Après les expositions, place au concert ! Après Bat for Lashes en novembre, j'avais pu en février assister aux concert des soeurs Labèque (Katia et Marielle), pianistes de formation qui, pour le coup, avaient monté un petit groupe pour reprendre de la musique minimaliste aussi bien issue des compositeurs modernes (Reich, Glass, Cage, Riley...) que d'artistes de la scène pop-rock qui y ont trouvé la une certaine inspiration (Radiohead, Aphex Twin, Suicide...). Sauf que par manque de temps, je n'avais pu spécifiquement en parler ici et donc pour rattraper mon retard, quoi de mieux que de rebondir sur le concert d'hier soir d'Australian Pink Floyd au palais des sports de Paris ?

 

Je les avais déjà vu en 2009 avec des yeux gros comme des soucoupes, suffisamment pour être plus qu'impressionné et même les mentionner à titre de comparaison dans mon compte-rendus sur la belle Natasha Khan, les revoir à nouveau tenait lieu d'un nouveau challenge, relevé les doigts dans le nez par cette bande de musiciens fans de Pink Floyd qui se fait un honneur de rester fidèle au groupe de Gilmour et Waters en restituant l'ambiance de la chanson, ses notes et même les tonalités de voix qui sonnent presque comme si l'on avait les musiciens britanniques des années 70 en face de nous.

 

Donc en 2009, nos joyeux amis siphonnés de fan-attitude reprennaient l'intégralité du double The wall ainsi que des morceaux en plus (dont un hommage évident à Rick Wright qui décédait en 2008), pour livrer une prestation assez hallucinante de près de 2h30/3h. Hop, rebelote ici, cette fois pour Dark side of the moon à l'occasion des 40 ans du disque. Comme on dit, on prend les mêmes et on recommence en tout aussi bien et sans doute un poil moins impressionnant. Il faut dire que là, l'effet de surprise est passé et le show se veut moins dantesque, eu raison non seulement au lieu (je penserais que ce serais plus grand le palais des sports et en fait non...) et au fait que Dark side of the moon est bien moins "mégalo" dans l'idée que le double disque du mur de mister Waters.

 

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Captures extraites du live de 2011 au Hammersmith de Londres.

 

Mais l'effet de surprise en moins et une setlist quasiment acquise pour tous (sauf deux morceaux de the division bell joué live, franchement pas les meilleurs qui détonnent dans le concert : c'est simple, mis à côté des grands classiques du Floyd, on voit la qualité baisser méchamment et on s'emmerde un peu dès lors que l'album studio passe mieux même si on est là aussi à des kilomètres des grandes réussites du groupe), il y avait quand même de grands moments. Evidemment les morceaux de The dark side of the moon dont un Money et l'enchaînement Us and them/any color you like/Brain damage (avec à l'écran, des vidéos de nombreux chefs d'états représentant les "lunatics" du texte :uhuh: )/Eclipse d'anthologie. Mais aussi, surprise, un Echoes et un One of these days assez furieux et terrassants. Les deux moments majeurs du concert avec The happiest days of our lives/Another brick in the wall part 2. Enfin Run like hell toujours aussi efficace clôt magistralement un public français qui a mis du temps à se réveiller mais qui à la fin criait, bondissait et applaudissait à tout rompre. Un immense sourire se dessinait du coup sur le visage du chanteur principal et à la fin du concert, c'était plus que compréhensible.

 

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Captures extraites du live de 2011 au Hammersmith de Londres à nouveau. D'une part car je n'avais pas mon appareil photo, d'autre part car ça vous donne une bonne idée de l'ambiance survoltée et lumineuse.

 

 

Scéniquement, c'est toujours un régal, on s'en prend plein la gueule avec les lumières, il y a même d'ingénieux jeux organisés entre la scène et le public, tel par exemple ce bruit d'hélicoptère avant The happiest days of our lives où deux spots vont balayer en hauteur toute la scène tandis qu'on entend le bruit des pâles d'hélices comme si tout provenait d'un hors-champ fantômatique. Foutrement ingénieux. On aura même droit à un kangouroux géant jaillissant du noir et un cochon gonflé aux yeux rouge sanguignolant pour Run like Hell tandis que le chanteur fait un signe de ralliement en croisant les bras comme dans le film d'Alan Parker (The wall). Jouissif. On ne s'ennuie pas, le spectacle est assuré de bout en bout.