortellement bourré à la Tequilla pour tromper le deuil sur un Tonight's the night qui veut. Raté ? Oui, incohérent surtout. Suffit pas d'absorber quelque chose pour se décrêter apte à jouer, il faut aussi pouvoir construire une mélodie. Sinon, l'album fait plouf. Comme ici.

 

Retour sur les albums numérotés :

  1. Memoryhouse - The slideshow effect.
  2. School of seven bells - Ghostory.
  3. Mountains - centralia.
  4. Jacco Gardner - Cabinet of curiosities.
  5. David Bowie - The next day.
  6. My Bloody Valentine - MBV.

 

Les deux premiers m'avaient été conseillés par Jordan sur Popkotidien. Ses conseils avisés ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Memoryhouse est une douce pop un brin folk, apaisée à l'image de ces lacs paisibles où ne se reflète que votre image, dans un dégradé de bleu de prusse au bleu clair, presque gris-blanc. School of seven bells me fait plus penser à un groupe electro-rock comme OMR (à ne pas confondre avec OMD, hein !) ainsi que M83 avant qu'il n'ait implosé avec la grosse tête (je ne peux plus écouter le dernier album (*)... Où est passé la rêverie et les immensités nocturnes de Before the dawn heals us ? (**) Quid des bricolages enfantins et touchants du premier album ?). Cerise sur le gâteau pour le fan de My Bloody Valentine que je suis, des morceaux témoignent d'une belle influence dont la dernière piste de 8 mn (When you sing) où l'on excusera la reprise forcée et à peine déguisée des lignes mélodiques du formidable Soon de MBV pour se concentrer sur un morceau qui sait se poser en héritier direct et humble et ce, même si l'hommage est assez gros et visible au premier coup d'oeil (***). Deux très bons disques, merci Jordan.

 

Mountains est un groupe produisant une musique ambiant qui doit tout autant à Brian Eno et Klaus Schulze qu'une science de l'expérimentation et de la fascination. Comment ? Ces gens-là utilisent une guitare dans de l'ambiant ? Oui. Et même qu'ils étirent des structures pop pour en faire un fond hypnotique et constamment fascinant. Grosse baffe de début d'année. Quand à Jacco Gardner c'est l'histoire d'un mec (coucou Coluche) qui chante avec passion des chansons façon Beach Boys mêlée à l'addiction ressentie chez les Beatles. Diantrement efficace.

 

Et puis la grosse surprise de taille qui rend 2013 déjà géniale dès le début d'année (****) : deux monstres sacrés qu'on croyait perdus. 10 ans qu'on avait pas eu de David Bowie. 22 ans que My Bloody Valentine avait disparu dans la galaxie d'Andromède. On espérait revoir ces deux types de créatures dans un autre monde, très SF à l'avenir, la surprise est de taille. D'autant plus que dans les deux cas, la musique est bonne, très bonne. Bowie s'il innove plus comme il fut un temps montre toutefois qu'il peut continuer à surprendre et faire de bonnes choses. The next day est réussi presqu'intégralement, pas grand chose à jeter. Un bonheur dans la lignée sonore de Heathen et Reality même si la pochette peut nous faire penser à un retour à la période Heroes (ça n'aurait pas été de refus). My bloody valentine reprend lui les choses où il les avait laissées depuis loveless. Pochette bleue en opposition au rouge cinglant, couches de collages du visuel qui repond au chaos visuel rougeâtre des surimpressions et un titre en trois lettres, sobre. Le groupe savait très bien qu'il ne pourrait faire mieux que le monstrueux Loveless. Alors il choisit de refaire ce qu'il fait si bien, avec une production légèrement différente et des titres plus addictifs, presque pop... Pour finalement imposer un nouveau jalon important et indispensable de sa courte discographie.

 

 

 

 

 

 

(*) Je suis du coup rassuré de voir que je ne suis pas le seul pour qui ce disque pose problème. Cela me rassure au délà du battage ultra-médiatique et publicitaire qui en a été fait. 

(**) Un des plus grands albums des années 2000 pour moi. Voir aussi par ici.

(***) Ou plutôt d'oreille. Un ami m'avoua sur facebook avoir pensé pareil. Puis un troisième. Là le doute n'était plus permis...

(****) Cette année est quand même incroyable non ? Qu'on voit un film comme Cloud Atlas qui ne laisse personne indifférent (qu'on aime ou pas, il faut saluer leurs créateurs pour leurs originalité) arrive, que Samsara sorte en salles (12 salles seulement dans toute la France mais à une époque où le cinéma n'a jamais été aussi sinistré, c'est un miracle), que David Bowie et MBV ressurgissent, que Nine inch nails se reforme après sa petite pause de 2009 où l'on a cru le groupe de Trent Reznor bel et bien perdu. Et puis il y a Kick-ass 2. Et Wong Kar Waï de retour. Et l'année n'est même pas finie, bon sang, c'est que le début. Madre de dios. Et puis on peut enfin voir Fear and desire, le premier film de Kubrick, qu'on croyait perdu à jamais (chronique chez Potzina). Mais bon sang... mais que se passe t-il ? Comme je le disais sur facebook, manquerait plus que Lovecraft revienne à la vie. Et puis tiens soyons fous, Slowdive se reforme, Kate Bush nous ressort un nouvel album... Pfioulàlà...