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RAZE (Josh. C. Waller - 2013)

 

Jeudi 11 juillet.

 

15h - Shining (Stanley Kubrick - 1980) - Shining est l'exemple-type du film que je me revois plusieurs fois avec plaisir au fil du temps, quitte à ce que soit durant la même année, tout comme Alien, que ce soit sur petit, grand écran voire cinéma. Je me souviens l'avoir montré (et donc revu une énième fois) sur toile dans un petit cinéma de quartier quand j'étais au lycée, l'occasion de le faire découvrir à un pote qui le voyait pour la première fois. Pour cette édition NIFFF, ce fut l'incroyable surprise d'une projection sur plateau d'argent puisqu'il s'agissait d'une copie neuve à la qualité hallucinante de l'image et du son. Je crois bien que c'est la première fois que j'ai autant halluciné sur la bande son --déjà bien impressionnante-- du film. Comme si je le redécouvrais pour la première fois. Un des grands moments de bonheur du festival. - 6/6.

 

17h30 - 009 Cyborg 3D - De je sais plus qui... Alors je me faisais une joie de voir le film mais dissuadé par certains avis de mes amis cinéphiles, je ne l'ai pas vu et je ne le regrette pas. Il faut dire que je souffrais d'une migraine incroyable dûe aux effets conjugués du manque de sommeil et de la forte chaleur, insoutenable (c'était clairement le jour le plus chaud du festival). J'ai donc fait une pause afin de me mettre légèrement en retrait, et me balader aux abords du beau lac de Neuchâtel et finir La Stratégie Ender d'Orson Scott Card que je me relit en prévision de la sortie du film. -/-

 

20h - Ghost graduation (Javier Ruiz Caldera - 2012) - L'engouement pour ce film m'étonne. Non pas que ce soit mauvais au contraire. C'est une bien chouette comédie avec des étudiants fantômes et un prof déboussolé et coincé qui à le pouvoir de les voir. En dépit de ficelles basiques propres à toutes comédies un brin romantiques bien menées (le bonhomme va s'ouvrir et évoluer tandis que les fantômes de leur côté vont s'unir et resserrer leurs liens afin de voir comment ils sont mort), je pense que c'est la sincérité pas prise de tête du film qui a plu. Sans compter un côté teen comédie un brin rétro (ils sont morts dans les années 80 donc sont bloqués aux tubes de leur époque) qui s'allie assez bien avec le décalage de l'époque présente. Un bon film au final qui a toutes les chances d'arriver chez nous en DVD prochainement - 4/6.

(Anna Castillo en étudiante dans le film est craquante aussi. Je crois que ça joue. Allez une image)

 

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22h30 - RAZE (Josh C. Waller - 2013) - Les jeux du cirques dans une version apocalyptique où de jeunes femmes doivent se battre jusqu'à la mort sous peine de voir un de leur proche (fille, parent, ami, frère) exécuté par une mystérieuse organisation qui sous couvert de fanatisme, se charge ensuite de "rééduquer" la gagnante. C'est furieux, tendu, les chorégraphies sont lisibles (pour une fois!), on croit aux personnages et puis il y a une certaine émotion qui perce lentement, aussi surprenant que ce soit. Zoé Bell qui n'est pas vraiment une comédienne et a une certaine "gueule" (c'est pas Jennifer Connelly quoi) en impose, pieds et poings virevoltant monstrueusement vers l'ennemi, en quête de liberté, se frayant un chemin à travers les épaules démembrés, les bras fracassés et les nez démolis. Impressionnant malgré une fin maladroite qu'on sent arriver d'avance. - 5/6.

 

1h - ZOMBIE (George Romero - 1978). Le classique second volet de la quadrilogie des morts de Romero (les diary of the dead et survival avec leurs caméras portées et POV de found-footage, c'est d'une qualité affreusement basse à côté donc je ne les rajoute pas dedans, d'autant plus que le propos n'y est plus le même donc bon). Version européenne avec les Goblins en fond musical. Toujours un régal malgré une copie un peu usée et rougeâtre qui m'a rappelé les grandes heures de la filmothèque des facs parisiennes. - 5/6.

 

 

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Ghost graduation (Javier Ruiz Caldera - 2012)

 

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Vendredi 12 juillet

 


15h15 - The Brood (Chromosome 3 - David Cronenberg - 1979). Un classique dont je me lasserais jamais. L'un des films les plus fous et noirs du génial et controversé canadien. J'en parlais sur mon blog il y a longtemps, du coup hop un lien qui m'évite d'avoir à faire dans la redite. - 6/6.

 

17h30 - Haunter (Vincenzo Natali - 2013). Je n'ai plus trop suivi la carrière de Natali durant ces derniers films (donc je n'ai pas vu Splice) mais j'ai le souvenir d'un cinéaste doué pour surfer sur les scénarios à tiroirs et twists dans son cas assez bienvenus. Haunter n'échappe pas à la règle en prenant le contrepied du film de fantôme basique (ici on est dès le début du côté des spectres) en le mixant avec des références plus ou moins avouées d'Un jour sans fin (pour la répétition d'une même journée) et Code Quantum (pour tout ce qui a trait au mystérieux terrifiant responsable qui "bloque" Lisa --la jeune Abigail Breslin a bien grandi-- et sa famille sur la même journée). Si l'ensemble peut paraître très cérébral au premier abord, l'histoire se décante suffisamment pendant le visionnage pour qu'on comprenne plus ou moins les enjeux et le film gagne à être revu évidemment avec plaisir pour mieux l'apprécier encore. - 4,5/6.

