Michael Tully :  "I grew up playing ping pong and I love it as much now as I did back then. It’s why after 22 years of talking about making a movie called Ping Pong Summer, I never gave up on the idea or grew weary of it. In 1992 I thought ping pong was awesome, in 1997 I thought ping pong was awesome, throughout the 2000s I thought ping pong was awesome, and in 2014 I still think it’s awesome".

Source ici. Traduction brève : Le ping pong c'est cool, c'est la vie.

 

 

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Été 1985. Radford Miracle et sa famille posent leurs valises à Ocean City, Maryland pour les grandes vacances. Jeune adolescent solitaire mais sympathique, Rad est obsédé par le ping-pong, le hip-hop… et Stacy Summers, la fille populaire sur laquelle il a flashé dès son arrivée. Sportif médiocre, piètre danseur et a priori peu dragueur, cet été sera pourtant le sien : celui ou il va gagner son surnom de Radical Miracle.

 

Parfait petit film estival qui aurait pu sans mal faire partie de mes "chroniques Teens". Non sans rire, même si je l'écarte de mon cycle teenpocalypse parce qu'on est plus dans un accomplissement que la fin d'un monde (ou de l'enfance à proprement parler, mais le monde de l'enfance --comme on dit--, c'est aussi tout un continent assez riche), Ping pong summer est le genre de petit film réussi et plus que sympathique qui a l'avantage de mettre plein de qualités de son côté dès le départ et finir par devenir un vrai petit feel-good movie à la fois tendre et drôle.

Déjà parce que le réalisateur Michael Tully est sincère (on sent qu'il se base sur sa propre enfance/adolescence dans les années 80) et qu'il aime ses personnages. Et ça je dirais, c'est un peu la base. N'espérez pas un grand film psychologique qui vous retournera et où chaque être humain sera une créature complexe au possible avec ses motivations et paradoxes, il y a les films de Bergman ou Herzog (que Potemkine édite brillamment au passage (*), tout comme ce film sorti en DVD le 4 novembre 2014) pour ça. En revanche, vous vous rappelez (et adoriez) la mythique (enfin, pour ceux qui l'ont connue) série Parker Lewis ne perd jamais ? Vous trouvez les années 80 et début 90 cool (voire, vous y avez vécu une partie de votre vie de djeunz comme moi) ? Vous assumez la déconnade décomplexée et absurde ? Vous pensez que Susan Sarandon en lunettes noires et un poisson à la main c'est classe ? Alors ce film est fait pour vous.

 

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On a tous connu ce moment de loose où la fille ou le mec qu'on aime n'ose pas nous embrasser ou alors c'est nous qui n'osons pas et donc on reste comme deux glands là en pleine nuit à regarder la lune et parler de tout (pas trop) ou rien (beaucoup).

 

D'emblée Tully place son film sous l'égide d'une comédie et du film teen dans une ambiance qui doit à la fois à son propre vécu et une reconstitution sans faille liée au fait que l'endroit, une petite cité balnéaire du Maryland n'a pas du tout changée, préservée du temps et avec tous ses bâtiments estampillés 80's voire plus âgés. Il y a donc à la fois une part de nostalgie évidente mais aussi le fait que ceux qui n'ont pas vécu les années 80 et le début des 90 seront sous le charme.

Il y a cette légère folie douce qui part de l'autodérision assumée des gens en vacances (les t-shirts avec des inscriptions à la con), l'attitude de l'époque (filles aux coiffures extravagantes parfois avec un énorme ghetto-blaster sur l'épaule ! California style bro' !), le fait que les personnages semblent vivre dans leur petit monde à part et que cela amuse gentiment le réalisateur. D'où la référence à Parker Lewis avec ici des "ados badass" qui font office de méchant insurmontables, des répliques et phrases qu'on connaît un peu nous même (TOUJOURS SE MEFIER DES ROUX ! Je l'ai toujours dit tiens *sors*gneee), la jolie fille avec qui on veut sortir et des choses en plus qui sont tout a fait à leur place dans le décor (par exemple le générique bricolé et animé que j'ai failli prendre en captures mais bon je l'ai fait un peu trop sur the to do list, on va pas pousser).

 

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La famille : une grande soeur en mode deprimo-gothique et des parents un peu gentiment beaufs. La vie quoi.

 

Comme je l'écrivais plus haut, il y a un regard tendre porté sur les personnages. C'est gentillet mais pas naïf attention. Le scénario est basique, voire très attendu (le héros tombera plusieurs fois dans sa quête avant qu'un allié ou mentor --coucou Susan-- ne l'aide a accomplir son but) mais l'écriture et les détails haussent le capital sympathie du film. Quand le héros découvre la salle de jeu (le "fun hub" qui est surnommée "le paradis" par son nouveau pote), il y a des étoiles dans ses yeux. Moi aussi quand je remontais dans le Nord de la France et que j'allais à la fête foraine chez ma mamie, y'avait des étoiles dans mes yeux croyez moi. Quand le héros patauge dans la loose, n'importe qui peut s'identifier à ce genre de moment. Même quand il ne sait pas danser (un peu comme Phillou Collins et ses potes de Genesis heeeeeein) et qu'il s'improvise un truc façon breakdance bizarre dans une simili boîte de nuit pour djeunz. Et puis les détails, la salle de jeu, les radio-cassettes, la glace aux 6 parfums différents (raaaah le truc de vacances ultra-sucré à t'en faire péter le bide quand t'es gosse et faire monter la jalousie des autres mioches alentour gnéhéhéhé).

 

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Notre fier duo rachitique de jeunes bras cassés en action.

 

Bref si le film ne s'inscrira pas comme l'un des meilleurs films dans le registre comique du genre teen, il demeure au final une petite surprise agréable qu'on peut facilement recommander que vous en soyez friand comme moi (**) ou que vous ne dites pas non à un pur moment de détente fun et somme toute, assez classe.

 

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► A noter une bien chouette chronique ici : la rose et le lilas !

 

 

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(*) J'espère quand même d'autres films à l'unité qu'Aguirre courant 2015 parce que quand on aime Herzog, dans la majeure partie des cas on a pas attendu Potemkine pour se procurer les films en DVD. Donc là quand je regarde les deux premiers coffrets, ben j'ai déjà pas mal de choses. Heureusement les coffrets 3 et 4 arrivent et c'est là que ça va devenir très intéressant avec de vraies raretés qu'on retrouve plus trop facilement (Le pays où rêvent les fourmis vertes, Leçon de ténèbres pour n'en citer que deux).

 

(**) Je débute en fait, j'ai tellement à rattraper, de Grease que je n'ai jamais vu (EH OUI ! Mais bon moi à 10 ans j'avais déjà vu 2001 l'odyssée de l'espace en bon extra-terrestre que je suis donc pouët-pouët camembert hein) en passant par les films de John Hugues. J'attire donc l'attention de n'importe quelle bonne âme qui voudrait bien parfaire ma culture cinématographique hihi.