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Quand il était petit, Kham (Tony Jaa) n'avait que son père et ses éléphants pour toute famille.
A l'approche du Festival de l'eau de Songkran, le père de Kahm est convaincu que son éléphant bien-aimé est suffisamment princier pour déambuler dans les jardins du roi. Il rend visite au chef du village qui le persuade de faire examiner soigneusement son éléphant afin de vérifier s'il satisfait à l'ensemble des critères. Il s'agit en réalité d'une ruse destinée à subtiliser l'éléphant... Une bagarre s'engage alors au cours de laquelle Kham apprend que ses chers éléphants sont voués à être envoyés en... Australie.
Voyageant hors de son pays pour la première fois de sa vie, Kham se rend à Sydney à la recherche des éléphants, désormais aux mains de Madame Rose, une impitoyable chef de gang particulièrement férue de créatures en voie de disparition...

 

Inutile de tergiverser bien longtemps, on a un film à voir non pas pour son scénario (jolie carte postale de la Thaïlande, je dis pas) mais ses impressionnantes scènes de baston en pagaille. Et ça tombe bien parce que c'était en partie ce qu'on était venu chercher et de ce côté là, on est plus que servi. Il faut dire que le film n'y va pas par quatre chemins, ça cogne, ça valse, les os craquent dans tous les sens et surtout c'est non seulement bourré de combats assez incroyables mais les bonnes idées sont de la partie. Mélangez les deux, vous obtenez un sympathique plaisir un brin régressif qui marche du tonnerre (dans cette optique de castagne hein).

 

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On notera donc une suite de combats dans un hangar désaffecté avec un montage qui concentre plein de petits plans-séquences où l'athlétique Tony Jaa zigzague entre quads et motos le poursuivant et un décor de rames de bus et tramways abandonnés, une scène où le héros se voit confronté à plusieurs combattants possédant tous un style différent (dont le boxeur mastodonte Nathan Jones, clairement un monstre de muscles inébranlables --cf photo) comme la boxe poids lourds, la capoeira, voire une attaque au sabre; et un final où on attaque en se servant d'os d'éléphants comme marteaux sans oublier une madame Rose en dominatrice avec son fouet ravageur (dommage que l'on aille pas jusqu'au bout des possibilités du personnage). Le film se permet même une course-poursuite en hors-bord des plus sympathique et un clin d'oeil à Jackie Chan, qu'on "croise" à l'aéroport de Sydney (en fait un sosie, Sok Pong, mais toutefois extrêmement ressemblant).

 

Mais cela n'est pas tout et si j'ai profité de l'occasion fournie par Cinetrafic et le programme DVDtrafic en coopération avec TF1 vidéo (le blu-ray est sorti depuis peu, le 19 juin) que je remercie tous trois, c'était pour pouvoir voir de mes yeux sur grand écran un fameux plan-séquence qui a rendu ce film culte. Et là aussi je ne fus pas déçu. 4 minutes de bonheur mais qui ont nécessité une logistique rôdée et parée à tout. Pour l'anecdote, le réalisateur Prachya Pinkaew avait engagé un excellent caméraman occidental à la steadycam, il ne tint pas le coup et ce fut un des meilleurs caméramans locaux qui fut engagé en urgence. Ce dernier subit lui un sévère entraînement afin de pouvoir suivre Tony Jaa dans ce plan furieux où l'on grimpe pas moins de quatre étages tout en continuant de distribuer bourre-pif sur bourre-pif, non stop. Autant dire qu'il ne pouvait y avoir qu'une prise par jour étant donné la performance de l'acteur et du technicien qui le suivait continuellement, les laissant épuisés et harassés (tout se déroule le temps du plan en continu, il n'y a donc aucune pause ni même le temps de se reposer). Et comme vous vous en doutez, ce genre de travail ne réussit pas forcément au premier coup, soit que les figurants et cascadeurs ne suivent pas, soit que le décor ne se démolit pas comme il faut. Refaire la prise permet donc de rejouer, répéter la scène. Il y aura 5 prises, les deux dernières étant parfaites, le réalisateur prenant la dernière plutôt que la quatrième pour une question de rythme et détails.

 

 

 

Normalement si j'ai bien réussi à mettre la vidéo Cinetrafic (et je pense que oui, première fois que je fais cette manip. Laissez charger le tout avant d'appuyer sur lecture), vous devriez avoir un bon aperçu de ce plan qui a demandé tant de sueur. Vous remarquerez que le timing doit être presque parfait, pensons aux cascadeurs qui se font éjecter de la rembarde au second puis troisième étage. La caméra suit l'une des personnes chutant mais ce dernier atterrit dans l'espèce de pièce montée. La chute d'après n'est pas suivi par la caméra, heureusement l'un des bonus du blu-ray permet voir qu'en l'espace d'une minute un énorme cube gonflé de plastique et matelas permettant d'amortir sans difficulté la chute du cascadeur fut placé avec des roulettes, très rapidement à l'endroit où il allait chuter. On vous laisse imaginer si le timing n'était pas correct les sueurs froides de toute l'équipe. A ce propos, l'une des prises ratées du plan-séquence montre que Tony Jaa s'étant aperçu que le cube gonflable n'ayant pu être mis en place, déplace intelligemment son geste pour éjecter le combattant de l'autre côté, vers le mur. Bien vu, je doute pour ma part d'avoir de tels réflexes dans le feu de l'action.

 

En définitive un film à voir pour ses impressionnantes scènes de combat qui en remontrent à pas mal de films actuels et bien sûr sa mise en scène souvent nerveuse mais doté de plans assez incroyables qui témoignent que même si l'histoire est écrite sur un ticket de métro, le spectacle reste en tout cas mené jusqu'au bout avec une belle énergie. C'est sûr que je ne regarderais pas ça tous les jours mais je le conseille quand même vivement pour ce qu'il est : un bon petit plaisir coupable. D'autant plus que le blu-ray de TF1 est d'une très bonne qualité image/son. Je chipoterais juste en disant qu'on aurait pu avoir plus de bonus mais toutefois rien que pour l'explication de ce fameux plan-séquence, on en a pour son argent. On retrouve sinon en bonus une interview de Tony Jaa (qui tient plus de la promo), des scènes de combat en multi-angle et la séquence d'entraînement de l'acteur qui plairont sans doute plus aux passionnés d'arts martiaux.

 

Chronique à retrouver aussi sur Cinetrafic à la fiche L'honneur du dragon.