Et on reprend une nouvelle session musicale après les précédentes.

Du fait que j'ai moins de temps vis à vis de beaucoup de choses et que je dois par certains côtés me serrer la ceinture, j'essaye cette année de limiter les dépenses. Les achats disques en font évidemment partie. Je regroupe donc en semestres les avis personnels de disques sans toutefois changer de trop le système. Première constatation déjà amorcée par l'année 2013 (David Bowie, My Bloody Valentine, Nine inch nails, la reformation de Slowdive...), c'est le retour des grands anciens au terme le plus Lovecraftien et musical qui soit. Comprendre que leurs albums sont non seulement fascinants mais tiennent la dragée haute aux artistes et groupes actuels.

 

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Commençons donc par des albums récents avant d'évoquer d'autres découvertes plus anciennes mais non pas moins délicieuses.

Dans les plus âgés, j'ai déjà dit tout le bien que je pense de Crosby dans un précédent post. Mais voilà, comme si la surprise n'était pas aussi forte, voilà que nous revient Linda Perhacs, grande dame du folk où la simple définition du genre échappe à la simple idée (guitare et voix, le cliché malheureusement trop répendu) qu'on peut s'en faire. Perhacs c'est déjà en soi une légende : un disque unique en 1970, Parallelograms, à 27 ans. Et plus rien. Dentiste de formation avant d'être musicienne, Linda Perhacs se retire dans son travail. Au fil du temps, Parallelograms acquière (à juste titre), une valeur culte. Les Daft Punk n'hésitent pas à placer une de ses chansons (au cours d'une scène hallucinante où le désert devient un corps érotisé à l'extrême de femme --on enlève les enfants de l'écran, c'est par ici) dans l'étrange et fascinant road-movie contemplatif Electroma. La redécouverte et le choc d'une musique et d'une artiste qu'on croyait disparue reviennent alors progressivement. Et moi-même avant de trouver enfin le disque (ce qui ne fut pas facile à l'époque vu qu'il n'avait pas encore été réédité), je glane quelques chansons en mp3 sur le ouaibe. Cela me permet aussi par extension de découvrir Vashti Bunyan et Karen Dalton. Encore deux autres chanteuses sublimes, encore des artistes à évoquer... Je pense que je vais engager un/une rédactrice sinon je m'en sortirais jamais.

 

Et voilà qu'elle ressurgit aujourd'hui à 71 ans avec ce second et nouvel album. Et comme pour Crosby je constate avec stupéfaction que le temps n'a qu'à peine altéré sa voix. Mais dans l'ensemble c'est bien elle, cette même douceur, ce même chant éthéré, ses mêmes compositions fascinantes. Une bande de jeunot est allés la chercher pour la sortir de sa longue retraite (la liste des remerciements est longue, de Devendra Benhardt à Julia Holter en passant par Sufjan Stevens et évidemment les Daft Punk) et si le travail technologique est évidemment plus poussé et efficace que dans les 70's, pas besoin de se leurrer plus longtemps, on a retrouvé Linda Perhacs, bonheur.

 

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Linda aujourd'hui. Une parfaite image qui réflète bien la serennité de sa musique.

 

C'est encore un jeune inventif et créatif qui a décidé de rebooster Dr. John, le leader et guitariste des Black Keys, Dan Auerbach. Non pas qu'ici le bon vieux docteur, alias Malcolm Rebennack de son vrai nom, ne s'était vraiment caché puisque fidèle à lui-même, il continuait de sortir sa petite production musicale mais on pouvait peut-être déplorer un certain laisser aller facile sur les derniers disques, l'âge du dr étant sûrement un facteur à prendre en compte (73 ans. Encore un qui ne nous rajeunit pas...). La friction avec Auerbach l'a sûrement revitalisé pour sortir ce Locked down en 2012 et la tournée qui s'ensuit (passage en France là sous peu). Alors même si le son est un peu plus policé et moins brut qu'il ne l'était au début des 70's pour les sommets qu'étaient Gris-gris (1968), Babylon (1969) et The sun, moon & herbs (1971), on constate que là aussi on a bien affaire au bon vieux docteur originaire de sa Nouvelle-Orléans, baragouinant de sa voix toujours aussi écorchée son mélange indescriptible de blues-pop-jazzy agrémenté de soul-gospel pour donner une espèce de musique rock vaudou. Evidemment, impossible de décrire véritablement la musique du vieux sorcier, le genre de truc à s'écouter pour se faire une idée, comme ça tranquillement, même si quelques morceaux seront pas forcément représentatif du bonhomme, de son style et de sa carrière.