 

20h - The complex (Hideo Nakata - 2013). Ah qu'il est loin le temps où Nakata nous terrifiait génialement avec Ring et Dark Water, grands films qui n'ont rien perdu de leur puissance traumatique à l'heure actuelle. Pourtant les choses commencent bien avec cette jeune fille qui emménage en famille dans un grand complexe d'habitations un peu désert. La première demi-heure malgré une image très téléfilmesque nous plonge lentement dans cette histoire de fantôme qui n'est pas celui qu'on croit au premier abord. Intelligemment Nakata dispose ces personnages comme sur une partie d'échecs avec révélations et coups fourrés pour nous amener lentement à douter. Puis en chemin, le réalisateur jusqu'ici sobre, décide d'y aller avec le dos de la cuillère et les gros sabots, sortant les plongées et contre-plongées incessantes pour montrer que le petit spectre est plus terrifiant que tout, les nombreux personnages sont zappés d'un coup sans émotion (y'avait des mediums dans la pièce d'à côté mais bon on les oublie en fin de film, plus de budget tout ça), y'a des couleurs vertes et rouge de partout comme chez Dario Argento, les personnages agissent avec méfiance et une énorme débilité dans la même seconde et l'un d'eux le payera en se faisant aspirer par un anus dans le sol pour ensuite être brûlé vif dans une poubelle aménagée en enfer 2.0 : bref c'est la fête de la bière là où ça avait commencé tout gentiment avec une maîtrise du cadre qui me laissait encore un peu confiant. Ou comment se vautrer les pieds dans le plat en direct. Consternation. - 2/6.

 

22h30 - Tulpa (Federico Zampaglione - 2012). Selon son auteur, également scénariste, producteur, compositeur de la musique, c'est un hommage aux grands giallos du passé. On pourrait espérer capter la figure tutélaire de Dario Argento mais en fait.... non. Johell qui l'avait vu peu de temps avant moi me disait qu'il fallait que j'aille le voir car "Il y a des tétons, de la fesse et des meurtres sadiques qui prennent bien leur temps". Et en fait je me suis bien ennuyé. Il ne suffit pas d'avoir des couloirs rouges pour rappeler Suspiria (surtout que la poursuite dans ces mêmes couloirs à un moment, ça prend trois plombes, tu te demandes même si le club secret il ne prend pas ses quartiers dans tout le sous-sol de la ville !). Le tueur est parfois inexistant et son peu de présence et de charisme sont étroitement liés, quand aux exécutions des pauvres victimes, je pensais à quelque chose de vraiment violent et bourrin et... à part la séquence au début du film qui se dote d'une séance de bondage bien menée, bof. Alors on verra bien des jeunes femmes roucouler entres elles ou avec un homme (l'héroïne du film est bisexuelle) mais la caméra ne s'y attarde pas vraiment. L'histoire tient sur un ticket de metro et le fameux Tulpa de la mythologie tibétaine n'est qu'un vague prétexte à peine exploité qui ne file aucunement la frousse.

C'est d'autant plus dommage que le sujet des Tulpa me fascine depuis un bon moment. Je vous recite un passage du livre "Les grandes énigmes" (ed. Larousse - p.262) : "Que la forme physique appelée par les Tibétains "tulpa" soit le produit d'une simple hallucination est l'explication qui vient immédiatement à l'esprit des occidentaux. Mais il faut croire alors que cette hallucination est collective puisque, dans bien des cas, le tulpa est vu, non seulement par celui qui le suscite, mais aussi par son entourage. Dans le monde tibétain lui-même, le tulpa est diversement interpêté. Pour certains lamas, c'est une forme physique à l'existence incontextable : ce qui signifie que l'esprit est capable de susciter des formes physiques. Pour d'autres cependant, la pensée de celui qui a crée le tulpa s'impose aux autres et parvient à leur faire voir ce qu'elle-même perçoit : la création du tulpa relève donc d'un cas de suggestion très forte."

Cela laisse songeur sur les incroyables potentialité que l'on pourrait tirer pour un film. Mais Tulpa (le film donc), se réduit à un giallo basique et dont l'idée de créature maléfique qui aurait échappé à son créateur n'est plus ou moins validé qu'à la fin par la présence d'un personnage jusqu'ici secondaire mais doté de certains dons étranges. A ce stade c'est déjà la fin du film hélas. - 1/6.

 

00h45 - Suspiria (Dario Argento - 1977). Quand on parle du maître, il se fait désirer, mais il arrive. Copie projetée d'une incroyable beauté, son et images parfaits, gros bonheur à nouveau de redécouvrir une énième fois cette oeuvre matricielle de tout un pan du cinéma horrifique. - 6/6.

 

 

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Shining (Stanley Kubrick - 1980)

 

 

Suite et fin au prochain post !