debbieharry_giger

Deborah Harry de Blondie, peinte à la Giger, sur un décor fait par le maître et qui servit pour l'un de ses clips...

 

Aujourd'hui mardi 13 mai (oui bon on est le 14, chut) s'est éteint à 74 ans H.R.Giger, peintre créatif au talent ultraréaliste et à qui l'on doit bien sûr l'Alien mais dont la créature était évidemment l'arbre qui cache la forêt au sein de l'extravagant et presque illimité univers qu'était le sien. Plutôt que de ressasser sur l'un de mes mentors alors que Wikipedia est notre ami, je me bornerais à constater que le terme de Biomécanoïde était bien lié corps et âme à Giger (tout ce qui vient après est une copie de Giger qu'on ne voit que trop souvent sur le net et ne reprend son style mais sans jamais tenter de le réinventer) et j'évoquerais brièvement la relation que je nourrissais vis à vis de lui (un dessin personnel viendra sans doute prochainement).

 

J'ai connu Giger vers les 10 ans, alors que l'on m'interdisait une poignée de films d'horreur (dont L'Exorciste que je ne vis qu'à la vingtaine et donc qui ne me fit pas peur hélas. Entre-temps côté horreur, j'avais pu rattraper pas mal mon retard c'est l'essentiel). Celui-là passa, c'était une vhs emprunté à la médiathèque où maman travaillait, c'était le week-end, les parents étaient occupés ailleurs et je savais me débrouiller avec le téléviseur et le magnétoscope dans leur chambre. Et quand on a du temps libre, il faut l'occuper non ? ...le film me marqua suffisamment pour que je fasse quelques cauchemars et imagine la créature dans le noir quand je marchais dans des couloirs et rues pas du tout éclairées ou très peu.

 

Par la suite, je suis tombé amoureux de son univers. Certains écoutent The cure et se transforment en gothiques, moi j'avais Joy Division et je connaissais mon Giger sur le bout des doigts (accessoirement je m'habillais en noir pour rester dans le bon goût huhu). C'était la fin des années collège, et les années sombres du lycée. En proposant un univers de noirceur adapté à mes propres ressentis, inutile de dire que Giger était l'une de mes nombreuses bouées de secours pour ne pas sombrer définitivement. En 2002, j'allais le voir pour une dédicace à la boutique Taschen de Paris. Incapable d'aligner trois mots à la suite, je me contentais d'indiquer mon nom et restai dans le coin pour observer de nombreux barbus et musclés arriver pour montrer leurs tatouages inspirés de l'oeuvre Gigerienne. En 2012, avec un ami cinéphile, j'allais à Gruyères, petit village juché sur une colline pour visiter avec plaisir le musée Giger, réalisant là, l'un de mes vieux rêves d'ado.

 

Avec le temps, j'avais assimilé son univers et m'était un peu détaché de ça sans pour autant le renier. C'est un maître qui s'en va et avec lui les restes du crépuscule, ne nous laissant que la nuit.