 

Plus jeune (59 ans), Pat Metheny est lui, un increvable qui ne s'est jamais reposé sur ses lauriers. A raison d'un à deux albums par an sans compter les tournées et collaborations variées en tous genre, sans jamais perdre son inspiration, le bonhomme assure (la discographie commence à devenir plus qu'énorme). Son précédent disque où il se proposait de reprendre des compositions de John Zorn était une bonne porte d'entrée à la fois dans l'univers de l'un comme de l'autre. Un disque reposant en comparaison avec ce qui allait venir puisque pour le second album du Pat Metheny Unity Band (à ne pas confondre avec le Pat Metheny Group, avec lequel il a officié en tant que leader et co-compositeur avec Lyle Mars, de 1978 à 2005... en plus d'une carrière solo et j'en passe), nommé KIN (), les morceaux souvent long, passent de l'énergie brute au calme, de l'enflammé au mesuré. Les arrangements font tenir toutes ces pièces sans qu'on ressente l'ennui, la production qu'on croit un peu brute s'avèrent en fait volontairement bridée pour mieux faire ressortir les percussions et petits bruits qui sinon, auraient étés noyés sous la guitare ou le saxophone. Il y a même une rythmique à base de sons électroniques pour une des pistes. Enfin Metheny à l'intelligence de se mettre en retrait pour laisser les musiciens déployer leur art. Très bon album.

 

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Pat Metheny et sa guitare 42 cordes et plusieurs manches.

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WHAT ? o_O

 

Dernier tour de piste des "vieilles gloires", Neil Young, 68 ans, qui livrait en 2012 deux albums dont Psychedelic pill, que comme le Dr. John, je découvre à retardement (l'album, pas le doc). Et même si c'est le Neil électrique de Ragged Glory qu'on retrouve, rien ne prépare aux 27 minutes de Drftin' Back en ouverture. Mais Neil variant refrains et solos de guitare tel un John Coltrane au saxo pour la comparaison, ne lasse jamais. Le reste est à l'avenant, sursaturé d'effets sympathique planants parfois, partagé entre morceaux courts et pièces plus longues frôlant entre les 8 mn (She's always dancing) à 16 mn (Ramada Inn, Walk like a giant et sa fin complètement chaotique, façon musique indus à la NIN !). Un album énergique que je recommande d'office même si j'ai bien conscience que la longueur des pistes en fera grincer certains.

 

Mélanie De Biasio est une extraterrestre. En l'occurence sur son second album, No deal, elle tricote de simple chansons jazz. Mais à l'instar de son titre, tout n'est qu'apparence et renoncement face à ce qui aurait pu être facile à faire. Et les simples chansons de s'étirer, de jouer des conventions, de se suspendre., d'aborder des sonorités inédites, d'être à la fois lancinantes, sensuelles mais noires, abstraites, presque proches de textures sonores bien souvent. Si l'on écoute peu de jazz, la différence ne sautera pas forcément aux yeux mais dans le cas contraire, l'album, malgré juste 7 chansons et à peine une trentaine de minutes (moins je crois), imprime durablement sa marque. Sa courte durée fait même qu'on y reviendra plus souvent qu'on ne le croit, comme tenté par une étrange drogue...

 

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Melanie De Biasio.

