moi_et_le_diable

 

 

Nick, un écrivain vieillissant, commence à sentir les effets du temps et de la vie qui passe. Comme pour combattre l inéluctable, il part en quête de jeunes femmes qu il sait pouvoir impressionner par son raffinement et son érudition. Une nuit, dans un bar de New York, il rencontre l'envoûtante Melissa, avec qui il va vivre une expérience inédite. Mû par une pulsion incontrôlable et quasi animale, il découvre une dimension insoupçonnée d un plaisir pur et pervers, le goût du sang, et se laisse submerger par une extase spirituelle et sexuelle d autant plus intense qu elle est impie. Son corps comme son esprit s en trouvent étrangement revigorés mais bientôt, la soif qu il cherche à étancher le plonge dans des ténèbres effrayantes. 

Avec Moi et le Diable, roman dérangeant et virtuose, cru et furieux, qui revisite avec originalité le thème de l immortalité et du pacte faustien, Nick Tosches s impose définitivement comme l un des derniers hors-la-loi de la littérature

 

 

Jouons cartes sur table d'emblée pour l'un de ces nouveaux crûs Babelio : la lecture fut pas si mal mais le roman ne m'a que moyennement intéressé, à mon grand désarroi. Pourtant je ne cache pas qu'il a des qualités, évidentes comme peu visibles à première vue. Déjà évidemment, ce titre alléchant de mille promesses à la Rolling Stone. Me and the devil sonne volontairement comme un Sympathy for the devil. L'auteur cite même évidemment son ami Keith Richards. Il cite d'ailleurs pas mal de monde d'ailleurs (coucou Johnny Depp) tout en se mettant en quelque sorte en scène avec plus ou moins de distanciation. Et c'est en même temps déjà le point négatif --en toute subjectivité-- qui m'a gêné : Ce côté je connais du monde, d'ailleurs je vis fort bien à New York et je ne vais pas le cacher avec cet aspect haute culture (l'aspect érudit est omniprésent mais frôle presque la pédanterie) qui cadre avec revenu aisé, bon endroit pour vivre et bonne bouffe (très souvent l'on s'attarde sur la composition d'un plat culinaire, ingrédients --pas si faciles à trouver dans le commerce-- à l'appui !). Une espèce non pas de parisianisme mais quelque chose dans le même esprit bobo, New-Yorkais en sus s'y rapprochant (comprendre que les habitudes de consommation sont les mêmes) avec en plus des passages oscillants entre le Grotesque, l'auto-dérision, le sublime (un peu, nous noyer de mots n'est pas généralement la meilleure option) et la platitude.

 

Et si même le roman est en soi intéressant, sur les 400 pages qu'il fait environ, il ne commence pour moi à devenir prenant qu'après les 120-140 premières pages. Donc ne décolle véritablement qu'à un bon tiers. Là où chez Haruki Murakami, un roman-fleuve comme 1Q84 perdait pas mal de sa substance dans le troisième tome, donc vers l'approche de la fin (mais on peut pardonner à l'auteur vu que cette attente est justifiée par le lent rapprochement d'Aomame et Tengo), ici on a du mal à raccrocher les wagons dès le début. Il y a de ces livres qui évidemment ne s'en laissent pas compter (personnellement je prends UBIK de Philip K.Dick que j'adore mais qui ne débute véritablement qu'après le 4ème chapitre, l'attentat sur la lune, pour dès lors, ne plus nous lâcher), dont la difficulté est réhaussée par le plaisir de la lecture et quelque chose qui va probablement grandir et nous surprendre agréablement à la fin. Sauf qu'ici, si Tosches veut se rapprocher par exemple d'un certain Bukowski, c'est raté.

 

Ici je comprends bien sûr la métaphore du vampirisme (se régénérer en buvant le sang d'une jeune fille pendant l'acte sexuel proprement dit... En allant d'ailleurs pas forcément au bout de l'acte en lui-même d'ailleurs) qui peut tout aussi bien découler par ambiguïté de l'arrêt de l'alcoolisme du personnage/narrateur attention, voire même les touches fantastiques induites (la coloration de la pupille) qui finissent par fasciner un peu, j'apprends même des choses (le Baclofène, tiens, tiens...) mais au final je reste sur le pas de la porte (bon sang, quand j'écoute du Arvo Pärt, ça me laisse pantois, la musique me sidère. Je ne vais pas écouter ça en buvant mon petit lait sur le canapé en regardant l'air froid de la ville --oui New York c'est joli, certes-- pour me reposer en attendant ma nana. La musique je la vis comme une communion, mais c'est un point de détail). Trop de points de détails, trop de considérations qui bien souvent chez plein d'écrivains, ralentissent et finissent par énerver, voire faire décrocher le lecteur (et comme il s'agit d'une version aux épreuves "non corrigées" comme dit sur la couverture, on bute sur plusieurs fautes d'orthographe facilement repérables de plus, hélas). Et pourtant je concède que ce n'est pas un mauvais livre, c'est juste qu'il ne m'a pas emporté plus que ça, j'en suis le premier désolé.

 

Bon, haut les coeurs, la prochaine chronique Babelio arrive très vite et elle s'avère bien mieux, si, si.