Voilà. La dernière ligne droite. Ma dernière sélection musicale personnelle de l'année s'étendant de septembre à décembre avec même un petit retard palpable tant les sorties, découvertes et rattrapages se sont succédés brusquement vers la fin. a croire qu'au milieu de l'année il n'y avait qu'un gros creux (ce qui est faux bien entendu). Pour le coup je vais abréger mes interminables digressions et faire plus court que les précédentes fois à cause d'un sérieux manque de temps. Le fait d'avoir parlé de quelques disques auparavant me permet aussi de sauter le pas à quelques moments (je mettrais des liens hein pour les curieux vers le blog ou youtube d'ailleurs).

Donc pour clôre l'année, nous avons...

 

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Vashti Bunyan tout comme Leonard Cohen représentent l'ancienne garde. Toujours aux abois malgré leurs âges parfois avancés (la première aura 70 ans en 2015, le second a 80 ans !), ils livrent deux albums resserrés dans leur épure (peu d'instruments) et leur version du folk. Leur point commun avec à nouveau une tendresse et une chaleur peu commune où l'une crée presqu'une musique de chambre encore fascinante là où l'autre n'a presque besoin que de sa voix. Ceux-là, ils vont nous manquer cruellement quand ils partiront j'en ai peur (au moment où j'écris ces lignes j'apprends d'ailleurs que Joe Cocker nous a quittés).

 

The pain of being pure at heart, Silencio et A sunny day in Glasgow (tout en bas à droite) officient dans une pop-rock aux contours brouillés. Les premiers reprennent l'idée d'un âge d'or de la pop insouciante des 80's avec mélodies guillerettes et de la guitare et du synthé qui n'est pas sans rappeler un groupe des 90's, The sundays. Mais TPOBPAH (punaise ce nom) serait plus à inscrire à la frontière de la noise-pop et du shoegaze, le mur du son en moins, le côté rafraîchissant en plus. Cela ne révolutionnera pas la musique du XXIème siècle mais ça fait du bien par là où ça passe.

 

Silencio et leur "the politics of lonely" est l'histoire de deux français édités sur un label Suisse d'après ce que j'ai compris. Donc pour les trouver dans l'Héxagone, pas facile. Une musique complètement vaporeuse et ralentie, en suspension, un doux shoegaze instrumental noyé dans une alliance synthé-guitare avec ajouts de batterie après coup... étouffée au point qu'on ne l'entend parfois qu'en haussant les oreilles. Le disque est sorti en 2013 mais bon à une année près, je peux me permettre cet ajout. Je m'étonne d'ailleurs qu'il soit passé complètement inaperçu celui-là. J'en parlais brièvement là. A sunny day in Glasgow prolonge magistralement la noise-pop des années 2000 qu'on avait avec Asobi Seksu ou Sleater kinney. Par leur radicalité sonore mêlée de mélodie pop, ils s'avèrent des descendants cachés de My Bloody Valentine et Ride.

 

pains petite

 

The pains of Being pure at Heart dans leur déguisement de hipsters mode 2014. Oh wait.

 

 

Pink Floyd, j'en ai parlé ici, hop, sautons à Scott Walker et ses nouveaux amis de Sunn o))) qui ici, tels des Super Sayens modernes de la zik 2.0 fusionnent pour livrer SCOTT O))). Si vous n'avez rien compris c'est pas trop grave vu qu'on s'intéresse à la musique et ici la réunion des deux est des plus.... étonnantes. Depuis son disque de 2012 le Terrence Malick crooner-gothico-expérimentalo-dark (hohoho) à la voix assez perchée nous avait laissé sur un Bish Bosch plus bruitiste que musical (euphémisme). J'ai toujours pas fini de digérer la chose mais ça c'est normal, les derniers albums de Walker sont faits pour durer un moment et vu leur niveau de difficulté d'accès c'est rassurant. Quand à Sunn o))) il fait du drone... Certains diront que ce n'est pas de la musique, juste une vibration qui se continue dans une note ou deux à travers du gros bruit fait à la guitare et avec tous les instruments qui leur tombent sous la main en fait (En gros c'est une sorte d'ambiant quoi, huhugneee). Bon ben les deux réunit ça produit un ovni évidemment hors des modes, fragile et sur le fil, parfois sublime, parfois grotesque. Mais dans la catégorie disque dérangeant en plus d'être d'une certaine beauté qui fascine, avec le dernier Swans, ça se pose là. Pour une piste très Lynchienne qui vous donnera un avant-goût, hopla.