 

Goldfrapp est aussi un "disque de rattrapage" puisqu'à l'instar du Dr. John et de Neil Young, ce n'est pas une oeuvre de 2014. Et à l'écoute, je me suis demandé comment j'avais pu passer à côté de ce superbement éthéré et mélancolique Tales of us (j'ai failli écrire Tears of us, ça aurait été tout aussi approprié) puisqu'il s'agit sans doute d'un des plus surprenants et beaux disques de 2013 qui soient. Evidemment 2013 fut riche en oeuvres des plus passionnantes, on ne peut pas tout écouter et je dûs faire le tri. Mais il faut dire que les oeuvres précédentes de Goldfrapp n'étaient pas forcément des plus appréciables. Après un Felt Mountain longeant incroyablement du côté de compositions trip-hop saupoudrées d'Ennio Morricone et Lalo Schiffrin (voire bien d'autres choses tant l'album reste encore aujourd'hui dur à cerner et assez à part), le groupe d'Alison Goldfrapp et Will Gregory s'enfermait pour une décennie de pop dansante calibrée le plus souvent à destination des charts et radios. Pourquoi pas après tout, étant donné qu'il y avait d'ailleurs des choses assez sympathiques dans des disques comme Black Cherry ou Supernatural ? Avec ce virage à 180°, leur succès monta d'un coup, scellant aussi malheureusement une scission inévitable avec les fans de la première heure (*). Leur image changea du tout au tout, que ce soit dans les clips et les tournées.

 

 

Le hic c'est que les albums n'étaient pas forcément bons dans leur entièreté ou laissaient une image évanescente qui disparaissait rapidement. On est content d'écouter un Ooh la la, un Train, un Twist ou un Satin chic (mon morceau préféré sur Supernatural), on claque des mains, on remue le popotin mais ça ne va pas forcément plus loin sur l'instant. Et comme plein d'autres, j'oublie rapidement que j'ai écouté un album de Goldfrapp tant l'ensemble est juste sympathique mais décidément pas nouveau ni original sans compter des sonorités qui vieillissent un peu mal, toute la différence avec un Pendantif ou Le couleur. D'ailleurs j'ai dernièrement acheté l'album de Pendantif alors que Goldfrapp, les albums cités je ne les ai qu'en cd gravés ou mp3 et ça n'ira pas plus loin (**).

 

Et voilà qu'Alison et Will se drapent de noir et livrent Tales of us que certains n'ont pas hésité à comparer à Felt Mountain. Moui, même si la nouvelle cuvée n'est pas aussi sombre que les crevasses enneigées de leur premier album de 1999 (Horse tears et sa mélodie à la Georges Delerue me donnait envie de chialer à chaque fois). La direction est nappée de vappes sonores, d'une mélancolie inédite qui donnent à penser pourtant que Tales of us est du jamais-vu, qu'il livre une sensation de nouveau qui le dégage d'autres albums similaires (des autres albums de Goldfrapp en premier lieu). Surtout, Tales of us prend son temps, adopte une dimension cinématographique, bâtit des ambiances à une époque qui va toujours plus vite. Même les morceaux "plus pêchus" semblent ralentis, venant d'une autre dimension, n'en devenant que plus épiques. Est-ce l'album du renouveau de Goldfrapp ou un disque à part comme pouvaient l'être leur premier album ou The seventh tree ? L'histoire nous le dira.

 

De Metronomy que dire sinon que je ne connaissais pas, passé à côté comme beaucoup de groupe même si ce que j'avais pu lire à l'époque sur The english riviera me laissait à penser que j'aimerais. Un ami m'ayant offert le dernier album, Love letters dans une superbe édition vinyle + CD à mon anniversaire il y a peu, je peux confirmer, oui j'aime. J'adore même. Ce petit mélange de pop minimaliste mélancolique, c'est la petite fusion parfaite entre Brian Eno et les Beach boys. On entend même à un détour du clavecin, des choeurs, un bout de trompette. Je ne sais si c'est nouveau, j'en doute mais en l'état dans le paysage actuel de la musique pop, inutile de dire que c'est rafraîchissant.

 

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Metronomy : 3 garçons et une fille dans le vent.

