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Une fiction-événement, produite par BBC, retraçant la vie du créateur de James BOND. Ian FLEMING, écrivain, a travaillé pour les services secrets britanniques et a eu une vie aussi intense que l’agent 007: séducteur, joueur, son fameux personnage est largement inspiré par sa propre vie. Un véritable film d’espionnage, doté de gros moyens et d’un casting de haut vol: Dominic COOPER (Captain America), Lara PULVER (Edge of Tomorrow), Annabelle WALLIS (X-Men).

 

La BBC nous livre régulièrement son lot de séries de qualités et Fleming, mini-série de 4 épisodes réunis en un seul même film par Koba Films en DVD et Blu-ray depuis le 26 novembre n'y échappe pas. Sous couvert d'une fiction, l'oeuvre du réalisateur Mat Whitecross utilise intelligemment ici la figure de l'écrivain Ian Fleming pour modeler ce qui pourrait s'avérer la figure archétypale de James Bond. Le postulat est simple, les aventures de l'agent 007 écrite par Fleming pourraient très bien venir de son propre vécu pendant la seconde guerre mondiale tout comme être une sorte de projection non avouée du fantasme de l'homme viril, macho et aventurier que l'écrivain aurait pu être. L'oeuvre nourrit le personnage et vice-versa. Et Whitecross de s'en amuser du coup.

 

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Les références à Bond, livres comme films abondent donc ici sous de subtiles et nombreuses petites références souvent sur un mode non dénué d'humour, que l'on songe à l'ouverture du premier épisode en Jamaïque (impossible de ne pas penser à un ancien James Bond), le thème musical qui ébauche en cachette deux-trois notes pas si éloignées de la mythique composition de John Barry, le cocktail que boit Fleming... Le personnage se voit agent secret sur le terrain, s'il a les idées, l'invention et le décalage qui consiste à se démarquer d'un simple quidam, il deviendra écrivain, réutilisant un peu de son vécu dans ses écrits. La série dans l'idée de la réinvention des mythe et dans un jeu perpétuel finira même par montrer un Fleming utilisant un de ses gadgets (épisode 4) avant de le confronter au réel et à des généraux trouvant cela finalement bien farfelu !

 

BBC oblige, la série est évidemment de qualité tant dans ses décors que sa photographie et son histoire. En tissant une histoire sentimentale plus brute que riches en sentiments, le lien entre le mythe et son créateur se dote d'une certaine ambiguïté sans que l'on ne sache vraiment où s'arrête la réalité et où commence la fiction. Qu'importe donc si Ian Fleming entretenait des rapports plus que sado-masochistes avec celle qui deviendra sa future épouse quand l'on voit à travers, les fêlures d'un personnage souvent opprimé par une mère tyrannique et omniprésente et la jalousie de n'être rien face à son frère, de quelqu'un qui cherche à trouver sa voie, à se prouver qui il est et trouver l'amour même si c'est par des chemins bien compliqués ou bloqués par le destin (superbe scène où Fleming rentre dans une chambre partiellement détruite et jonchée de morceaux de verres pour découvrir....chut...).

 

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Parce que j'avais apprécié Dominic Cooper dans le sous-estimé The devil's double et bien sûr le premier Captain America, j'étais content de le retrouver dans Fleming. Le bonhomme ne démérite pas et son jeu, plus subtil qu'on le croit passe souvent inaperçu, alors qu'il dispose d'une certaine élégance visible à nouveau ici (*). Il faut arriver à rendre sympathique un glandeur play-boy parfois antipathique et égoïste comme a pu sans doute l'être l'écrivain et Cooper s'en sort honorablement. En face de lui, l'autre raison qui fait que je voulais voir cette série, la comédienne Lara Pulver, alias Irène Adler dans l'excellente série Sherlock. Elle aussi n'a pas un rôle facile et elle s'en tire haut la main. On pourra regretter qu'elle reprenne un rôle flamboyant et hautement sexualisé après sa pretation de taille dans Sherlock mais néanmoins elle arrive à ne pas se répéter et si elle soumettait le détective coriace et surdoué dans une autre série en tant que dominatrice, ici elle passe de l'autre côté du miroir, dans une relation soumise et acceptée avec Fleming (bien que, pour parler crûment, "elle le tienne aussi par les couilles". Pardon).

 

Bref, cette série sortie en 2014 s'avère plus que recommandée. A la fois pour les fans de Bond, mais aussi les amateurs des productions BBC comme les curieux ouvert à tout. Et bien sûr, ceux qui aiment les acteurs cités ! En bonus, un petit quizz, sympathique et ardu mais hélas trop court et une bibliographie-biographie intéressante de l'auteur des James Bond.

 

 

 

 

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--> A lire aussi, l'excellente chronique de The movie freak sur Fleming !

 

(*) Et l'élégance ça le connaît, c'est lui qui joue le papa de Tony Stark, le rigolo excentrique Howard Stark dans Captain America !