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Pour Rob, Claudia, Maggie et Scott, c’est le dernier soir de l’été, l’ultime nuit de liberté. Les quatre ados rêvent de frissons, de fêtes et d’amour, et vont tout faire pour les trouver. Entres délires, flirts, serments et espoirs, leurs chemins vont se croiser. Un des plus beaux teen-movies de ces dernières années, entre John Hughes et Gus Van Sant, récompensé par le prix du Jury au Festival de Deauville et présenté au Festival de Cannes.

 

Cycle Teenpocalypse part three ! Depuis le temps que j'entendais parler de ce film et de son réalisateur, David Robert Mitchell, il a fallu que je voie son second film, It follows lors de L'étrange festival il y a peu (ohlàlà, il faut que je tente de faire un résumé de tous les films vus, pfffiou, pas le temps en plus) et que je me prenne une bonne baffe pour être poussé à voir son premier. Je ne démérite pas au final, Mitchell est un grand cinéaste à suivre impérativement. Autant son second film est fabuleux, autant le premier est tout aussi excellent, tissant effectivement l'un des plus beaux "teen-movies" vu ces dernières années. Je n'avais plus vu un film aussi vivant et aussi juste depuis une éternité à vrai dire.

 

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En y repensant, l'autre film à m'avoir incroyablement secoué sur l'adolescence (je mets les Araki à part sur un autre plan), c'est La solitude des nombres premiers. Comme dans le film de Saverio Costanzo, ce même regard qui sonne juste, dénué de tout cynisme (et croyez moi ça fait un bien fou) avec une mise en scène et des acteurs qui transcendent tout. Chez Costanzo, c'est le style giallo qui permettait de faire ressortir l'inquiétude, l'étrangeté presque viscérale du regard porté sur le monde par ces enfants que tout rapprochait. Chez Mitchell, on serait plus chez John Carpenter dans l'idée (impression accentuée encore plus à It follows qui se nappe de musiques au synthé à la Carpenter sublimement sensorielles) avec une maîtrise du cinémascope qui permet de jouer sur les détails au premier plan comme en arrière plan. Dans une petite ville où tout le monde se croise, une scène où l'on retrouve des protagonistes en fond dans un décor de supermarché tandis que la caméra se focalise innocemment sur d'autres personnages au premier plan ajoute un beau surplus de vie qu'on retrouve hélas pas si souvent que ça au cinéma. Mitchell en profite aussi par de rares gros plans pour magnifier les sentiments de ses jeunes comédiens, délivrant des scènes qui en arrivent à baigner dans un doux onirisme quand la nuit vient à tomber. Ah cette jeune fille qui attend sur le porche et qu'un gros plan sur son visage isole la partie supérieure, tandis qu'une étoile filante passe à droite. C'est bateau mais sur l'instant, l'impact en est magique. Un peu comme cette étoile filante qu'on voit dans Les dents de la mer. Vous l'aviez remarqués fans du chef Brody ?

 

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Avec une aisance remarquable, Mitchell investit les codes du teen-movie mais arrive à éviter les clichés, voire à les transcender. Le ouija, les couloirs de l'université, les rues de la ville de jour comme de nuit... On pense bien sûr à Gus Van Sant par exemple mais on en est loin tant le film possède sa propre identité, parfois déroutante, souvent fascinante, comme en apesanteur (ah ce parking où les jeunes se cherchent un copain ou une copine avant la rentrée) un pied entre la fin de l'enfance et le monde des adultes (la nuit, frontière invisible où tout s'étire, sans doute encore plus qu'à l'accoutumée ici). Et bien sûr, le réalisateur ne juge aucunement ses personnages, tous ont leurs raisons, une qui sera une nouvelle supposément timide se révèlera une garce pour les autres filles mais pas forcément le spectateur, une autre pleine d'assurance manquera le coche avec le garçon qui lui plaît, peu sûre de ses sentiments naissants. Tout le monde devrait donc s'y retrouver dans ce film qui sonne assez universel d'une certaine façon. Si vous en avez l'opportunité, regardez-le !

 

DVD dispo chez Metropolitan Filmexport avec un court mais plaisant entretien dans le boîtier. Et que cette affiche est belle et bien choisie.

 

 

 

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Autres ouvertures...

 

► La solitude des nombres premiers, chroniqué donc sur ce bloug.

Ginger et Rosa, portrait moins fort de la jeunesse mais néanmoins intéressant.