 

Owlle et Kimbra c'est bien. De la pop de qualité de la part de la française et de la neo-zélandaise. Pis c'est tout. Bon non, que pourrais-je dire de plus que ce qui a été dit en bien et mieux ailleurs (coucou Jordan) ? Le nouveau Kimbra n'a plus l'effet de surprise de son précédent disque et chose curieuse, les thèmes sont moins forts, comme si la chanteuse ralentissait d'un coup. Cela demeure toutefois un bon disque, tout comme Owlle où rien n'est à jeter. Petit bonheur. Marissa Nadler, petite merveille folk là aussi. Epure à l'extrême dans un son d'une belle profondeur (elle est produite par un spécialiste... du métal extrême !). Il y aura eu de belles choses en folk cette année je veux pas dire (mention d'ailleurs à First aid kit même si je n'ai pas tout écouté).

 

 

scott et ses amis

 

Scott Walker et ses potes à grosses épaules venus du Nord.

 

Interpol, j'en avais déjà parlé avec bonheur ici, passons. Blues Pills est un sympathique groupe venu du froid. Enfin non mais si car deux membres sont de Suède, les deux autres sont français et américain. Leur mission, reprendre avec fougue et passion l'héritage illimité que les années 70 nous ont laissé et les bougres y arrivent assez bien dans l'ensemble même si je m'enthousiasmerais moins que beaucoup ayant déjà porté l'album aux nues dans les tops de fin d'année. Oui c'est bien, c'est même très bien. Mais où qu'il est le solo de guitare électrique ? L'inattendu qui te submerge à l'instar d'un harmonica par ci, d'une alliance à plusieurs voix par là, d'un synthé qui déboule ? Il y a le son mais jamais les musiciens ne se mettent en danger ou ne surprenne dans des compositions qu'on pourrait penser plus fortes en live assurément. Dans le même registre, Purson était lui totalement oublié l'an dernier alors que ce Blues Pills est célébré par tout le monde. Incompréhension car au jeu des comparaisons, Purson tire plus son épingle du jeu au final. Donc bien sympa mais ça m'en bouge une sans toucher l'autre et je confirme mon jugement à nouveau après une série d'écoutes de disques hallucinés et hallucinants de Clapton dans les 70's.

 

Le retour d'Aphex Twin le temps d'un album est inespéré. Sérieusement, Bowie, MBV, Slowdive qui repart en live et nous prépare quelque chose pour 2015, Neil Young qui n'a jamais cessé (même si les derniers, bof, bof *tousse*), Kate Bush pas si longtemps... Cela me fait d'autant plus plaisir que ces gens là n'ont rien à prouver et que les albums se révèlent généralement très bons, bien plus que ce que l'époque a à offrir. Pour Aphex, il s'agit de son disque le plus accessible et d'une rare beauté tout en restant lui-même. C'est sûr que si vous découvrez le monde musical de Richard D. James avec ce disque, vous risquez d'être déboussolés. Bon, alors imaginez les autres disques si je vous dis que celui-ci est le plus accessible ! Son vintages et modernes, bordéliques mais très travaillés, Richard malaxe le tout dans un grand mélange techno-electro-dub-pop-ambiant qui n'appartient qu'à lui. Parfois copié, jamais égalé.