 

 

The war on drugs est aussi une sensation rafraîchissante et pas que parce que les grosses guitares ont un son moins brut ici. Non, c'est du rock de ballades, avec des chansons parfois étirées, ce qu'on écoute dans la voiture (parfois à fond) tandis que le paysage défile miraculeusement sous nos yeux, du rock qui revendique sans ambages appartenir à la famille de Bruce Springsteen, de Neil Young voire Dire Straits ou Dylan avec une production qui parfois semble empruntée aux Flaming lips. Y'a de la réverbération dans Lost in the dream mais pas trop, juste ce qu'il faut d'une voix à la fois planante et proche. Y'a un background sonore mais qui ne prend jamais le pas sur la mélodie. L'album est long mais s'écoute sans problème presque d'une traite. La musique est suffisamment riche pour y revenir fréquemment. Voilà donc un album qui va sensiblement se bonnifier et auquel je risque de revenir dans l'année. Un disque qui ne paye pas de mine à la première écoute mais révèle ses trésors au fil du temps.

 

Babymetal.... euh c'est du métal mais avec des voix acidulées pop de jolies japonaises kawaïïï. Oui ça semble complètement n'importe quoi à me lire. Attendez vous donc au choc. Des mélodies metal avec des jeunes filles (elles sont trois) qui chantent des sucreries dessus. On peut penser à un groupe comme Judy & Mary qui avait su allier en japonais hard-rock avec pop cartoonesque (je vous mets ma préférée d'elles mais bon c'est du live, j'aurais préféré la version studio... OH BON SANG, LES NOUNOURS, LES NOUNOURS ! ♥ ). Et bien voilà, c'est assez proche, plus carré sans doute. Bon comme pour OSS 117, je vous en mets un petit ramequin, vous vous ferez une idée ?

C'est rigolo on dirait des girouettes en tutu monté sur ressort.

 

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A côté de ça, des albums moins récents, mes autres découvertes musicales quand ce n'est pas un artiste où j'approfondis la discographie.

Prenez Steely Dan, c'est un de mes groupes préférés, donc je pourrais dire que je connais leur style. Même, je ne peux m'empêcher d'être surpris à nouveau vu que si le style du groupe reste identifiable entre mille une fois qu'on les connaît (il y en a même dans le Zodiac de David Fincher, j'exultais), ça ne les empêche pas d'évoluer sensiblement. Avant les mélodies jazzystiques d'Aja (un des plus gros disque vendu en 1977 avec le Rumours de Fleetwood mac, des groupes qu'on était censé zieuter de côté pour ne pas trahir le punk naissant mais dont on ne pouvait s'empêcher de louer les évidentes qualités en cachette. Le temps a fait son oeuvre, on les écoute toujours autant avec un plaisir évident) mais après le style pop-rock d'un Pretzel logic, Katy lied trace un pont évident. L'album, des plus réussis (avec sa pochette curieuse à base de... sauterelle ?) fut un peu renié par ses géniteurs Donald Fagen et Walter Becker du fait --ils étaient réputés pour être des maniaques perfectionnistes du son-- que le son n'était pas au top du fait d'un problème sur les bandes magnétiques. Bon, l'auditeur s'en aperçoit pas du tout donc là ça frôle le perfectionnisme inquiétant. Sinon c'est aussi bon que le reste de Steely Dan, peut-être une chanson ou deux est plus faible que les autres mais on frôle presque le sans-faute, il faut le noter, pour un groupe qui a toujours fait dans l'excellence avec ses textes mordants. Une critique plus importante et technique ici.

 

Et puis Coltrane. Je connais bien le bonhomme mais je peux toujours être surpris par son free jazz. Le free jazz chez moi, ça passe ou ça casse. Généralement ça casse plus que ça ne passe mais il y a des trucs qui peuvent me plaire par ce même côté radical et jusqu'au boutiste qui peut me faire fuir. C'est paradoxal. OM est une transe, une musique qui part en récitals noirs, scandés comme de la nuit la plus profonde pour aller dans un chaos fascinant pour peu qu'on adhère au trip "je joue comme si j'allais mourir, je donne tout, quitte à perdre le public dans la course".

