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Un jeune type aimerait devenir un tueur respecté. Un vieux tueur à gages aimerait se retirer des affaires. THE LAST HITMAN : 24 HEURES EN ENFER raconte leur invraisemblable rencontre. Un road trip survolté au pays des criminels et des filles sexy.

 

Craig Viveiros signe ici son second film avec je dois dire, une belle maîtrise pour un film qu'on devine à tout petit budget. Tout n'est évidemment pas parfait, il y a de bonnes choses comme il y en a de mauvaise, évacuons du coup directement les points négatifs qui en fait, se résument à un seul point négatif mais qui influe à force un peu sur le reste du long-métrage. Il s'agit de son personnage principal, ce djeunz déjà présenté dès le début comme disposant d'un Q.I fortement limité (tu es perdu en pleine campagne anglaise, la voiture que tu conduisais à eu un accident, tu t'en es sorti indemme et que fais-tu ? Tu prend une photo et un selfie à envoyer par téléphone portable à ta mum. Seriously, NO).

On pourrait penser que le personnage évolue au gré du film et de sa rencontre avec ce vieux tueur joué avec délice par un Tim Roth comme on l'aime, mais non. Et sur ce point la capacité du film à nous surprendre échoue mollement avec le peu d'empathie qu'on aura ressenti pour un personnage du coup dont on a un peu rien à foutre. Je le dis sans trop de méchanceté mais s'il était mort à un moment durant le film, ça aurait sans doute amené un imprévu bienvenu, ben non.

Et du coup, on voit venir la fin très vite et on ne se trompe malheureusement pas. Et rien n'est plus embêtant qu'un film dont on devine la fin à l'avance parce qu'elle répond à des conventions et codes du polar mais s'en tient là, avec son personnage pénible à souhait et c'est bien dommage au fond.

 

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Arrête, tu te fais du mal, boy.

 

Cela dit, le film dispose d'atouts intéressants qui font que d'un autre côté, toi ami lecteur-trice curieux-se, tu pourrais te pencher dessus. Déjà Viveiros n'est pas un manche, il sait filmer et sa mise en scène à non seulement l'avantage d'être sobre et efficace. Comprendre donc, pas de montage hystérique et destructuré, pas de caméra à l'épaule incessante, des cadrages soignés et la patte de quelqu'un qui a compris qu'il a un scénario basique s'incorporant dans la mouvance des petits polars britanniques noirs et rigolos façon Snatch et qu'il sait comment enrober le tout sans faire de vagues. En témoigne un plan simple où par le biais du personnage observant dans une vitre, on voit à travers celle-ci à la fois ce qui est vu puis celui qui voit, toujours dans le même plan (photos suivantes).

 

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Et puis il y a la photographie du film qui est un vrai régal. Les couleurs ressortent, exacerbées, mettent en valeur le lieu, jouent avec son imagerie, qu'elle soit glamour (un bar et station-essence au bord de route qui devient un lieu fifties) ou plus banalement typées dans la géographie et la grisaille de l'angleterre. Associé au sens des cadrages du réalisateur, autant dire qu'on s'en prend plein les yeux et on aimerait voir un tel soin suinter plus souvent du cinéma en général.

 

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Enfin il y a les vieux briscards tim Roth et Peter Mullan dans des rôles ambigüs et on est contents de les retrouver. Tim Roth, impérial, en sage, Mullan qui cabotine en salopard intégral (on ne s'y attend pas forcément en plus). Du coup même si je suis déçu par le personnage principal qui nous livre le portrait type du jeune ado un brin racaille, presque caricatural des cités (mais pour en avoir connu par le passé qui étaient des amis, oui, caricature vraiment), avec le recul le film reste toutefois assez honorable (et cette photographie et ces plans restent très beaux). Et surtout au fond, il a la prétention de rester un bon petit film malgré tout, bien british et finalement c'est tout à son honneur quand j'y repense.

Donc, joker. A vous donc de vous faire une idée si vous êtes tentés avec les qualités et défaut que j'ai énuméré chers lecteurs.