jessabelleaffiche

 

Victime d'un terrible accident, Jessie est de retour dans la maison de son enfance, une demeure isolée dans les bayous de Louisiane. Son père y vit seul depuis le décès de sa mère survenue peu après sa naissance. La jeune femme ne tarde pas à découvrir un mystérieux enregistrement vidéo que sa mère lui a laissé en héritage. Sa découverte et le secret qu’il contient vont provoquer l’ire d’un esprit vaudou que rien ne semble pouvoir arrêter...

 

Dans tous les films d'horreur sortis en 2015, on trouve des perles et des choses largement moins bonnes. Autant le dire d'emblée, Jessabelle se situe clairement d'emblée entre ces deux pôles, partagé par de bonnes intentions et une ambiance des plus réussies et d'autres choses parfois plus gênantes dont les incohérences du scénario qui se contente de tirer un fil rouge (le vaudou comme principale toile de fond) sans jamais chercher à combler les trous (la mère folle qui fait des K7 pour son enfant qu'elle ne verra jamais car elle se sait condamnée euh ok...et le père qui n'a jamais trouvé les K7 après plus de 18 ans... euh okaaaaaaay), quand il ne laisse pas des ambigüités qui auraient pu être plus poussées (par exemple le trauma du début du film qui expliquerait une certaine folie chez l'héroïne est survolé mais jamais poussé à fond) ou des moments clairement à côté de leurs pompes.

 

jessabelle1

Pourtant prendre son bain avec une amie c'est fun généralement.

 

Pourtant le film impose d'emblée son intéressant programme (l'impossibilité d'échapper à la fatalité) dès l'ouverture, citation haïtienne à l'appui (vraie ? fausse ?) et le premier plan (un reflet dans un téléviseur) indique bien qu'on va avoir affaire à une traversée des apparences, d'un jeu sur le reflet de l'être qui se concrétisera sur Jessie et la mystérieuse Jessabelle qui semblait n'attendre que son retour. Après un démarrage un peu choc, le film se met hélas à ronronner lentement. Ce n'est pas le chat sur vos genoux qui vous procure cette douce sensation de sommeil, c'est le film je précise (ce qui est un poil --de chat-- plus problématique).

 

Le scénario de Jessabelle ne s'imposera pas par sa nouveauté il faut le dire, réitérant les trucs des films d'horreur souvent les plus éculés (La maison isolée en Louisianne remplace la fameuse cabane dans les bois où --enfin dans les films américains, moins sûr dans la réalité-- viennent se perdre des millions d'ados crétins en mal de sensations fortes ainsi que de piles pour leurs lampes torches; la baignoire qui se couvre de liquide noir --trop tard, Under the skin est passé par là, rien ne sera plus pareil Hollywood, tu entends ? PLUS RIEN !) au profit d'une trame intéressante sur le vaudou qui s'impose mais aurait pu être plus poussée, éclipsant très vite d'autres thèmes qui auraient pu fasciner aussi (tiens, le dialogue père-fille à rouvrir par exemple. Que nenni, le papounet sera éjecté dès le début. Décidément l'a pas de chance la Jessie...).

 

 

jessabelle2

Bon le film est quand même mieux réalisé que la moyenne horrifique généralement livrée en pâture au spectateur actuel.

 

Cela dit je ne serais pas dans un constat complètement négatif comme mon amie Potz, je me rapprocherais plus du constat de Manu, finalement agréablement surpris par le film et comme beaucoup de blogueurs et spectateurs, n'ayant pas vu la fin et son twist venir, ayant été complètement désarçonné par celle-ci. Et puis plus qu'un film horrifique (malgré deux-trois fichus jump-scares qui fonctionnent assez bien.... Grumpf, un de ces jours, je couperais le son --avec un film en VOST ça va ça gène pas-- pour tout remplacer par une bande son de disque. Je l'ai déjà fait d'ailleurs par le passé, expérience intéressante mais pas forcément concluante sur laquelle je reviendrais un de ces jours), c'est surtout un film d'ambiance et en ce sens il est assez réussi, ne crachons pas dans la soupe.