 

Je suis aussi des artistes comme Evie Sands et Keith Jarrett (Arbour Zena en dernière image). Pour celui-ci si on lit le blog ce n'est pas nouveau. Arbour Zena est donc un nouvelle incursion dans son univers si riche mais cette fois le Keith est accompagné d'un saxophoniste, d'un contrebassiste et de l'orchestre symphonique de Stuttgart pour des parties presque improvisées qui tiennent autant de la musique de chambre que du classique contemporain. C'est au premier abord assez destabilisant puisque tous les instruments jouent rarement ensemble, l'orchestre décidant parfois juste d'en accompagner un ou pas. Et il n'y a pas de batterie pour se raccrocher à un rythme. Un disque assez dur d'approche mais une nouvelle fois chez le bonhomme, un travail fascinant et à part. Quand à la Sands, c'est une chanteuse qui a été hélas un peu reléguée aux oubliettes. Peu de succès et un rythme de parution un peu trop espacé sans compter une pop qui ne rentre pas dans les cases escomptées et il n'en faut pas plus pour être écarté des radios alors. Son premier album, Any way you want me, petite merveille de folk aux accents langoureux de soul et de blues en 1970 ne permet pas de prévoir l'énergique State of mind (mon préféré) en 74 qui plonge tête baissée dans un mélange rock-soul et disco. Puis ce sympathique Suspended animation aux tonalités pop, disco, voire salsa en 1979 avant un silence qui ne se brisera qu'en 1999 avec Women in prison (le seul qui me manque alors).

 

 

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Evie Sands, 1970.

 

En revanche Manuel Göttsching (d'Ash Ra Tempel), Parov Stelar et Alpha, c'est des nouveautés et un pas vers l'inconnu. L'album de Göttsching est réalisé uniquement avec que des guitares. C'est leur amoncellement via un magnétophone plusieurs pistes qui permet de créer des strates de sons presque électroniques et des plages qui ressemblent plus à la musique de Tangerine Dream qu'à du rock. Passionnant et essentiel (il va rentrer dans mes indispensables lui). Alpha est une valeur sûre du trip-hop dont je ne connaissais qu'un morceau via une compilation des Inrocks des années 2000 mais le morceau m'avait tellement interpellé qu'il était temps que je m'y mette. Et c'est à nouveau une trouvaille fabuleuse, plus proche de Zero 7 que de Massive Attack et Portishead. Parov Stelar enfin, mêle swing, samples d'anciens morceaux, rythmiques jazzy des années 30 avec electronique, r'n'b, soul... Une grande fusion casse-gueule qui pourtant marche de bout en bout. 

 

Grant Green et Bill Evans trio, ce sont des cadeaux d'une amie japonaise pour mon anniversaire. De bien beaux cadeaux pour qui aime le jazz des années 60 où le label Blue Note se révèle plus qu'indispensable. Je connaissais le second mais n'avait pu me frotter à ses ballades langoureuses. Avec Moonbeams et l'agencement piano/contrebasse/batterie, c'est fait et c'est d'une vraie douceur. Quand à Grant Green c'est un virtuose de la guitare qui ici invite un joueur de vibraphone, un batteur et un joueur d'orgue hammon sur 4 longues plages qui nous replongent élégamment dans le mood des 60's, du swinging London qui pouvait faire danser comme se reposer auprès d'un verre. C'est cliché à dire mais la musique fait naître ce genre de douces rêveries, croyez-moi.

 

Enfin Opeth est un groupe de metal progressif suédois aux influences souvent 70's. Je n'avais qu'un album d'eux que je n'écoutais pour ainsi dire quasiment pas. Avec ce Damnation, le groupe, avec comme invité de marque Steven Wilson de Porcupine Tree comme producteur et musicien, propose une musique faites de ballades calmes et apaisées, extrêmement mélancoliques qui dénote furieusement avec leurs précédents albums plus death metal parfois. Une vraie merveille.

 

 

 

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(*) Dont j'ai fait partie. Il faut dire que ce n'est pas donné à tout le monde de livrer un album comme Felt mountain qui semble sortir de nulle part mais qui du coup, n'eut aucune descendance.

(*) Je me suis réécouté Supernatural, je n'en démords pas, de très bonnes choses, voire même un lien tissé avec Felt mountain à travers quelques morceaux ingénieux qui savent mixer danse avec des ambiances plus apaisantes et contemplatives. Une direction intrigante que le groupe n'a pas jugé bonne de suivre par la suite, c'est dommage. L'album laisse une bonne impression mais à nouveau coule lentement dans les limbes avec le temps. Ce qu'il manque à Goldfrapp malgré leur sincérité, c'est de la consistance, de la matière.