domination2

 

Son couple étant en péril, un juge va tenter le tout pour le tout et par amour pour sa femme, accepter les fantasmes SM de cette dernière. Or le juge étant réputé dans la région, l'affaire ne tarde pas à être connue...

 

Third chro' de ce cycle d'histoire d'amour un brin pas ordinaires (le mot est faible) pour le ciné-club de Potzina ! Cette fois ce sera un peu plus court étant donné que le film, pas mal du tout au demeurant ne s'avère pas une grande oeuvre extraordinaire non plus (trop de retenue ?). Il s'agit d'un film de Erik Lamens retraçant l'affaire vraie du juge d'instruction Koen Aurousseau en Belgique qui, par amour pour sa femme et sauver son couple (cette dernière était en dépression, réalisant qu'après un certain âge elle ne sera jamais épanouie sexuellement, épanouissement qui ne pouvait passer que par le sado-masochisme), va s'initier avec elle au SM au prix de perdre sa carrière et que ses enfants ne leur parle plus (3 enfants dans la réalité, une fille unique dans le film).

 

Que tous ceux qui sont attiré par la jaquette du film édité chez Koba et pensant y trouver matière à déviances à se régaler s'arrêtent tout de suite au risque d'être un peu déçu. Car Domination (SM-Richter dans son titre original) est en fait avant tout une histoire d'amour et un drame et non un film qui multiplierait les prises de positions sur le bondage ou la soumission. C'est même un beau drame assez touchant où si la mise en scène s'avère assez plate et manquant de rythme (notons toutefois une très belle photographie) et la musique un peu larmoyante, l'intérêt principal réside en deux points simples : les acteurs très crédibles et plus qu'investis et les scènes SM, filmées avec beaucoup de pudeur, voire distance.

 

dom

 

Et sur ce point le film frappe assez juste. Jamais le réalisateur n'emettra un jugement sur ses personnage. Les séquences en question n'étant jamais tournées de manière scabreuse et Lamens insiste souvent sur le fait que cette relation est avant tout sous le signe d'un amour et d'un consentement mutuel (d'où les nombreuses fois où Koen s'inquiète pour sa femme et qu'elle rassure et vice-versa). L'image même des clubs SM est elle-même très "clean", sans doute un peu trop mais l'on reste dans le ton dela sobriété recherchée du film.

 

Tout au plus regrettera t-on quand même de ne pas arriver à plus d'empathie que ça pour les personnages. Manque d'audace certain comparé aux Larrieu et Medem juste avant (oui là c'est tiède) sans oublier qu'on ne saura jamais vraiment pourquoi l'épouse du juge aime être soumise et fouettée. Bon, bon c'est du détail hein et si vous n'avez pas envie de vous jeter sur un 50 shades of grey pour les nuls et calibré pour les djeunzs, Domination, un peu plus dans le sujet (et avec des adultes et des acteurs qui savent jouer et qui de plus sont très proches des réels protagonistes) vous intéressera forcément plus.