 

 

Ce que les acteurs ne peuvent obtenir (je vais pas les charrier, Potz' l'a assez fait huhu, mais certains sont pas forcément des génies ça se voit), on l'a d'une autre manière et les décors (notamment la maison, sublime et comme le disent les bonus, une vraie maison, pas un décor reconstitué en studio pour la cause) ainsi que la photographie (vraiment très belle. Il est dommage que le film ne s'attarde pas sur un versant plus contemplatif bien que je vois d'ici les mauvaises langues "Oui mais il se passerait alors 3 fois moins de choses-euh !") remplissent allégrement la part du contrat. Jessabelle en ce sens peut se voir plus comme une honnête série B (le générique d'ouverture et de fin traduisent ce côté amusé de "bouh fais moi peur"), produit d'un petit artisan du cinoche (même si le gars semble des plus content d'avoir comme réinventé le fil à couper le beurre dans les bonus, c'est bien ce qu'il est au fond notre Kevin Greutert, sans que cela ne soit péjoratif) plutôt que d'un vrai film horrifique. Bref une petite friandise plutôt qu'un repas copieux mais je n'y dis pas non du coup.

 

Et puis il y a Sarah Snook.

On me dira que l'amour rend aveugle, c'est sans doute ça j'ai trouvé qu'elle s'en sortait assez bien ma rouquine préférée (avec Jessica --Jessabelle ?-- Chastain), alors oui en un sens évidemment c'est subjectif mais ça doit plus aider que d'autres. Il y en a qui ne crachent pas sur la soupe si Vincent d'Onofrio apparaît à l'écran (private joke, l'intéressée se sera reconnue :-) ), ben moi avec ma nouvelle chouchou c'est pareil. Faudrait néanmoins qu'elle fasse attention pour ses prochains rôles, depuis l'excellent Predestination (hop une chronique de Potz'), elle a placé la barre très haut, ce serait dommage de retomber du piédestal pour une poignée de rôles basiques.

Au final, un film sympathique qu'on oubliera probablement aussi vite mais captive sur l'instant.

 

Bonus ! Encore un peu de Sarah Snook. Allez, juste une foué.

 

sarah_snook

Bisou Sarah.

 

=======

 

Dans toutes les nouveautés cinéma sorties en DVD, Jessabelle est donc... un DTV (sorti chez la metropolitan en DVD et Blu-ray depuis le 25 juin 2015). Curieusement je me dis que ce film aurait pu sortir en salles. C'est vrai quoi, ça nous aurait changé de Insidious 16, de biduletrucréseauxsociauxquifontpeur ou que ne sais-je à base d'un énième foundfootageexorcisme (en fait je sais pas mais je me sens tellement blasé face à la vague de films de possessions qui déferle depuis 10 ans là.... Mais blasé quoi....), ça aurait apporté un peu de fraîcheur que diable. Avec le film, des bonus.... bateaux (l'héroïne et son pote sont dans une barque à un moment. Les mauvaise langues diront à nouveau que "effectivement ça rame !".... Bon c'était pour la blague, désolé. Elo, tu as une très mauvaise influence sur moi). Des scènes coupées pas spécialement utiles (on a loupé l'unique scène "crue" du film et encore), une fin alternative qui ne sert à rien (oh chouette une minute en plus. Une fin plus rallongée qu'alternative en fait pour une ambiance moins abrupt) et un petit making-of où tout le monde s'autocongratule joyeusement parce que c'est dur de survivre aux piqûres de moustique (ha ! ha ! Vous n'avez jamais subi les marais des étendues sauvages du Québec et du Canada les mecs, vous allez vous marrer là) et que porter une femme c'est compliqué de nos jours (beh je veux pas faire mon homme virile mais, et le romantisme bordel ?). Bref des bonus plan-plan pour un film qui se suffit à lui-même dans mon cas.