 

Dans la catégorie des trucs bizarres de 2014, on dit à nouveau bonjour à Andy Stott et sa pochette avec le masque. Pochette étrange et un brin inquiétante à l'image de sa musique. Andy, c'était le gars qui vous noyait les sons dans un bazar à base d'infrabasse et de son brouillé d'où émergeaient une voix sur fond de martèlement halluciné à quoi se raccrocher. La formule est à nouveau la même mais bien plus épurée, atmosphérique. Cette fois la voix semble presque chuchoter et flotter, perdue on ne sais où. Toujours aussi fascinant (hésitez pas à monter le son hein).

 

 

aphex normal

 

Maintenant Aphex Twin est papa, il écoute son fils triturer de la musique, il est content et assagi...

aphex peur

 

... Mais comme il reste Aphex Twin avant tout et fidèle à ses visuels bizarroïdes du passé (clips et pochettes), il ne peut s'empêcher de nous en faire profiter à nouveau pour la promo de Syro. Merci Richard, tu fais toujours aussi peur

 

Et puis il y a mes chers retardataires. Warpaint et son groupe de 4 filles qui jouent une espèce de pop brumeuse et où le son est aussi soigné que le visuel. Je précise que l'écoute en vinyle s'avère ici un poil plus recommandée que sur un ordinateur, vous verrez une légère mais sympathique différence surtout si vous avez récupéré des mp3 sur le web et non ceux, officiels du groupe ce que je conseille pour avoir une qualité optimale (même si le vinyle et le cd vous tendent les bras et qu'en plus j'y viens, ils sont beaux). Et vu que tout est soigné à l'extrême, vous vous ferez en plus plaisir avec un joli objet ultra soigné (oui oui les vinyles sont rouges !) avec des photos en plus prises par Chris Cunningham (ça c'est pour faire le lien avec Aphex Twin dont Cunningham créa aussi en grande partie l'aspect visuelloclippesque, hihihi).

Rien que ça et la musique très belle, ça me donne envie de les citer dans mon top final mais wait and see. Brontide, c'est apparemment du math-rock, un peu comme les Feelies. Ouais progressions des mélodies, répétitions, tout ça mais j'ai envie de dire que c'est plus, avec de bons morceaux de grunge dedans parfois et de la pop, je sais pas. J'ai encore du mal à classifier ce disque en comparaison de l'énorme enthousiasme qu'il déclenche en moi. Et à nouveau on trouve pas ce qu'on veut sur youtube, chié (bon tentons ça quand même mais la qualité est franchement médiocre. Sur le morceau studio la dernière minute apparaît un synthé et une boîte à rythme, ici on entend rien, d'ailleurs ils y sont pas j'ai l'impression). Bon, faites moi confiance, jetez-vous dessus sans hésiter (et sur tutube, on trouve heureusement d'autres titres bien sympa). :)

 

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Et puis pas mal de découvertes encore (Electric light orchestra, the doobie brothers, Dee dee Bridgewater, Yumi Zuma qui arrive ici en bonux vu que c'est un EP), voire redécouvertes (Joni Mitchell en vinyle, Wahou quoi, ce son, mais bon sang, ce son d'une pureté incroyable, Claus Ogerman) et la continuation d'artistes que je connais déjà mais avec des disques que je n'avais pas. Bashung par exemple avec Novice et Play blessures, albums flamboyants pourtant aujourd'hui un peu mis de côté à tort du fait qu'ils abordent la part sombre du regretté chanteur, celle qui ne plaisait pas et ne faisait pas vendre contrairement à un "osez joséphine". Fleetwood mac et Herbie Hancock non loin aussi. Et puis Joël Fajerman que je ne m'attendais pas à découvrir à nouveau après deux décennies ici. Pensez-donc, le générique électronique de l'aventure des plantes sur canal+ (je vous parle d'un temps que les moins de 25-30 ans ne peuvent pas connaître *vieille voix de Gandalf*), ben c'était lui ! Un pan entier du passé télévisuel qui me retombe sur la tête, vlan. Pas de raison que je ne fasse pas partager donc (d'autant plus que visuellement le générique en dessin animé était chouette).